La Cave aux poètes, festival En solo ou presque. Un vendredi à guitare, un samedi tout en machines (enfin presque), pour boucler sa sixième édition à domicile, après être passé par la Condition publique et le Bar Live. Soit au programme : The Healthy Boy, Benoît Pioulard et Oh ! Tiger Mountain vendredi ; Cercueil et Wagner Samedi. C’est parti.
"J’adore le nom du festival !" s’exclamera Oh ! Tiger Mountain, pendant la prestation de
The Healthy Boy, Nantais à la tête de Bonnie Prince Billy. Il n’aura pas crié trop fort : dans le cadre d’une Cave aux poètes au climat intimiste, seulement bercé par une voix et une guitare, pas question de couvrir les arpèges et le chant du bonhomme. Soit 40 minutes de dénuement folk, avec quelques accélérations "rock’n’roll" ; de quoi taper du pied en hochant la tête, comme dans le fin fond du bayou.
Un changement de plateau plus tard (facile !), l’Américain
Benoît Pioulard dégaine à son tour sa guitare (classique) et déroule ses pop song intimistes. Sur disque, ces dernières sont portées par de légers arrangements, mais là, c’est guitare-voix, encore une fois. L’auditoire écoute religieusement, un "C’est beau mais un peu chiant" s’échappe du public mais pas trop fort, hein. C’est vrai que c’était beau…
Vient le tour du Marseillais
Oh ! Tiger Mountain, accompagné de
Kid Francescoli aux percussions. "C’est la première fois que c’est nous qui envoyons le boulet !" rigole Mathieu, l’homme au masque de tigre. Qui attaque avec "Do Whitout". Toute sa musique est là : des bouts de soul, une accroche rock, de l’indé par-ci par-là. Mais surtout, surtout, il y a sa voix. De celle qui font la différence. Ceci dit, Oh ! Tiger Mountain a beau bouleverser les âmes, le grand échalas n’arrête pas de faire l’andouille entre chaque morceau. Et secoue son monde avec "Over The Edge In The Snow". Avant de clore le set en solo, avec "Or The Drugs" et son arpège très "Stand By Me". Au rappel, lui et Kid Francescoli convoquent la "Josephine" de Chris Rea : écrire que leur cover est plus belle que l’originale serait un doux euphémisme…
Samedi, ambient et disco trash
Le lendemain, rebelote, mais dans un tout autre style : les Lillois de
Cercueil, dont le second album "Erostrate" sort le 3 mars prochain, avait décidé de la jouer "acoustique" ce soir-là. Exit la batterie donc, et place à un set très aérien, pour un concert "un peu spécial pour nous, c’était la première fois qu’on jouait les morceaux du nouvel album en public. En plus, on les a tous retravaillés pour ce concert", expliquait Nicolas Devos, moitié de Cercueil, après leur prestation. Ceci dit, hormis une guitare sèche, Nicolas et Pénélope ont tout ressorti : laptop, claviers, pédales d’effets en veux-tu en voilà. Résultat, un live très ambient et contemplatif. Pour les versions "originales", rendez-vous le 27 mars au Grand Mix, où aura lieu leur release party.
En attendant,
Wagner prenait la suite, installant son matériel devant la scène. Son credo ? Depeche Mode qui jammerait avec Joy Division, le tout remixé par Vitalic. Son disco trash très dancefloor mettant en valeur sa prestation de crooner moderne, Wagner n’hésitant pas à venir chanter au milieu du public. Qui après des débuts timides, finira par répondre positivement aux exhortations à danser lancées par le maître de cérémonie. Ceci dit cette andouille a oublié de se mettre dans la lumière : pas d’photos. Reste les souvenirs d’un dancefloor bas de plafond et haut en couleur.
Réagir à cette critique