Petit concert pas violent pour une petite rentrée Live in Marseille. Ce soir au Paradox, salle que je découvre, qui est également un resto des îles aux belles assiettes et au personnel avenant (note pour plus tard). Mon but de ce soir malgré une écoute convaincante d'Anything Maria, n'est pourtant que de voir
Jours... Projet que je croyais être un duo entre
Fred "Vibrion" Nevchehirlian et
Clara Le Picard. En effet c'en est un, mais que ce soir, pas le reste du temps, enfin faut suivre quoi...
D'un chanteur qui ne nous a jamais déçu, qu'il ouvre
Marsatac ou qu'il lise de la poésie seul dans un endroit
arty, on veut bien croire qu'il puisse accompagner avantageusement une demoiselle à la guitare - les chroniques disque et concert pour le moins encourageantes de
Pirlouiiiit finissent de nous convaincre. Bonne et mauvaise nouvelle : les
Deschamps ne passent pas en premiers (je n'ai rien contre, c'est juste que je n'accroche pas), par contre à 22 h 30 ce n'est toujours pas commencé.
Bref, le temps de boire quelques bières avec un type qui croit que l'album à vache des Pink Floyd s'appelle Ummagumma (gniarf gniarf), et voici le duo qui investit la scène devant une salle plutôt éparse.
Fred répète longuement quelques notes en boucles avant que
Clara vienne poser une sorte de poésie parlée, qui parle de traverser les rues. Suit un titre en V.O. un peu plus énergique voire rock, avec un riff qui gonfle au fur et à mesure pour finir proto-punk. Encore de l'anglais pour une très jolie balade douce et simple, puis un titre qui s'appelle très probabelment
Vampires, chanté lymphatiquement d'une voix alto : on dirait un peu PJ Harvey ayant pris un Stylnox, chantonnant avant de s'endormir : c'est beau et apaisant.
C'est de l'étage désert que je continue un moment l'écoute : acoustique sympa à un niveau raisonnable, il paraît donc tout à fait envisageable de manger ici y compris un soir de concert ! La chanson est en français, la jeune fille esquisse des petits pas de danse (surtout avec les bras), s'excite de plus en plus et finit par des borborygmes quasiment Camillesques. L'affaire se finit par une chanson qui a trois jours et deux accords de guitare (sèche) : minimaliste et pourtant agréable elle aussi.
Bref
Jours, ses boucles et sa diction pépère sont peut-être à déconseiller aux dépressifs et aux somnolents ; c'est par contre le groupe idéal après une journée de boulot pour se détendre de la première à la dernière synapse, d'autant que la chanteuse (par ailleurs comédienne parait-il) est assez amusante. Side-project très sympa donc, dans l'attente de découvrir les certainement plus énervés
Nevchehirlian à Marsatac... Et puis nul doute qu'en formation complète, cela doit dépoter davantage. La salle en tout cas s'est remplie au fur et à mesure, et ils recueillent des applaudissements sincères.
Mon objectif étant atteint et ma curiosité étant satisfaite, je ne prête plus qu'une oreille distraite aux
Deschamps qui me semblent partis pour faire le même genre de chose que la dernière fois que je les ai vus à l'
Embobinoz. Je blague encore un moment avec l'équipe Live in Marseille bien représentée ce soir, avant de m'éclipser, espérant que comme convenu, "quelqu'un" (c'est une fille avec une frange sont le prénom commence par So mais chhht, chuis pas une balance) va continuer cette chronique...
PS/NdPh : je suis exTREMement vexé qu'on ait enlevé mes splendides photographies et j'envisage donc de mettre fin à mes...
Philippe
... Ah ben non, ch'uis pas une fille avec une frange mais un mec avec une iroquoise et je viens de m'apercevoir que j'ai le même prénom que le chef de l'Union Patronale 13, la honte ....
Premier concert de rentrée pour pas mal de monde ce soir, et une belle réussite, une soixantaine de personnes, vu qu'on est mardi et que le concert n'est pas gratuit.
Après le set de
Jours, chroniqué ci-dessous,
Deschamps attaque. Duo machine+bidouillage / clavier ambiant krautrock, le premier morceau est une longue plage instrumentale. Des nappes de synthé répondent à des nappes de guitares pour une plage atmosphérique assez bloquante. Seul soucis, cette musique demande une écoute assez exigeante, une partie du public se dissipe en discussions et moi même je me laisse attiré par la pause clope / bière / tchatche dans la rue. faut dire que le concert a commencé avec 1h de retard, qu'on est mardi, qu'il y a trois groupes... Bon bref, pas le meilleurs moment pour
Deschamps que je verrais mieux en ouverture.
Ca fait un petit moment que je m'intéresse aux divers projets de
Sophie Gonthier, artiste marseillo-berlinoise qui navigue du rock indie à l'électro, qui se concentre actuellement sur son projet
Anything Maria. A savoir, l'héritage actuel (et totalement enthousiasmant) d'une nenette accro à
Sonic Youth,
Cat Power et
PJ Harvey. Bref, une culture musicale ancrée au plus profond de nos viscères.
Seule sur scène, essentiellement du guitare / voix avec une touche de bidouillage, la demoiselle scotche par son côté habitée. D'entrée son
High addiction nous donne le frisson par son riff
sonicyouthesque, par sa montée progressive, ses hurlements au bord de la rupture.
Finalement peu saturé mais furieusement rageur, son son de gratte rappelle un blues viscéral passé à la moulinette de
Thurston Moore.
Des morceaux plus apaisés font leur apparition dans le set. Mais si on écoute attentivement les paroles, le côté obscur n'est jamais très loin. D'ailleurs ces instants calmes finissent généralement par des riffs plombés, histoire de ne laisser guère d'ambigüité sur l'ambiance. Minimaliste, écorchée mais aussi sensuelle, sa musique saisit le public.
Sophie se permettra une escapade electro-lesbien, autre facette de ses multiples personnalités musicales, qui déchainera les foules mais qui casse à mon sens l'ambiance distillée jusque-là.
Pour la fin du set, elle invite sur scène son collaborateur du moment (le grand)
Jean-Marc Montera. Comme d'habitude, le touché de guitare de celui-ci nous scotche. Son son n'est pas expérimental cette fois mais voir ses mains se tordre sur le manche de sa gratte est assez bloquant, tout comme le son qui en sort. Le premier morceau, assez saturé, est bluffant. Je serais moins conquis par les plus calmes qui suivent, apparemment une relecture "ballade" de morceaux noise. Même si sur ces moments, la voix de Sophie, qui a lâché la guitare, change, se fait moins écorchée, plus tendue et éthérée, une métamorphose assez fascinante.
Au final, vous l'aurez compris, une musique viscérale, une artiste dont la présence en impose sur scène. On espère la retrouver dans un lieu et un public plus rock, pourquoi pas un concert avec
Ich bin dead à la
Machine à Coudre. Ou bien une rencontre avec
Oh ! Tiger Mountain. A suivre dans tous les cas.
Mystic Punk Pinguin
www.myspace.com/lesjours
www.myspace.com/deschampslalala
www.myspace.com/anythingmaria