Hellfest Day 2
"Je vais au paradis pour voir des saints et en enfer pour voir des potes"
Franchement si quelqu’un m’avait dit qu’en enfer il était possible d’autant s’éclater je n’aurais pas autant attendu avant de m’y rendre… Un décor somptueux installé/réalisé par
Monik la Mouche, n’en déplaise a certains de la très bonne musique, une météo comme on les aime mais surtout une "sacrée ambiance mortelle ".
Arrivé en fin de set des Hollandais de
Discipline c’est donc sur
Yesterday and Today ou Y&T (comme disent les vrais) que je me rabat. Oh un groupe des années 70 qui fait du Rock Heavy Metal, comme c’est original ! Sans pour autant réinventer le genre
Y&T et ses 4 millions d’albums vendus aura quand même apporté sa pierre à l’édifice où trônent en maître
Motley Crue et autres Whitesnake. Pour un début d’après midi post apéro dinatoire il faut reconnaître que ça passe plutôt bien, une musique assez cool mais surtout des paroles qui ne demandent pas à réfléchir (aussi bien au niveau du message que de la (re)transcription).
Cas similaire avec
Raven et Pretty Maids. En fin de compte
christine boutin avait raison le
Hellfest est bien sataniste entre
Alice Cooper, qui viendra se produire dans quelques heures et actuellement sur les planches
Raven/Pretty Maids c’est la journée des morts vivants à Clisson. C’est sympa mais ca ne relève pas non plus de l’exceptionnel…
"The Story of Anvil"
Après l’exceptionnel rock-u-mentaire de
Sacha Gervasi, IM-PO-SSI-BLE de passer à côté de ce groupe canadien qui, le temps d’un film, aura réussi à me faire verser des larmes (ce qui au passage n’était pas arrivé depuis la mort de la maman de
Babar, le roi des éléphants !). Pour ceux qui ne seraient pas encore allés voir ce petit bijou cinématographique il n’est pas trop tard pour expier ses péchés ! En attendant brève description ;
Anvil c’est l’histoire d’un groupe heavy tournant autour de deux meilleurs amis, l’un gratteux, l’autre batteur. Après une tournée mondiale avec
Metallica, Scorpions,… Enfin que des petits noms… Tous ces groupes ont vendu des millions d’albums, sauf un
Anvil. Un Spinal Tap poignant dont l’issue finale se dessine un peu plus chaque jour…
A en juger par la populace présente je ne suis pas le seul à avoir été touché par l’histoire d’
Anvil. Après le succès du film il est agréable de voir que ces 3 canadiens là ne se sont pas pris la grosse tête et arpentent la scène avec le plus grand des sourires. Au niveau de la musique ce n’est pas mauvais ce n’est pas non plus transcendant… Du coup on comprend peut être pourquoi après 13 albums (avant le film)
Anvil peinait à décoller. Le meilleur moment reste quand même le brillant solo de guitare au godmiché, un instant tendu et pour le moins vibrant !
"AC/Dbourne"
Enfin des jeunes sur la Mainstage, mais soyons clair tout de suite ;
AC/DC / Airbourne même combat. La seule vraie différence réside dans le jeu de scène, si pour les papys du rock tout est calculé à la minute près ne laissant guère de surprise et spontanéité, pour les jeunes australiens d’
Airboune la couleur est tout autre. Rock pêchu, énergie survoltée, autant dire que sur scène c’est "High Voltage". Même si l’ensemble se ressemble certains morceaux comme "Too Much, Too Young, Too fast" ou " Runnin' wild" sortent du lot offrant ainsi des moments de pure extase au public. Comme si le set n’était déjà pas assez survolté,
Joel O’Keeffe (chant & guitare) entreprendra une longue ascension jusqu’au sommet du Mainstage 01 pour y faire un solo de guitare, environ 30 mètres sans aucune protection ni câble de sécurité. Respect !
Du coup difficile pour
Nevermore de passer après. Ce n’est pas ennuyeux et grotesque mais presque… Mis à part deux trois chansons qui sortent du lot le set reste étonnamment fade. Le seul intérêt du groupe est finalement le jeune guitariste soliste qui en plus d’avoir une coiffure à rendre jaloux les mannequins de Liliane Bettancourt s’avère être un monstre à la guitare.
