Johnny Vinvin et ses barbus, Sliping Kangooroos 23 novembre 2007- Popart, Reims
Affreux, sales et puants. Si tous les gens de droite pouvaient être comme ça, ce serait quand même plus clair.
Johnny Vinvin et ses barbus, est un groupe de droite. Ca ne m’a pas sauté aux yeux quand je les ai vus vendredi dernier, mais là je reviens de leur très intéressant site, j’ai parcouru leurs paroles et c’est beaucoup plus clair, .../...
Affreux, sales et puants. Si tous les gens de droite pouvaient être comme ça, ce serait quand même plus clair. Johnny Vinvin et ses barbus, est un groupe de droite. Ca ne m’a pas sauté aux yeux quand je les ai vus vendredi dernier, mais là je reviens de leur très intéressant site, j’ai parcouru leurs paroles et c’est beaucoup plus clair, quoique cela pourrait être encore du second degré, comme sur cette chanson interprétée sur l’air d’Au bon vieux temps du rock’n’roll.
J’en ai assez de voir la gueule à Sarko
Qui squatte nos télés, nos radios
Je voudrais que la politique soit fière
Tout comme au bon vieux temps du R.P.R.
(…)
Et qu’est-ce que c’est que ces histoires d’ouverture
Ca, ça se serait jamais vu du temps de Balladur
Je voudrais faire un retour en arrière
Tout comme au bon vieux temps du R.P.R.
Enfin… j’espère qu’ils sont de droite, cela ferait d’eux un vrai groupe local (ils viendraient de la Montagne de Reims). Moi, les gens de droite, je ne les aime pas, ils sont de trop, comme les architectes d’intérieur, mais bon, je suis prêt à rigoler avec n’importe qui et ces gars aiment bien la grosse rigolade. Et ces gars chantent en français, je suis toujours sensible à ça. Surtout pour parler le langage de l’amour :
Toutes ces petites putes qu’on voudrait baiser.
Je les vois dans la rue
J’voudrais les défourailler
Oui mais voilà par amour pour toi
Je n’ai jamais cédé à aucun décolleté
Et toi sans aucune retenue
Le premier qui passait
Pouvait te la foutre au cul
J’te faisais confiance
Mais maintenant quand j’y pense
Il me vient à l’esprit Brigitte, Martine et Lucie
Et j’ai des remords d’avoir refuser
Durant des mois le grand plaisir de les honorer
La fidélité est l’affaire des prostituées
Et la polygamie est l’ami des maris
Cette fois c’est sûr on ne m’y reprendra plus
La première qui passe je lui fous la main au cul
J’ai noté deux autres phrases qui m’ont plu : Elle bouffait des craquinettes pour se vider la tête, Et quand j’ai la bite molle, pas besoin de manger créole. Je crois aussi que j’ai surpris une rime entre BN et Delerm. Au moins, on ne peut pas dire qu’ils sont étrangers au monde contemporain. De la chanson réaliste, en quelque sorte. Ils aiment bien Les musclés, aussi, à qui ils consacrent un titre. Une grosse farce bien grasse. C’était marrant, rock’n’roll, ils avaient des fans qui connaissaient la plupart de leurs paroles, mais à la longue, ça faisait quand même trop de gros mots pour moi.
Un Barbu à un Kangooroo : « On comprend rien à ce que vous dites.
- Mais c’est fait exprès ! »
Absolument chaotique. Il n’y a pas eu de casse. Pas de blessé. Mais un souk. Seb était en forme. Survolté. Enfin… vous avez vu. Bon, et puis, ils ont quand même de bonnes chansons. De toute façon. Un rock festif avec quelques hululements. Bloc Party versus Klaus Nomi. J’écoute leur album de temps en temps, chez moi, dans la voiture. Ils ont joué un premier set. Seb a distribué quelques coups de pieds. Il y a eu une pause. Puis ils ont balancé une nouvelle giclée des mêmes titres, plus un nouveau qui commence sur l’intro de Rebellion d’Arcade Fire. Arcade Fire ! J’étais doublement content.
Parce que c’est un très bon morceau et que je ne m’attendais pas du tout à ce que les Sliping Kangooroos cite Arcade Fire. A dire vrai, ça ne ressemblait pas à grand-chose, il y avait un début et pas de fin. Ca s’étirait, s’étirait…
Ca a fini d’exciter un gars qui avait déjà son compte. Porté par la rythmique et par l’alcool, il s’est emparé d’un micro pour brailler comme un sourd. Je ne sais pas si vous avez déjà eu l’occasion d’entendre un sourd-muet se mettre en colère. Ce n’est pas joli-joli. Entre la hyène et le dindon.
