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Presqu'ïle de Malsaucy - Belfort |
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Presqu'ïle de Malsaucy - Belfort Lac de Malsaucy Base de Malsaucy
90000 Belfort
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Aucun concert n'est annoncé pour ce lieu | |
|  | Cali + Future of the Left + The Offsprings + Holy Fuck + Battles + Ez3kiel (Les Eurockéennes de Belfort) 6 juillet 2008- Pas loin de Belfort  Par ici le vendredi !
Par ici le samedi !
Dimanche
La pluie tombe doucement sur les parois de la Quechua, et la fraîcheur humide de l’air me fait sortir de ma torpeur. Simili torpeur. J’ai passé la nuit à subir les vociférations d’un ghetto .../...
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Par ici le vendredi !
Par ici le samedi !
Dimanche
La pluie tombe doucement sur les parois de la Quechua, et la fraîcheur humide de l’air me fait sortir de ma torpeur. Simili torpeur. J’ai passé la nuit à subir les vociférations d’un ghetto blaster impromptu, venu se poser au milieu de notre campement, sitôt les concerts de la veille terminés. Comme dans toute fête tardive, la playlist a dégénéré, passant du cool au carrément embarrassant. Vers 10h du matin, j’errais dans les profondeurs d’un étrange rêve éveillé, ou se baladait pèle mêle Sitting Bull, les Ghostbusters, et une envie fondamentale d’écrabouiller la sono à coup de pelle. Quel esprit scientifique pourrait m’expliquer pourquoi les esprits embués d’alcools et de dope finissent fatalement par écouter Corona et 2 Unlimited quand pointe l’aurore ? La réponse est probablement dans la question.
A l’extérieur de la tente, les piles de canettes froides diffusent un parfum douloureux de réalité. C’est le dernier jour. Le sol s’est ramolli. Le gris à envahi le ciel, et les gouttes maigrelettes nous sommes de préparer notre départ en nous giflant les joues. On passe la journée sous une bâche. Le Norvégien semble avoir disparu dans la nuit. Où est-il ? Qu’a-t-il fait ? J’imagine les scénarios les plus dingues. Je me décide pour celui où, à la tête de la fête de la tribu du camping, torse nu et recouvert de peintures de guerre, il est entré dans une transe de shaman. Ses yeux se sont révulsés, sont corps s’est tordu dans des positions démentes. Puis, faisant taire les tambours, il a raconté à son auditoire hypnotisé la blague de la pipe pingouin. Il a baissé son pantalon jusqu’au cheville, s’est mis à courir en tortillant du cul, et à hurlé : « Hey ? C’est quoi la pipe pingouin ? » vers une pute imaginaire.
Epiphanie. Révélation collective. Soudain, le Grand Esprit du Nord est descendu du ciel pour se présenter dans toute sa gloire, se posant au milieu de la foule en folie, une canette de seize à la main.
« Mes enfants, » s’est-il exclamé « Les forces conjuguées de cette fête et de cette blague m’ont invoqué. Et, pour vous remercier (car il est bon d’offrir au Grand Esprit du Nord moult drogues diverses et autant de comportements incohérents) je vais vous révéler le Secret. La véritable Nature de l’Homme. »
Le G.E.N se tû et prit une profonde inspiration.
« Vous êtes tous des pingouins. » Déclara-t-il solennellement (N.B. utilisons l’aoriste pour le propos du Manitou. Signé : GGT inside). « Repartez vers la banquise et soyez libres ! »
La foule en folie fut prise d’un soubresaut. Immédiatement, les fêtards baissèrent leurs pantalons sur leurs chevilles, s’ébrouèrent, couinèrent et caquetèrent. Comme un seul pingouin, ils se dandinèrent vers la sortie du camping et prirent la direction du cercle polaire.
Et c’est ainsi qu’ils ont disparu, aux premiers rayons du soleil. On n’entendit plus jamais parler d’eux. Fin.
C’est une possibilité comme une autre. Ca explique aussi pourquoi une grande partie du camping avait déjà plié bagage à 10h du matin. Mais je m’égare.
On arrive sur le site vers 19h. Je regrette amèrement de ne pas être arrivé plus tôt car j’aurais bien voulu voir Sinik. Juste pour pouvoir lui hurler dans un mégaphone cette question de geek soupçonneux : « Pourquoi la pochette de ton album Sang Froid (2006) ressemble t-elle trait pour trait à celle de Damaged (1981), le disque de Black Flag ? J’aimerais savoir. Tu aimes Black Flag ? Respect mec, tu as du goût. Non, tu connais pas ? Sache que ça a déjà été fait alors. Et sans retouche sur Photoshop. » (Bon j’extrapole un peu là.)
La pluie a détrempé le terrain et les derniers brins de gazon ont disparu. On croise quelques hommes de boue, des malchanceux qui ont glissé dans la gadoue. L’idée de nous vautrer nous hante, aussi avançons nous avec précaution, concentrés comme des funambules.
On patauge jusqu’au sommet de la butte qui domine la grande scène. La foule est dense et compacte. Je pédale tellement dans tourbe que mes godasses manquent de rester collées au sol à chaque pas. J’ai l’impression d’être une mouche crapahutant sur la surface d’un immense pot de nutella (pour ne pas utiliser de comparaison plus évidente avec d’autres matières moins nobles). Cali use la scène depuis un moment, et sa vigueur sur les planches stoppe mon périple un instant. Je constate que sa réputation de frontman n’est pas usurpée. Les écrans géants diffusent les images du bougre en train de se livrer à une périlleuse démonstration de body board sans planche, à moins qu’il ne s’agisse d’une technique de ninjustu pour éviter les gouttes de pluie.
C’est ainsi que l’on peut voir la grande bringue mélancolique se ratatiner avec bonne humeur au quatre coin de la scène, tenter de dérober leurs caméras à des cameramen pas très coopératifs et divaguer dans tous les sens, trempé comme une soupe, un grand sourire d’enfant aux lèvres.
Dégoulinant, il s’approche du micro.
« Libérez les sans papiers ! » mugit-il d’une voix de pochtron déséquilibré.
Exclamation difficile à interpréter sur le moment. S’agit-t-il d’un véritable cri du cœur, d’une déclaration à prendre au 36ème degré, d’opportunisme politique ? À vrai dire on s’en fout. Le sieur Cali se la donne à fond quand il joue et de ce fait mérite le respect dû à tout véritable musicien. Le reste est une affaire de goût. Et si les sonorités aigrelettes de ses mélodies ne me touchent pas, je ne peux que m’incliner devant sa générosité et son grain de folie.
Ces quelques compliments faits, on reprend la route vers Future of the Left, le groupe qui m’a été fortement conseillé aujourd’hui. Qui sont-ils ? Que font-ils ? Comment sonnent-ils ? Je ne sais guère pour l’instant. En tout cas, leur nom est abscons. (Futur de la gauche ?! Ces anglo-saxons là seraient ils intéressés par notre politique nationale ? étrange…)
Je reçois un SMS du Norvégien : « Pourrai pas être là. On a pas réussi à trouver de place pour aujourd’hui. » Ah ! La cruelle déception. Au moins il n’est pas en train d’attraper une broncho-pneumonie en nageant les fesses à l’air dans la mer du Nord
On arrive à la loggia en plein milieu du soundcheck. La pluie se calme progressivement. Comme la plupart des « petits » groupes du festival, la balance est faite par les musiciens en personne. C’est l’occasion de constater que ceux-ci ont l’intention de jouer fort et méchamment.
Ainsi le guitariste-chanteur-clavier prend un plaisir de tortionnaire argentin à faire hurler à la mort une note stridente sur son synthé pendant de longues secondes.
« Ceux la sont des empêcheurs de tourner en rond » note-je avec application dans mon petit calepin. « Un bon point ».
Et donc, paf, ça démarre. Shbaoum bing vlan ! Voilà t’il pas que Future of the Left déroule le tapis rouge à un rock cyborg aux tonalités de scie à ruban. Le batteur imprime une rythmique robotique sur les riffs acerbes du bassiste et du guitariste. Comme je n’aime pas faire de comparaisons entre les groupes (vile manœuvre qui ôte toute originalité aux groupes émergents et les fait passer pour des ersatz de groupes plus anciens qui n’étaient eux-mêmes des ersatz de groupes plus anciens, etc. ad infinitum), je ne dirais pas que ça ressemble à du Devo conduisant à tombeau ouvert, défoncé sous P.C.P (merde ! je me suis fait eu !). Bref ça groove à mort et ça donne une patate d’enfer.
Je passe en mode lunettes noires, et me mets à danser en prenant des poses de surfer, les pieds incrustés dans la gadoue et boudiné dans mon k-way vert chiasse.
Le guitariste alterne coup de gratte aigue et lattage de synthé en règle. Quelque part, il me rappelle Jack Black, moins par son gabarit que pour ses répliques insolentes.
« J’espere que vous irez tous voir un bon oto-rhino après ça, parce qu’à par nous, y que de la merde dans ce festival » rigole t’il narquoisement.
Un très amusant laïus sur le langage châtié de Max Cavalera (qui, d’après eux, construit ses phrases en suivant le schéma Sujet + Verbe+ Fuckin’ + Complément) finit de me les rendre éminement sympathiques. Un bon esprit absurde et fouteur de merde.
J’adhère à leur refus de l’uniforme, et à leur besoin tangible de faire de la musique pour la musique, autrement dit, de prendre beaucoup de plaisir à jouer. J’adhère aussi à la boue qui en train de se transformer en ciment, mais ça n’a rien à voir en l’occurrence.
Pour preuve de cette envie de se la donner, la fin du show. Le batteur inarretable voit sa batterie se faire démonter sous son nez par ses deux camarades, ce qui ne l’empêche pas de continuer quand même. That’s the spirit !
Une fois la claque encaissée, on se dirige tout guilleret vers l’improbable bar à vin (qui vend un picrate tout aussi improbable) et on observe The Offsprings s’installer.
J’avoue avec honte afficher une mentalité de vieil aigri.
« Ouais bon oui Offspring, il joue comme des pieds,et pis, le chanteur chante faux (mon tendre amour acquiesce fortement, pour les avoir subit en 1994), mais bon il paraît que le nouveau batteur, c’est celui de Rocket From The Crypt, alors ce sera ptet mieux hein ? »
Tout le monde me regarde avec des yeux de merlans frits. Ils ne doivent pas connaître RFTC. Snif, mais moi je l’aime ce groupe !
« C’est plus lui le batteur » me répond un rockologue avertit
Oups.
Je rentre la tête dans les épaules et dans mon verre de vin.
C’est donc avec plus que de que des a priori negativo-condescendants que l’on regarde le début du concert.
Une foule immense trépigne sur ce qui fut jadis le gazon de la grande scène.
Premier morceau. Je me rappelle qu’il était dans la B.O de Crazy Taxi. Sympabof. Un Dexter Holland grassouillet arbore une coupe disons… Euh… Différente. Il ressemble franchement à un Beach Boy. Brian Wilson en blonde, ouahou ! Qui se rappelle du bon Dexter des débuts, avec ses dreads pourries sur le citron ?
Effectivement, il chante pas mal de traviole. Mais les Offsprings ont la bonne idée d’envoyer la bombe H d’entrée : Come out and play en deuxième position sur la set list !
Une étrange et fascinante mutation s’opère sur la cousine de ma délicieuse partenaire. Un rictus démoniaque déforme le visage de la ravissante et menue dentiste diplômée. Foudroyée par le pogo-virus, il ne lui faudra pas plus de 2 minutes et 34 secondes pour foncer tel un tank sherman dans la masse des spectateurs et disparaître corps et bien dans le magma de chairs qui se malaxent frénétiquement.
