The Elderberries (Printemps de Bourges 2006) 28 avril 2006- La Soute, Bourges
Attention, on vous aura prévenus : les Elderberries vont bientôt tout casser !
Légèrement moins décontractés qu’à l’accoutumée (pression oblige), les Elderberries ont néanmoins fait une énorme impression à l’occasion de leur passage éclair (30 minutes, c’est la règle) à la Soute, à Bourges. Ce concert programmé dans le cadre des .../...
Attention, on vous aura prévenus : les Elderberries vont bientôt tout casser !
Légèrement moins décontractés qu’à l’accoutumée (pression oblige), les Elderberries ont néanmoins fait une énorme impression à l’occasion de leur passage éclair (30 minutes, c’est la règle) à la Soute, à Bourges. Ce concert programmé dans le cadre des Découvertes du Printemps de Bourges 2006 a permis à la salle – remplie à ras bord de professionnels de la profession et de fans juvéniles – de découvrir les morceaux percutants et la présence scénique bluffante des cinq jeunes gens basés à Clermont-Ferrand, mais dont quatre membres sont originaires d’Angleterre et du Canada.
Du Heavy rock implacable…
C’est au pas de course et à la hussarde que les Elderberries abordent toute les scènes qui se présentent sur leur passage… Et quand le groupe quitte les planches, non sans avoir interprété leur tubesque Like a bull, c’est un petit peu comme après le passage d’un troupeau de taureaux énervés dans la plaine : l’herbe met du temps à repousser. Et les spectateurs ressortent groggy, saoulés de coups de guitare/basse/batterie/cris, mais avec un large sourire au coin des lèvres. Car ces très jeunes musiciens ont un talent inné pour défourailler leur rock sévèrement burné en toutes occasions. Le chanteur a beaucoup écouté AC/DC et Led Zeppelin, et ses acolytes ont semble-t-il été élevés aux disques des Stooges et des Ramones depuis leur plus tendre enfance. Cela donne donc des titres de heavy rock implacable à la Datsuns (dont ils ont assuré une belle première partie en 2004) ; ces petits garnements semblent prendre un malin plaisir à faire se percuter à grande vitesse le punk avec le hard rock. Signe de goût, de nombreux morceaux recyclent avec talent le riff tuant de TV Eye des Stooges, un des hymnes cultes de tout fan de rock qui se respecte.
… par un des meilleurs groupes de rock de la scène française actuelle.
Mais il n’y pas que ça : les Elderberries savent composer des morceaux en forme d’invitation au pogo dédridé, au head banging incontrôlé et au stage diving déconseillé aux constitutions peu robustes. Ajoutez à cela des solos bien sentis, des montées en puissance suivies de breaks de batterie qui rendent fou, une putain d’attitude et hop, vous avez un des meilleurs groupes de rock de la scène française actuelle. Un groupe appelé à signer rapidement dans une maison de disques, qui devrait sans tarder rendre dingue les publics des salles de France, de Navarre, et d’ailleurs… Un combo ultra prometteur qui va bientôt tout casser. On tient peut être là les Datsuns français !
A visionner : un extrait de ce concert, filmé par ConcertAndCo.com : Like a bull.
Low + Ray Lamontagne (Printemps de Bourges 2005) 22 avril 2005- La Soute, Bourges
Juste avant la sobre et réussie prestation scénique de Ray Lamontagne, le trio américain Low a offert un concert incroyablement beau au nombreux et attentif public de la soute, une salle intimiste de 300 places ; peut-être même LE concert de ce Printemps de Bourges 2005 (avec ceux de The National et Herman Düne).
Low : une .../...
Juste avant la sobre et réussie prestation scénique de Ray Lamontagne, le trio américain Low a offert un concert incroyablement beau au nombreux et attentif public de la soute, une salle intimiste de 300 places ; peut-être même LE concert de ce Printemps de Bourges 2005 (avec ceux de The National et Herman Düne).
Low : une chaotique grand messe.
Assister à une prestation de Low s’apparente presque à une expérience religieuse ; dès le début de la chaotique « grand messe », on se retrouve enfermé (de son plein gré) dans une cathédrale sonore tantôt country folk (voire gospel soul) tantôt post rock distordu. Certains parlent même de slow core à propos de cette musique… La finesse avec laquelle chaque musicien et vocaliste joue les parties qui lui sont dévolues est tout simplement hallucinante. Le chanteur/guitariste Alan Sparhawk interprète les morceaux sur le fil du rasoir avec une voix semblant sortie d’un vieux disque de country, son jeu de guitare passe de rythmiques effleurées du bout des doigts, d’arpèges discrets à de violents accès de fièvre sonique où le son de la distorsion est tout simplement magique. Sa femme, la batteuse/chanteuse Mimi Parker joue debout (ce qui n’est sans doute pas un détail pour vous, son jeu minimaliste et original rappelant celui de Moe Tucker du Velvet Underground), sa voix est tout simplement bouleversante ; quand les deux amoureux chantent en duo, on hésite à fondre en larmes devant tant de classe. Dans son coin, complément possédé par sa musique, le bassiste/guitariste Zak Sally extirpe des sons précis et rêches de ses instruments.