>> Réponse (le 29/06/2008) non attendez là les gars! vous dîtes: "vous avez déjà vu un sourd en colère?, c'est pas joli-joli. entre la hyène et le .../...La suite
Revok, Schoolbus Driver, Outerspace Flowers 14 octobre 2007- Popart, Reims Ca s’est passé en deux temps. D’abord deux trucs assez insoutenables. Puis deux autres trucs insoutenables, mais dans un style plus attendu pour une soirée Caktus (comme asso Caktus spécialisée dans le noise, harcore, métal).
Outerspace Flowers fut un trio. Le batteur est parti, bientôt ils rejoueront à trois avec un batteur, je n’ai pas compris .../...
Ca s’est passé en deux temps. D’abord deux trucs assez insoutenables. Puis deux autres trucs insoutenables, mais dans un style plus attendu pour une soirée Caktus (comme asso Caktus spécialisée dans le noise, harcore, métal).
Outerspace Flowers fut un trio. Le batteur est parti, bientôt ils rejoueront à trois avec un batteur, je n’ai pas compris si ce sera le même ou un nouveau, mais pour l’heure ils ne sont que deux. Ils ont répété pendant trois jours à la campagne. Leur musique est plutôt calme, apaisante, et tout aussi horripilante, comme un instrument de torture. Je crois que ce n’est pas entièrement volontaire. Une batterie est là pour quelques morceaux. Lorsqu’elle ne sert pas, par exemple, quand c’est harmonium et guitare, on n’entend qu’elle. Un bourdonnement infernal. Le timbre de la batterie vibre des vibrations de l’harmonium. Le timbre, je viens de l’apprendre, est le filet de métal qui se trouve sous la caisse claire. Le filet fait bzzz contre la peau de l’instrument. Un son qui enveloppe toute la salle. C’est très désagréable. Ca parasite la musique tout en lui donnant ainsi un effet qui suivant votre humeur peut se révéler intéressant.
Sinon, ça chante un peu, d’une voix douce et timide, sur des motifs planants et funèbres qui rappellent Labradford. Ca sonne encore très amateur, leur son évoluera peut-être dans le futur, mais dès maintenant, il y a des choses assez fortes, un motif de guitare, un roulement de batterie, qui tout penauds qu’ils sont, pourraient servir de bande-son à des films ou à des reportages. Pas James Bond, ni Capital, bien sûr… Outerspace Flowers, c’est leur nom.
Ensuite, il n’y avait pas de nom. C’était Jyuri et moi. Jyuri qui souffle dans un saxophone et moi qui lit. Ce n’est pas mon idée. Jyuri m’a recruté, de force presque. Jyuri, aka Reimspunknroll, aka Julien Rouyer, aka l’Ange noir de la place du Forum, joue dans les Bewitched Hands on the Top of our heads. Avant cela, il a joué dans un groupe expérimental, Le ciel se couvrit de bombes, déjà chroniqué ici, il y a deux ans (ils ont enregistré deux Cds). Je n’avais pas aimé. Les trucs expérimentaux, ça me gonfle facilement. Et me voilà, donc embarqué dans une petite expérience expérimentale un rien absconse.
Absconse comme obscure, incompréhensible.
Nous n’avons rien répété. J’aurais aimé prendre le temps d’écrire quelque chose de personnel et vivant, mais je n’en ai trouvé ni le temps, ni l’énergie.
Donc, le jour même, j’ai choisi deux pages dans La conquête du Mexique, un livre de 800 pages, qui relate l’expédition d’Hernan Cortès, en 1519. J’ai lu ces deux pages, une bataille, 800 morts, surtout Indiens, ça a duré quelques minutes et pendant ce temps Jyuri a soufflé, assez fort, pour que seulement quelques mots surnagent.
Il y assez peu de mots chez Schoolbus Driver, quelques cris, du bassiste, puis du guitariste, de la sueur, des poils, des tatouages sur le dos et le torse du guitariste et beaucoup de bruit. Nous étions peu nombreux et c’est dommage pour les gens qui ont raté ça. Je crois qu’il y en a beaucoup sur Reims qui auraient apprécié leur performance.
