Arrivée dans la Var au coucher du soleil, le site est magnifique, en hauteur dans la forêt et avec une méchante vue sur la rade. Il se prête peut-être plus à un festival de danse mais ça a quand même une certaine allure un public de hiphoppeux lâché en milieux non urbain.
L’affiche : Monsieur
Oxmo Puccino puis
Assassin. Je ne suis pas convaincue par l’ordre des sets. Mais bon l’accueil est sympa. L’entrée dans la salle un peu longue, on n’y parviendra que pour Où est Billie second morceaux du set d’Ox.
Suivrons une dizaine de morceaux issus du dernier album L’arme de Paix, mais aussi du Lipopette Bar et d’albums plus anciens (de mémoire : 365 jours, Soleil du nord, Véridique, Black Popaye, J’ai mal au Mic, Les unes ou les autres, Au lipopette bar, Mama Lova, Le Cactus de Sibérie, plus quelques autres puis pour le rappel Sur la route d'Amsterdam, On ne danse pas et Nirvana)
Ce mec a une classe terrible, il domine son sujet avec un flow précis, groovie, enveloppant … une tuerie. Il est accompagné par les musicien du jazzbastards : basse, batterie orgue et guitare. C’est travaillé, ciselé. Ses mots sonnent justes, ses textes poétiques et distanciés, il est charnel, te balance une émotion jamais feinte, jamais surjouée. Il n’use ni n’abuse de l’artifice comme trop souvent dans le rap, pas de gimmicks, pas de solutions faciles, même pas d’argot. Il faut dire qu’il est servi par des musiciens impeccables et que la liberté que permet un groupe pour un MC est palpable. Le bassiste et le batteur servent une section rythmique impeccable et guitare et orgue posent le truc. Ça fait deux concerts de rap que je vois avec uniquement des musiciens derrière et j’avoue que ça fonctionne vraiment bien. L’autre c’est
Zone libre évidemment.
Un seul regret, le set est trop court comme toujours quand on t’installe dans un univers et qu’on te raconte des histoires à l’oreille avec une telle présence et une personnalité aussi charismatique.
Un verre dehors et je commence à m’inquiéter à nouveau de l’enchaînement. J’ai pas tort, en fait d’
Assassin, il ne reste que Squat plus de Solo ni de Doctor L, le DJ je peux me tromper mais je ne crois pas que c’était DJ Clyde et le seconds couteau ben désolée mais il n’est pas bon. Faut dire que je n’ai pas vu le posse depuis la tournée Touche d’Espoir, mais c’était quand même eux ma porte d’entrée vers le rap. Il faut croire qu’ils ont mal vieillit et du coup plus personne n’est là pour empêcher Rokin de suivre ses pires travers : donneur de leçon, des slogans plus que des textes, un flow parfois imprécis et personne pour faire chalouper un peu l’ensemble.
Début du set sur l’intro de l’homicide, bien sûr faut bien nous faire redescendre mais le problème c’est que ça ne fonctionne pas. Du coup il n’y a que de l’esbroufe, exit la justesse, exit la finesse et surtout exit le groove. C’est poussif, parfois même raté : mauvais enchaînement du DJ, voix mal posées… Les anciens morceaux fonctionnent à peu près, sur l’énergie et peut-être même un peu de nostalgie. Par contre les nouveaux c’est non. Entre les rimes pourries, les lyrics tract politique, les lumières roses et les arrangements Croisière s’amuse je vais finir par fuir et sortir fumer dehors et je suis pourtant bon public, c’est rarissime que je sorte d’un concert avant le fin.
Reste la prestation d’Oxmo, magistrale qui me donne juste envie d’en voir un peu plus à son prochain passage…
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