nous revoilà sur le super site du théatre de la Sucrière pour cette nouvelle édition du festival Métissons consacrée à l'Italie cette fois.
Est-ce que je vous ai déjà dis que j'adore ce festival?!
En plus on est accueillis comme des rois, traités comme des coqs en pate, y'a une ambiance détendue, des stands variés, des conférences (comme j'aurai aimé assister à celle sur la gourmandise dans la littérature et le cinéma italien!) bref, un vrai chouette petit festival.
Je pense que mon appareil photo aurait bien aimé vous montrer ce qu'il savait faire ce soir là...mais il est resté à la maison (y'en a bien qui oublient leur enfants dans les supermarchés aprés tout!).
Le vendredi 28 juillet,
le festival commence à s'animer avec un quatuor accompagné par un musicien multiinstrumentiste c'est Silvia Malagugini & la Compagnie Nonna Sima.
Ils nous proposent des chants traditionnels sur une musique rythmée, parfois orientale. Certains chants nous rappellent les festnoz (on reviens de Bretagne avec les amis qui m'accompagnent!), et d'autres nous font penser aux Original Occitania. Les chanteurs, dont un a une voix digne des aigus de Catherine Ringer, nous informent sur le contenu de leurs chants, tantot sacré, tantot profane. Un chant contant l'histoire de Marie qui avait pour fils le Christ nous emmène vers leur ciel grâce à des éclairages bleutés. Les chanteurs utilisent eux aussi des instruments : une espèce de boite à soufflets d'accordéon, des batons de pluie, et la voix du didjeridoo!!
Ils sont rappelés par le public et nous demandent de "faire la fête avec nous" en entonnant un dernier chant bien rythmé, Magdalena.
Aprés ce quatuor de talent, on attend de pied ferme les cadors italiens qui vont nous proposer un hommage à Léo Férré.
C'est Gianmaria Testa qui sera au chant. Ce sera pour moi la deuxième fois que je vois ce chanteur découvert grace à un ami italien lorsqu'il était en France. En effet, G.Testa est plutot plus connu en France qu'en Italie puisque c'est Tot ou tard qui édite ses albums.
Ce soir c'est sur une idée de Roberto Cipelli de rendre hommage à Léo Férré que G.Testa va s'exprimer. R.Cipelli au piano, Paolo Fresu à la trompette, Attilo Zanchi à la contrebasse et Philippe Garcia à la batterie. Le concert débute avec le piano, Avec le Temps, chanté en français. Ca ce sera pour moi une surprise, Ferré sera en français pour ce festival de musique italienne. C'est les textes qui sont là mis en valeur, plus tard ce sera la musique de Léo Ferré qui sera à l'honneur pour servr un poème de Cesare Pavese. Lorsqu'il ne chante pas, G.Testa entretient sa voix avec des cigarettes...c'est ça son secret! De temps à autre, certaines chansons sont en italien, pour moi et même si je n'y comprends pas grand chose, je trouve plus belle encore la voix de G.Testa quand il chante en italien.
En tout cas à voir le maestro au piano, on a bien l'impression qu'il veut se lever pour jouer debout. Comme Ferré a influencé les cantatori italiens, cette formation va nous interpreter mi sono ennamorato de ti de Luigi Tenco. Durant les morceaux instrumentaux G.Testa papote avec l'ingé son, s'assoie parmi le public, monte dans les gradins pour voir son Band de plus haut...Plus tard en interpretant "Monsieur William", G.Testa semble enfin habité par le texte. Puis il nous interprete le célèbre texte de Vian, Le déserteur. Le Band fait mine de quitter la scène, puis revient pour finir sur quelques morceaux en italien, morceaux de G.testa? Je n'ai pas reconnu, mais c'est possible car c'est seul avec sa guitarre qu'il revient sur scène.
Globalement, j'avoue que Léo ferré version jazz italien, j'étais pas à fond (le jazz surement), mais ils étaient impressionnant ces musiciens et c'est un beau spectacle qu'il nous a été donné de voir ce soir. Céline
Samedi 29 juillet vu par Nathalie
Cette 2eme soirée du festival Métissons s'annonce tout autant agréable et intimiste que la première.
Elle débute avec Corou de berra, formation a capella, originaire des Alpes du Sud.
