Malgré un public assez restreint, la soirée pop des
Volcaniques de Mars a tenu toutes ses promesses ; le public a pu vivre une longue montée en puissance de 21 h 30 à 3 h 15 du matin.
Alors que la veille les gens se bousculaient pour la soirée « Electro Dub »,
Busyman commence son concert devant une assistance assez confidentielle…
Busyman :
Déjà aperçu en première partie des
Rita Mitsouko à La Coopérative de Mai, l’ex chanteur du groupe stéphanois
Six Pack a délivré un set empreint d’une glaciale ferveur (oui, ça existe !). Concentré sur ses parties de guitares folk rock, il chante les yeux fermés et semble littéralement habité par sa musique… Les morceaux, sobres et chaotiques de
Busyman ne sont pas vraiment faciles d’accès mais convainquent grâce au contraste entre la guitare folk et minimaliste, l’attitude assez froide et les parties vocales émotionellement fortes… Le premier album de
Busyman,
Chronorupture, est disponible sur le label lyonnais
Jarring Effects.
Calc :
Les Bordelais de
Calc venaient défendre sur la scène du Pocoloco leur excellent dernier album
Any downs at all (sorti sur le label
Vicious Circle). Le groupe de
Julien Pras a donné un concert surprenant pour les fans de sa musique aérienne et douce sur disque. Evoluant constamment dans un magma de guitares entremêlées, avec un chant moins assuré que sur disque,
Calc a surpris par son parti pris scénique rock voire post rock à certains moments.
Par choix ou à cause d’une sono mal réglée, basse vrombissante, guitares saturées et claviers étaient au programme de ce concert de
Calc. Après un temps d’adaptation, on s’est habitué à ce son crade et on s'est laissé transporter par les compositions de
Julien Pras malgré le manque d’enthousiasme général du public, un peu interloqué…
The Electric Fresco :
Thierry Duvigneau alias
The Electric Fresco a donné un concert épatant tout seul à la guitare ! En utilisant parfaitement un sampler pour enregistrer plusieurs parties de guitare ou de bongos et pour lancer des samples préenregistrés, il a su créer un univers favorable pour l’épanouissement de ses compositions folk/pop de très haut niveau.
Très content d’être là et de jouer sa musique,
Thierry Duvigneau danse, bouge en rythme et vit sa musique à fond, c’est un véritable plaisir de voir évoluer sur scène une personnalité aussi simple et conviviale ! Son remarquable et chaudement recommandé disque
Au revoir risque de rester bloqué longtemps sur la platine ! Le 23 avril 2003 au
Printemps de Bourges, le concert de
The Electric Fresco et
Beck en solo promet d’être une des affiches folk/rock/pop de l’année !
Jive Puzzle :
Cet agréable moment est prolongé quelques temps après par le retour tonitruant des frères Sourice, plus connus pour leurs immenses contributions au punk rock gravées avec
Les Thugs, un groupe qui a marqué le rock français. La vue des deux frangins provoque un flash back immédiat vers les concerts surpuissants des
Thugs à Clermont-Ferrand au Sonic Rendez-Vous et au festival Rock Au Max. Bien sûr, au début du set, on est surpris d’entendre Eric chanter en français d’une voix assez calme. Puis, on oublie tout en on se laisse emporter par dans un fascinant électro rock jazz fait de chants extra-terrestres, de guitares acérées, de claviers aventureux et de basse invitant à la danse. Un très bon moment à des années lumière de la nostalgie que ce concert ! Quand on a la classe, il est rare qu’elle s’envole,
Jive Puzzle en est la preuve irréfutable…
L’Enfance Rouge :
Encensés par le
Sonic Youth Thurston Moore et annoncés comme expérimentaux et dérangeants, (voir l’affiche avec la bassiste nue et enceinte),
L’Enfance Rouge a littéralement achevé (dans le bon sens du terme) les survivants de cette soirée ! Ce trio guitare basse batterie dégage une violence peu commune ; c’est un véritable cataclysme sonore où la chanson (en français et en italien) est broyée par une guitare génialement bruitiste, une basse monstrueusement puissante et une batterie violemment jazzy. Les paroles, anarchistes et révoltées semble-t-il, sont surpassées par un véritable combat entre les instruments qui donne lieu à des moments de bravoure si dissonants qu'on pense aux grands moments de
Sonic Youth.
Eclairés de manière très crue, les musiciens semblent à deux doigts d’en venir aux mains entre eux (particulièrement le guitariste et le batteur) ou de se suicider dans une overdose sonique… Comme celle de
Double Nelson, la musique de
L’Enfance Rouge est perturbante à s’en relever la nuit ou à se coucher au petit matin, rassuré par le lever du soleil. Il y a fort à parier qu’on reparlera longtemps du passage de ce groupe au Pocoloco en 2003 !
Les 64 minutes du dernier album de
L’Enfance Rouge sont à découvrir gratuitement sur le site www.enfancerouge.org ou à se procurer auprès du groupe lors des concerts.
(Photos du concert : Ludovic Lefrançois.)