Etonnante séance de torture auditive avec les sets de punk bruitiste et revendicatif de
Teenage Jesus and The Jerks puis de
Lydia Lunch Band au Marché Gare de Lyon, à l'occasion des Nuits Sonores 2009… Après avoir subi le triste spectacle des très vieillissants
New Christs, place est faite pour le set à double détente d’une autre "vétérante", la très underground
Lydia Lunch, avec des morceaux de son groupe
Teenage Jesus and The Jerks (circa 1977) puis de
Lydia Lunch Band.
Accompagnée dans les deux cas par les excellents
Gallon Drunk (
Terry Edwards, Ian White et
James Johnston),
Lydia Lunch interprète ses morceaux avec virulence, morgue et second degré. Avec son physique de mère maquerelle ayant trop longtemps abusé de la défonce,
Lydia Lunch est là pour relever les compteurs du punk new yorkais, et elle a bien raison : il est tout à fait normal que la mythique furie de la No Wave récolte un peu de monnaie après tant d’année en tant qu’activiste musical et anti macho. Pendant une vingtaine de minutes, elle surfe sur le bruit viscéral du groupe avec sa voix cabossée, ses paroles ultra perturbantes et sa guitare aussi minimaliste qu'ultra répétitive. C’est à la fois impressionnant et un peu fatiguant à la longue, il faut bien le dire.
Puis, juste après, quand le
Lydia Lunch Band se lance dans une belle série de morceaux déstructurés, extrémistes et vrillants, on pénètre enfin dans un univers véritablement infernal. La guitare (désormais laissée aux bons soins d’un membre de
Gallon Drunk) vomit des torrents de larsens, pendant que les rythmiques produisent un punk concassé et que Miss Lunch hurle sa rage contre le monde des hommes… En se vautrant dans la fange sonique et en assénant avec conviction quelques phrases bien senties,
Lydia Lunch soulève littéralement le cœur de l’auditeur, marqué au fer rouge par la puissance maléfique des musiques et les mantras punk invitant à une révolution dans les rapports humains.
Lydia Lunch mérite tout à fait son statut d’artiste culte (pionnière du punk, marquée au fer rouge par le
Velvet Underground - elle reprend d’ailleurs une vieille chanson de
Lou Reed en rappelant que désormais
"il fait de la merde"… -, ayant fructueusement collaboré avec
Sonic Youth… ) : ses shows borderline et à la limite de la performance ont vraiment de quoi retourner n’importe quel spectateur, et pour longtemps !
A lire également sur les Nuits Sonores 2009, la
critique du concert de Boss Hog,
chronique du concert d'Holly Golightly and The Brokeoffs et le
compte rendu du show de Chrome Cranks...
Sites Internet :
www.nuits-sonores.com,
www.myspace.com/lydialunch,
www.lydia-lunch.org.
Photo du concert :
Flore-Anne Roth