Je beugle avec entrain les « you gotta keep em separted » et autres « hééheeyyy » qui ponctuent le tube, d’une voix d’ado en pleine mue.
Et oui que voulez vous, soit, Offsprings ça craint, c’est vendu, patati et patata. Mais pourquoi réfuter nos amours d’antan ? Je sautille sur mon banc, une raquette de tennis invisible entre les mains, et me voilà 15 ans plus tôt dans ma chambre, les écouteurs sur les oreilles en train de jammer avec un groupe qui etait la bande son de ma vie à cette époque-là. Certes the Offsprings seront toujours décriés par les gardiens du bon gout, mais il est de tout aussi bon goût de libérer un honnête plaisir des chaînes du « si j’ai l’air trop à fond sur ce groupe, je vais passer pour un blaireau ».
Pour la première fois de ma vie, je vois enfin en vrai ce qu’est un public acquis à la cause d’un artiste. De la scène aux plus lointaines hauteurs, c’est un seul et unique corps qui saute au rythme du punk bubblegum. Et c’est beau. Je réalise que c’est ainsi que l’humanité fusionnée a pu construire des pyramides titanesques où renverser des cités millénaires, que finalement, la communion importe plus que la « culture ».
Finalement, on ne reste pas. Offsprings ça va deux minutes, hein, ho.
Je croise un pote courageux ayant assisté au concert de Sinik. Il déclare :
« C’est le degré zéro du rap ».
Merde, je suis encore plus dégoûté. Qu’il est bon d’être embarrassé par un artiste. C’est un plaisir morbide semblable aux accidents de la route.
On glisse de nouveau à la Loggia, voir Holy Fuck. Nouvelle agréable surprise. À l’instar de Futur of the Left, voici des partisans de la non-uniformisation. Un groupe à la formation bizarroïde qui confirme l’utilisation de plus en plus fréquente d’instruments autrefois honnis par le rock, c’est à dire machins électronique, sampler et cotillons. Est ce le fameux electro dont tout le monde parle ? Ca va faire plus dix ans et je n’ai toujours pas compris ce que ça signifiait, electro. Électrique ? Électronique ? Du Rock Electrique et Electronique ? Y aurait pas comme qui dirait un ptit peu de pléonasme la dedans ?
Bref, voici une musique trippante, diffuseuse d’happy vibes. Je me dit qu’avec un acide ça doit être parfait, alors je fait comme si j’en avais pris un. Un des musiciens se dépatouille avec un étrange bidule qui semble etre un distributeur de bande magnétique. Ça fait des bruits qui rappelle la scène de l’Exorciste où le Père Karras réécoute les bandes enregistrées de la possédée. Du strange donc.
On passe un bon moment à dodeliner sur la musique incisive et à fleur de peau. Puis, une fois le spectacle terminé, nous revoici errant tel des escargots dans le bourbier général.
C’est l’occasion pour moi de flâner (enfin, plutôt de déraper), le long des multiples échoppes qui rappellent au festivalier que oui, nous vivons dans un monde capitaliste ou tout est hors de prix. Je goûte au Rivella. Ca devrait s’appeler Dégueulla.
Les ballons Bob l’éponge n’en finissent plus de s’envoler vers les étoiles, mais je constate avec amertume que ceux à l’effigie Hamtaro ne connaissent pas le même succès.
Je regrette d’avoir écouté d’une oreille distraite Battles. Ça avait l’air parfait. C’est aussi la première fois que je vois un batteur jouer avec une cymbale placée si haute (au moins 1m50 au dessus de lui ! C’est dingue ! Mais ca sert à quoi ?) Mes souvenirs, déjà déstabilisé par l’absorption un peu trop massive de THC, se sont encore plus floutés avec les jours qui ont passé. Je n’ai plus que quelques bribes d’un noise intense et puissant.Désolé pour cette attitude fort peu professionnelle (d’autant plus que je ne le suis même pas, professionnel.)
On se presse pour avoir une bonne place au show d’ Ez3kiel. La lune caresse la surface de l’eau aux bords de la plage. Les flambeaux disposés en tridents me mettent dans l’ambiance d’une messe neptunienne.
Choix fort judicieux, qui se prête à merveille à l’atmosphère sous-marine proposé par le groupe.
A ma droite, un noir immense à la basse, physique de Monsieur Propre, sourire de Bouddha étiré sur les lèvres. L’instrument est à l’image de son propriétaire. Enorme. Un direct dans le bide qui accélère la digestion et transforme le contenu de l’estomac en bouillie liquide au fil des lignes coulantes.
A ma gauche, un bidouilleur de samples-guitariste, gringalet Géo Trouvetout au commande des lames de fonds mélodiques.
Derrière eux et légèrement décalés, deux batteur aux jeux imbriqués.
Superbe spectacle que celui-ci. Des vidéos effarantes et bloquantes font oublier les musiciens. Je plonge littéralement dans celle évoquant un naufrage, tellement concentré sur les images que seul mes yeux dansent à ce moment. La machine à rythme, synchro avec les batteurs est un moment d’émerveillement, semblables à ces instants plus jamais renouvelables ou l’on découvrait, scotchés, nos premiers jeux vidéos. Le point culminant de l’interactivité viens avec ce rigolo ballon gonflable lancé dans le public, égrainant des notes au fil des smashs du public (évidemment tout le monde veut taper dedans, ce qui provoque de sympathique moulons dès que la baballe retombe). Gimmick très sympa qui me permet d’admirer la parfaite technique du groupe. A aucun moment le morceau ne flotte.
Ma cops est en transe. Moi aussi. Mais je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas le courage de montrer ma poitrine. Il doit faire trop frais.
Je rentre ravis de cet ultime concert. Les vieux briscards semble penser que celui-ci est en deçà des anciennes performances, et lui reproche l’utilisation de chants samplés. En tant que néophyte du groupe, je suis pas mal emballé quand même.
On rentre mollement au campement, la mélancolie n’est pas encore là, elle attend de nous fondre dessus le lendemain. Je laisse les dernières vapeurs de psychotropes se dissoudre dans la rosée.
Voilà. Pourquoi 4 étoiles à toutes les journées ? Parce que sincèrement, j’ai adoré ce long week end. Peut être est-ce l’enthousiasme des premières fois. Probablement. Mais c’est aussi pour la joie d’avoir traîné ma carcasse au milieu d’une population fraternelle et amicale. D’avoir jacassé avec des passionnés, des gens qui défendent leur paroisse musicale avec sincérité. D’avoir ri de bon cœur avec des trublions de passages, des absurdes rigolards où des ravagés hilarants. Comme je l’ai dit auparavant, je ne décrirais pas ces moments privés, qui furent pourtant ce qui donnèrent tout le sel à cette expédition et qui m’ont encouragé à apprécier la musique pour ce qu’elle est : la matérialisation d’une émotion. Bien sûr il y avait des bémols, des trucs moyens, des trucs bof, des trucs argh. Mais j’ai refusé de les enregistrer. Alors ils n’ont pas existé.
Fini !
(Merci Philippe pour tes conseils ;)
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>> Réponse (le 24/07/2008 par Anaïs 39)  J'ai vu Cali en concert pour la 4ème fois aux eurockéennes et je ne m'en lasse pas, vivement la prochaine !
Un grand .../... La suite |
 | (mes) Eurockéennes 2008 3/3 : French Cowboy, MGMT, Seasick Steve, Babyshambles, Dan le Sac vs Scroobius Pip, The Offspring, Gnarls Barkley, Ez3kiel 6 juillet 2008- Presqu'Ile du Malsaucy, Evette-Salbert 
Pour le samedi, c'est par ici !
Pour cette troisième et dernière journée, encore mal remis de la deuxième, vraiment énorme, il va nous falloir un sérieux stage de remotivation... Déjà parce que la première chose que nous voyons au lever, c'est .../...
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Pour le samedi, c'est par ici !
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Pour cette troisième et dernière journée, encore mal remis de la deuxième, vraiment énorme, il va nous falloir un sérieux stage de remotivation... Déjà parce que la première chose que nous voyons au lever, c'est qu'il pleut ! Petite pensée pour les campeurs (dont nous ne faisons plus partie - nous sommes bien au sec) : c'est pas parce que le camping propose de plus en plus d'animations qu'ils ne doivent pas se sentir un peu gâchés par ce vilain temps. Tout au long de la journée finalement, ce ne sera pas si dramatique, avec des ondées par intermittence mais pas de violentes averses. Une partie des amis ayant rendu les armes comme prévu, c'est en petit comité que nous arrivons sur le site, où l'effet "sold-out" se fait sentir dès lors qu'il faut se garer - la galère. A ce stade-là il n'aurait pas fallu trop nous chauffer pour rebrousser chemin - on aurait eu bien tort, la programmation des 20ièmes Eurockéennes recèle encore de bien belles surprises !
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On gagne la plage sous une éclaircie pour les French Cowboy, dont tout le monde dit le plus grand bien ! On les connaît peu, sauf par la bande : en tant qu'ex-Little Rabbits, ex-accompagnateurs de Katerine et même ex-comédiens occasionnels (le batteur jouant le très rock'n'roll conducteur de Mustang du documentaire Belfort). Le groupe alterne les titres de pop-rock racé, de folk à la cool, et autre noisy rocks contondants (il va vraiment falloir se procurer leur premier album !), tandis qu'un impressionnant anaconda composé de manchons gonflables publicitaires traverse le public dans tous les sens. Composé de 3 types bien habillés... et d'un Deschien (le French cowboy donc ?), la bande ose même une agréable reprise du Back to Black d'Amy Winehouse après que le chanteur se soit équipé d'une petite blonde à qui déclamer sa poignante rupture... avant de nous quitter sur un rock invitant à exploser son groupe (Split the Band). Pas mal du tout pour un dimanche, et pour l'instant sans rincée !
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Petite attraction intermédiaire sur le podium d'une marque de pile à lapins musiciens bien connus : un trio sympa de human beat boxes va nous ramoner un peu les écoutilles, avec notamment une imitation de Snoop Dogg et diverses pitreries comme un zapping de radio, sur des rythmes rap, électro, rock etc. Note pour plus tard : le concept du mini-concert de 10 minutes serait à creuser entre deux gros plateaux, ne serait-ce que pour fluidifier certains mouvements de foule : sur les petites scènes (Loggia et Plage), on fait couramment la queue dans les deux sens (entrée et sortie), à cause des gens qui ne veulent pas s'avancer, un peu comme s'ils allaient payer plus cher...
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Mais voici la sensation hype du dimanche : MGMT (prononcez ... MGMT si ça vous chante, non mais pour qui ils se prennent ces p'tits salopards ?) qui sont 5 sur scène, avec des looks mi-nerd, mi-hippie (esprit lunettes carrées et/ou bandeau rose dans les cheveux). A défaut d'être entièrement réussi, leur album est il est vrai une agréable surprise : ce rock planant est exactement ce qu'il nous faut pour ne pas nous brusquer en ce début de dimanche fatigué. La tonalité de la voix, très habitée, rappelle par moments franchement les chevelus Lennon/Van Morrison (Weekend Wars et Pieces of What) chantant du Mercury Rev (The Youth) : référencé donc, mais très bien en l'occurence...
