Quel étonnant concert que celui ci. Ce soir je suis veu au Toursky sans vraiment savoirque je venais voir. Tout ce que je savais c'est que dans ce Rosa la Rouge il y avait
Claire Diterzi, que j'avais déjà vu en 2007 à l'
Espace Julien et que du coup j'ai eu envie de braver le froid en vélo pour venir jusqu'au Toursky (la prochaine fois je mettrai une paire de chaussettes de plus).

Arrivé pile à l'heure, quand le placement est devenu libre je me cale au premier rang. N'ayant pas eu de réponse concernant ma demande d'autorisation officielle (petit coucac internent), j'en prends quelques unes mais à la va vite, ce qui est dommage car il y a de très très beaux tableaux auxquels j'aurais aimé pouvoir rendre justice.

Donc lorsque je prends place, je m'attend à ce qu'on me raconte la vie de cette
Rosa que je ne connaissais pas. La lumière s’éteint et on en prend tout de suite plein les yeux ! En fond de scène
Claire et ses 3 musiciens :
Etienne Bonhomme (batterie / machines) qui l'accompagnait déjà en 2007, et
Baptiste Gemser et
Cedric Chatelain (hautbois, cor, guitare, ...) chantent et jouent derrière une écran sur lequel sont projetés des danseurs de toutes tailles. Il y a plusieurs niveaux d'écran et des néons qui sont intercalés un peu partout. Des images, de la danse, de la musique, du chant ... ça commence bien !

Puis on retrouve
Rosa (qui s'est un peu plus couverte) sur le coin de la scène en train d'écrire une lettre de prison. Un texte a défilé pour nous expliquer les grandes lignes de
Rosa, dont le fait qu'elle a passé 3 ans de sa vie en prison à cause de ses idées socialo-révolutionnaires. Le ton de cette lettre est moins sérieux/solennel que ce que j'aurais imaginé. En fait
Claire est moins sérieuse que dans mon souvenir. Je dirais même que c'est une sacré déconneuse même.

En effet, outre l'usage d'un langage assez familier, voire fleuri comme on dit, elle prendra à partie sinon en tout cas à témoin le public à plusieurs reprises, notamment quand elle ne se souviendra plus du texte (allant chercher ses notes "c'est qu'ils sont trop longs ces textes, je ne suis qu'une chanteuse !" et de reprendre en disant que en effet ses musiciens qui lui avaient soufflé la bonne réponse). Ce côté un peu trop décontracte / "facile" et le fait que je trouvais que finalement au niveau "scenario" ça ne tenait pas la route, m'a un peu gêné au début et puis j'ai fini par oublier que j'étais venu écouter l'histoire de
Rosa la Rouge et là j'ai pu profiter des multiples bons côtés du spectacle !

En fait j'aurais du faire cela plus tôt, dès la première fois où après un morceau elle a dit "merci" et/ou "bonsoir" comme à un concert (et en tout cas vraiment pas comme au milieu d'une pièce de théâtre). Le thème de la soirée de Rosa la Rouge semble parfois un peu tirer par les cheveux ... si certains passages (notamment celui avec les larges extraits de Spartacus) parle certes de révolution, on ne voit pas trop le rapport avec notre protagoniste. Pas plus que dans la reprise de Dans la forêt lointaine ...

Donc si on oublie le titre et l'histoire on se retrouve avec une collection de chansons très différentes (chanson, rock, electro, ...) avec des mises en scène très originales par rapport à ce qui serait faisable dans une salle de concert classique, entrecoupées d’intermèdes parlés ou doublés (là encore très sympathique scène tirée de Spartacus. Ça part dans tous les sens. Il y a même
Lambert Wilson qui vient pousser la chansonnette en caleçon ! Les musiciens sont bons et polyvalents. C'est souvent très impressionnant, parfois amusant, en tout cas jamais trop long.

Après on peut trouver qu'elle crie un peu trop sur scène ou que certaines chansons sont un peu trop naïves (au moins sur la forme), mais comme elle a un bon contact avec le public, elle nous devient sympathique assez vite. Il y a bien ici ça et là quelques trucs un peu inutiles ou en tout sous utilisés (comme cette guitare mitraillette), mais on l'oublie dès le panneau suivant.

Tout au long du spectacle les morceaux de décors (assez simple : estrade, néon, écran, vidéoprojecteur) sont déplacés par des personne qui ne se cachent pas ... un peu comme si on avait le droit à l'envers du décor (ça et les trous de mémoires pour les gens du théâtre ça a peut être été moins bien perçu), ce qui renforce le côté intime du spectacle

Au bout d'une heure et quart
Rosa et son compagnons meurent, tous les musiciens quittent le plateau sauf
Etienne Bonhomme qui de derrière son laptop envoie du lourd (long morceau techno). Après un premier salut pendant lequel les artistes feront allusions au fait qu'ils se pèlent sur scène, on apportera une guitare à Claire et un gros ballon à côté duquel elle reprendra Madame Rêve (de
Bashung) "bon aller ça dure 4 minutes et après on file à l'hotel ou boire un coup dans le coin pour se réchauffer" nous dira en substance
Claire qui en effet dans son haut à dentelle devait bien se cailler.

Bref je suis sorti de là, qui n'avaient pas réussis à dégelé et tout secoué par ce drôle de spectacle que je "classerai" au final définitivement dans la case "concert", sans avoir rien appris ou retenu de cette
Rosa mais avec le sourire d'avoir revue
Claire Diterzi et son groupe en pleine forme !
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