Ces 6 chanteurs de polyphonie parlent avec fierté et détermination ( peut-être trop ) de leur tradition et de leur univers musical. Ils prennent soin de présenter et d'expliquer au public chaque chanson de leur répertoire.
Ainsi nous entendons, entre autre, un chant de Noël, mélangeant la musique sacrée à la musique populaire sur la Preseppe, ricjhe et vivante, qui rend hommage à la naissance de Jesus. Pour ceux qui ne la connaissent pas encore Corou de berra interprete la légende écrite par F. Mistral, de Mireille et Vincent. Ces 2 amants qui s'aiment et ne peuvent vivre ensemble, alors Mireille s'en va aux Saintes Maries de la mer où elle mourra. Corou de berra termine en beauté avec une interprétation trés personnelle de Bella ciao morceau emblématique italien.
C'est Alfo Antico qui poursuit cette soirée.
Cet ancien berger sicilien est accompagné par une contrebasse électrique et un accordéon.
Cet homme est un maitre inconstetable du tambourin qu'il manie avec force et sensualité, douceur et puissance. Sa technique du "frapper" laisse bouche-bée, ses doigts filent à toute allure sur son instrument, si vite que de loin cela ressemble à une caresse. Il alterne avec des grands, des petits, des moyens tambourins qu'il fabrique lui même.
Alfo Antico nous fait partager un moment emprunt de contrastes, nous oscillons entre rudesse et sensualité, entre joies et inquiétudes certainement comme l'est son pays, la Sicila.
Ces chansons parlent de la famille, la nonna, il zio..., de l'amour, nous entrainent au rythme endiablé d'une ... il nous interprete une danse avec son baton de berger.
Un pur moment de bonheur, de poésie, de dépaysement, Merci.
Et voici Eugenio Bennato et son Taranta Power à qui il revient de clore la soirée.
Sa version et sa vision actualisée et modernisée de la Tarantelle, danse et musique traditionnelle d'une partie de l'Italie du sud, interroge et déroute quelques uns d'entre nous.
C'est une interprétation personnelle et osée. Je n'ai pas toujours trouvé que le mélange tradition et modernité était réussi mais qu'au contraire cela s'éloignait trop voire dénaturait la version orginale.
L'enrichissement de sonorités orientales et africaines m'a beaucoup plus touchée et émue.
En tous cas le Taranta Power aura permis au public du festival métissons de terminer la soirée d'une manière festive et dansante, et son duo-boeuf avec Alfo Antico d'esquisser quelques pas de Tarantelle !
A lire aussi sur CnC : un Compte-rendu de Métissons 2005 !
Rassegna + Warsaw Village Band 24 juin 2006- Théâtre de la Sucrière, Marseille Ce soir-là, Rassegna, accompagné de deux musiciens rencontrés au Yémen (le patronyme du groupe n'est pas usurpé), joue de et avec son répertoire, propose de nouveaux morceaux, de nouveaux arrangements et ménage ses surprises. Mais l'ensemble laisse .../...
Ce soir-là, Rassegna, accompagné de deux musiciens rencontrés au Yémen (le patronyme du groupe n'est pas usurpé), joue de et avec son répertoire, propose de nouveaux morceaux, de nouveaux arrangements et ménage ses surprises. Mais l'ensemble laisse une belle part aux deux yéménites invités. Ses derniers, virtuoses, sympathiques et enthousiastes, font réagir l'auditoire qui se manifeste et danse spontanément. Chaque fois que j'assiste à un concert de Rassegna, je comprends un peu mieux le sens du mot fraternité. Chaque spectacle est une fête, chaque fête une célébration du partage.
Malgré l'heure tardive (23h), le groupe polonais Warsaw Village Band a été plus qu'une agréable surprise. Leur Folk traditionnel est si particulier qu'ils ne savent même plus comment le nommer (voir leur site anglophone pour constater cela). Un souci aiguë de l'originalité les anime. Tout comme Rassegna (passés juste avant), ils ménagent les surprises. Ainsi, au-delà de l'utilisation d'instruments particulièrement inhabituels (dont un dulcimer) aux sons délicieux, de morceaux très personnels (certaines ambiances m'ont évoqué Godspeed You Black Emperor) et d'un chant polyphonique étonnant, Warsaw Village Band joue sur toutes les cordes de l'émotion. Réagir à cette critique
Aprés un rendez-vous presque raté (merci pour les bouchons les supporters marseillais !NdPh : Et tout ça pour prendre 2-0 en plus), nous arrivons enfin au Théatre de la Sucrière où la fatigue se fait sentir!