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Les chansons se finissent par des montées psychédéliques maîtrisées et charmantes, certains titres sont allègrement réorchestrés sur scène, ce qui est très louable pour un jeune groupe ! La pluie ayant repris, tout le monde se serre un peu plus sous le bienfaisant chapiteau, tout en se dandinant au son du très funky Electric Feel, puis de Time to Pretend, pas si loin d'Arcade Fire et où le chanteur se couvre d'un ridicule drap multicolore qu'il gardera jusqu'à la fin. Vient ensuite la vrombissante Kids, leur tube incontestable en live, si l'on en croit l'élévation de la température dans le chapiteau ! L'un des musiciens fait une énorme bourde, provoquant un rattrapage bringuebalant tandis que le chanteur lutte contre un fou-rire. L'assistance commence néanmoins à se disperser (effet Cali ?) tandis que le groupe finit dans un grand n'importe quoi sur scène, et jamme en bondissant dans tous les sens. Au contraire des Vampire Weekend, il semble donc que MGMT soit bel et bien meilleur sur scène que sur album !
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C'est à 18 heures ce dimanche que le coup de bol (il y en a toujours un) se produit... Alors que j'hésite mollement entre Cali (sympa mais déjà vu) et Danko Jones ("rock", c'est un peu court pour donner envie quand il flotte, non ?), mes amis m'entraînent à la scène Club Deville : nous y attend un bluesman absolument extraordinaire, non pas tant par ce qu'il joue (du très bon blues du Mississippi) mais par sa personnalité. Seasick Steve, c'est son nom, est ce qu'il convient d'appeler un vieux plouc américain, salopette et casquette John Deere, accompagné par un sosie de Garth (celui de Wayne's World bien sûr) à la batterie. Arrivé là on-ne-sait-comment, le vieux barbu a une terriblement bonne bouille (difficile de dire s'il est noir, blanc, indien, ou un peu des trois).
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En fait il a l'air aussi étonné que nous d'avoir un tel succès : "You know, I'm so fuckin'happy, I really don't understand what the fuck you're doin'here listening to me, goddammit !". Il est vrai qu'il a face à lui environ 300 K-Ways et pébroques plutôt remuants, tous avec la banane - les rescapés du Cali-pso (hum) : marrant et sympa, le bonhomme nous présente successivement sa vieille guitare ("... just an old piece of shit"), une guimbarde qu'il fait sonner ... comme une Gretsch, et plus tard son pedal steel ("...another real piece of shit") - guère plus qu'un bout de bois avec trois cordes et un micro... qu'il fait sonner comme une Weissenborn.
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Il nous fait chanter, taper dans les mains, compte fleurette d'un ton égrillard à une jeune demoiselle qui pourrait être sa petite-fille (et qui ne comprend rien, la pauvre), nous entretient d'un vin affreux qui rendrait aveugle et de diverses choses sur lesquelles il a écrit des chansons. Notamment un blues émouvant en hommage à son cher clébard Boss qui est mort l'année dernière... Bref on est comme face à un vieux pote, mais aussi un compteur malicieux et roublard. Son batteur et lui montent en puissance et finissent sur une boucle rock de plus en plus rapide, qui rend le public absolument euphorique - en rapport qualité-prix, Seasick Steve est probablement le meilleur ce week-end ! Et puis quand il est rentré chez lui à la ferme à Tupelo, Mississippi (oui, ça existe !), sa vieille bonne femme n'a pas du le croire quand il lui a raconté le triomphe qu'il a fait là-bas, au bout du monde et sous la pluie !
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Après ça, on est au moins dans de bonnes dispositions pour redonner sa chance à Pete Doherty et ses Babyshambles (pour ce qu'on en sait, mauvais sur scène comme sur disque, tout le contraire de Carl Barat et son nouveau groupe...). Il faut leur rendre justice : ils arrivent à l'heure et presque sobres, habillés de costards noirs du plus bel effet. Et leur single Delivery sonne pas mal sous chapiteau ! Il est vrai qu'une légère tendance à la toxicomanie ne fait pas de vous un mauvais musicien - ça peut même avoir l'effet inverse, la nouvelle copine de Pete, la sublime Amy Winehouse, en sait quelque chose !
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Cependant après quelques titres on revient presque au même constat : sans la drogue (Pete s'est débarrassé de ses bras les plus cassés), le groupe a certes une énergie notoire et lui chante mieux, mais ils n'ont toujours pas des vraies chansons - tout ceci sonne un peu tout le temps pareil et assez faiblard, les petites mélodies à la guitare de M. Doherty manquant quand même méchamment d'inspiration. Disons qu'il y a des bons passages mais que sans ses frasques, le quatuor ne serait sans doute jamais sorti des pubs où il a du commencer... En partant, je croise mon cousin (pour la troisième fois), une vraie encyclopédie du rock de 25 ans, tout content et très bien accompagné, mais semblant assez fatigué - il aurait paraît-il dansé jusqu'à 7 heures du mat' au camping avec ses potes les forumeurs du site des Eurock's - c'est bon de savoir que ça suit derrière !
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Pour ma part je retourne sans délai à la recherche de nouvelles sensations au Club Deville : Dan le Sac vs Scoobius Pip est dans la place ! Deux types, un Mac et deux micros, c'est tout ce dont ils ont besoin pour foutre le feu avec un hip-hop déchaîné sur des scratch volontiers technoïdes... De loin la ressemblance de la voix et la diction de Mr Pip avec Eminem est à s'y méprendre (de près on dirait plutôt Buck 65...), il a une grande barbe de mollah et pratique un white trash de bon aloi, sous des trombes de bruine horizontale qui finissent par menacer jusqu'à l'ordinateur de Dan... Pour ma part je n'avais pas vu un one-man-show de rap aussi addictif depuis Busdriver, ça secoue jusqu'au fond du slip ! Sur un efficace remix de Radiohead, le slammeur déclame A Letter from God to Man et le tout se termine sur du boum-boum si efficace que la pluie, tout étonnée, finit par en oublier de tomber. Dans le genre, tuerie.
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La suite est notre seul passage de la journée sur la grande scène, et pas le meilleur : The Offspring, qui a cramé son unique tube Come out and Play pendant qu'on s'approchait en essayant de ne pas se casser la gueule dans la grande montée transformée en un mortel miroir de merde marron (jolie allitération, non ?) Pour la suite le groupe de plus-très-frais-surfeurs-blonds-décolorés-de-45-balais enchaîne les titres très standard de college punk, certes reconnaissables entre mille, mais terriblement datés et ... fast food ! Un petit passage à Holy Fuck, électro-noise à guitare assez scolaire, ne nous fera pas davantage vibrer : plaisant, sans plus. C'est le moment de visiter les sandwicheries !
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Petit détail très horripilant : les nouveaux tubes de The Offspring, exactement les mêmes riffs qu'il y a 15 ans donc, The Kids aren't allright et autre Pretty Fly ("Aha, aha !"), où des centaines de portables se brandissent ("Ecoute ça, chérie ! Tu reconnais ? C'est le truc trod'laballe qu'on nous passe sur Fun Radio et le Mouv', on s'éclate grave !")... Je ne sais pas, moi, vous ne préférez pas No FX dans le genre au moins ? Connaissez-vous seulement The Hives, passés ici-même il y a un an jour pour jour ? CA, c'est du punk rock qui pousse au cul ! Pour un peu, on aurait eu l'appétit coupé de penser que c'était probablement à cause de ces nazes que la journée était sold-out, tant la grande scène était blindée de monde ...
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On préfèrerait pourtant croire que tout le monde est venu pour les inédits et superbes Gnarls Barkley et leur discographie pour l'instant parfaite, mais ce n'est pas le cas - merci à Offspring qui n'a pas encore fini puisqu'on peut se placer tout devant, pour notre plus grand espoir de ce dimanche - une scène où l'on aperçoit une contrebasse, c'est forcément un bon présage... Bonne pioche ! Après trois notes de Charity Case, on miserait déjà un an de salaire sur ce concert ! Les duettistes, physiquement un peu des Blues Brothers version black, se sont présentés dans des costumes à paillettes, accompagnés de 5 musiciens dont une musicienne, efficace à la basse et comme aux choeurs - Surprise enchaîne, ça groove déjà à mort ! Puis un titre "to start the party" - s'il en était besoin, Gone Daddy Gone, enchaîné avec Run, tube joué à l'harmonium vintage et rutilant de Danger Mouse, et qui nous fait éructer de plaisir.
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Sur Blind Mary, le petit et quelque peu cubique Cee-Lo, tout en chantant de sa poignante voix nasillarde, commence à se déshabiller au fur et à mesure que le chaud / le show le gagne - il finit rapidement en marcel, tous tatouages dehors, et encore, son crane chauve continue ...à fumer comiquement ! C'est en nous haranguant que le chanteur enchaîne tube sur tube (à ce stade, autant recopier les titres des deux albums) : entre autres, le twist Going On, le slow My Neighbour (quelle voix, mais quelle voix nom de Zeus...), les good old rock'n'roll (Whatever and co...). Et puis soudain, il s'excuse pour nous imposer la chanson qu'il va chanter et on en défaille de bonheur : la basse et les violons de Crazy, dont le refrain est repris en choeur par le chapiteau désormais plein (voir petite vidéo par ailleurs), nous foutent une chair de poule de tous les diables !
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Ayant eu leur single téléchargé, les consommateurs de musique commencent à partir se placer pour Moby, grand bien leur fasse : nous aurons droit encore à un slow qui donne juste envie... de danser tout nu, et en rappel (après une formidable bronca), M. Williams interprète presque à capella un Who's gonne save my soul now ? très émouvant, ainsi que Reckoner... de Radiohead, cover de toute beauté. Et le show se finit sur, il me semble, Smiley Faces, et en participant de notre mieux à la clameur finale, on prend instantanément la résolution ferme d'acquérir toute leur musique en vinyle. On s'attendait à ce que ce soit génial, mais pas à ce point quand même... Concert de ce dimanche, incontestablement !
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Bref on est KO debout, et pourtant il reste un dernier concert de haute volée à écouter sur la plage : celui de nos bien-aimés Ez3kiel qui viennent vendre leur très méchant Battlefield. Assez loin des volutes bleues de leur dernier passage ici avec Nosfell (où l'on avait pleuré quelques instants d'émotion devant tant de grâce), à mille lieux des danseuses vaporeuses et des mélodies délicates de Naphtaline, le groupe de 2 batteurs et une guitare, et son leader (et graphiste) Yann Nguéma nous embarquent dans un trip sonique de près d'une heure, fascinant dès les premières mesures de Adamantium. Ici aussi, difficile de trouver les titres d'albums qu'on ne saurait écouter autrement qu'en entier - heureusement certains seront projetés, par la suite !
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La dispositif visuel se met en tout cas en place sur A better World, avec des femmes changeantes qui rappellent un peu le film A Scanner Darkly, puis on reconnaît des titres de Barb4ry (également très dûrs), la splendide Volfoni's Revenge évidemment plus méchante que sur disque, la ballade The Wedding (et son trip visuel hallucinant et sublime, dans un théatre parcouru de spectres)... Vers la fin les percus s'emparent de l'image qu'ils font changer d'un claquement de doigt - sur un autre titre, c'est toute une machine métallique devenue comme folle qui s'agitera au rythme de leurs coups secs. Jah's Hardcore et Spit on the Ashes pour leur part, sont tout simplement grandioses.
