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End's Close, Kageybox, The Liars, Laviolette, This is Pop

Popart, Reims   12 octobre 2007

  Concert à ne pas manquer

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    Il y avait cinq groupes, trois rémois, deux parisiens, on demandait trois euros, c’était la deuxième Reims Rock’n’roll night, organisée par l’association du même nom. La première était pas mal avec les Noodles et leur public d’adolescentes, celle-ci fut meilleure. Il y avait encore plein de jeunes de moins de vingt ans, il y avait une gamine avec plusieurs ceintures autour de la taille qui n’a cessé d’aller dans les toilettes vérifier que son nez était toujours à sa place, et sa frange, et ses yeux, et ses seins. Il y en a eu encore qui ont disparu après le premier groupe, mais moins, peut-être parce qu’il y avait encore une autre formation dont la moyenne d’âge ne dépassait pas 18 ans, The Liars, et peut-être aussi parce que l’ensemble de l’affiche était plus cohérente, musicalement parlant.
    Du début à la fin, ce fut rock, sec et nerveux.
    J’ai du mal à remettre tous les sons entendus en face des groupes correspondants, il y en a même un dont j’ai tout oublié, Laviolette, alors que je me souviens que c’était loin d’être dégueu.



    C’était mieux que la première nuit, mais comme la fois précédente, c’est le premier groupe qui m’a le plus tapé dans les yeux et dans les oreilles. End’s close. Des Rémois mineurs, avec le chanteur qui ressemble à celui de Vortex of End, jusque dans le chant torse nu (photo censurée), sauf que Vortex of End, c’est du métal, de la musique de vilains. Eux, c’est du rock’n’roll 2007, de la musique de minets. Ah, il fallait voir avec quelle distinction le blond guitariste a saigné sur son instrument. Sans perdre une seule seconde son sourire insouciant. Adorable. Le batteur porte un tee-shirt des Who, circa 1965. Adorable. Ils ont d’ailleurs osé le My generation en guise d’au revoir. Adorable. J’ai cru reconnaître du Offspring sur un de leur titre. Une citation inconsciente. Offspring, Acdc, Rancid, The Distillers, Transplants, font partie de leurs influences revendiquées. Je les ai moi aussi dans ma discothèque. Je ne crache pas dessus, mais quand elles s’additionnent de telles influences peuvent engendrer d’horribles choses, bruyantes et lourdes. Tout le contraire de ce que j’ai entendu. Adorable, j’ai dit.



    Après ces jeunes pousses prometteuses, il y eut Kageybox, dans une version non mixte, c'est-à-dire à quatre sans leur chanteuse. Ceux-là, je me souviens les avoir vus, pour la fête de la musique 2006, place d’Erlon, c’était horrible, horrible comme quand on chante faux et joue à contre-temps (moi-même je sais faire, ce n’est pas drôle). Le groupe était tout jeune alors. Ils ont dû bossé depuis, ou alors, c’est la faute à leur chanteuse… Gniark, gniark, gniark. Je plaisante…
    Bon, alors Kageybox. Ce fut court. Ils n’étaient pas prévus à l’origine et puis j’imagine que sans Ma, le nom déclaré de leur chanteuse, ils ne pouvaient pas trop s’étendre. Ils sont un peu moins jeunes, que la génération qui apparaît ces temps-ci, cette génération rock’n’roll, eux jouent du rock, sans le roll, une musique moins insouciante, plus torturée, plus héroïque, plus Noir Désir. Ils chantent en français. C’est pas mal non plus. On a moins envie de crier youpie, mais la flamme est là aussi. C’est du sérieux.
    A noter, que Joul, le chanteur-guitariste de Kageybox, est resté derrière la console son pendant toute la soirée, afin d’éviter que nous finissions sourds trop vite. Fallait ça, parce qu’après Kageybox, The Liars, nous ramenèrent vers d’ignobles vibrations rock’n’roll. Je dus remettre des bouchons à mes oreilles.



    Ils ont un gueulard terrible, Max. Il hurle comme si on venait de lui enlever son appareil dentaire et qu’il avait oublié de prendre son tube de ventoline. Oui. L’appareil dentaire, ça ne saute pas aux yeux, le Max, en question, porte de très jolies dents, mais sa voix est réellement discordante et à deux doigts de l’étouffement. Il n’empêche qu’après une période d’observation un rien moqueuse, j’ai fini par m’approcher de plus près. Il possède un timbre intéressant et le groupe est loin d’être ridicule. Et ça chante en français. Un très bon point.
    Laviolette, non. Après deux groupes au nom anglais, chantant français (Kageybox, The Liars), ce fut un nom plutôt français pour un chant en anglais. Pas de bon point, pour eux. En ont-ils besoin d’ailleurs ? Ils avaient plutôt la classe. Plutôt beaucoup. De beaux garçons, avec une touche de violet sur chacun. Un trio, guitare, batterie, clavier. J’ai totalement oublié le son. Pardon, j’ai bu. Nous étions dans un bar, faut dire, et je suis pour la prospérité du commerce. Les commerçants sont mes amis. Alors mes amis, je les aide. J’ai bu.
    Non, mais c’est bien Laviolette, n’en doutez pas.
    Hips.



    J’ai été plus attentif pour This is Pop. Parce que j’adore XTC. This is Pop, est un titre de XTC (White Music, 1978). Et puis, This is Pop, est un trio avec une chanteuse, ce qui suffit à le rendre un peu plus intéressant. Dès la première chanson, il parut évident que ça n’avait pas grand-chose à voir avec XTC. Avec la manière qu’avaient ces Anglais d’attaquer les oreilles et de bouffer des amphétamines. This is pop, c’est de la pop punk synthétique dans la même veine qu’Aluminium Babe, un autre groupe à chanteuse, qui a chanté ici même il y a peu (voir aussi Ikara Colt). C’est très dansant. Ca se colle derrière l’oreille comme un chewing-gum, sans que ça fasse mal. Pas de batterie ici, tous les rythmes étaient envoyés depuis un clavier manié nonchalamment. Nonchalant et nerveux, ça pourrait suffire comme adjectifs. Le groupe a aligné les titres comme à la manœuvre, sans vraiment se soucier du public, la chanteuse faisait des va et vient sur la toute petite scène, tapant du pied, pliant les bras, le regard jeté dans le vide. Elle n’était pas vraiment belle. Elle n’était pas moche, non plus, loin de là. Un joli brin de fille, fine et bien proportionnée, comme il en existe quelques-unes, une fille qui pourrait passer facilement inaperçue dans une salle d’attente. De temps en temps, son regard s’allumait et alors c’était une autre personne.

    Signature : Bertrand Lasseguette
    le 16/10/2007
>> Réponse (le 22/10/2007 par Damien)
La critique est aisée mais l'art est difficile... :)

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