
Escale au Bataclan, curieuse d’observer ce que ce personnage médiatique propose sur scène.
Les lumières fumées et bleutées sont très belles, le "lead singer" Julien Doré se faufile sur la scène sans un mot, cheveux en bataille et veste cintrée. Les musiciens s’installent dans cet intérieur lounge et c’est à ce moment précis que mes voisins prennent la parole en toute légitimité pour saluer l’esthétique raffinée, poétique et élégante de la scène.
Après un départ en douceur, les titres s’enchaînent rapidement pour un set classieux, alternant ballades folk, pop british, french touch, rock énergique et progressif. La salle très bien chauffée remue sur des titres visiblement réarrangés pour la scène. Chouettes drums, tout en finesse. Belle complicité scénique des musiciens. La ballade musicale est intelligente et brillamment menée, avec des shoots de guitare progressifs et la voix du lead, rageuse, puissante, sensible, barrée.
L’intensité monte peu à peu pour une apocalypse sonore sur Bouche Pute, musique viscérale et hypnotique sur un fond visuel stroboscopique. C’est un déchaînement de riffs, de basse métronomique et de claviers. Twelves points pour Arman Méliès dont les talents de guitariste ne sont plus à prouver. Une standing ovation vient rompre le silence et c’est assez rare par les temps qui courent pour être souligné. Car, selon l’adage, l’humeur du public parisien est versatile et capricieuse les amis!
S’ensuit en rappel une longue marche avec des distorsions et des effets larsen planants sur Brows Ears. Voilà pour le souffle cinématographique. Mais le lead n’a pas dit son dernier mot, lui et ses musiciens nous offrent un superbe final en acoustique, sans micro, dans la fosse.
Résultat : un show explosif, un public conquis, une maîtrise impeccable, une belle intégrité. On me souffle qu’ils ont joué pendant deux heures. Je n’ai pas vu le temps passer. Du très haut de gamme! "You can always get that you want guys !" Retenez bien leur nom, vous en entendrez certainement parler.
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