L'Amphithéâtre est presque plein, il y a plus de monde que la veille (je pensais que ce serait le contraire...).
Christina Rosmini, marseillaise et espagnole d'adoption, chante en français, arabe et espagnol. Elle nous rappelle l'époque ou l'Andalousie était à la fois juive, musulmane et catholique, prospère et en paix!
Puis viennent des chansons plus guillerettes, notamment celle de la "nanana de l'analyse" où elle nous peint les bienfaits des divans. Elle est toute mignonne, drôle (un côté Annie Cordy un peu, sympa comme tout). Elle enchaine des sévillanes et des rumbas et fait descendre le public sur l'avant-scène.
Bref, voilà un soirée qui s'annonce bien. On est un peu déçues d'avoir raté le début avec Carole!
Aprés Christina, voilà les musiciens et chanteurs flamenco qui arrivent sur scène.
Antonio Negro est venu accompagner La Blonde! Il y a également un bassiste et un percussioniste (qui peut me donner le nom de cette percu carrée, en bois(?) sur laquelle on peut s'asseoir et qui a un bon son?) et un chanteur qui joue de ses palmas!!!
Après 2 chansons, La Rubia entre en scène, vêtue d'une jupe à pois noire et blanche, d'une autre jupe noire, d'un foulard gris. On dirait une jeune veuve espagnole qui regrette son mari, le supplie et le déteste de n'être plus là.
Elle tape des pieds, elle tape des mains, elle attrape dans ses mains les émotions des spectateurs en extase.
Elle dégage la passion et l'émotion.
Puis elle repart, nous laisse en compagnie de ses hommes. Ses hommes qui la dévorent des yeux quand elle revient vétue d'une robe rouge qui nous dévoile son corps de femme fatale. Elle revient pour nous aire tous et toutes succomber à ses charmes, à sa danse de la séduction. Nous sommes conquis.
Elle repart, et cette fois c'est une pantera flamenca qui revient, pour le plus grand plaisir des musiciens et du public. C'est dingue comme les regards que nous portons tous sur cette femme expriment le désir! Elle est belle, et c'est avec ses musiciens qu'elle partage nos applaudissements. Ils nous offrent alors un morceau a capella, avec seulement les palmas et la guitare d'Antonio Negro.
Merci Madame La Rubia, c'était vraiment plein d'émotions et de passion, Viva España!
Pour prendre des photos de plus près, nous nous rapprochons de la scène, bon, on a plus de piles dans nos appareils, mais on en prend plein les yeux quand arrive Radio Tarifa.
ils sont 7 sur scène, - musiciens plus le chanteur (un peu Kéké le chanteur, désolée, il fallait que je le dise, c'est un Vrai kèke avec ses lunettes noires , son pantalon en cuir et ses converses oranges!!!et je ne vous parle pas de son jeu de scène! on dirait un peu le chanteur des Hatepinks dans 10 ans! ce qui ne veut pas dire que le chanteur des hatepinks est un kéké d'accord?!j'veux pas d'emm...!!).
Ils commencent par El Manil de Carolina de l'album Temporal, puis Osu de l'album Cruzando el rio, l'avant-scène se remplit de danseurs qui resteront jusqu'au final avec La tarara, et bien d'autres morceaux encore, morceaux instrumentaux qui permettent d'écouter cette mandoline magique et les instruments à vents non-identifiables!! Ils interprêtent Temporal biensùr, El viaje de Lea et bien d'autres. Tout ça durant une heure et demi de concert au moins...je crois qu'ils faisaient encore un rappel quand on était déjà arrivées à la voiture!
Ils ont donné beaucoup d'énergie et le public était vraiment au rendez-vous!
Comparé à la première fois où je les ai vu pour le festival des Escales à St Nazaire, c'était beaucoup plus chaud , beaucoup plus dansant cette fois-ci dans le public.