"Take me now to paradise city"
Monstre à la guitare ? Vous avez dit Monstre ? Faut il encore présenter le second guitariste au monde derrière
Jimi Hendrix ? Slash, bien plus qu’une icône, une légende vivante ! Ex guitariste des
Gun’s, la fine gâchette a depuis fait du chemin, égérie du nouveau jeu Guitar Hero, album solo, autant dire que la retraite à 60 (ou 62 ☹), ce n’est pas pour demain que
Slash la prendra ! Nénamoins il faudrait sérieusement que quelqu’un lui explique que prendre les même pauses qu’au temps des
Gun’s avec 40 kilos en plus dans un slim trop serré fait légèrement ridicule ! Au même titre, il semble vital de lui conseiller de meilleurs musiciens (hors chanteur) et tout particulièrement un vrai batteur. Enfin je dis ça… Je ne dis rien…
Pour ce qui en est du show, c’est du
Slash tout craché, quelques compos, quelques reprises de
Velvet Revolver et surtout beaucoup de morceau emprunté aux
gun’s de quoi ravir une foule venue essentiellement pour entendre ça… Et pourtant les nouvelles compositions à l’image de "By sword" se relèvent efficaces. Sur scène on regrettera l’absence d’invités ayant participé à l’élaboration de ces dernières…
Mention toute particulière au chanteur qui même sur les morceaux des
GNR a la voix qui tient la route ! Tenir la voix sur "Sweet Child O Mine" n’est pas chose facile face à un public qui n’attend que ça et pourtant ce sera une interprétation brillante qui mérite "4 bleus". Une courte heure de show clôturée par " Paradise City " où
Slash se permettra les folies de quelques solos guitares derrière le dos, histoire de montrer qu’il est toujours aussi fine gâchette qu’on le prétend!
Mon ventre criant famine le rapport avec
Annilathor fut bref et lointain. Cependant l’annihilation eut bien lieu, dans mon porte monnaie pour être exacte. Compter 7/8 euros pour une kebab frites tout pourri il y a de quoi être révolté ! Paf grêve de la faim ! 10 minutes plus tard kébab pourri englouti, mon argent aussi… Quand on a faim, bah, on a faim…
"What do you wanna do in your life ?"
Rassasié ou presque, direction le mainstage. Découvert dans le film de
Bob l’éponge carrée avec " Gloutons barjo" (remix d’I wanna Rock) voir les sœurs les plus "twisted" du rock and roll était un rendez vous à ne rater sous aucun prétexte (Ne serait ce que pour l’immonde costume du chanteur). Malheureusement pas d’accoutrement risible au mieux une parure qui ne rivalise même pas avec les toilettes de la présentatrice météo de TF1, c’est dire…
Fougueux, enjoués, délirant, les mots me manquent pour caractériser
les rockandguignolesques Twisted Sister. Si l’année dernière Europe avait séduit les métaleux les plus aguerris, cette année
Dee Snider et sa bande auront littéralement envouté les hordes satanistes, avec notamment un poignant hommage à
James Ronnie Dio. De " we re not gonna take it " au puissant " i wanna rock " difficile de ne pas se laisser subjuguer par l’enthousiasme communicatif du groupe. En tout cas après plus de 7 ans de séparation c’est une impression de groupe uni qui persiste, celui d’une bande de potes qui ne montent pas seulement sur scène pour faire de l’argent. Je savais que j’aurais dû répondre aux questions de mes professeurs par "
i WANNA ROCK !"
Alors que la journée est majoritairement accès autour du Hard and Heavy,
Immortal contraste avec le reste des groupes présents sur les deux mainstage. Et quel contraste ! Peintures de guerre sur le visage, bracelets cloutés et voix de porcs égorgés. Il n’y a rien (du moins en live et devant la scène) de plus ressemblant qu’un morçeau d’
Immortal qu’un autre morceau d’
Immortal. S’il n’y avait pas
Alice Cooper dans une heure il ne fait aucun doute que je serai allé voir
Agnostic Front … Péniblement, j’attends donc la fin du set dont le seul intérêt réside dans quelques effets pyrotechniques sans grande prétention. D’un ennuie "mortal"…
"The Theater of Death"
Avec un slogan comme ça sur le drap cachant la scène la couleur est d’emblée annoncée, ce soir ce sera rouge sang ! Le rideau tombe, le théâtre s’illumine. Entre de grosses lettres rouges A.L.I.C.E se devine particulièrement une silhouette, celle du maître.