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Les deux minutes de Fire Damp, plus violentes encore que Max Cavalera & son orchestre, inaugurent un style improbable, le death dub, avant que sur une ballade ancienne, un énorme et énigmatique ballon transparent s'en aille rebondir dans le public, déclenchant de jolis sons cristallins et guillerets à chaque contact. Connaissant la créativité du groupe, on passe un moment à se demander si c'est pour de vrai... Un pur moment de poésie, en tout cas ! Le concert, génial une fois de plus, se finit par un Barb4ry remixé dont les basses ont du faire tressauter jusqu'aux dentiers dans les verres, chez les mamies d'Evette-Salbert.

Photos & visuel : Eurockeennes.fr
Le rideau descend sur ce vingtième anniversaire et l'on s'aperçoit qu'une fois encore, on a été complètement bluffés. D'abord déçus par l'affiche, sans un ou deux groupes énormes qu'on attendait (par exemple, on était certains de revoir Portishead, déjà présent aux dix ans et venant enfin de sortir un album...), voire un peu ulcéré par des têtes d'affiches souvent déjà venues... On a pourtant pas touché terre de ces trois jours, courant du Chapiteau à la Loggia et du Club Deville à la Plage pour voir des prestations plus classieuses les unes que les autres, souvent surprenantes, trouvant juste le temps de nous livrer entre temps à une furieuse consommation de gobelets consignés !
Et toujours sur le site, un engagement associatif sincère, avec outre les gobelets consignés : Fondation Abbé Pierre, accompagnement d'aveugles aux concerts, sandwiches à 2 euros caritatifs, etc, etc. Live Action peut bien étendre son emprise sur le monde du live, gageons que la petite presqu'Ile gauloise saura encore longtemps résister aux sirènes des grosses machines qui tentent de l'engloutir - elle peut en tout cas, je pense, compter sur le soutien sans faille des 100 000 veinards qui l'ont fréquentée ce week-end, alors finalement peu importe qu'ils soient venus pour The Offspring ou pour Gnarls Barkley...
Longue vie aux Eurockéennes donc, et si possible, à toujours !
De vraies photos (réussies) à venir par Flore-Anne Roth, et des vidéos-souvenir par ici !
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Photos & visuel : Eurockeennes.fr
Flashback : Chroniques des Eurockéennes 2007, 2006, 2005, 2004, 2003.... et plus anciennes encore à partir de 1994 !
PS : Chroniques dédicacées au 'Echenans BBQ Power Crew' et son accueil irréprochable, merci-merci-merci !!
PS2 : Réaction, insultes, félicitations, concerts ratés, n'hésitez pas à réagir ! Réagir à cette critique |
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>> Réponse (le 11/07/2008 par Soso) Cali. Excellent concert,nous étions un petit groupe d'une dizaine de personnes et nous sommes tous tombés sous le charme .../... La suite |
 | Daniel Dark + Vampire Weekend + Sharon Jones + Cavalera Conspiracy + Grinderman + Red Sparowes + Fucked Up (les Eurockéénnes de Belfort. Samedi) 5 juillet 2008- Pas très loin de Belfort  Par ici le vendredi !
Samedi
Je me réveille trempé de sueur. Le froid de la nuit a fait place à la chaleur du soleil. Et il chauffe, le salaud. La sueur tombe en perles du plafond de toile.Il est dix heures. Debout les campeurs, et haut les .../...
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Par ici le vendredi !
Samedi
Je me réveille trempé de sueur. Le froid de la nuit a fait place à la chaleur du soleil. Et il chauffe, le salaud. La sueur tombe en perles du plafond de toile.Il est dix heures. Debout les campeurs, et haut les cœurs, c’est le second jour du festival ! Je jaillis hors de la tente pour trouver de l’air.
On passe l’après midi en plein cagnard, et on s’épuise à boire. On fume des kilos de clopes d’origine diverses. Vers 15h, les premiers coups de soleil s’étalent sur les torses nus. Les bobs ricards fondent comme de vieux flans. Nous sommes des fourmis qui grillent sous une loupe.
Le Norvégien arrive avec sa compagnie alors qu’on s’apprête à partir. Retrouvailles émouvantes dans le campement. Laissez-moi vous parler de lui quelques instants, avant d’attaquer la chronique.
Tel Neal Cassady, Le Norvégien est un Personnage. Connu pour roder dans les clubs marseillais, il aime traîner sa carcasse dans les concerts et les pubs. Il mesure 2m53. Porte un béret ainsi qu’une barbe d’or aux reflets orange. Chante et boit beaucoup. Nombreux sont ceux qui se souviennent de lui et de nombreuses légendes urbaines rapportent ses exploits. Sachez que le Norvégien est ce que l’on nomme communément un extraordinaire fêtard. De ceux qui laisse régulièrement leurs traces dans l’Histoire du rock. Il a éclaté la face de Jack White pendant une querelle de saloon. Il a fait s’écrouler une salle de concert en tapant sur les murs avec une béquille. Il a chanté « no fun », tout nu avec Iggy Pop, etc. etc. Bref, le Norvégien est un ami idéal.

Le Norvégien en pleine action
On prend la navette avec sa clique rigolarde. On arrive pour le dernier quart d’heure de Daniel Darc, sous le chapiteau.
Une nouvelle fois, milles excuses, je ne connais le Dark que de nom (oui, je vis dans une grotte). Une fois, j’ai lu une interview de lui dans un magazine de merde dont je tairais le nom.
« Pourquoi avez-vous mis 2 ans à sortir un nouvel album ? » demandait le journaliste.
« Parce qu’il m’a fallu 2 ans pour sortir de ma dépression. » répondait le drille du tac au tac.
Ça situe le bonhomme.
Je m’imaginais donc la chose comme molle et maladive, malgré les exclamations du Norvégien qui me soutenait sur le chemin qu’on avait rien entendu de mieux depuis Gainsbourg.
Sa stature de viking nous permet de s’approcher assez près du bonhomme, qui est en train de caracoler sur du rock brutal. Instantanément je trouve ça plutôt cool.
Daniel Darc en à certainement beaucoup chié dans la vie. Le poids des fardeaux a voûté ses épaules, et son regard semble sonder de longs tunnels noirs. J’accroche aussi à l’ironie du gars.
« Cette chanson sert à payer mon loyer » annonce-t’il. Au moins un qui garde la tête sur les épaules !
La foule compacte, faisant fi de ces commentaires acerbes, pogotte plus ou moins. Souvent, quand la musique est bonne (bonne, bonne), et que les gens sentent ce fameux « je-ne-sais-quoi » leur transpercer la poitrine, ils sont pétrifiés par l’événement. Pas besoin de sauter partout pour exprimer la compréhension que l’on a pour l’artiste. Un simple dodelinement de la tête suffit.
Sauf dans le cas du Norvégien exalté, qui rebondit comme un ressort en dressant le poing.
Le son de Daniel Darc est puissant. Les riffs de guitares se font botter le cul par le rythme binaire et primal. Du droit au but. Pan dans ta face. Les accords évoquent la course d’un type poursuivit par une meute de chiens.
Ce qui me fascine aussi, ce sont les tatouages. Un de ses bras est entièrement noir, révélant une croix chrétienne en négatif. Quelle est la véritable couleur de Daniel Darc ? Noir encre ou blanc salvation ?
Une dernière prière et c’est la fin du set. Acclamations. Réclamations. Retour de Dannie Darko. Il entame « redemption song » à cappella. Et même sans musique, on sent la révolte du reggae. Évidemment on se marre en douce, parce que quand un chanteur français chante en anglais ça fait toujours un « Ouainouainagainflaillagain. » pas très crédible. Mais l’émotion est là, et c’est bien l’essentiel. Je quitte le chapiteau, gonflé à bloc pour la suite de la soirée.
On décide d’aller voleter du côté de Vampire Weekend, qui jouent sur la plage. Hélas, l’espace sablé est déjà submergé de monde. On se rapproche du mieux qu’on peut et on écoute d’une oreille attentive.
C’est assez triste à dire, mais les suceurs de fin de semaine n’auront pas réussi à me magnétiser. D’une part parce qu’il était difficile, vu notre position, de se mettre bien dans le concert, et d’autre part, parce qu’après une écoute préalable dans le véhicule qui nous emmenait au festival, je partais avec des a priori pas super favorable.
Le groupe ne m’a pas convaincu. Le petit son lo-fi du skeud se retranscrit mal sur scène. Le délire afro-beat reste peu exploité, et c’est la dernière fois que je fais confiance à un *bip* de magazine musical à la *bip* pour choisir une galette.
On se pose à la buvette. Je roule un emblématique gros pétard qui se met rapidement à tourner dans le cercle des compatriotes provençaux. Des nuées de spectateurs indécis virevoltent de tout coté. Untel cherche des bières, Chose roti au soleil sur un coin de gazon pas encore piétiné, Truc blague avec Bidule et Machin sur le chemin de Midnight Juggernauts, Chaipaki hurle au téléphone (difficile d’entendre avec le grondement des voix et de la musique tout autour, sans compter le réseau taquin qui prend plaisir à capter aléatoirement), Les arbres gras de chlorophylle dansent en silence, l’air du lac colle un goût de frais sur la peau. Il fait beau. Il fait chaud. C’est bientôt 19h.
Le Norvégien me conseille vivement d’assister au concert de Sharon Jones. Connaissant son mythique déhanché funk (une danse pourtant pas très courue dans les fjords) et ses goûts sur, je me rallie tout de suite à sa cause. Je lui emboîte le pas jusqu’ (encore) au chapiteau. La foule est déjà de nombreuse et une foule de visiteurs a posé ses fesses sur l’herbe ombragé qui jouxte le lieu.
On parvient à se poser prés de la scène, côté cour et on attend.
Je décide de passer en mode lunette noire pour ce gig.
Ouais mec, le mode lunette noire c’est quand tu deviens trop cool pour le reste du monde tu vois ? Derrière les verres fumés se cache un mystère indéfinissable, et tu peux marcher en chaloupant comme un navire roublard. Une clope au bec accentuera l’effet, et tes pas de danses ne se dépareront jamais d’une certaine classe. Exactement c’qui faut pour Sharon Jones, mec.
Une formation soul funk qui semble provenir d’un autre temps. Costards impeccables, pas en avant puis en arrière, cous de funky chicken. Les musiciens affiche une bonne ressemblance avec les respectables Funk Brothers dans leur jeune temps.
La groove machine est parfaitement huilée, et on peut aisément rouler ses fesses sur le tempo. C’est frais, joyeux et entraînant. Le devant de la scène se transforme en dancefloor étouffant. On place nos passes avec sang-froid et attitude.
Après quelques morceaux, Sharon Jones déboule en frétillant, excitée comme une pile électrique, dans une robe blanche à la coupe sixties. Elle donne de son corps et de sa voix sans retenue, ce qui, vu son gabarit force le respect.
Elle invite un spectateur sur scène, et les deux se livre à une parfaite parade nuptiale. Je suis heureusement surpris de voir l’invité imprévu jouer le jeu avec beaucoup de feeling, sans débordement déplacé.
Je quitte le chapiteau un peu avant la fin du set, pour retrouver ma blonde. Après un long jeu de piste par sms qui me feront arpenter l’amphithéâtre naturel de la Grande Scène, je tombe enfin sur elle. On se place stratégiquement en plein milieu de la foule, ni trop près, ni trop loin, et on patiente pour les frangins Cavalera.
Ah ! Cavalera Conspiracy ! Combien de temps nous aura t’il fallu, pauvres trasheurs que nous sommes, pour enfin revoir la fraternité brésilienne se rabibocher ? Evidemment, ce n’est pas Sepultura au grand complet, mais, sous mon t-shirt Cannibal Corpse (ami du bon goût bonjour), mon petit cœur se pince d’émotion. Et également d’appréhension.
