 | Diam's 16 Décembre 2006- Le Dôme - Marseille  Ce mois de décembre à Marseille résume à lui seul la problématique du moment pour le fan de Hip-Hop français : peut-on aimer Diam’s et Abd Al Malik à la fois ?
Mon avis est qu’il serait bien dommage de snober la championne du top 50 sous prétexte de sa popularité auprès de la jeunesse décérébrée. Certes, ça ne fait pas très classe en .../...
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Ce mois de décembre à Marseille résume à lui seul la problématique du moment pour le fan de Hip-Hop français : peut-on aimer Diam’s et Abd Al Malik à la fois ?

Mon avis est qu’il serait bien dommage de snober la championne du top 50 sous prétexte de sa popularité auprès de la jeunesse décérébrée. Certes, ça ne fait pas très classe en société de dire qu’on aime Diam’s, mais est-ce bien important ?
En tout cas, son concert affiche plus que complet, loin des sphères branchées. Le Dôme est plein à craquer d’un public plutôt jeune mais plus hétéroclite que prévu et totalement acquis à sa cause, prêt pour un des meilleurs concerts de l’année. Diam’s va leur en donner pour leur argent, sans pour autant jouer la facilité.
De toute évidence, nous avons à faire à une pro. Son show est extrêmement bien huilé, rien n’est laissé au hasard : un plateau impressionnant (belle mise en scène), des musiciens au top (mais ou elle a trouvé un pianiste aussi bon et autant fan de rap ???), un GROS son bien Hip-Hop (un peu fort peut-être, il y a des enfants dans la salle !!!). Certes, Diam’s a décidé de plaire au plus grand nombre et pourtant, ô surprise, elle ne fait pas trop de concessions, tant dans le discours que dans la musique.
Son concert est découpé en plusieurs actes, certains plutôt légers, d’autres plus graves. Première (bonne) surprise : le deuxième acte est un hommage au Hip-Hop français old school. Grande fan de NTM, Diam’s avoue avoir été pendant longtemps à la place du public. Elle énumère en musique toute la série des groupes qui ont marqués l’histoire du Hip-Hop français et elle n’oublie personne. Impressionnant, d’autant plus que la demoiselle ose même une reprise ou deux (inédit dans le rap). Ca fait plaisir.

Après un bon moment passé sur le thème du clash (entre le pianiste et le DJ, entre un choriste et Diam’s), pendant lequel on a rigolé de bon cœur (beaucoup d’autodérision, qualité rare), j’avoue avoir été particulièrement sensible à l’acte « politique ».
Diam’s et ses acolytes arrivent sur scène en treillis et rapidement, on comprend que l’heure est grave. Ca se radicalise morceau après morceau, jusqu’à « Marine » dont le refrain est simple et sans détour : « j’emmerde, j’emmerde, qui ? … Le front nationaaaaaal ». C’est vrai, c’est pas du Abd Al Malik ni du Akhenaton. C’est pas du Lorie non plus et vu le public présent (assez familial) on est content de voir que le message est furieusement efficace, aussi simpliste soit-il. N’est-ce pas le plus important ?

Le concert en général est une vraie communion entre une artiste d’une générosité rare et un public conquis par cette petite femme énergique, respectueuse et qui n’a pas oublié d’où elle vient. Elle finit son concert par un morceau particulièrement poignant ou elle parle d’elle, de son ressenti face au succès, de ses doutes sur son avenir et de sa lucidité sur tout ça. Elle-même le dit tellement bien : « franchement, ça me fait plaisir de vous voir aussi nombreux ce soir. Ca fait pas longtemps que vous devez me connaître parce que je suis passée il y a 10 mois à Marseille, à l’Affranchi, et vous étiez 70, la roue tourne » … Lucide je vous dis. Réagir à cette critique |
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