Ils étaient énervés les Schoolbus Driver.
Je me demande s’ils ont subi quelques contrariétés : une panne de voiture, un vol, une mauvaise digestion, une cuite…
Ils se sont déchaînés. Enfin… le guitariste surtout. Il ne tenait pas en place. Il est descendu de la scène, le dos tourné au public, et là, il fallait bien prendre garde à ne pas finir défiguré par un coup de manche. Le type est sans merci. Ses pédales valsent dans tous les sens. Un gars, qui les accompagne, essaie tant bien que mal de remettre les petits boîtiers à leur place, mais l’autre persévère dans sa fureur. Une fureur de clown. Il a beau être incontrôlable, le gars reste souriant, blagueur. En parlant de blagueurs… Les types de Revok étaient au premier rang pendant tout le set de Schoolbus Driver, pour écouter leurs copains et aussi pour les chambrer, jusqu’à poser en photo à côté du guitariste pendant qu’il suait sur sa six-cordes.
Et pourtant Revok, ce n’est pas exactement un groupe de rigolos. Plutôt d’austères métalleux, tendance progressifs / post-rock, dans la même veine qu’Isis. Le chanteur a une grosse voix sinistre. Ca matraque pas mal. Ils sont cinq dont deux guitares. Mais leurs chansons, assez longues, ménagent des moments de calmes relatifs. Les moments que je préfère. Il y avait aussi des images projetées. Pas mal du tout. On retrouvait dans ce montage vidéo les thèmes récurrents à ce type d’accompagnement comme les fourmis, les cheminées d’usine, le béton des villes… mais dans toute cette galerie, il y avait des trucs vraiment fins et surprenants. A voir, comme on dit.
End's Close, Kageybox, The Liars, Laviolette, This is Pop 12 octobre 2007- Popart, Reims
Il y avait cinq groupes, trois rémois, deux parisiens, on demandait trois euros, c’était la deuxième Reims Rock’n’roll night, organisée par l’association du même nom. La première était pas mal avec les Noodles et leur public d’adolescentes, celle-ci fut meilleure. Il y avait encore plein de jeunes de moins de vingt ans, il y avait une gamine .../...
Il y avait cinq groupes, trois rémois, deux parisiens, on demandait trois euros, c’était la deuxième Reims Rock’n’roll night, organisée par l’association du même nom. La première était pas mal avec les Noodles et leur public d’adolescentes, celle-ci fut meilleure. Il y avait encore plein de jeunes de moins de vingt ans, il y avait une gamine avec plusieurs ceintures autour de la taille qui n’a cessé d’aller dans les toilettes vérifier que son nez était toujours à sa place, et sa frange, et ses yeux, et ses seins. Il y en a eu encore qui ont disparu après le premier groupe, mais moins, peut-être parce qu’il y avait encore une autre formation dont la moyenne d’âge ne dépassait pas 18 ans, The Liars, et peut-être aussi parce que l’ensemble de l’affiche était plus cohérente, musicalement parlant.
Du début à la fin, ce fut rock, sec et nerveux.
J’ai du mal à remettre tous les sons entendus en face des groupes correspondants, il y en a même un dont j’ai tout oublié, Laviolette, alors que je me souviens que c’était loin d’être dégueu.
C’était mieux que la première nuit, mais comme la fois précédente, c’est le premier groupe qui m’a le plus tapé dans les yeux et dans les oreilles. End’s close. Des Rémois mineurs, avec le chanteur qui ressemble à celui de Vortex of End, jusque dans le chant torse nu (photo censurée), sauf que Vortex of End, c’est du métal, de la musique de vilains. Eux, c’est du rock’n’roll 2007, de la musique de minets. Ah, il fallait voir avec quelle distinction le blond guitariste a saigné sur son instrument. Sans perdre une seule seconde son sourire insouciant. Adorable. Le batteur porte un tee-shirt des Who, circa 1965. Adorable. Ils ont d’ailleurs osé le My generation en guise d’au revoir. Adorable. J’ai cru reconnaître du Offspring sur un de leur titre. Une citation inconsciente. Offspring, Acdc, Rancid, The Distillers, Transplants, font partie de leurs influences revendiquées. Je les ai moi aussi dans ma discothèque. Je ne crache pas dessus, mais quand elles s’additionnent de telles influences peuvent engendrer d’horribles choses, bruyantes et lourdes. Tout le contraire de ce que j’ai entendu. Adorable, j’ai dit.
