Accueil Marseille - Aix Newletter Live In Marseille 4 Novembre 2019 : Kenavo
Jeudi 21 novembre 2019 : 11380 concerts, 25773 chroniques de concert, 5279 critiques d'album.

Newletter Live In Marseille 4 Novembre 2019

Kenavo

Les Frères Morvan by Pirlouiiiit 02082019

La nouvelle m'est arrivée d'Australie ... sous la forme d'un commentaire fb qui disait " tu as fait ta photo et interview juste à temps " ... au dessus un article de Ouest France où on voyait les deux Frères Morvan restant, Yvon et Henri, et le titre "  Les légendes bretonnes ont tiré leur révérence ". J'ai crains le pire pour l'un d'eux et puis finalement je fus rassuré par le sous titre " Maintenant les frères morvan veulent, manger boire et dormir " ... même si la perspective de ne jamais les revoir m'a rempli de tristesse.

C'est que Les Frères Morvan (que j'avais découvert sur la scène de Paimpol en 2011 et que j'ai revu 7 fois jusqu'à cette dernière fois sur la scène de Paimpol en 2019) incarnaient pour moi non seulement la musique bretonne, une forme de tradition orale de la musique qui même si je n'en comprenais pas les paroles me fascinait, mais aussi une vraie humanité qui n'a pas été abimée par notre société de surconsommation ...

Alors en effet cette année j'avais pris mon courage à deux mains pour les interviewer et avais ainsi pu passer une bonne demi heure avec eux à discuter de leur vie à la ferme, de la couleur de leurs chemises, comme des dangers qui guettaient les fest-noz ; je leur avais même offert une bouteille de Pastis de la Plaine... Cette interview que j'ai toujours sur mon téléphone et que je n'ai toujours pas retranscrite, je l'ai re-écoutée ce soir et je vais tacher de la mettre en forme d'ici la semaine prochaine.

Cette retraite des Frères Morvan c'est aussi le rappel que le temps passe (vite) et qu'il ne faut pas remettre à demain les choses qu'on aime ou qu'on a envie de faire car demain peut être que ce ne sera plus possible. La vie est courte c'est vraie, mais elle peut être belle, surtout lorsqu'on a la chance de tomber sur des artistes comme eux, dont le seul but semble être de rendre les gens heureux en les faisant danser sur des planchers en bois.

Merci à eux et globalement à tous les artistes qui rendent nos vies si belles !

Pirlouiiiit

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Cette semaine à Marseille

Movie Star Junkies by Pirlouiiiit 18022010

 
Cette semaine, sur les 50 concerts annoncés sur Concertandco (ce qui représente quand même 50 artistes rien que sur Marseille)... si j'avais tout le temps que je voulais je ferais surement le choix d'aller voir
 
* lundi 04/11 - Brower (from NY) + Dolce Vita à l'Intermédiaire
* mardi 05/11 - Calf (from Grece) ,Feedbacker -(from Bulagarie) à la Salle Gueile puis Movie Star Junkies au Molotov
* mercredi 06/11 - Grabuge (ie. Cyril Benhamou and friends) Spécial Meltin'art au Makeda
* jeudi 07/11 - John & Jon au théâtre des Argonautes
* vendredi 08/11 - Surfin'K au Café de la Conception ou Krystle Warren à la Meson (après le showcase de Somehow au Lollipop bien sûr
* samedi 09/11 - Origine au Roll'Studio puis le duo Mandineau & Fred Drai au Non-Lieu
* dimanche 10/11 - Julien meets Florens à la Meson
 
si ça ne change pas d'ici là, ... aussi je vous invite à aller voir les détails sur http://www.liveinmarseille.com