Ce groupe composé d'allemand (un jeune homme au cheveux courts et avec un tee-shirt d'Iron Maiden, si, si!) qui gratte la mandoline, d'un Montpellierain, d'un Madrilène, d'Andalous (x?!) nous donne à entendre un mélange de musique méditerranéenne de trés bonne qualité, il a su suivre également les évolutions musicales en donnant de nouveaux rythmes à ses percus...bref, de la trés bonne world music.
J'espère pouvoir assister à nouveau à ce festival qui nous fait découvrir des artistes de qualité, autour du thème du metissage sans jamais s'en éloigner. Merci à l'équipe, bravo pour votre programmation, et par pitié, ne changez rien!!! Réagir à cette critique
Paco Ibanez + Pedro Aledo (Festival Metissons 2005 1/2) 29 juillet 2005- Theatre de la Sucriere - Marseille Aprés quelques recherches cartographiques concernant le Théatre de la Sucrière, nous arrivons dans ce parc ombragé, et pourvu d'un amphithéâtre de béton plutot bien fichu.
Dans le cadre du festival, des conférences ont lieu l'aprés-midi, et des .../...
Aprés quelques recherches cartographiques concernant le Théatre de la Sucrière, nous arrivons dans ce parc ombragé, et pourvu d'un amphithéâtre de béton plutot bien fichu.
Dans le cadre du festival, des conférences ont lieu l'aprés-midi, et des stands d'associations (promotion de la langue espagnole, protection de l'environnement -ils sont partout!-, commerce équitable...), de libraires sont présents pour permettre aux visiteurs d'en savoir plus sur la langue et la culture espagnole et sur le principe du Metissage.
C'est la première fois que j'assiste à ce festival qui malgré le nombre de spectateurs reçus, conserve son côté "artisanal" (vous savez quand il n'y a plus de pain à 20h pour les sandwichs des visiteurs, ou bien plus de bière en fin de soirée , etc...! J'aime bien ça, on est loin des grosses machines bien rodées ou tout est super calé, c'est bien de voir que ce sont des êtres humains qui sont dans l'organisation de ces soirées !
Le vendredi soir, la soirée commence avec Pedro Aledo. J'avais récupéré un album de ce monsieur, il y a longtemps, et dans mon souvenir c'était de la musique d'inspiration méditérranéenne, avec beaucoup d'instruments, beaucoup de chants d'horizons différents.
En fait j'ai trouvé un monsieur accompagné d'un pianiste et qui chantait aussi bien en espagnol (de quelle région, ça....?) qu'en arabe. Au début du concert, il était accompagné par les cigales !
Et de temps à autres, sa fille venait chanter avec lui. Je 'ai pas pu noter les titres des chansons (malgré la gentillesse d'une dame qui m'a prété son stylo durant tout le concert!), mais j'ai retenu Jaleo, jaleo, et également une chanson qui parlait d'une jeune fille aux fenêtres d'un phare en mer, et qui appelait les marins. Pendant cette chanson, j'ai cru voir le tableau de Dali: la jeune fille à la fenêtre.
Il a conclu avec une chanson a capella avec sa fille et une jeune femme à la voix magnifique, c'était un moment émouvant. Je regrette juste l'attitude de Pedro Aledo, même dans des morceaux comme Jaleo qui méritait plus de passion, il a fait preuve d'une retenue à toutes épreuves!
Vient ensuite Paco Ibañez. Un tapis rouge a été installé sur la scène pour ce grand monsieur de la chanson militante espagnole. Il nous propose un parcours de poésie chantée pour le reste de la soirée. OUhai!!!
Tout d'abord : Deja-me en paz amor tirano laisse moi en paix amour tyran! toute l'histoire du sentimnt amoureux espagnol. Vous savez les femmes hysteriques d'Almodovar, et ben, c'est pas faux! ça existe là-bas! C'est la passion !
Puis il chante Francisco de Quevelo avec Es amarga la verdad, et Juan de la Cruz avec sa saga familiale Coplas por la muerte de su padre. On revoit cette jeune femme à la voix si jolie qui vient faire un duo sur l'histoire des femmes espagnoles qui une fois par an vont voir les dieux et reviennent la mine réjouie ! Il enchaine alors avec un poème de Pablo Neruda qui dit à sa femme "J'aime quand tu te tais car tu as l'air absente... heureusement que ce n'est pas vrai"!