Après ces jeunes pousses prometteuses, il y eut Kageybox, dans une version non mixte, c'est-à-dire à quatre sans leur chanteuse. Ceux-là, je me souviens les avoir vus, pour la fête de la musique 2006, place d’Erlon, c’était horrible, horrible comme quand on chante faux et joue à contre-temps (moi-même je sais faire, ce n’est pas drôle). Le groupe était tout jeune alors. Ils ont dû bossé depuis, ou alors, c’est la faute à leur chanteuse… Gniark, gniark, gniark. Je plaisante…
Bon, alors Kageybox. Ce fut court. Ils n’étaient pas prévus à l’origine et puis j’imagine que sans Ma, le nom déclaré de leur chanteuse, ils ne pouvaient pas trop s’étendre. Ils sont un peu moins jeunes, que la génération qui apparaît ces temps-ci, cette génération rock’n’roll, eux jouent du rock, sans le roll, une musique moins insouciante, plus torturée, plus héroïque, plus Noir Désir. Ils chantent en français. C’est pas mal non plus. On a moins envie de crier youpie, mais la flamme est là aussi. C’est du sérieux.
A noter, que Joul, le chanteur-guitariste de Kageybox, est resté derrière la console son pendant toute la soirée, afin d’éviter que nous finissions sourds trop vite. Fallait ça, parce qu’après Kageybox, The Liars, nous ramenèrent vers d’ignobles vibrations rock’n’roll. Je dus remettre des bouchons à mes oreilles.
Ils ont un gueulard terrible, Max. Il hurle comme si on venait de lui enlever son appareil dentaire et qu’il avait oublié de prendre son tube de ventoline. Oui. L’appareil dentaire, ça ne saute pas aux yeux, le Max, en question, porte de très jolies dents, mais sa voix est réellement discordante et à deux doigts de l’étouffement. Il n’empêche qu’après une période d’observation un rien moqueuse, j’ai fini par m’approcher de plus près. Il possède un timbre intéressant et le groupe est loin d’être ridicule. Et ça chante en français. Un très bon point.
Laviolette, non. Après deux groupes au nom anglais, chantant français (Kageybox, The Liars), ce fut un nom plutôt français pour un chant en anglais. Pas de bon point, pour eux. En ont-ils besoin d’ailleurs ? Ils avaient plutôt la classe. Plutôt beaucoup. De beaux garçons, avec une touche de violet sur chacun. Un trio, guitare, batterie, clavier. J’ai totalement oublié le son. Pardon, j’ai bu. Nous étions dans un bar, faut dire, et je suis pour la prospérité du commerce. Les commerçants sont mes amis. Alors mes amis, je les aide. J’ai bu.
Non, mais c’est bien Laviolette, n’en doutez pas.
Hips.
J’ai été plus attentif pour This is Pop. Parce que j’adore XTC. This is Pop, est un titre de XTC (White Music, 1978). Et puis, This is Pop, est un trio avec une chanteuse, ce qui suffit à le rendre un peu plus intéressant. Dès la première chanson, il parut évident que ça n’avait pas grand-chose à voir avec XTC. Avec la manière qu’avaient ces Anglais d’attaquer les oreilles et de bouffer des amphétamines. This is pop, c’est de la pop punk synthétique dans la même veine qu’Aluminium Babe, un autre groupe à chanteuse, qui a chanté ici même il y a peu (voir aussi Ikara Colt). C’est très dansant. Ca se colle derrière l’oreille comme un chewing-gum, sans que ça fasse mal. Pas de batterie ici, tous les rythmes étaient envoyés depuis un clavier manié nonchalamment. Nonchalant et nerveux, ça pourrait suffire comme adjectifs. Le groupe a aligné les titres comme à la manœuvre, sans vraiment se soucier du public, la chanteuse faisait des va et vient sur la toute petite scène, tapant du pied, pliant les bras, le regard jeté dans le vide. Elle n’était pas vraiment belle. Elle n’était pas moche, non plus, loin de là. Un joli brin de fille, fine et bien proportionnée, comme il en existe quelques-unes, une fille qui pourrait passer facilement inaperçue dans une salle d’attente. De temps en temps, son regard s’allumait et alors c’était une autre personne.