Le disque de la semaine

Saga

Eponyme de Louis Ville écouté par Pirlouiiiit

Est-ce qu'on a le droit de reprendre des bouts de sa chronique d'un EP pour parler d'un album qui contient une partie des titres de celui-ci ? Non je vais plutôt vous y renvoyer (par là). Au début de l'année le 6 titres Et puis demain ... marquait non seulement le retour discographique de Louis Ville mais annonçait surtout la sortie de cet Eponyme, son 6 (ou 7eme) album après Hotel Pourri (1999), Une Goutte (2003), A Choisir (2006), Cinémas (2011 dont il a sorti un version "deluxe" un an après avec de beaux duos en plus) et le Bal des Fous (2015). En plus des 6 superbes titres de l'EP (dont Raphael l'instrumental jazz), qu'il aurait été en effet dommage de ne pas garder dans cet album, on en trouvera 5 nouveaux dans le même esprit formant un tout extrêmement homogène sans pour autant se répéter. Comme sur l'EP Louis joue de beaucoup de choses sur ce disque : programmation (de batterie plus vraie que nature), guitares (tour à tour country, blues, flamenco, jazz ...), piano (une révélation, je ne me souvenais pas l'avoir vu à cet instrument), basse .. Il n'y a finalement que le violoncelle qu'il a confié à ceux qui l'ont déjà accompagné sur scène comme Louis Morand, Olivier Soubeyran, ou Pierre Le Bourgeois selon les morceaux, et la contrebasse à François Pierron. Le résultat est peut-être un de ses disques les plus équilibrés ou aboutis ... Je ne sais pas trop si j'ai trouvé le bon qualificatif, mais ce que je sais c'est que je sens que je vais l'écouter souvent et longtemps. Pour finir je voudrais souligner un cas de convergence évolutive assez étonnant. En effet j'ai toujours trouvé que la musique et les textes de Louis Ville partageaient de nombreux points communs avec celle et ceux de Jean Louis Chinaski, un autre chanteur dont la musique m'accompagne depuis maintenant 20 ans aussi et que j'aime tout autant. Ça n'a me semble-t-il jamais été aussi vrai que sur ce disque, notamment sur des à-pics des fadaises ou même sur la fille du train avec ce chant ténébreux limite parlé et cette tendance à la cavalcade (j'espère qu'ils ont eu la chance de se croiser) ... Bref vous l'aurez compris (et c'est souvent comme cela que je finis les chroniques des disques que j'aime) je n'attends maintenant plus qu'une chose, la chance de découvrir tous ces morceaux en live !

01 octobre 2019 (Louis Ville - Balandras Editions)


Le film de la semaine

Saga

Joker de Todd Phillips vu cette fois par Philippe
(chronique en réponse à celle de Fred B de la semaine dernière)

Tout d'abord j'aimerais saluer le retour d'une chronique Cinéma dans cette newsletter : dans la décennie précédente j'en ai signé un bon paquet et je trouvais que c'était un vrai petit plus à cette newsletter... Et pourtant je voudrais apporter un éclairage singulièrement différent de celui, tout à fait respectable, de Fred B sur le film The Joker de Todd Phillips. Déjà parce que son premier film, The Hangover ("Very Bad Trip", en bon français), ne mérite pas tant de haine : cela reste un modèle de comédie trash, au scénario sacrément bien fichu, en plus d'être drôle ... et assez méchant, une qualité rare à Hollywood ! Mais pour ce film-ci, il m'a carrément bluffé, et ce pour plusieurs raisons.


La première est de réussir à nous faire suivre un pauvre type, malade mental et mythomane, jusqu'à ce qu'on le prenne en pitié, voire en sympathie... au point d'être presque prêt à comprendre, voire à excuser ses premiers crimes ! A l'instar de Breaking Bad, faire aimer un vrai salopard, un villain pur et dur, c'est quand même loin d'être facile ! Je comprends mal aussi comment on a pu convaincre les studios de financer, ainsi que deux grands acteurs (qui n'avaient presque que des coups à y prendre) de jouer, dans un scénario aussi subversif et amoral que celui-ci. Sans divulgâcher, je préciserai par exemple que je n'avais pas revu un meurtre gratuit, perpétré par la superstar héroïne d'une superproduction hollywoodienne, depuis Tom Cruise butant Tim Robbins dans La Guerre des Mondes de Steven Spielberg !


