oh le rockeur, qu'est-ce que tu viens foutre à un concert de NTM !. Plus amusé que blasé, je rencarde le lascard que j'étais accro au son du 93 quand il écoutait encore Winnie l'ourson et qu'en 91 à Vitrolles, l'ambiance y était plus chaude (et le billet à 80 balles pour le concert avec IAM, la baston étant offerte). Lui est enthousiaste et moi plus circonspect, déjà que les papys d'IAM me font chier depuis quelques années, qu'est-ce que va donner cette reformation, surtout qu'à 45 euros, ça fait cher la nostalgie.
C'est donc avec un nouveau copain et des interrogations que j'entre dans le Dôme alors que la voix de Sefyu fait trembler les murs. Bon avouons le d'entrée, c'est vraiment pas ma came à la base, limite il me donne rapidement mal à la tronche le gars. Mais force est de constater que son crew est plutôt efficace sur scène. Grosse voix du lead, jeu de scène qui à la pêche et même si les coups de gun ça saoule vite, je ne fuis pas. Faut dire qu'il a quand même joué les titres les plus écoutables comme Molotov, la famille, ...
Première constatation le son est toujours aussi mauvais au Dôme (les basses saturent), et le public hip-hop roots n'est pas le même que celui de Marsatac, beaucoup plus de jogging et de métissage culturel ici. Comme quoi, il y a des racines communes.
Les lumières s'éteignent, éclairs et bruits d'orages sont projetés sur l'énorme écran, le logo Suprême NTM apparaît sous les acclamations. Et, comme on s'y attendait, c'est avec Seine-Saint-Denis Style qu'ils déboulent. Là, comment dire, c'est l'explosion. On connaît les titres par coeur, c'est quand même une partie de notre histoire. Et le deux lascards sur la scène partage une complicité non feinte et une joie certaine. Ouf, tout ça n'est pas qu'une histoire de thunes.
Ils enchaînent sur C'est clair... repris en coeur aussi. Je vais pas énumérer les titres, ils nous ont régalé d'un best of, de compos perso et de faces B. L'orgasme aura lieu sur Qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu avec, en intro, un speech d'une rare intelligence de Kool Shen en soutien aux grèvistes et mouvements sociaux. 20 ans après le morceau est toujours aussi pertinent et musicalement toujours aussi rageur. Raah putain c'est bon !
Bien evidemment on prendra aussi son pied sur Police même s'il n'est pas joué entier et Paris sous les bombes et C’est arrivé près d’chez toi. Ce n'est pas pour rien que NTM a marqué l'histoire du hip-hop. Le public est en transe et la communion avec le groupe n'est pas feinte. On est venue pour l'énergie et l'énergie est là. Je trouve Kool Shen impérial avec un flow de taré et une présence énorme. Joey Starr me semble moins présent mais avouons tout de même que le Jaguarr assure.
Ils en pourront s'empêcher de chambrer le public lorsque il ne crie pas assez, indiquant qu'ils ont du se tromper et que les endormis voulaient sûrement voir IAM. Bien évidement le chauvinisme se déclenche, sifflements, Paris, Paris, on t'enc... scandé par une bonne partie du public. Mais tout ça bon enfant. Si, si, je vous assure. le Joey très fier de son effet, lâchera des Paris est magique ! histoire d'en rajouter et finira avec un sourire narquois en répondant au poétique slogan marseillais un moi aussi je vous aime qui montre que le gars a de la répartie.
De Laisse pas traîner ton fils qui m'a toujours fais chier, aux deux versions de Pose ton gun en passant par un Dans ma benz avec Lord Kossity en guest et surtout un excellent Tout n'est pas si facile old school avec le vieux ghetto blaster en fond, ils ont fait la totale, rendant hystérique un public acquis.
A noter l'interlude assuré par Eklips, un beat-boxer des plus doué.
Au final, après 2 heure de sets, on ne peut qu'être satisfait. Bon ok, je peux faire le vieux con en comparant avec le concert de 91, largement au dessus, une claque à la fois musicale et physique, qui enracinait le son du 93 dans mon histoire musicale. Mais hier les deux vétérans ont réaffirmé qu'ils étaient bien là, avec une rage, une énergie et un plaisir qui ne leur fait pas défaut.
Et en sortant, j'ai vu dégun tirer la gueule, que des bananes sur les visages.
Globalement du même avis, j'ai pas eu l'occasion de les voir à leur grande époque mais ce retour qui sentait un peu l'enflure était finalement digne et toujours pertinent.
Du coté des "plus", le coté show hip hop plus que simple concert rap avec des danseurs, images de graffs, choristes soul, par contre les interventions des musiciens étaient parfois dispensable (remixes de "ma benz" et "seine St Denis style" un peu lourds).
Des flows et un jeu de scène qui mettent à l'amende pas mal de jeunes groupes et tubes décidément inusables.
Et puis cerise sur le gâteau, des invités en pagaille, des bien connus Lord Kossity et Busta Flex au plus culte Lucien Revolucien (pionnier des années 80 auquel A Tribe Called Quest avaient consacré un morceau)
Du coté des "moins", toujours ce son .../... >> La suite