Il nous parle du metissage, des langues, de leur beauté, de son histoire avec les langues, demande de l'aide au public pour traduire en français les mots qui lui viennent en espagnol, et nous chante une chanson en basque... Puis vient l'histoire de José Augustin Goytisolo "servir à rien c'est être libre". Cette homme à fait d'un reproche un idéal de vie. Sur certaines chansons, le public chante avec lui.
Puis vient cette chanson qui a été reprise par la Tordue : me lo decia mi abuelito : mon grand-père me le disait, mon père aussi, on me l'a dit plusieurs fois, et chaque fois j'oubliais : travaille mon enfant, il faut travailler pour l'argent et tous les écraser".
Dialogue entre un grand-père et son petit, qui n'a manifestement pas écouté, et il a bien fait! Et pour finir la première partie du concert, il a choisi Garcia Lorca, avec la chanson du chevalier noir, texte imagé sur la guerre et la mort.
La deuxième partie a commencé sur un rappel historique, de la période où régnait en Andalousie un roi qui voulait développer la connaissance, il a été arrêté par les intégristes. Là aussi Paco Ibañez nous rappelle qu'il est un militant (il a dit pas mal de trucs sur les américains, la malbouffe et a remporté un franc succés!).
Le concert s'est terminé sur les chansons que lui réclamait le public qui aprés 3 ovations ne voulait toujours pas laisser partir l'artiste. Jusqu'à la fin il nous délivré son message de liberté, avec A Galopar, moi j'en ai eu la chair de poule et je n'étais pas la seule.
Merci Paco, Merci Métissons qui m'a permis d'assister au récital de ce sexta ou septuagéaire qui a encore la pêche, l'humour et l'espoir pour notre monde. Ca fait du bien!
NdPh : petit carton rouge quand même, pour le stand Paëlla - revendre 8 € de la paëlla de chez Carrefour, et pas pour une oeuvre sauf erreur, au milieu de stands pour le commerce équitable et la nourriture bio, c'est quand même un peu abuser je trouve
Idir + l'Ora D'Aurada (Festival Métissons) 31/07/2004- Théâtre de la Sucrière – Marseille Idir est un des rares chanteurs à me faire chialer et cet @&! a encore récidivé...
Tout d'abord félicitations aux organisateurs/trices du festival Métissons. Une programmation de qualité pendant deux jours (la veille il y avait, entre autres, .../...
Idir est un des rares chanteurs à me faire chialer et cet @&! a encore récidivé...
Tout d'abord félicitations aux organisateurs/trices du festival Métissons. Une programmation de qualité pendant deux jours (la veille il y avait, entre autres, Gnawa diffusion), une volonté de rencontres et de découverte entre les cultures. Et surtout le choix du lieu, un amphithéâtre en plein 15e arrondissement, là où la Marseille métissée et ouvrière vit.
Pour une fois, un festival mettant en avant les cultures méditerranéennes (cette année focus Algérie) se déplace réellement à la rencontre de ... Et ce n'est donc pas innocent si le public était vraiment métissé, avec une forte présence de la communauté kabyle.
Le parc est bien sympa, des gamins gambadent partout, pas mal de stands que ce soient culturels, de bouffe (slurp les poivrons kabyles !!) ou militant (Amnesty International, du commerce équitable, etc...) sans compter la présence de l'excellentissime journal de critique sociale CQFD ( www.cequilfautdetruire.org/ ).
Juste avant le concert d'Idir, deux gamines de la Castellane en costume traditionnel kabyle font une petit spectacle de danse, vite rejoint par un vieux môssieur lui aussi habillé en danseur berbère. Mais déjà spontanément des gens se lève pour danser, ainsi qu'une myriade de gosses. D'entrée on se sent bien ici.
Un maghrébin d'une quarantaine d'année prend ensuite place, prétextant des problèmes techniques qui retardent Idir. Il vient nous jouer des airs du désert, accompagnées d'une espèce de basse trad'. Et on assiste en effet à quelquechose de très chouette, ressemblant à une espèce de blues. L'intermède est parfait.
Lorsque le groupe d'Idir arrive sur scène, de nombreuses personnes se lèvent et rejoignent le devant de la scène.