Je trouve également que l'accrochage au mythe de la naissance du Batman est plus malin qu'il n'y paraît : si on peut craindre quelques minutes que ce soit une ficelle grosse comme un cable de pont (...si on l'avait réduite à un simple problème de bâtardise), cela s'avère finalement bien plus intéressant ! Le Joker joue un rôle certes, mais très indirect, dans la genèse du Vengeur Masqué ! On suggère aussi, sans forcer le trait, que c'est bien l'abandon des marginaux par la société (matérialisé par l'arrêt du financement de son traitement), un sujet ô combien d'actualité dans l'Amérique de Trump (qui a passé ses premiers mois à démolir l'Obamacare, pour mémoire), qui va faire passer le Joker au stade suivant de sa folie. Ce n'est pas chez Marvel qu'on aurait su faire preuve, pour ces deux exemples, d'une telle subtilité, il me semble.


Là où je rejoins Fred B, c'est dans le costume trop grand que la presse (mais pas forcément le réalisateur, ou bien ?) a voulu tailler au film : pas un grand film politique, non, sans doute ! Mais tout de même, une résonance étonnante avec des phénomènes de type gilets jaunes violents, avec certains agités qui en effet peuvent suivre à peu près n'importe quel crétin (il n'y a qu'à voir les leaders historiques des GJ...), pour peu qu'il leur promette de bien foutre la pagaille, et ceci sans aucun besoin d'un fondement idéologique pour la justifier. Il est vrai que le Joker de Heath Ledger chez Christopher Nolan (sans doute le plus beau à ce jour...), était lui vraiment un fouteur de bordel gratuit, semant la destruction sans motif apparent. Il était donc bien plus déconcertant encore ! Mais sans motif, pas d'identification possible du spectateur, c'est là le hic...


Je ne suis pas fan non plus du jeu un peu trop ostensiblement "attrape-Oscar" de Joaquin Phoenix, qui a déjà été bien meilleur, et dont je ne comprends pas réellement pourquoi il avait besoin de perdre 23 kilos ? Si c'était pour se mettre volontairement mal dans sa peau, une ou deux prothèses déformantes auraient pu suffire... On peut quand même apprécier que la violence de ce personnage principal ne soit jamais graphique ou esthétisante, façon Tarantino, ce qui pour le coup serait très malvenu ! Juger Robert De Niro est plus casse-gueule : il est coincé dans le personnage extrêmement formaté d'un animateur de late show, et n'a donc pas grand-chose à jouer, par définition.


Et puis certes tout n'est pas réussi dans le scénario de The Joker : flashback sursignifiant sur sa rencontre avec une belle voisine - on prend un peu le spectateur pour un crétin... Et surtout, une fin (n'ayez crainte, toujours pas de spoiler, promis) qui aurait pu être beaucoup, beaucoup plus ambigüe si un minuscule détail en avait été changé : des pieds qui ne laisseraient pas de traces au sol... (oui c'est fait pour qu'on ne comprenne pas avant de l'avoir vu, bien sûr...) Impossible alors de savoir si cette dernière scène se passait avant, ou après l'histoire racontée par le film... Et donc, deux fins possibles, pour le prix d'une ! Une belle opportunité ratée, à mon sens : j'aurais tellement adoré repartir avec cette incertitude...


Néanmoins, toutes ces réserves exprimées, moi j'ai trouvé le film remuant, dérangeant, imparfait mais assez fascinant au final, et je pense que si vous aimez Hollywood, il faudrait vraiment aller le voir pour vous faire votre propre opinion ! Car pour ma part, j'ai raisonné par analogie : les critiques du Masque et la Plume (une émission que j'aime bien, hein !) ont tous adoré Ad Astra, qui selon moi est une pauvre bouse intergalactique... et ils ont tous détesté The Joker ! Sachant que chez eux, l'unanimité est toujours suspecte, l'argument m'a suffi et je n'ai vraiment pas regretté d'être allé voir ce film, qui va m'habiter longtemps, et peut-être vous aussi, je pense...

