Accueil Chronique de concert Oasis + Free Peace
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Chronique de Concert

Oasis + Free Peace

Le Dôme - Marseille 18 Février 2009

Critique écrite le par

Évènement à Marseille, les artistes de Manchester débarquaient dans la cité phocéenne. Mais il ne venaient ni de United, ni de City, et ne descendaient donc pas au Vélodrôme. Il avaient pris la direction du Dôme : Oasis était dans la place et avait déplacé la grande foule.

On passera (très) vite sur la première partie et son chanteur au charisme d'un canard décapité : singer la voix d'Axl Rose ne suffit pas pour devenir un groupe de rock. Free Peace, ça s'appelle, et c'est tout ce qu'on retiendra. De toutes façons, on n'est pas venu pour ça. Dieu est attendu.

21h27, les lumière s'éteignent. Le Dôme, ras la gueule, gronde. C'est devenu incontournable depuis la tournée de Standing on the Should of Giants, tous les concert d'Oasis démarrent de la même manière : tandis ques les premières notes de l'instrumental Fuckin' in the Bushes éclatent, les six compères rejoignent tranquillement la scène. Noel, tout ébouriffé - éméché ? -, empoigne sa gratte, l'intro s'interrompt brusquement, et c'est parti avec... Rock n' Roll Star, rien que ça. Le 1er titre du 1er album, normal pour un début. D'entrée donc, du vieux, du lourd. Pas vraiment une surprise, il faut bien le dire, puisque c'est Noel qui choisit systématiquement les titres qui sont joués en concert et que celui-ci est son préféré, avec Supersonic ou encore Cigarettes and Alcohol... que l'on se prend donc à espérer. De son côté, toutes rouflaquettes dehors, Liam adopte sa légendaire posture cambrée derrière son micro et fait... du Liam. Statique. Nasillard. Et arrogant, déjà. Pas une minute à perdre pour se mouler dans son rôle favori, celui d'adolescent attardé venu se faire acclamer - idolâtrer ? - par une foule conquise d'avance. Il enchaîne avec Lyla. Pas de pause, ça envoie. Et même plus : c'est déjà l'heure de The Shock of the Lightning . Tout a été dit sur ce morceau de rock brut de décoffrage et son break de batterie déjà legéndaire (le break de l'année ?). Alors, quid de la version live ? Mon attente, énorme sur ce titre, est teintée d'appréhension. A tort : la pêche incroyable du (nouveau) batteur du groupe, le saignant Chris Sharrock (surgi de nulle part celui-là, mais pour le moins expressif) emporte tout sur son passage. Le break ? Un tsunami de 14 secondes (et un peu plus, vive le live) de folie pure, d'une batterie brutalisée à l'excès, d'une entrée en religion paroxystique : Oasis est de retour. S'ensuit un déluge de guitares, et nous tenons LE morceau rock du moment. Le Dôme est en transe. Pour ne pas interrompre trop brutalement la folie qui investit les lieux à cet instant-là, les lads de Manchester enchaînent intelligemment avec l'inoxydable Cigarettes and Alcohol. Avec un titre pareil, Liam est évidemment à son aise...

La suite est plus tranquille : The Meaning of Soul et To Be Where There's Life permettent au pubic (et à Liam - il en a bien besoin) de reprendre son souffle. Puis, comme c'est devenu une (sale) habitude chez lui, Liam quitte la scène, ce qui annonce Noel au chant. Bingo. Et là, dès les premières paroles de Waiting for the Rapture, une évidence s'impose : la voix de Noel est restée envoûtante, à l'inverse de celle de son frère, devenue poussive (j'y reviendrai). Plus grand encore, Noel enchaîne avec LA ballade, The Masterplan, issue de l'album éponyme formé de B-sides (le meilleur album d'Oasis ?). On atteint le nirvana.

Puis Liam revient sur scène en douceur pour Songbird (seule référence à Heathen Chemistry de la soirée, c'est à noter). Les affaires (très) sérieuses reprennent avec les emblématiques Slide Away et Morning Glory. Et comme il s'agit tout de même de la tournée de Dig Out Your Soul, les lads entonnent ensuite Ain't Got Nothin' et I'm Outta Time, juste entrecoupés par The Importance of Being Idle. Puis on comprend alors qu'il faut faire le job lorsque le groupe s'acquitte du saint des saints, de l'inaltérable, de l'incontournable, j'ai nommé le morceau pop ultime : Wonderwall, repris en choeur par un public en apesanteur dont le râle jouissif à l'écoute des première notes se transforme vite en hystérie collective, puis en extase. Tout simplement. Et comme si ça ne suffisait pas, ils enchaînent sur... Supersonic. Oui, vous avez bien lu : le doublé Wonderwall-Supersonic !... ça en devient presque indécent de bonheur. Fin du premier acte. Frères, prions.

Dans le choix des morceaux, le rappel sera un modèle de perfection : Liam resté en coulisses, Noel s'empare de sa guitare acoustique et, accompagné du seul Gem Archer, nous gratifie d'un Don't Look Back in Anger d'anthologie, qu'il fait suivre par le meilleur titre de Dig Out Your Soul : Falling Down. Le plus beau des rappels, j'vous dis... mais c'est pas fini : Liam réapparaît pour interpréter la mélodie absolue : le génialissime Champagne Supernova (quoique joué un chouia trop vite à mon goût). N'en jetez plus, la coupe est pleine !... Ou presque : dans un dernier clin d'oeil à leurs inspirateurs de toujours, les frères Gallagher terminent leur set avec I am the Walrus, en version saturée (bien entendu) pour électriser un peu plus encore un public chaviré. Liam quitte la scène, définitivement cette fois. Noel et le batteur s'en donnent à coeur joie pendant quelques minutes supplémentaires. C'est un feu d'artifice de son. John et Paul, Noel et Liam : une filiation inextinguible.


Voilà. Tout est dit. (Presque) que des satisfactions, au rayon desquelles je retiendrai la voix de... Noel, toujours aussi magnétique... qui, malheureusement, met en relief LE point noir de la soirée : la voix de Liam, chancelante, c'est peu de le dire. La coke et le whisky, ça use. Dommage. Il ne lui reste désormais plus que son célèbre tambourin. Un peu court pour justifier sa présence dans le line-up. A part ça, une setlist absolument ex-tra-or-di-naire et un déluge de lumières - chose inhabituelle chez Oasis - tout à fait réussi auront fini de me conquérir... c'était même pas la peine, je l'étais avant même le début du concert.

Toujours les plus grands ? Amen.

 Critique écrite le 23 février 2009 par Steph


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