Ca faisait des lustres que je n’étais pas allé au théâtre, où les habitudes de clubber et spectateur de concert sont chamboulées : de charmantes hôtesses qui vous guident vers des places numérotées, durée précise du spectacle annoncée, pas de fumée, de portable allumé, un public plus âgé et moins agité.
Ca faisait quasiment 4 ans que je n’avais .../...

Ca faisait des lustres que je n’étais pas allé au théâtre, où les habitudes de clubber et spectateur de concert sont chamboulées : de charmantes hôtesses qui vous guident vers des places numérotées, durée précise du spectacle annoncée, pas de fumée, de portable allumé, un public plus âgé et moins agité.
Ca faisait quasiment 4 ans que je n’avais pas vu
Gonzales en vrai, rappant et gesticulant avec la pétillante et alors inconnue
Feist à ses cotés.

Il est ce soir tout seul avec son piano, n’exhibe plus son torse velu mais tout de même en tenue décontractée, chemise trop large et baskets, qui laissent augurer d’une performance moins sage que les deux premières ritournelles jouées en entrée.
Un écran placé en haut de la salle permet de visualiser en temps réel ses gestes (et son énorme bagouze), et si ma culture en jazz et classique n’est pas énorme, le Canadien semble plutôt virtuose dans son jeu.
Il s’adresse régulièrement au public, la plupart du temps en français et nous fait rire à chaque fois : qu’il fasse allusion à la récente déculottée de l’OM avant l’enjoué
« Paristocrats » où qu’il nous explique les subtilités entre majeur et mineur, son humour décalé fait mouche.
L’interactivité est également présente avec un titre où l’audience est invitée à fredonner « mmm mmm mmm » en alternance avec ses gammes, les gens hésitent au départ se prennent au jeu et le résultat épate.
Outre certains titres de son album
« Piano solo » on reconnaîtra ses plus anciens
« Shameless eyes » (cette fois les sifflotements sont sollicités) et
« Take me to Broadway » dans des versions dépouillées loin de leurs couleurs originelles marquées électro et hip-hop.

Le meilleur est néanmoins pour la fin, avec des reprises tout aussi réussies de succès populaires : si mes souvenirs sont bons ça allait de
« Beat it » à
« Tainted love » en passant par
« She’s a maniac » et autres
« Another one bites the dust ».
La démesure du bonhomme atteint son paroxysme au quart d’heure américain quand
Gonzo s’attaque aux slows ultimes que restent
« How deep is your love » et
« Hello » qui nous ferait presque envisager de réécouter
Lionel Richie.
Il tire sa révérence avec un dernier couplage improbable (
U2 et
Vangelis, dédicacé aux
gens du sud qui aiment le gospel chanté par des milliardaires Irlandais, ha ha) sous une ovation méritée, sa prestation ayant été aussi ludique que mélodique, si bien qu’on reconduira sans hésiter son mandat de président autoproclamé de l’underground, fut-il aixois cette fois.
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