Les disques d'aqui

Saga


Bonfire de the H.O.S.T. écouté par Philippe

Bientôt 4 ans depuis le glorieux Sound the Charge, et revoici donc les valeureux The HOST, trois artisans & experts d'un rock à la fois puissant et mélodique, revenus sans doute de quelques illusions (s'il y avait de la place au soleil des charts pour un rock indépendant de qualité hexagonale, ça se saurait, mais hélas cela n'a jamais été, et ne sera sans doute jamais, la priorité des grands circuits...).
Qu'à cela ne tienne, l'un des plus grands groupes du style (au moins dans nos coeurs), rêve toujours d'Amérique, et ravive une fois de plus la flamme de son feu de camp (Bonfire, en V.O.), en attaquant par la bien-nommée Cannonball, un titre d'une efficacité redoutable et dont le refrain, joliment injurieux, commence par vous péter une ou deux côtes flottantes, ouch !
Voix claire et agréable, lyrique mais sans excès, jamais un pet de "frènche axante", Jullien Arniaud est toujours au top de sa forme, tout comme les deux pistoleros burinés et velus qui l'entourent fidèlement, lui et sa guitare roborative : Thomas Campion à la batterie, aussi solide que sans esbroufe, et Vincent Fraschina à la basse, qui donne une vraie profondeur à l'ensemble (et par ailleurs régisseur héro/historique de la formidable Rue du Rock, soit dit juste en passant).
Avec une production de plus en plus luxuriante au fil des albums, et depuis toujours un vrai sens du riff qui vous reste plaisamment accroché au cervelet (puissante Baby, Maybe), ici les ballades sont à la fois épiques, parfois poignantes (Brother)... et potentiellement headbang-ables (Dance, dance ou Dark Days) ! Tandis qu'un titre power-pop comme Head out of the water, en plus d'être un joli statement en lui-même, va directement au but : démanteler une fois encore la célèbre (mais malheureuse) expression du regretté John Lennon, qui affirmait que le rock français, c'était comme le vin anglais...
Bien sûr et comme il peut faire frais la nuit dans les bois, même autour d'un grand feu, la chemise à carreaux des cousins stoner d'outre-Atlantique (oui, ceux du Joshua Tree National Park, bien sûr) n'est jamais loin... Aussi bien en mode ballade avec Burn it Down, qu'en mode coup de boule rotatif avec Burning Bridges, un splendide brûlot de 68 secondes douche comprise, façon John Garcia, si vous voyez.
En ajoutant cette nouvelle charge de 8 titres aux précédentes, The HOST a donc largement de quoi refaire de beaux concerts aussi stylés que pétaradants, si toutefois le trio confirme son envie, palpable ici, de remonter une fois encore dans un cam'tar pour aller secouer des couennes qui ne demandent pas mieux (si on les a déjà chroniqués 14 fois depuis 2008, ce n'est pas exactement par hasard...), dans le paysage plutôt morne par ailleurs du rock indépendant, bio-équitable, et made in France...

2019 (the HOST - bandcamp)

Clip de la semaine

Après Rachid Taha et La Rue du Rock 2018, Sleaford Mods, Thomas Fersen plutôt que David Lafore, Vanwho plutôt que SovoX, Hervé André, Karim Tobbi ...

Puisqu'il n'existe pas à propremement parlé de clip des Frères Morvan je suis obligé de vous proposer ce mauvaise enregistrement que j'ai rélaisé lors du dernier Festival du Chant de Marin ... forcement je vous ai mis leur " tube " : Joli Coucou.

13 Les Frères Morvan  by Pirlouiiiit 02082019 - 8955

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