Alice Cooper est là, baguette en main. Une sonnerie d’école plus tard, "School’s Out " inaugure le plateau, et là il faut dire que ça surprend ! Si
Alice a pris des kilos et a perdu de la voix il n’en reste pas moins un véritable showman ! Rappelant" au passage que comparés à lui, le pantin de
marylin manson ou les
guignols de kiss (pléonasme) "
are not worthy, are not worthy"
Après un premier titre emblématique le vieux
Cooper s’attaque dans la foulée à un second de ses classiques " I’m Eighteen", venant d’un vieillard pouvant prétendre à la retraite (et encore vivant ça risque de devenir un exploit par les temps qui courent) ça provoque quand même quelques rictus.
Et le théâtre dans tout ça ? On y vient on y vient. Empoisonné (à l’aide d’une seringue de 2 mètres, lors de "Poison " logique…), pendu, perforé (dans une boite de magicien), guillotiné,
Alice Cooper mettra en tout et pour tout 4 fois sa mort en scène avant d’en finir une fois pour toute avec sa diabolique et non moins charmante serial killeuse ! Mise en scène dantesque pour un show bien rodé qui ne laisse malheureusement guère de place à la spontanéité. Enfin la petite surprise finale (pour ceux qui comme moi n’avait pas encore effectuer leur dépucecooperlage) le retour après le rappel d’Alice et sa troupe sur… "School’s out "., de quoi ravir les nombreux fanas du papa des gothiques.
"The last Alice Cooper's show i saw it, was when i was 13 years old. So i wished to see him on the mainstage, I saw him, but i remembered that Alice Cooper is a reeeeeepuuuuuuuubliiiiiiiicaiiiiiinnnnnnnnnnnnn"
Une demie seconde d’hésitation avant de préférer la Terrorizer et
Biafra à
Carcass et le mainstage/ ! Il faut dire que d’aller voir un américain qui non seulement pense de lui même mais aussi ne dit pas d’entièrement de la mer**, ca relève de plus en plus de l’exploit ! Rien de tel donc qu’une petite boutade sur les opinions politiques (et religieuses) d’
Alice Cooper (c’est Boutin qui doit être contente) pour commencer un show.
Réel adapte du
Biafra sauce
Kennedys je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre avec
la sauce Guantanamo School of Medicine. Et bah, c’est hachetément bien ! Toujours autant de mordant qu’à la vieille époque, toujours aussi fou qu’à la veille époque et surtout toujours ce magnifique gant en latex propre au personnage ! Non
Mr Biafra n’a rien perdu, bien au contraire, c’est toujours avec la même volonté qu’il s’applique à dénoncer le système américain, ses dérives et ses injustices, soit par des textes incisifs soit par le biais de mimiques burlesque, Le Charlie Chaplin musical des temps modernes !
Nostalgique – comme son public – il interprètera tout de même quelques titres des
Dead comme le fameux "California Über Alles " ou le poignant "Holidays in Cambodia". Coté
School of médecine c’est loin d’être "OUT" bien au contraire à l’inverse de
Slash,
Biafra a su s’entourer de bons musiciens ! Après 20 minutes de rab sur le temps initialement prévu du set,
Jello et sa troupe sont contraints de sortir de scène après la coupure à priori volontaire de l’électricité ! C’était sans compter sur une fidèle assemblée prête à tout pour grappiller, ne serait ce que 3 morceaux supplémentaires. Un moment magique nous plongeons dans la peau
Ray Gange scandant (dans
Rude Boy (pour les incultes : http://www.youtube.com/watch?v=I9eLeZS9OeY)) "Moreeee Clash, Moreeeee Clash !" le succès de l’action en plus. Au final 30 bonnes minutes de
Biafra and Co en plus, que demande le peuple ?
Deuxième jour et toujours un franc succès pour un
Hellfest plein à craquer. Christine et ses sbires peuvent bien diffamer, planter des croix, enfouir des médaillons, prier ou encore s’amuser avec leur curé, rien ne pourra arrêter ce qui est entrain de se produire, l’élévation du
Hellfest au grade de rendez musical incontournable de France pour ne pas dire d’Europe !
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