Critique de concert Raphael Saadiq + Nasser + Jack Ollins + Silent Disco (Bobzilla, Eve & Tom, Mars Blackmoon) (Fiesta des Suds 2011)

Petit complément pour cette soirée qui a commencé bien avant ton arrivée (et s’est terminée bien après mon départ). Pour ma part, j’ai trouvé que ça bouillonnait pas mal d’éclectisme.

A proximité de la projection du programme de la soirée sur le mur géant, le duo marseillais faisait découvrir son électro énergique et séduisante. Ou redécouvrir car nombreuses sont les occasions de les voir à Marseille dans des conditions bien plus propices à l’exercice de leur talent. Ici en effet, le plein air, l’éloignement d’un public très clairsemé n’a pas permis à mon sens d’apprécier les scratchs de Matthieu et la voix d’Andrea à leur juste valeur comme ce fut le cas par exemple au Nomad Café en avril 2009.

Dans la Salle des Sucres, le spectacle a commencé depuis belle lurette. Sept groupes de danse urbaine de la région se sont affrontés et j’arrive au moment exact de la proclamation des résultats. Le jury a eu bien du mal à se mettre d’accord toussââ, a bien été obligé de trancher mais tout le monde a gagné toussââ… On peut les applaudir très fort toussââ. C’est l’originalité du groupe Atl Crew qui a fait la différence et leur fait remporter le "superbe trophée" mais Vog’In Crew n’était pas loin paraît-il. Les lauréats bénéficieront de la prestation d’un professionnel qui réalisera un certain nombre d’outils de promotion pour faire connaître et reconnaître leur talent.

Suit la prestation de quatre jeunes de la Compagnie Di6danse qui présente sa création, "Déterminés". Chorégraphie parfaitement synchronisée, bel éventail de mouvements et sauts. C’est souple à cet âge-là…

Le concept est original de faire se rencontrer deux fanfares originaires d’une même zone géographique, les Balkans. A gauche de la scène, la roumaine Fanfare Ciocarlia, seyante dans ses chemises rouges sous manteaux et couvre-chefs noirs. L’autre, à droite, tee-shirts noirs floqués Boban I Marko Markovic Orkestar est serbe.

Après une prestation en commun, la battle débute à un rythme immuable : un morceau où l’on déploie son énergie sans compter sur scène, le suivant où l’on reprend des forces en coulisses.
Dans le public, chacun aura sa préférence ou les appréciera tout autant. Les amateurs de fanfares à la Goran Bregovic préfèreront la red team et son armada de cuivres. On y surveille les pavillons des tubas et des trompettes en quête de plumes de poules.

Ceux moins sensibles au dépaysement opteront pour la black team et son armada de cuivres, légèrement plus "occidentale", emmenée par la trompette – quelquefois le trombone - du survolté Marko Markovic, tout de blanc vêtu, lui.
Le final réunit les deux dizaines de musiciens. Le résultat de la battle n’est pas une surprise : là encore, tout le monde a gagné. Preuve en est que la foule en redemande. La scène est déjà bouillante une demi-heure avant l’arrivée de Raphael Saadiq…

Je me dirigeais vers la Salle des Sucres lorsque le dynamisme de la fanfare locale me happa. Du Prokofiev, du grunge, du rock’n roll, de la salsa, du metal… Le répertoire est festif et varié, la rythmique pêchue, les cuivres entraînants, les solos de saxos charmeurs, le chant mégaphoné déterminé.
Du coup, j’arrive trop tard pour shooter DJ Oil, en trio ce soir et je ne complèterai donc pas la chronique de Pirlouiiiit sur ce chapitre.


L’éclectisme de la soirée se poursuit à travers les basses sourdes des différents DJ croisés çà et là, le silent disco déjà décrit.

C’est la raison de ma présence ici ce soir. Il m’avait conquis un soir de juillet 2009 au même programme que Melody Gardot au Nice Jazz Festival. Il était alors épaulé d’un choriste danseur et il m’avait semblé assister à une renaissance des Temptations. Le sentiment ne sera pas le même ce soir. Raphael Saadiq entreprend bien quelques pas de danse mais sans son acolyte.

On est tout de même plongé dans les sixties avec une ambiance recréée des chansons de l’époque. Heart Attack n’est pas sans évoquer les bijoux d’Otis Redding, l’intro au piano de Radio, les délicieux martellements de Jerry Lee Lewis, les chœurs de Let’s Take A Walk, ceux des Temptations.

Don’t Mess With My Man nous rappelle son appartenance passée au groupe Lucy Pearl. C’était au siècle dernier. Son couple de choristes au déhanchement enthousiaste, ses riffs de guitare, son rhythm’n blues avec de bonnes doses de soul, le public qu’il sollicite pour répéter de courtes phrases sont autant d’ingrédients qui nous y transportent avec bonheur.
J’ouvris une parenthèse – expéditive - pour jeter un coup d’œil à Nasser. Mais c’est sous le chapiteau que mon attention s’était clairement portée.

Plus de photos de la soirée ici.
Signature : mcyavellle 02/11/2011
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Photographe : mcyavell
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