Une cohorte de chevelus s’agglutine, portant souvent les blasons des groupes de mon adolescence.
Les bourrins en chef déboulent et envoie la purée d’entrée. Sur les premiers titres, on se reçoit une sorte de neo brutal death metal (aah le metal, un genre qui aime les etiquettes à rallonge) qui ne sort pas vraiment du lot de la myriades de groupes producteurs de son gras.
Malgré tout, la franche bonne humeur de Max Cavalera et son plaisir de se retrouver en terrain conquis répand une chaleureuse euphorie dans les rangs. Et quand le duo infernal attaque ses vieux tubes, « dead embryonic cell » et consort, le headbanging antipelliculaire reprend enfin ses droits.
Igor et Grishka… Merde, pardon, Max, sont entourés d’un bassiste barbu satanique et d’un gratteur solo typiquement hardcore. Rasé, habillé en para, balaise, il place quelques high kicks digne de notre tapeur d’Outre-Quiévrain, l’inénarrable JCVD.
Je tente une percée solitaire dans le pit, mais je m’arrête à ses portes. On jurerait voir les armées du Mordor ! Trolls et orcs marrons s’en mettent plein la poire dans la gadoue, il ne leurs manque plus que des armes pour ressembler définitivement à une horde démoniaque en phase pillage de ville (heureusement non !)
La foule entière se transforme en immense vague pogotante quand le combo entame « roots, bloody, roots », l’ultime morceau du set. Entre temps, on aura également eu droit à un featuring vocal du beau-frère de Max ( ?!) ainsi qu’au remplacement du batteur par un jeune Cavalera (pas plus de douze ans !) pour un morceau de death bien primaire.
Leur forfait accompli, le gang se retire, les metalleux se dispersent, et ma chère et tendre se précipite vers la scène pour s’accrocher fermement à la barrière. Est il besoin de souligner qu’elle porte (divinement, cela va sans dire) un slip Grinderman par-dessus son pantalon ?
Pendant ce temps, je pars me balader sur le site, en vociférant comme Chris Barnes.
Comme ni Phoebe Killdeer ni Pulpalicious ne me tente vraiment, j’échoue en haut de la butte, où je trouve quelques amis posés là. Je me prépare mentalement à la tempête Nick Cave en roulant un modeste 33 feuilles.
C’est qu’il faut être près pour encaisser la lame de fond moustachue. Son précédent concert (avec les Bad Seeds au Dock des Suds), avait piétiné mon innocence par son intensité, malgré un son parfois bof. Je rechausse mes lunettes en vue d’un combat de coolitude avec le Nick (même si je n’ai absolument aucune chance de le vaincre, évidemment).
Pas moyen de rejoindre ma douce, encerclé par trois murailles de spectateurs. Elle, bien devant, bien dans l’axe, trépigne d’impatience.
Un tonnerre de hourras parcours l’audience à l’arrivée des musiciens, suivi d’un éclair d’excitation presque insoutenable. Nick débaroule. Nouveau coup de tonnerre. La weed commence à monter. C’est l’hallali.
Tous sapés comme des papes clinquants, les 4 de Grinderman produise un rock sexuel, libidineux, malsain. Un parfait écrin pour les paroles de Nick Cave, qui les psalmodie sur de démoniaques boucles de guitares saturées.
Dans la foule, la moiteur torride commence à nous asphyxier. On est serré comme des sardines. Le Norvégien est en transe, et crée un cratère autour de lui.
Je suis stupéfait par le rémouleur principal. Paralysé par la subversivité qu’il dégage. Les gens sont tendus, agressifs. Lui les regarde avec l’autorité d’un dévot psychopathe. Le moindre accroc et ça par en baston générale me répète mon cerveau en bad trip. Rah mais qu’est ce que c’est bon ! Je marque le rythme avec un index tendu vers le ciel. Les copains autour me saisissent, on se bouscule, on beugle de bonheur.
Warren Ellis est proprement effrayant, mais il est difficile de s’en détourner. Son violon se perd dans sa barbe immonde de vieux rat. Il danse lascivement tel un dangereux derviche, des flammes infernales dans les yeux. Antique sorcier russe, on le croirait sortit de quelques maléfiques films muets. On songe au Golem, au Docteur Caligari, à toutes ses bobines au grain surnaturel qui remontent à la nuit des temps du cinéma.
J’essaye avec difficulté de rejoindre ma bien aimée dans la fureur environnante, mais le boss final, un gros Bill bien énervé, m’empêche de l’ étreindre. Quand j’arrive finalement à l’embrasser, c’est un autre empêcheur de tourner en rond qui s’amène. Il veut absolument l’arracher de sa barrière, fort peu poliment, pour s’y mettre avec sa rombière à lui. L’ambiance est poisseuse. Les lumières violentes et indécentes. Les gens sont bourrés, raides défoncés, pas bien dans leurs têtes. Ce con n’arrête pas de l’emmerder, de la toucher.Le son crade appuie encore un peu plus sur nos nerfs, imprime au pistolet à clou les notes dans nos oreilles saignantes. Il hurle des trucs inaudibles et revient à la charge. Ça devient trop chaud. Nick ondule du bassin, fout la merde. Impossible de le regarder et de profiter pendant que le lourd de service fait son sketch. Le pit bouillonne. J’en peux plus. Je lui colle un ‘accidentel’ coup de coude dans le naseau.
Le type vacille, le Norvégien l’éjecte de sa solide épaule. On peut se remettre dedans.
Je prends conscience que la musique de Grinderman est comparable a un homme se masturbant. N’est-il pas en train de chanter « I’ve got the no pussy blues ? »
Le plaisir monte lentement, sûrement, implacablement. La sève se rapproche de la lumière et plus elle se rapproche, plus on attend la libération avec impatience, jusqu'à ce qu’on ne puisse plus tenir du tout.
C’est à ce moment que mes yeux se pose sur le dos de ma copine. Et y a un truc qui me chiffonne. Pourquoi est-ce que je distingue si bien la marque de ses bretelles de bikini sur son bronzage ?
« Oh mon dieu ! »
Quelques nuages parcourent tranquillement la nuit, et Nick Cave chante pour ma copine qui vient d’enlever son T-shirt.
Le feu d’artifice explose. La musique explose. La foule explose. Je me fais asperger d’eau (bonjour la symbolique !) et aussitôt après, je suis expulsé illico par l’onde de choc du pogo, malgré les fraternelles tentatives du Norvégien pour me rattraper.
Je me retrouve complètement sonné sur le coté de la scène. Il faut que je m’asseye. Nick Cave en génial meneur de troupe, fait taire la foule, la caresse, la manipule, chante le no pussy blues.
Moi, je ne sais pas si je dois flipper ou me laisser envahir par la béatitude de cet instant. Qu’est ce qui se passe ? Seigneur, ses seins nus qui s’agitent ! Qu’est ce qui a se passer ? Angoisse. Scénarios catastrophes.
Loin devant, le T-shirt tournoie au bout du bras de ma dulcinée, la mauvaise graine lance son regard de puit droit dans le sien. Il n’y a plus qu’eux deux dans le rayon de lumière blanche.
« Ca fait plaisir de voir ça !» dit Nick Cave (ou quelque chose du genre)
Ca se mélange dans ma tete. J’arrete pas de me faire des films. Je prend le parti de me faire du mouron, tout en sirotant le rappel, un « tupelo » immense, qui me permet de jeter simultanément des regards désespérés dans tout les recoins de la Grande Scène.
Je retrouve avec soulagement ma belle à la fin de la messe, toute heureuse de son exploit. Je la félicite chaleureusement. Et je ne la lâche plus.
Elle me suggère avec insistance d’aller voir les Red Sparowes, ce que nous faisons. À l’entrée de la Loggia, on croise Philippe (Oui ! celui là même qui arpente les salles marseillaises avec une opiniâtreté de scribe pour les retranscrire avec amour dans ces pages.) et on discute avec enthousiasme de la performance de Grinderman.
NdPh voir ma chronique de ce concert par ailleurs et euh, sans copine torse nue (hélas)...
Les Moineaux Rouges tombent à pic. Après l’éreintant concert précédent, leur musique apaisante est parfaite. Moelleuse comme du coton. C’est l’occasion de s’asseoir et de planer tranquillement, tout en regardant les autres déchirés tout autour de nous (j’ai noté dans mon carnet qu’il ressemblait à des cow-boys à guirlande, mais je ne sais plus du tout pourquoi. Faut que j’arrête avec les comparaisons avec les cow-boys.)
Concert difficile à se remémorer avec toutes ses émotions. Souvenirs de longues plages mélancoliques, s’écrasant les unes sur les autres tel le remous des vagues. Écume métallique. Très bon en tout cas. On déguste de bout en bout.
Sur le chemin du retour, on s’arrette à l’orée du club DeVille, juste au moment ou la gélatineuse baleine chantante de Fucked Up slamme dans la fosse. J’espère qu’il n’y a pas eu de morts. Ce punk rock aux réminiscences d’Andrew W.K installe une rigolarde ambiance propre à combler n’importe quel gaulois amateur de stage diving groupé. L’envie d’en découdre ne me manque pas, mais c’est plus qu’il ne m’en faut pour ce soir (et surtout, je suis une grosse brêle !). On rentre donc.
Le camping est en fusion. La fête est en train de se chamaniser. On se carapate dans la tente. Les tambours furibarbarbes de la tribu locale sont encore plus frénétiques que la veille, et, tard dans la nuit, il me semble entendre des chants d’indiens Hopi.
Je ne sais pas trop si je m’endors.
(à suivre.)
Par ici le dimanche !
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>> Réponse (le 15/07/2008 par mehdiox)  Hello,
Bravo pour ton (très) long article. Suis à peu près d'accord sur tout sauf pour Cavalera Conspiracy... Vieux fan .../... La suite |
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>> Réponse (le 15/07/2008 par Philippe) PS : A ceux qui imagineraient légitimement le Norvégien, d'après sa description, comme étant docker et/ou tueur à gage .../... La suite |
 | (mes) Eurockéennes 2008 2/3 : Daniel Darc, Vampire Week-end, (Silent Disco), Sharon Jones, Midnight Juggernauts, Cavalera Conspiracy, Santogold, Grinderman, Red Sparowes, Wombats, Sebastien Tellier 5 juillet 2008- Presqu'Ile du Malsaucy, Evette-Salbert 
Pour le vendredi c'est par ici !
Après une bonne nuit de sommeil et un copieux repas chez nos hôtes, notre fine équipe de 8 personnes arrive sur le site où il fait toujours beau (conclusion, on ne peut même pas faire confiance à meteo.fr, .../...
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Pour le vendredi c'est par ici !
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Après une bonne nuit de sommeil et un copieux repas chez nos hôtes, notre fine équipe de 8 personnes arrive sur le site où il fait toujours beau (conclusion, on ne peut même pas faire confiance à meteo.fr, enfin quand c'est dans ce sens-là on leur pardonnerait tout, pas vrai ?). On remarque à l'entrée que outre l'absence des gobelets plastiques écrasés, il n'y a presque plus de flyers distribués ni d'affiches collées tout du long, c'est donc tout propre - pour un peu on se croirait à l'entrée des Journées Mondiales de la Jeunesse ! Qui a dit que les festivaliers étaient sales ? Il suffit pourtant de ne pas leur distribuer de merde pour qu'elle ne finisse pas par terre ! Petit passage aux jetons (où les nouveaux arrivants posent les mêmes questions débiles que ceux de la veille "Mais euuuh m'dameuuh alors, chuis obligé d'l'acheter l'attache ou quoi ?") avant de parvenir, et c'est notable, pile au début du premier concert que tout le monde voulait voir...
