Nuit "liposuccion moins deux kilos en deux heures"
i.e. : 3Kings (USA/Ghana/Allemagne) avec Jean-Paul Bourelly (guitare, voix), Marlon Browden (batterie), et Jonas "Bibi" Hammond (basse) suivi de Twist of Fate (USA/France) avec Lydia Lunch (voix) et Philippe Petit (musiques)
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Lorsque Lof m'a filé le plan concert au Frioul, j'aurais du me douter que quelque chose clochait. Déjà, arrivé au port pour la navette de 20h, j'apprends qu'elle est annulé. Rien de spécial me précise une personne pas plus au courant que moi, celle de 20h30 est maintenu. Soit.
A bord, le capitaine précise aux témérairesqui veulent rester dehors qu'ils vont être mouillés. A peine ! La traversé est finalement rapide et sans trop de secousses. L'arrivée par contre est spectaculaire. Des rayons de soleil rougeoyant percent la couche de nuages noirs qui sont regroupés au-dessus de l'île.

Le chemin jusqu'àl'hôpital Caroline, se fait dans cette lumière irréelle. La vue sur Marseille est fantastique. Dans la cour, trône le petit temple grec. Les gradins sont dressées dos à l'entrée. On ne voit donc pas la scène. Un petit village de stand d'assos est planté au pied de la ruine et fait penser à un camp d'archéologue en plein désert.

La ballade m'a assoiffé mais les premiers accords annoncent le début du concert. Je prends le temps d'une bière et s'est armé de mon gobelet consigné que je m'installe pour les
3Kings with Jean-Paul Bourelly.

Le premier morceau fait monté lasauce, un savant mélange de bossa de jazz, de funk et de pleins d'autres bonnes choses. Des spectateurs trépignent timidement, mais dans l'ensemble le rythme ne prend pas. Les morceaux suivant resteront sur le registre du planant et ne passeront pas au dansant.

Les trois musiciens se ladonnent et c'est tant mieux pour eux, sauf que ça tourne au numéro de virtuoses. Quelques bons moments quand même, lorsqu'ils arrivent à jouer ensemble. Le genre de concert qu'on imagine facilement sur un transat, tranquille, crevant de chaud et pas en grelottant dans les rafales de mistral.

Le satané vent qui rend fou, particulièrement visé le pauvre
Philippe Petit qui n'arrive pas à lancer ses galettes, malgré les efforts répétés des techniciens.
Lydia Lunch s'impatiente aussi couvrant la distance entre le micro et la table de mixage d'aller-retour énervés. Le set démarre enfin, mais on sent bien que les bonnesconditions ne sont pas réuni.
Lydia Lunch en a vu d'autres et maîtrise bien l'affaire, sa voix me fait penser à celle de
Beth Gibbons de
Portishead, claire et inquiétante. Mais ça ne suffit pas !

Derrière
Phillippe Petit est à la peine... bataillant contre des machines qui ne sont pas des moulins. Un moment de grâce à noter, lorsque
Lydia fera monter sur scène un fan éperdu. Ils s'étreindront (pas simple à dire !) langoureusement.

Elle quittera la scène sans rappel et
Philippe fermera le ban, seul. Les spectateurs des gradins avaient eux déjà pris le chemin du bateau, quand aux autres blottis contre la scène ils ne traîneront pas non plus. Malgré la prestation décevante, certainement à cause des conditions climatiques et techniques, il en restera un beau moment peut être la magie du lieu.
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