L'influence des astres peut parfois être néfaste. Les Needs n'ont guère eu le loisir de voir la lune, encore moins de la décrocher. Mauvaise donne en ce vendrdi 13. Le public niçois n'était pas au rendez-vous si ce n'est un groupuscule aussi austère que Dey, le songwritter maniaco-depressif. Pas facile de faire le show quand on a froid semblait-il nous dire entre deux tafs de menthols, deux rasades de liqueur et trois accords d'harmonica. Etrangement, les volumes du Volume offraient aux Needs un son compact et puissant, au dessus duquel les volutes psychédéliques de l'écorché chanteur pouvaient évoluer en toute quiétude. L'altitude ne suffit pas. Il faut aussi savoir partager un peu. Enfermé dans sa tour d'ivoire et carré, Dey ressemblait à l'escarcot qui se promène sur le fil d'une lame, un équilibre précaire et à la moindre fausse note l'hémorraghie. Du coup, les Needs ont donné un set tout en retenue, et les quelques sourires du chanteur dissimulaient mal, l'angoisse pesante que traduisent ses textes. The Needs, seraient-ils les nouveaux Joy Division du garage ? Evitez en tout cas de parler de corde avec Dey. Sur scène, il devrait d'ailleurs savoir que ça ne se fait pas.