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A savoir évidemment, celui du grand Daniel Darc dont on ne se lasse pas (peu importe qu'on l'ait déjà vu dedans et même dehors... et tout ça il y a moins de 3 mois). Un public clairsemé permet d'aller tout devant profiter des Remords, et d'un J'irai au Paradis très rock et très classe - on avait déjà remarqué la dernière fois que notre sombre héros de l'amer est plus en forme dans l'après-midi qu'en soirée. Il plaisante sur son nouveau et donc "deuxième" album (le compteur ne tournant qu'à partir du moment où vous recevez une Victoire de la Musique, bien sûr) avant son duo gainsbourissime d'insultes échangées avec son guitariste : L.U.V., énorme son qui envoie bien plus encore que sur album, puis l'incontournable Nijinsky, et un temps calme avec la très trippante Un peu, c'est tout et La seule Fille sur Terre.
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Petite modification de la set-list habituelle avec Elegie 2 dûe à la présence d'un invité prestigieux (Pierre Lebourgeois, l'accompagnateur de Nosfell), puis un titre de Taxi Girl, N'importe quel soir, du rock qui pousse bien et où le toujours très classieux Alice Botté et sa guitare en ruines font des merveilles. Déçu de ne pas entendre Jamais, jamais qui me brise régulièrement le coeur sur scène, je me console en apprenant que Yoann (aka Big Smelly Toe), bon géant marseillais également fan de concert, est devenu depuis hier professeur des écoles (bravo mec !)... pendant un solo énorme du génial contrebassiste qui se conclut par la sortie de l'artiste.
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Monsieur Darc revient bien sûr, pour Il y a des moments (note pour plus tard, se procurer l'intégrale...), positivement magnifique. Et évidemment, le tube inoxydable de 1980 qui connaît une deuxième vie sur scène : Cherchez le Garçon, speed et déchaîné, parfait pour enflammer un chapiteau pourtant ignifugé... Avant le traditionnel sermon de fin : une prière lue dans son petit bréviaire, puis le Psaume 23, toujours déclamé avec emphase, et le dyptique Redemption / Sad Song. Encore une concert d'une classe éblouissante à mettre au compteur des bonnes actions de cet homme, un survivant qu'on devrait canoniser d'office - la France tient enfin son Johnny Cash, et ce n'est pas Dick Rivers !
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Après ce moment très intense, on confesse un peu de désinvolture pour l'écoute des ludiques Vampire Weekend : il fait baud et cheau (contrepèterie, hum) sur la plage, où un magnifique bar spécial cidre a été installé - même si mon bracelet vert ne donne hélas pas accès à l'étage ... C'est donc en sirotant une boisson à la pomme qu'on écoute de loin les titres eux aussi rafraîchissants du prometteur groupe de New York : des hits sautillants comme A-Punk, Walcott, aux afroïdes Cape Cod Kwassa, Bryn, en passant par de jolies compos pop comme Oxford Comma, M 79 ou Campus, à peu près tout leur premier album y passe, plus quelques inconnus d'avant, ou d'après. C'est quand même nettement moins gonflant dans le style sensation-new-yorkaise-du-moment que les Clap Your Hands say Yeah... juste dommage qu'ils jouent les flutes au synthétiseur et que tout ça sonne exactement comme sur album : très bien donc, mais sans surprise.
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On s'éloigne sur la délicieusement énervante Blake's got a new Face, et quelqu'un (moi) décrète que c'est le moment d'aller tester la Silent Disco, concept très à la mode et franchement rigolo : dans un enclos, tout le monde écoute la même musique au casque, ça gigote furieusement à l'intérieur mais c'est silencieux de dehors, sauf quand l'assistance braille un refrain en choeur en levant les bras. Le DJ, un anglais charmant, a la bonne idée de passer System of a Down au moment précis où l'on reçoit nos casques ; nous sommes donc instantanément séduits par le concept et il s'ensuit un joyeux concours de air guitar / headbang ! Tard dans la nuit, la même attraction dégueulera littéralement de monde - c'était en effet le moment de la tester ! Ca s'achète où au fait cette installation, que je l'offre à mes voisins d'en face ?
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Bien entendu, tout ceci nous a fait rater la charmante Camille, qu'on serait très volontiers allé revoir, même sans les japonais barjos de la fois précédente, nul snobisme là-dessous - mais enfin on ne peut pas être partout et elle a plus de chance de repasser près de chez nous que les vampires ! Quoi qu'il en soit il y a de suite un autre chevauchement à gérer ; on commencera par Sharon Jones & the Dap Kings sous le chapiteau : un très classieux big band envoie toute la gomme, avec au chant un guitariste black qui à lui seul aurait déjà une voix justifiant de monter un groupe... Arrive ensuite la diva très applaudie, plus jeune que prévue jolie voix soul, pas bouleversante pour autant - mais honnêtement je n'avais jamais rien entendu d'elle avant et elle a ému une amie aux larmes ! Dommage, il est très possible que dans deux ans je me morde les doigts d'être parti si vite mais...
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... Les Midnight Juggernauts ayant été déplacés de la nuit à ce même créneau, comment faire autrement ?! On s'est donc donné une grosse moitié de leur concert pour jouir de leurs chapelets de grenades électro-pop, à commencer par Tombstone, qu'ils jouent pendant qu'on se faufile péniblement - l'accès à la loggia est plein à craquer ! En effet l'effet Bowiesque de la voix est frappant, sur Road to Recovery et Into The Galaxy notamment, le boum-boum est bon, la guitare saignante et le synthé de Twenty Thousand Leagues putassier à mort : un de ces groupes aussi jouissifs et sexy sur scène, que le pressage sur disque ne leur rend pas justice ! Posons donc nos neurones dans notre gobelet consigné et Let's hurl Into the Galaxy, car le set est évidemment dansant à crever ! Définitivement un groupe de scène, qu'on espère revoir en entier (raté, le formidable single d'intro du disque...)
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Pas tout ça mais il y a de gros poissons à ferrer sur la grande scène, avec une première historique : la Cavalera Conspiracy a démarré sans crier gare, dont on a trouvé le premier album Inflikted ... digne des temps héroïques ! Icônes du trash metal par excellence, les frères Cavalera sont à la hauteur du mythe, déjà visuellement : deux taureaux trapus et terrifiants, cheveux courts aux fûts et dreadlocks au micro, une splendide guitare au couleurs du Brésil à la main. Tout comme le bassiste qui n'est finalement pas de Gojira mais de Fireball Ministry (Merci Linus), physiquement dans le genre Chabal-en-plus-méchant. Inflikted ouvre donc le set comme on ouvre un ennemi à l'épée ("Nobody moves, nobody gets hurt !"), puis la tonitruante Sanctuary - le son n'est pas génial hélas ...
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Plus loin, on reconnaîtra Territory de ... Sepultura, les percus de la très old school Terrorize, la plutôt marrante The Doom of All fire (imaginez la unplugged et pas hurlée, franchement on dirait pas une comptine pour enfants ?), Never Trust qui à la réflexion est peut-être un poil bourrine. Il va sans dire qu'à ce stade, la fosse de la grande scène ressemble à la séquence finale de Braveheart : des gens s'empoignent et volent dans tous les sens et il en sort régulièrement des jeune et moins jeunes gens suants, tuméfiés et parfois saignants du crâne, les habits déchirés et le regard hébété... il est vrai qu'il y a peu de concerts de metal cette année, alors les aficionados donnent tout ce qu'ils ont !
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En fin de compte certains titres sont jouissifs (Hearts of Darkness), d'autres juste... bruyants (Bloodbrawl ou Hex), mais on passe un très bon moment. Hallucinant aussi, ce moment où c'est le fils d'Igor (12 ans à tout casser) qui s'asseoit crânement à la batterie pour jouer un titre, avec double pédale et tout le toutim (trop la classe le morveux !). Un peu lassés, c'est par contre en se servant des Picon au bar qu'on reconnaîtra, pour notre plus grand bonheur, les deux titres les plus fabuleux à notre connaissance de Sepultura : on s'étrangle de bonheur sur Refuse/Resist (aaargl !) où Max réclame "the biggest mosh pit ever !", puis Roots Bloody Roots (garglll !), deux titres qu'on s'était résignés à ne pas voir avant de mourir, bonne chose de faite donc !
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Après ça, écouter la pétillante (et jolie) Santogold fera quand même du bien... Habillée comme une vraie cagole hollywoodienne (de loin on dirait un peu Cathy Guetta, jusqu'à ce qu'elle chante et qu'on réalise qu'elle, elle a du talent), elle est hélas venue sans instruments, je suis un peu déçu parce que ça avait l'air d'être de la vraie musique sur disque ! Heureusement, elle est accompagnée de deux choristes, qui font en outre des chorégraphies assez marrantes. Elle grille d'entrée ses trois titres les plus addictifs et les plus dansants : LES Artistes, You'll find a way, Say Aha et je suis donc un peu inquiet pour elle...
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Mais la demoiselle a de la ressource : elle se marre, baragouine du français, dégaine du dancehall (Shove It), ose des chansons lentes (Superman, Anne), maîtrise son groove (la très Jackson 5 Unstoppable et la prenante Starstruck) : son set nettement moins racoleur que celui des Juggernauts tient pourtant très bien la distance, bravo mademoiselle, vous revenez en huitième semaine sur le top 5 de notre iPod ! Quand on sait en plus que grâce à vous on a pas eu besoin de voir les horripilantissimes The Dø, dont on déteste - entre autres - la voix féminine (contrairement à la vôtre) et dont les échos ne seront d'ailleurs pas géniaux, on ne peut que vous remercier une fois encore !
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Rien ne nous a pourtant préparé au choc qui va suivre, encore une première en France. Mis à part le fait qu'on adore violemment leur disque (avec le recul, sans doute le meilleur album rock de l'année 2007), et que ce groupe contient de vrais morceaux des Bad Seeds, très bons sur scène il y a peu, ainsi que la totalité de Nick Cave dedans : Grinderman est le groupe dont on attend le plus cette année ! Bien entendu, une bonne partie du public ne sait pas de quoi il s'agit et tant mieux, on peut donc s'en approcher sans problèmes sur la grande scène. Le groupe ayant démarré à toute berzingue, on aime déjà : le son grincheux, rapeux, groovy, et grave vénère de Get It On confirme que tout ceci va être énorme.
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La toxique Electric Alice nous donne l'impression d'avoir été mordu par un crotale et d'errer en délirant en plein désert, au son de la voix lancinante de Nick Cave et des furieux coups de maracas de Warren Ellis, privé de guitare. Quand elle enchaîne sur Grinderman, c'est la Mort qui vient roder autour de nous sous la forme d'un grand rémouleur sinistre, en costard, avec cheveux longs et moustache noires, couteaux à la main. On s'aperçoit avec horreur mais sans surprise que notre coeur saigne à l'écoute de Don't set me free, blues noisy et fantastique (non, je n'étais pas drogué, votre Honneur). Puis vient une nouvelle chanson très bruyante, réussie évidemment, où le pauvre Warren peut enfin prendre un instrument à cordes (d'abord, un violon), et puis à nouveau une lente (Rise ?). Le Farfisa enflammé de Honey Bee rallume la mèche et le tout nous pète à la gueule, Nick crachant des "Bzzzzz !" furieux au micro tandis que nous twistons comme des créatures possédées, entourés d'essaims d'abeilles tueuses.