Les morceaux – tous admirablement bien écrits – sont un véritable catalogue de ce qui se fait de mieux en musique américaine : titres de rock contemplatifs aux textes inquiétants, morceaux folk convoquant les fantômes des meilleurs songwriters US, ballades ombrageuses se terminant en embardées guitaristiques d’une violence inouïe… Tout est d’une qualité quasi irréelle. Et pourtant, le chanteur mormon dont le regard est traversé par de terrifiants éclairs (on pense à Robert Mitchum dans La Nuit du chasseur) semble perpétuellement insatisfait et inquiet à propos de la qualité de la prestation de Low ; on le rassure tout de suite, c’est un des meilleurs concerts auquel il nous a été donné d’assister cette année... Chez Low, les ambiances sont crépusculaires, voire carrément apocalyptiques… et cela procure un sentiment de bien être total, c’est grave docteur ?
Ray Lamontagne : un concert aussi épuré que poignant.
A peine le temps de se remettre de ses émotions (extraordinairement fortes !), que Ray Lamontagne arrive sur scène… pour accorder longuement sa guitare et provoquer un ignoble larsen. Aïe ! Le charme du concert de Low est bel et bien rompu, jusqu’à ce que le songwriter américain se lance en solo dans un morceau à la guitare folk avec sa voix voilée de soul/blues man. Les compositions sont très belles, assez arides, totalement épurées ; l’interprétation est, quant à elle, impeccable et habitée… Il manque seulement un petit quelque chose pour faire décoller le concert, très apprécié pas les fans qui accueillent chaque morceau avec un enthousiasme juvénile. Les très poignantes premières notes d’harmonica à la Neil Young/Bob Dylan font office de déclic : avec son folk/blues sobre, Ray Lamontagne s’y entend vraiment pour plonger son auditoire dans un délicieux état de recueillement. Quelques instants plus tard, l’arrivée d’une contrebassiste au toucher langoureux et d’un batteur superbement discret permet une agréable variation dans les ambiances, néanmoins toujours calmes et mélancoliques. Une fois de plus, preuve est faite qu’avec relativement peu de moyens (un chanteur guitariste harmoniciste, un contrebassiste, un batteur), on peut tenir en haleine un public, pour peu qu’on sache écrire. Ce qui est le cas de Ray Lamontagne… Son début de succès sur le continent américain, devrait lui permettre de poursuivre sa carrière brillamment. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.
La Position du Tireur Couché (Le Printemps de Bourges 2002) 12 avril 2002- La Soute, Bourges Dans une Soute très bien remplie, les Clermontois ont encore une fois prouvé, malgré un trac important et une salle moins bien équipée (lumières, son, accueil du public) et prestigieuse que La Hune, qu’ils savaient écrire des chansons drôles, accrocheuses et décalées.
Lors de leur concert à La Coopérative de Mai avant Joseph Arthur, ils .../...
Dans une Soute très bien remplie, les Clermontois ont encore une fois prouvé, malgré un trac important et une salle moins bien équipée (lumières, son, accueil du public) et prestigieuse que La Hune, qu’ils savaient écrire des chansons drôles, accrocheuses et décalées.
Lors de leur concert à La Coopérative de Mai avant Joseph Arthur, ils paraissaient plus décontractés mais ici, à Bourges, tous les « décideurs » sont là et ça fout un peu la trouille, c’est normal !
Certes, ils ne haranguent pas le public et ne se jettent pas partout mais, sur cette musique, ce serait difficile, voire déplacé. Est-ce que Serge Gainsbourg courait sur scène, est-ce qu’il slammait, est-ce qu’il hurlait ? Non ! Les membres de Belle & Sebastian sont-ils hystériques sur scène ? Non !
Le concert de LPDTC était de mieux en mieux au fil des minutes pour finir en apothéose avec les deux titres chantés par Gaëlle, « Une vie Simple » et « Acapulco ». Sa présence détend tout le monde, sa manière de chanter est rafraîchissante, son texte me fait éclater de rire à chaque fois (et je ne suis pas le seul !). Oui, mais voilà, l’esbroufe n’est définitivement pas le truc de La Position du tireur Couché, c’est peut être ce qui leur manque pour s’attirer des critiques unanimes. Ils préfèrent peaufiner leurs chansons chez eux ou en studio, il y a d’autres exemples dans l’histoire du rock, non ? Brian Wilson, c’est de la merde peut-être ?
Je ne suis pas en train de dire que La Position du Tireur Couché a écrit un album du niveau de « Pet Sounds », je dis seulement qu’il ne faut pas se laisser influencer par les critiques négatives émises ici ou là : écoutez leur disque et allez les voir sans a priori, ça vaut le détour...