Pour ceux et celles qui ne connaîtrait pas Idir, il faut préciser que ce mec est un monument pour la culture kabyle, et pour beaucoup algériens. Depuis ses débuts dans les années 70, les kabyles grandissent et vivent avec Idir. Je me souviens en avoir tchatché avec les Zebda (les 100% Collègues reprennent des chansons d'Idir). Il est la preuve qu'un chanteur populaire existe sans forcement faire de la daube insipide.
Depuis A Vava inouva, son premier titre, une berceuse magnifique enregistré en 1973, il n'a enregistré que 4 albums (dont un, Identités de duo avec Gnawa Diffusion, Zebda, Manu Chao, Dan Ar Braz, Maxime Le Forestier ou l'Ecossaise Karen Matheson pour un très émouvant "A vava inouva 2", etc...).
Dès ces débuts Idir revendique une identité kabyle et ce n'est pas sans risque dans une Algérie aux mains des généraux jacobins. Il connaîtra l'exil tôt. Resté en Algérie, son ami le chanteur et poète Matoub Lounes sera assassiné pour ce même combat en 98.
Mais l'identité culturelle que défend Idir n'est pas figée. Comme il le répètera en introduction à l'une de ses chansons "Ce qui nous relie à la terre ce sont nos pieds. et ils nous servent à marcher, à rencontrer les autres cultures, à échanger, à se parler. Et c'est ce que veulent empêcher tous les fascistes et les intégristes.".
Lors d'une autre chansons sur les femmes, il dira aussi quelque choses de très touchant et courageux : "Il n'est jamais facile d'être une femme. Encore plus dans nos sociétés à forte tradition.". Idir prend souvent la parole avant de chanter, pour expliquer ce dont parle ses textes, pour remettre dans le contexte. Il fera une introduction extrêmement émouvante et poétique pour une chansons sur les disparus, notement Matoub Lounes. Idir prend aux tripes. Ce mec qui ressemble à un vieil instit', par sa simplicité, sa sincérité, son courage est tout simplement beau. C'est con mais c'est un des rares chanteurs à me faire chialer et c'est pas évident de toucher un punk anarcho-syndicaliste. Et il rayonne.
C'est putain de beau de voir tout ces gens, ces gosses, ces mères, ces jeunes, ces vieux qui dansent, chantent, pleurent. C'est ce genre de moment qui te font croire que ouais l'humanité ça peut être très chouette finalement.
Alors samedi Idir a chanté. Des chansons émouvantes (Ssendu, Vava Inouva, etc..) , des morceaux dansant (Tizi Ouzou, Azwaw, etc.) où tout le monde se levait, dansait, se regardait les yeux brillants. Du pur bonheur. Y a pas de mots pour décrire ça. Merci et chapeau bas. Et il ne faudrait pas oublier son groupe. Il sait très bien s'entourer, tous les musiciens étaient excellents et on les sentait heureux d'être là et jouer.
Un petit mot aussi pour l'Ora D'Aurada, groupe varois qui passait juste avant.
Un chanteur multi-instrumentiste provençal (galoubet tambourin, accordéon, sax) accompagné d'une contrebassiste et d'une joueuse de vielle à roue, instrument envoûtant (cf. Dupain) qui nous font voyager.
Car encore une fois, et c'est bien l'esprit de ce festival, l'identité cultuelle est ouverte. Bien qu'en provençal, les chansons sont expliquées avant. Qu'il s'agisse de rêveries dans le désert ou d'un hymne à la RTT (et une très belle introduction sur la lutte des intermittents), ces morceaux étaient clairement propice à la rêverie. Une heure fort agréable passée en leur compagnie.
Encore merci et bravo aux organisatrices/teurs de ce festival !
Susheela Raman 16 juillet 2002- Théâtre de la Sucrière - Marseille Ayant décidé de ne plus aller voir qu’un concert par semaine (faute de temps), cette semaine mon choix s’était naturellement porté sur Susheela Raman, tout d’abord parce que j’avais été séduit par le disque (Salt Rain) et parce que je l’avais raté .../...