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Avec un remarquable sens du timing du chaud et du froid, à nouveau une chanson plus calme et nouvelle, Dream (ça y est, la punition de Warren est levée, à lui ses guitares miniatures chéries, dont il tire des soli et des bruits invraisemblables), et Man in the moon, une chanson à faire chialer même un tueur d'enfants. Et ensuite, climax attendu mais dépassant toutes les espérances : Ladies & Gentlemen, could you please welcome the No Pussy Blues !! Dont le refrain Korgesque est au delà de tout ce que vous pouvez imaginer sur scène, vrombissante, craquante, outrageusement sexuelle, explosive, c'est la quintessence de ce que Nick Cave peut faire de mieux ! Pour ma part, c'était fatal, je me tranforme à partir de ce point en bête dingue, la bave aux lèvres, sautant partout et notamment sur mes amis en faisant des gestes hystériques.
Pas convaincus, ignares du groupe, partis avant la fin ? cliquez sur ce lien, baissez les stores, montez l'ampli à onze, cliquez sur plein écran... et si vous ne ressentez rien dans les tripes, voire dans le bas-ventre, arrêtez de me lire immédiatement, merci !
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Je ne serai hélas pas calmé par Love Bomb, tout aussi barrée et jouissive... Et au rappel, non, pitié c'est trop, l'hypnotique et mythique Tupelo ! on l'aura compris, l'immense Nick Cave et ses mauvaises graines nous ont littéralement coupé les jambes de bonheur. J'avais déclaré à l'emporte-pièce avant le concert que je jouais toutes mes Eurocks dessus ? Pari gagné ! Quant aux 25 000 spectateurs qui n'ont pas compris de quoi, ou de qui il s'agissait, par pitié, tenez-les éloignés du vinyle au singe vert, ou ils s'en mordront les doigts jusqu'à la fin des temps. Nous les 5 000 autres, nous pouvons mourir heureux... ou plutôt non, car un nouvel album de Grinderman doit sortir un de ce jours !
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Ouais, bon, le truc c'est qu'après un concert d'une telle beauté et d'une telle intensité, tout paraît anecdotique, y compris de bons groupes comme Red Sparrowes, post-rock à 4 guitares & 1 batterie, entièrement instrumental (ça c'est couillu), tout à fait dans l'esprit Mogwaï - j'en perds une partie tandis que Vince et sa copine me content, tout fiers, les exploits exhibitionnistes de Madame au premier rang du concert de Nick Cave... Plus anecdotique encore, le trio des trois affreux mais bien nommés Wombats (avez-vous déjà vu la tronche de ce petit animal ? eh bien ils sont encore moins beaux) - je ne me permettrais pas un tel commentaire si je ne les trouvais pas gravement surévalués, racoleurs et approximatifs - leur tube probablement unique Let's Dance to Joy Division ferait certes une face B passable pour les Arctic Monkeys... si du moins le chanteur réussissait à chanter à peu près juste. Pffff...
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La soirée se finit à la plage, en compagnie de Sébastien Tellier, une énigme pour nous puisque sa discographie ne permet pas de trancher s'il est vraiment idiot (pour gâcher ainsi un potentiel de melody maker assez exceptionnel, avec des arrangements et des paroles aussi nazes) ou s'il se fout carrément de notre gueule depuis le début ? Quoi qu'il en soit sur scène, où Air l'a souvent pris comme première partie, il n'est pas indigne loin de là, jouant de la guitare ou du piano, chantant de sa voix délicate, ses titres sonnant nettement plus rock et moins synthétique que sur album.
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Et pourtant entre deux titres le personnage grossier est bien là, fumant clope sur clope, le cheveu hirsute, semblant avoir dormi deux jours avec son costard, déclamant des tirades débiles à la Edouard Baer (qui, je l'avoue, me feront pour partie rire aux éclats, notamment la partie sur sa visite au cadastre de Belfort, sur sa mère obèse, ou sa tirade/imitation de Chimène Badi et de Michel 'euuarrgh' Sardou). Musicalement, Divine n'est pas désagréable (pas assez nulle pour obtenir un 9.3 chez le jury estonien en tout cas), Roche est même assez sensuelle - ses slows sont idéaux pour se rouler des pelles, ce que font d'ailleurs à peu près tous les veinards qui sont venus à deux...
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Le pitre continue par un solo de guitare metal, et même une imitation convaincante de Bowie. C'est au moment où je me demande où sont partis mes amis qu'il se met enfin au piano pour la très jolie (sans les paroles) L'amour et la Violence, mais comme on pouvait le craindre ils sont au fond, mes amis, et détestent avec une belle unanimité - c'est le moment de rentrer ! Comme les gros bling bling de N*E*R*D n'ont pas fini, très vite en s'éloignant on ne l'entend plus du tout, et je ne saurai donc pas s'il a joué Sexual Sportswear... ma préférée, j'ai honte, c'est grave docteur ? M'enfin peu importe, j'ai vu Grinderman et cette vraiment énorme journée qui a comblé tout le monde de bonheur ! On peut donc rentrer, le porte-monnaie vidé, la voix éraillée et ...les talons talés.
De vraies photos (réussies) à venir par Flore-Anne Roth, et des vidéos-souvenir par ici !
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Photo & visuel : Eurockeennes.fr
Pour le dimanche c'est par là !
PS : Réaction, insultes, félicitations, concerts ratés, n'hésitez pas à réagir !
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|  | (mes) Eurockéennes 2008 1/3 : Keny Arkana, Arno, A Place To Bury Strangers, La Bande Originale, Comets on Fire, Massive Attack, dEUS, Missill, Gossip 4 juillet 2008- Presqu'Ile du Malsaucy, Evette-Salbert 
Cette année, les Eurockéennes de Belfort ont vingt ans et j'ai eu la chance invraisemblable de pouvoir assister à quinze d'entre elles d'affilée (je peux le prouver !!), les quinze dernières donc. Autant dire que le festival fait partie de mon .../...
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Cette année, les Eurockéennes de Belfort ont vingt ans et j'ai eu la chance invraisemblable de pouvoir assister à quinze d'entre elles d'affilée (je peux le prouver !!), les quinze dernières donc. Autant dire que le festival fait partie de mon patrimoine génétique du live, dont il en est même la colonne vertébrale. Pour le prestigieux anniversaire, sans s'emballer comme aurait fait n'importe qui en invitant une locomotive ruineuse et consensuelle (au pif, les Rolling Stones), les programmateurs ont gardé la tête froide qui les a toujours caractérisés, en privilégiant des têtes d'affiches pointues, des découvertes, des nouveaux projets et des collaborations.
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Et tout de même pour attirer le chaland, on n'a pas oublié de convoquer quelques stars radiophoniques nationales et internationales que, autant vous avertir tout de suite, nous ne sommes de loin pas toutes allé (re)voir... Pour l'excellent mais vieillissant Ben Harper, la vibrionnante Camille, les insupportables piège-bobo de The Dø, les frimeurs de N*E*R*D, le gentil et plaisant Cali, le lourdaud Sinik et le vendeur de sonneries Moby, se référer à votre marchand de journaux habituels, donc, ou mieux : les chroniquer vous-même !
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Niveau décoration du site, pas d'affolement des organisateurs non plus : pour tout dire, certes plus fonctionnel (plage agrandie par exemple, ou loggia ouverte avec un accès en plus...), il nous a semblé un peu moins beau que l'année dernière, du moins en débarquant de jour... abîmé par un peu trop de stands de pub à la con (c'est quoi ces saloperies de téléphones S-----g à la place de notre buvette habituelle de la Plage ?) Enfin ! Pas de quoi gâcher le plaisir annuel et sincère d'y entrer d'un pied encore ferme, armés comme tout un chacun d'un K-Way, de godasses garanties mud-proof et de breuvages artisanaux dans des bouteilles en plastique, vendredi par un chaud soleil dans la magnifique Presqu'Ile du Malsaucy.
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A propos de plastique, les Eurockéennes ont eu le courage de tenter en très grand ce qui avait réussi en petit à Argelès l'an passé : basculer radicalement dans le gobelet consigné et perdre d'un seul coup, excusez du peu, 80 % de leurs déchets ! Avec l'association EcoCup, et la mise en place d'un système, sans doute complexe pour eux mais on-ne-peut-plus simple pour nous : tout ce qu'on a à faire, c'est garder son gobelet, et on vous le remplace sur demande ! Même si ça sème un peu le trouble dans les esprits parfois déjà embrumés des arrivants (créant des files inimaginables le premier jour...) "Mais euuuh m'dameuuh alors, j'ai le droit de le garder à la fin ou pas ?" Puisqu'on te le dit, et que c'est marqué, couillon !

Quant à la possibilité de se le faire rembourser, il faudrait vraiment être mesquin pour ne pas vouloir emporter un si chouette souvenir - parce qu'en plus d'être costauds, ils sont beaux ! Et puis, calcul pas bête : avec au moins 50 % des gens qui les gardent et les ont payé 1 euro, l'opération se finance toute seule, voire génère des recettes. Ecologique et rentable, c'est pas beau ça ? Bref les Eurocks l'ont fait, chapeau, c'est donc que c'est possible partout, CQFD - Madame, Monsieur, pour vos prochains festivals, exigez la qualité recyclée ! Fin du couplet écolo, désolé, parlons un peu musique maintenant voulez-vous !
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Comme le veut la tradition, on rate en arrivant la plus grande partie de la première qu'on voulait voir : la vibrionnante Keny Arkana, encore peu connue au nord de l'Estaque mais qui retourne les foules à Marseille avec son rap engagé (pas qu'avec des mots d'ailleurs, elle se bouge vraiment) et surtout, sa pensée cultivée et cons-truc-ti-ve. On reconnait son fameux Nettoyage au Kärcher, un véritable baume contre le carlabrunisme, en faisant la queue à l'entrée, ainsi que son style de harangue si particulier. Le temps de perdre nos amis (une sombre histoire de file spéciale pour les pass presse...héhé, merci Amélie !) et d'attraper un sandwich, et on réalise qu'on peut encore en voir la fin !
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Cela étant, la minuscule Pasionaria a l'air de très bien s'en sortir sans notre appui sur la grande scène, si on en croit la joie d'un public encore assez peu dense et la façon dont elle semble (comme toujours) le tenir dans sa main, ou encore le sourire radieux qu'elle affiche. Peur de la Liberté où je réalise que certains spectateurs connaissent quand même ses textes par coeur, et la très jolie 5ème Soleil viennent conclure un set apparemment fort en émotions : on a bien cru qu'elle allait pleurer de joie à l'ovation finale, la gamine Keny... occasionnant même une légère chair de poule, bien excusable de la part d'un marseillais en goguette non ?
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Pour le pauvre Arno par contre, rien ne s'est passé comme prévu : dès le départ il annonce qu'il a perdu son guitariste - faut le faire (Mais putain de merde, c'est quand même pas un porte-clef ! comme disait l'autre dans Snatch !). A cette heure précoce de l'après-midi, il a pourtant l'air très en verve et remarquablement ... sobre : son jeu d'harmonica et sa voix sont meilleurs que la dernière fois qu'on l'a vu, il y a deux mois - on était d'ailleurs pas fou de joie de le revoir si vite, mais on dirait que ça va le faire, finalement !
