Critique de concert Katie Melua + BOY


Pour débuter la soirée, c’est le duo germano-helvète BOY, ici accompagné d’un guitariste, qui a la charge de mettre le public en condition. Très à la mode depuis quelques mois, les deux jeunes femmes offrent trente minutes acoustiques d’une pop-folk bluesy de belle facture, qui met à l’honneur l’harmonie des voix et surtout celle de Valeska Steiner, qui se marie si bien avec les instruments. Enrobés de jolis arrangements tout en simplicité et en sobriété, les titres de BOY sont agréables, mais manquent hélas d’originalité et se révèlent même parfois quelque peu lénifiants. On ne s’ennuie pourtant pas trop et l’on est même surpris d’entendre déjà retentir le premier succès du groupe, Little Numbers, qui vient clore ce set et offrir à la bande une belle salve d’applaudissements. On salue en tout cas un choix de programmation des plus judicieux !
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A 28 ans, Katie Melua est une jeune femme épanouie. Tout récemment mariée, la belle chanteuse britannique, née en Géorgie, est une artiste reconnue sur la planète entière et s’est fait une très solide réputation en l’espace de cinq albums, qui ont tous connu un succès certain. Pas étonnant donc que le Palais des Congrès ait rapidement affiché complet, malgré des prix plutôt élevés (de 62 à 84€).
Katie entre seule en scène, seulement armée d’une guitare sèche, pour interpréter le premier morceau. Elle est ensuite rejointe par la grande nouveauté de cette tournée : un quatuor de cordes formé spécialement pour l’occasion, le Secret Symphony Quartet, avec lequel elle interprète trois autres titres ; des cordes qui portent magnifiquement sa voix et lancent on ne peut mieux ce concert. Il faut donc attendre le quatrième morceau pour que le rideau s’ouvre enfin et dévoile le reste du groupe : un batteur, un guitariste, un pianiste et un contrebassiste, qui donnent aux arrangements plus d’ampleur pour envoûter petit à petit le public. D’abord très statique, Katie Melua se détend peu à peu et se décide finalement à quitter son pied de micro pour arpenter très élégamment la scène dans toute sa largeur. Elle n’hésite pas non-plus à parler presque entre chaque morceau, sans jamais tomber dans l’explication de texte, et chacune de ses interventions semble aussi spontanée que parfaitement calibrée.
Entre pop, folk et blues jazzy (Somewhere In The Same Hotel), la jeune femme offre un moment tout en douceur et en sophistication, et la qualité de sa production, bluffante, ne souffre aucune contestation. Hélas, tout n’est pas passionnant et l’on voit ainsi passer sans grand émoi The Walls Of The World, Secret Symphony, I’d Love To Kill You ou encore cette reprise assez anecdotique du All Over The World de Françoise Hardy, offerte en exclusivité au public parisien. Finalement, on préfère quand Katie abandonne sa guitare pour se concentrer sur le chant et apporter un vrai supplément d’âme à ses chansons (par exemple sur le très bel inédit The Night I Dreamed I Was Awake), à l’exception notable de l’excellent Moonshine, extrait du dernier opus et avant-dernier morceau du concert. Les ultimes notes sont finalement celles du très rythmé Two Bare Feet, dont la mesure est battue du début à la fin par un public enthousiaste, qui offre dans la foulée une petite standing ovation à la chanteuse et à ses musiciens.
A peine revenue en scène, la troupe lance l’inévitable tube Nine Million Bicycles, avant que les musiciens ne s’effacent définitivement pour laisser Katie seule en guitare-voix, comme elle avait commencé. Avant d’interpréter le dernier titre de la soirée, l’artiste demande au public quel morceau il souhaite entendre, et sans qu’on sache si elle répond vraiment à une demande ou si c’était prévu, elle offre un superbe Spider’s Web, dont on regrette seulement qu’il ne bénéficie pas des arrangements complets de l’orchestre. Comme de coutume, la chanteuse achève le concert par I Cried For You, très beau, qui fait se lever toute la salle pour une standing ovation cette fois unanime et un vrai tonnerre d’applaudissements.
Si, dans l’ensemble, la prestation de Katie Melua est une démonstration d’académisme, force est de constater qu’elle effectue un sans faute : les arrangements sont d’une parfaite sobriété, tout en douceur et en simplicité, comme la scénographie, qui est absolument sublime ; sa voix est impeccable et sa présence sur scène lui permet de mener magnifiquement la barque d’un concert très intelligemment pensé. On ne regrettera que ce petit manque de prise de risque, d’autant plus frustrant que lorsqu’elle ose s’aventurer hors des sentiers battus, comme sur The Flood, qui vire presque électro, Katie Melua propose des choses tout à fait passionnantes. Pour le reste, la chanteuse aura offert une soirée d’une beauté et d’une poésie rare. Un grand moment, par une très grande artiste.
Merci à Aude chez GDP.
Signature : fredcle 25/10/2012
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