
Ce soir il y avait deux lieux antiques où il fallait être. Qu’il s’agisse d’
Arles ou de
Nîmes le spectacle s’annonçait d’emblée de qualité.
Exit Beth Dito et ses
Gossip, ce sera
Eugene Hutz et son
Bordello, pas sur que je perde aux changes ! D’autant plus que la première partie est semble t il assurée par
Justin Adams, guitariste de
Robert Plant, excusez du peu !

Cadre exceptionnel, musique remarquable et public… Public divisé en deux, comme un flash back pendant la douce période antique, les nantis sur les gradins alors que la plèbe s’agglutine dans la fosse. Il faut dire que de plus en plus les musiques dites du monde ou sortant de l’ordinaire sont devenues "hype" auprès des élites bien pensantes. Difficile de ne pas croire que les charmantes dames venues en robe chanel et talons aiguilles soient là pour
Gogol Bordello, et pourtant…

A moins que ces dernières ne réservent l’exclusivité de leur venue que pour
Justin Adams. Certes bien moins fou qu’
Eugene mais tout aussi talentueux. Accompagné de son fidèle acolyte,
Juldeh Camara, les deux compères nous offrent un savant mélange d’afro beat & roll, le même sorte d’assemblage que
Rachid Taha et
Mick Jones, alchimique et surprenant ! D’ailleurs tant par ses mimiques que par son jeu,
Adams fait songer à la jambe droite de
Strummer.

Une fois c’est
Justin qui chante, une autre c’est
Juldeh ; deux langages mais une langue unique, celle ci universelle, la musique. Seul un morceau sera chanté communément "Kele Kele / No Passeport No Visa", une histoire de frontière qui paradoxalement montre à travers le duo
Camara /Adams, qu’au delà des frontière les hommes sont frères. Une très jolie chanson qui aurait pu ouvrir – dans le bon sens - le débat sur l’identité nationale…

"Chaque concert est diffèrent car le public est diffèrent, notre musique nous la construisons avec vous c’est presque de l’improvisation et vous êtes nos chefs d’orchestre alors n’hésitez pas taper, sifflez, vous êtes chez vous.". Il n’en faudra pas plus pour chauffer la fosse qui danse, sautille, bref s’amuse. Le sourire jusqu’aux oreilles et après un énième solo sur sa lespaul,
Adams quitte le plateau. Coté le public c’est un franc succès, à tel point que
J and
J seront – à leur grande surprise - aussi tôt rappelés sur scène.

En attendant l’arrivée, presque imminente, de
Gogol Bordello c’est un génocide envers les moustiques qui s’organise dans le théâtre antique. Puisse t’il réserver une fin aussi tragique à ces saletés de bestioles que celle des scène jouées ici il y a de ça quelques décennies. Soudain plus de lumière, plus de moustique, les effets de l’holocauste ou l’odeur de la vignasse que trimbale
Eugene Hutz ? On le saura jamais. Une chose est sure, le
Bordello est en marche.

Au grand complet, enfin presque seul manque à l’appel l’une des deux chanteuses/danseuses/fouteuses d’ambiance. Ce n’est peut être qu’un détail pour vous mais au sein du show ça y fait beaucoup. Explications,
Gogol Bordello c’est un peu des
Raouls petites internationales (les costumes en moins). Imaginez la formation amputée d’une de ses raoulettes, il y aura dessus beaucoup moins d’animation sur scène (environ plus ou moins – 50% d’ambiance d’après les experts), c’est pareil pour
GB.

Pas de grandes mises en scène comme il y a trois ans mais toujours d’aussi bonnes chansons. Même si au fil des années les
gogols ont légèrement changé de style, l’impression du voyage "transcontinental" persiste. Un voyage avec ses moments délurés who are "Not A Crime", ses petits bijoux comme "My Companjera" et ses instants plus placides pour ne pas dire intimistes à l’image de "Sun On My Side".

Musiques joviales d’accord, mais pas dénuées de fond. Si les chansons d’
Eugene donnent envie de se trémousser elles restent particulièrement engagées contre les injustices. A ce titre on regrettera l’absence d’ "immigrant punk" dans la setlist bien que compensé sur le fond par "We’re comming".

Néanmoins ce qui manque le plus au show ce sont les mises en scène des morceaux. Avant
Gogol Bordello faisait de la musique sur des rapes à fromage, slammé sur une grosse caisse dans le public etc… Alors que ce soir le groupe se contentera simplement de faire bouger l’assemblée de droite à gauche, regrettable donc que
Gogol ne soit plus autant
Bordello qu’avant.

Très bon performance, bonne ambiance malgré un public pas toujours évident. Il semblerait juste que
Gogol Bordello se soit assagit au même titre que leur musique de plus en plus gypsy que punk.. C’est toujours plaisant mais bien moins qu’il y a trois ans, dommage…
Plus de photos par
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Bonus vidéo :
et une petite de
Justin Adams et Juldeh Camara :
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