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Il fait toujours ses simagrées, déhanchements et langue pendante, au cours de nouvelles chansons (pas toutes géniales d'ailleurs), enfin il assure le steak quoi, et puis ses musiciens sont bons, jusqu'à ce que deux coupures successives de courant sous le chapiteau (dont une de dix minutes, quand même) viennent mettre un terme précoce à sa prestation - il quitte la scène avec l'air assez fumasse, ça se conçoit. Quand ça veut pas ... De notre côté on s'inquiète un peu, avec tout ce qu'on veut voir sur cette scène, mais la panne ne se reproduira plus du week-end !
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Moi en tout cas je retrouve mes amis ainsi que l'excellent Vince Venckman (batteur d'un formidable groupe de rock marseillais bien trop méconnu, les Nitwits) - je ne cesserai de tomber sur des marseillais pendant ces trois jours ! Petit passage sur la Loggia (qui n'a plus de toit cette année !) pour A Place to Bury Strangers, un groupe de rock noisy décrit dans le programme comme le "groupe de rock le plus bruyant de New York"... Et en effet ça sonne un peu comme du Jesus & Mary Chain joué par Sonic Youth dans un mégaphone de Lutte Ouvrière - c'est proprement inécoutable de saturation. Nous quittons donc sans trop traîner ce déraisonnable dégueulis de décibels.
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C'est le moment de rencontrer La Bande Originale, assemblage de sympathiques personnages de la chanson française tous déjà venus de produire ici, mis en musique par les excellents Vincent Segal et Cyril Atef aka Bumcello, ainsi que Sebastien Marterl et DJ Shalom... Bref la quasi-totalité des musiciens qui accompagnent -M- sur scène. Jolie kermesse où vont se succéder des duos improbables d'une bonne partie de tous ceux, et ils sont peu nombreux, qu'on aime actuellement en chanson française, dans une ambiance joyeusement bordélique mais avec quand même, et ça s'entend, du boulot de répétition avant !
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Parmi les réussites notables (en gros, presques toutes les chansons sans le pataud Oxmo Puccino...): Camille et An Pierlé se font une version hystérique du Petit Train des Rita Mistouko ; Didier Wampas et un Labyala Nosfell... chevelu et barbu (!) déchirent tout avec I was made for loving you de Kiss ; Cyril Atef et Olivia Ruiz rappent sur du Run DMC (enfin je crois) ; Amadou, le croiriez-vous, joue (et bien !) du AC/DC à la guitare tandis que ce vieux cochon de Wampas fricote furieusement avec Olivia sur Whole Lotta Rosie ; Daniel Darc dédicace le Requiem pour un Con à not'bon président, puis chante Ca ne sert à rien avec Nosfell, et une Redemption Song braillarde avec Wampas ; la décidément délicieuse An Pierlé revient pour un délicieux donc, Killer Queen... de Queen.
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A la question que je me posais - Arno est-il parti fou de rage ? Réponse, non, il nous donne La Fille du Père Noël (c'est An qui fait la fille), dans sa version "Jean Genie", excellente, puis un blues avec Amadou ; et voici donc, forcément, la rayonnante Mariam qui va donner avec son mari une reprise de Stevie Wonder, cette fois c'est sûr : Amadou can play the blues ! Pour autant, il arrive quand même à écouter Wampas s'incruster dans son duo Mon Amour Ma bien-aimée - pour un très touchant moment. Le final se fait sur un titre des Temptations (merci à Hervé pour les références soul !), tous ensemble - Daniel Darc est si déchaîné qu'il manque de faire l'amour à une caméra. Encore une vraie réussite de création belfortaine, sans esbrouffe inutile ni égos surdimensionnés - un succès !
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Au risque de passer pour un goujat, voire un crétin, on ne fera qu'un passage bref à Catpower : certes cette fille a une jolie voix mais c'est pas trop notre came... et puis on aime pas son dernier album et le chapiteau est déjà plein ! En avant donc pour Comets on Fire, un groupe post-Led-Zeppelinien de 5 chevelus qui jouent des titres de dix minutes - un pur bonheur. Le chanteur chante peu mais bien (trois minutes de hurlements avec une voix excellentissime, avant 7 minutes instrumentales), les riffs sont énormes et hypnotiques... Excellente surprise bien cachée dans le programme en somme, qui nous a rappelé les formidables Datsuns !
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Le retour 5 ans après de Massive Attack laissera une impression plus en demi-teinte, déjà parce que le light show est nettement moins ambitieux - même si l'on y voit toujours des messages subliminaux, des dépêches défilants à toute vitesse, ainsi que la météo, une proposition de texte pour l'impeachment de GW Bush, ou encore des horaires de vol pour Taipeï... Le mentor Del Naja est devant, avec un minuscule Korg, tandis que son compère Grant Marshall restera assis à peu près tout le temps. D'ailleurs, ils n'ont rien de nouveau à vendre à part un ou deux inédits. Bon, c'est vrai, le son est d'entrée énorme, provoquant une zombification du public qui commence à osciller en rythme.
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On confesse connaître très mal le nom de leurs titres, sur des albums si excellents et trippants qu'on les a toujours écoutés d'une traite ! Disons simplement que Massive Attack donne un spectacle best-of, en espérant que le lecteur aura assez d'imagination ! Une chanteuse blonde (pas la même, on dirait) assure les parties féminines (Teardrop), 3 D murmure le reste de sa non-voix creuse et inimitable, dans une ambiance sombre et bleutée... et le charme agit un peu. Détail agaçant, une partie de l'assistance est assez dissipée (même tout devant) alors que ce type de musique ne marche que religieusement écouté... et qu'il n'y a vraiment aucune raison défendable de slammer dessus !
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Enfin, après la blonde assez insignifiante et sa guitare factice (puisqu'elle n'en joue pas), arrive heureusement la Grâce de ce concert : Yolanda, une chanteuse black voluptueuse et ronde, à la voix de velours, et la seule qui a l'air contente d'être sur scène - il est vrai que le tirage de gueule a toujours été une marque de fabrique des Massive Attack, toujours très occupés à trafiquer des bidules aux réglages invraisemblables, comme ce synthé à huit pédales d'effet !
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Avec l'augmentation de la cadence, les titres plus rythmés mettront enfin le public dans une ébullition raisonnable, comme Yolanda chantant superbement Unfinished Sympathy et Safe from Harm, ou le merveilleux Horace Andy (qu'on craignait de ne pas voir ce soir) venu comme toujours pour les magnifiques Angel et (je crois) Everywhen, qui créent enfin l'écoute appropriée, même les cancres étant enfin scotchés. Le final très speed, s'il n'enlève pas cette impression persistante de non-groupe qu'on avait déjà ressenti en 2003, met cependant le feu aux poudres et s'achève dans une clameur énorme. Vivement un nouvel album quand même.
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On a beau être un chroniqueur sérieux, on fait comme tout bachelier quelques impasses - comme de ne pas réviser ni apprendre dEUS, honteuse lacune ! Pour être honnête je pensais que le sujet Ben Harper allait tomber - finalement je n'ai pas eu envie d'y aller du tout : déjà vu et revu à la grande époque (folk/blues/gospel), vraiment aucune raison d'y retourner pour entendre le reggae banal qu'il fait aujourd'hui ! Bref c'est d'autant plus regrettable que dEUS, sur le papier un des meilleurs groupes de rock en activité en Europe, l'est également sur scène - ça sonne formidablement bien, même si le groupe finit devant un chapiteau presque vidé de sa substance (effet Ben Harper toujours). Je reconnais quand même (si l'on peut dire) le tube classe et lancinant de Pocket Revolution qui conclut ce fort beau concert.
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Evidemment sécher le bon géant afro à la guitare implique d'aller voir sur la plage la jolie et trépidante Missill : pour une fois qu'elle n'est pas programmée à 5 heures du mat', on ne se fait pas prier. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça pulse, entre techno séminale (production perso et remix des autres, Digitalism notamment) et remix de rock hardis de AC/DC comme de Nirvana, c'est la teuf sur la Plage (heureusement parce qu'il fait sacrément froid ...). L'enthousiasme communicatif de la gadjie, ainsi que l'arrivée de vrais instruments (guitare et batterie) achève de rendre le tout jouissif et décérébrant - on aurait bien filmé tout son set de partouze électro/bastard, pour se remonter le moral les jours de pluie !
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Dernier gros rendez-vous de la soirée, le retour 2 ans après des Gossip, qui depuis ont explosé médiatiquement (et tant mieux !) avec la réédition de leur formidable disque éponyme. La chanteuse Beth Ditto qui est énorme à tous les points de vue (et c'est la seule mufflerie qu'on s'autorisera à ce sujet), apparaît dans une combinaison pour un déjà furax Yr Mangled Heart qui déchaîne le chapiteau. On remarque qu'il y a désormais un clavier en plus des deux honnêtes musiciens qui l'accompagnent, tandis qu'elle commence (déjà) à se déshabiller sur Coals to Diamonds ou sur Keeping you alive, pour se retrouver dans un très seyant déshabillé noir, qui contient à grand peine ses formes généreuses et sa très jolie voix - cette fille est belle comme un tableau de Botero !
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La température augmente donc très vite, au fil de quelques chansons nouvelles et de titres imparables comme Jealous Girls et Fire with Fire, furies punk-soul, ou encore Eyes Open... Et on sait déjà que la diva nous empêchera de sombrer dans le sommeil comme la dernière fois ! C'est encore pour un nouveau titre qu'elle va chanter dans la fosse, qu'elle s'éclate par terre et en rigole ; sur Listen Up il faut se rendre à l'évidence, sa voix hargneuse et groovy est plus belle encore que dans notre souvenir ... mais c'est déjà fini - veulent-il nous faire croire sans avoir joué leur tube absolu !
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Un rappel arrivera donc sans surprise mais à notre plus grande joie, qui commence par un long instrumental. Puis on comprend qu'il s'agit (évidemment) de Standing in the Way of Control : la demoiselle se présente carrément en sous-vêtements pour interpréter ce déjà grand classique. Pour ceux qui se demanderaient encore ce qu'elle fout à poil, la chanson dénonce diverses formes de censure ("control") et harcèlements des gens différents, homos, lesbiennes, et autres... grosses, revendiquant le droit à chacun de vivre sa vie comme il l'entend. La démarche de s'assumer les fesses à l'air prend alors tout son sens !
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Et c'est encore par amour du public et envie de partager que Beth finira en plein milieu de la foule, couverte de mamours et en distribuant elle-même pour un final pétaradant et bordélique, en scandant un slogan bien connu de ces dangereux agitateurs qu'on appelle en Amérique les pacifistes : "What do we want ? Peace ! When do we want it ? Now !"... Tandis que tout le chapiteau danse les bras levés, un grand sourire aux lèvres - une belle bouffée d'oxygène donc : à part leur leader, les musiciens de Gossip ne sont peut-être pas de grands techniciens mais le charisme et l'enthousiasme de leur chanteuse sont proprement irrésistibles !
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Après cette déjà copieuse première journée, le moment est venu de rentrer, puisque les recyclages 80's de Calvin Harris n'ont convaincu aucun d'entre nous sur sa page Myspace... Et c'est en partant qu'on remarque que le site est surtout illuminé... de l'extérieur, où il brille de mille feux et darde des rayons laser dans le ciel, au risque d'attirer par erreur les rares jeunes de la région absents des Eurocks, qui seraient à la recherche d'une boîte de nuit où écouter de la merde - hélas pour eux, la Presqu'Ile de Malsaucy ne serait précisément pas l'endroit approprié...
De vraies photos (réussies) à venir par Flore-Anne Roth, et des vidéos-souvenir par ici !
Le samedi c'est par ici !
PS : Réaction, insultes, félicitations, concerts ratés, n'hésitez pas à réagir ! Réagir à cette critique |
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