Ayant décidé de ne plus aller voir qu’un concert par semaine (faute de temps), cette semaine mon choix s’était naturellement porté sur Susheela Raman, tout d’abord parce que j’avais été séduit par le disque (Salt Rain) et parce que je l’avais raté lors de son passage au Poste à Galène, ensuite parce que le concert avais lieu en plein air dans le Théâtre de la Sucrière où je n'avais jamais mis les pieds et était suivi du film My Son the Fanatic et enfin parce que je crois que sinon l'Iguana ne m'aurait plus adressé la parole ...
En arrivant là bas, la foule massée à l'entrée me confirme que ce soir elle affichera complet (il faut dire 4 euros l'entrée !). Bien que la Fnac & co aient arrêté de vendre des places plusieurs jour avant une petite centaine de chanceux et patients arriveront à en acheter au guichet le soir même. Je récupère bien vite mon accréditation photo où je découvre qu'ils se sont trompés de site ...
et monte vite vers la "salle". A la queue de l'entrée succèdent la queue pour se restaurer et celle pour aller aux toilettes, avant celle pour aller s'asseoir.
On arrive par le haut et je dois reconnaître que le cadre est plus qu’agréable. Je me jette au pied de la scène et attend patiemment quelques minutes que cela commence.
Après une courte intro des musiciens : batterie, percussions et guitare, la diva (car s'en est une) arrive le sourire au lèvres vêtue d'une robe genre indienne, bleue, ouverte sur les côtés recouvrant un jean.
Elle attaque en douceur devant un public un peu bruyant qui tarde à s'asseoir, mais dès les premiers instants je retrouve la magie du disque. Très vite je suis frappé par la qualité du jeu des seulement 3 musiciens et par la beauté de sa voix. En plus il est vrai qu’elle ne manque pas de charme avec ses cheveux frisée et son regard en coin qui pétille … Les morceaux sont très habités ...
Quand elle ne chante pas elle danse, tourne sur elle-même, tape des mains, tout en s'approchant du public. Et surtout de la petite fille qui danse devant.
C'est d'ailleurs à elle qu'elle s'adressera tout particulièrement lorsque qu'elle reprendra Trust In Me la chanson du serpent dans le livre de la jungle (comme l'avait fait Jay Jay Johanson), assise par terre mimes à l'appui.
Une bonne partie de son premier album y passera, mais aussi au moins un nouveau morceau en anglais assez rock par rapport au reste.
On aura aussi droit à deux morceaux du batteur Carlos Dajanuno Dabo dont une sur laquelle on se rend compte qu'il n'est pas non plus manchot à la guitare et la deuxième sur les enfants soldats en Afrique, très beau avec Susheela aux chœurs. Aussi un instrumental de Aref Durvech aux percussions (tablas en fait) particulièrement impressionnant avec ses 3 "tambours" et un morceau où il chante ... gémit, pas mal non plus.
Ils alternent vraiment bien tous les styles emmenés par la guitare de Sam Mils: indiens (le thème de la soirée) mais surtout flamenco, africain, pop, asiatique ... avec parfois des petits accents à la Sade ou Tracy Chapman.
A la fin Susheela invitera le public à se lever et à s'approcher de la scène. Pour sa plus grande joie, beaucoup d'enfants se sont approchés mais pas que. Un rappel sincère et mérité, pour un concert parfait de beauté, sincérité et communion.
L'ensemble du concert a été filmé par et pour Arte, comme les autres dates du Festival de Marseille je crois (à ce propos chapeau à Susheela pour ne pas avoir été déconcentrée par le caméraman qui lui a parfois collé sa caméra en plein sur le visage – en prenant soin de filmer au loin le log d’Arte) donc à surveiller de près si ça passe.
Au passage on viendra me voir deux fois pendant le concert : une première fois pour me demander si j'ai une accréditation pour prendre des photos (et pourquoi il ne le demande pas aux deux photographes suréquipés qui parlent fort, se foutent complètement de savoir si c'est Susheela Raman, Star Academy ou une moto-cross et se mettent devant les gens pour faire leurs clichés - c'est ça le problème de prendre des photos discrètement avec un petit appareil) et la deuxième pour me reprocher d'utiliser un flash (que je n'ai pas utilisé une seule fois - alors que d'autres photographes moins discrets et tout aussi accrédités ne se sont pas gênés ... non mais !)
Pas eu la force de rester pour le film ... dommage