Dernier soir qui visait le public rock et surtout electro venu plus tardivement que la veille, avec encore de plus ou moins bonnes choses.
Les hostilités commencent avec Nevchehirlian, le groupe de Fred de Vibrion qui avait ouvert ce même festival il y a quelques années, dans un registre plus slam/electro alors très original. Ce projet là est plus classique dans la forme, du rock à texte qui fait penser dans le meilleur des cas à Diabologum, Dominique A voire Noir Désir (les affiches partagées avec Serge Tessot Gay n'y sont surement pas étrangères), avec un chant scandé accompagné de deflagrations electriques qui font leur effet.
L'accueil est correct pour l'unique groupe local de la soirée, en attendant qu'ils fassent parler d'eux discographiquement l'an prochain.
Think Twice
Leur dernier album est passé innaperçu mais on est vraiment content de voir pour la première fois ici les Allemands de The Notwist, parmi les plus dignes émules de New Order. On aime la mélancolie du chanteur Markus Acher, cette facilité à enchainer morceaux electro pop très simples avec des choses plus rock, et ce goût de l'experimentation qui leur fait rallonger et rendre méconnaissables certains titres.
Et puis il y a ce facétieux Martin Gretschmann aux claviers qui commande ses machines avec des manettes de console de jeux, comme dans son autre groupe...Console.
Pas de "Chemicals" ou de "One with the freaks", tubes pourtant incontournables mais un beau "Pick up the phone" et surtout un enchaînement redoutable "Neon Golden"/"Pilot" avec pour ce dernier une version épique avec un long passage dub tout simplement bluffant.
A ceux qui trouveraient tout celà trop cerébral, les Polysics arrivent tout d'orange vêtus avec leur punk idiot vaguement inspiré par Devo, amusant quelques morceaux, notament pour une version de "My Sharona" un poil plus drôle que celle des Conards.
Mais les meilleurs blagues sont souvent les plus courtes, on se dirige vers l'autre scène qui accueille Chloé qui comme pour James Holden repose la question sur la pertinence de programmer des artistes issus de la scène minimale ou IDM dans un festival, si l'on est pas initié, on se fait chier.
Ebony Bones au contraire a toute sa place ici, bien que n'ayant pas encore sorti d'album, leur punk funk débridé est idéal pour enflammer le chapiteau. Depuis sa découverte en début d'année impossible de se passer de leur single "We all know about you" et agréablement surpris qu'une de leurs premières dates françaises soit ici, pour une fois AVANT les Transmusicales où ils vont cartonner à coup sûr.
La chanteuse et ses choristes sont fantasques, la section rhytmique tribale et chaque titre pulse d'énergie communicative, de "Don't fart with my heart" à "Love and boredom" c'est un des grands moments de cette édition, peut être le meilleur live avec Saul Williams la veille.
On ne s'attardera pas sur les pas très folichons Minitel Rose pour signaler le carton plein de Boys Noize dont le son saturé peut paraître un peu vain à la longue mais procure quelques sensations fortes et pousse indéniablement à se déhancher.
Le week-end s'arrête là pour ma part, on espère que Marsatac trouvera un lieu digne de ses aspirations l'an prochain (le J4 ne sera pas dispo) et une programmation encore plus intéressante, la forte affluence de ces trois soirs a démontré que Marseille n'est pas toujours une ville morte quand il s'agit de musiques actuelles.
et une petite de Think Twice : ici
et une petite de the Notwits : ici
et une petite de Polyzicz : ici
et une petite de Chloe : ici
et une petite de Minitel Rose : ici
et pour finir, une petite de Ebony Bones : là
Sur le papier, cette soirée de clôture de Marsatac ne me faisait pas trop fantasmer, je suis finalement tardivement venu pour:
- les japonais de Polysics, qui se sont, c'est vrai, finalement révélé être une blague bien trop longue: plans rock 100% kitsch + costumes à le devo + sons de synthé de grande surface + voix du chanteur insupportable = au secours, vous êtes même pas drôles!
- finalement Ebony Bones seront le seul (très) bon moment de la soirée: hélas court, bien trop court= 1/2 heure. Bons zicos, chanteuse explosive, costumes sympas, choristes sexy. 1/2 heure de bougeage des guiboles, merci.
- James holden : pas prévu de le voir mais en attendant Boys noize et laurent garnier, je ne vais surement pas aller voir les kitsch (encore) Minitel rose...James Holden: techno minimale de .../... >> La suite
Saluons quand même le fait que Marsatac mette en avant un projet marseillais, Nevchehirlian, en ouverture de sa dernière soirée de festival. Cela consacre quand même l'activisme de celui qui multiplie les projets et collaboration et lui offre une visibilité pour le premier concert de sa tournée avant la sortie d'un album plutôt attendu.
Musicalement, cela s'éloigne nettement de Vibrion, orchestration rock (guitares, basse, batterie) et un violoncelle qui apporte une touche obsédante qui colle bien à l'ambiance. Fred Nevchehirlian utilise une large palette de chants, du scandé slam au murmuré à l'énervé rock. Derrière, les musiciens assurent sévère, que ce soit le discrètement efficace Christophe Rodomisto à la guitare ou le physique Stéphane Paulin à la basse.
"Derrière" .../... >> La suite
J4 MARSEILLE - 27 septembre 2008 AUCUNE POINTURE ROCK CETTE ANNEE !
Pourquoi les organisateurs n'ont il pas prévu de bons groupes rock cette année ?
Mon Marsatac 2008 se résume au concert des Notwist (très grand moment) et puis c'est tout.
A 1 heure du matin, il n'y avait plus que de l'electro sur les 2 scènes alors que l'on aurait pu faire une scène electro et une scène un peu plus rock !
En esperant que les organisateurs m'écoutent pour l'année prochaine
PS: Pourquoi avoir invité les Polysiscs?