Accueil Chronique album : Kabbalah - Shlomo, par Eric B.
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Critique d'album

Kabbalah : "Shlomo"

Kabbalah :

Jazz - Blues / Jazz

Critique écrite le 30 décembre 2006 par Eric B.

Un premier album réussi est toujours un ravissement. Kabbalah, groupe marseillais, a réussi cette prouesse grâce à un opus avec une vraie personnalité.
Avec Shlomo nous faisons une plongée dans un univers musical remarquable mais encore confidentiel, le Klezmer. Pour l'histoire ( vite fait promis juré ), le klezmer, terme yiddish désignait à l'origine un musicien. Aujourd'hui, il caractérise tout simplement cette musique si particulière d'origine fort ancienne ( pensez donc, déjà interdite d'exécution lors de la prise de Jerusalem an 70 av J-C par les romains ) qui à l'origine n'est autre qu'un astucieux mélange de danses populaires et de chants à caractères religieux, puisera une bonne partie de ses notes de la fusion avec d'autres cultures musicales ( au fil des migrations d'un peuple tjs en fuite, la musique klezmer s'enrichira d'influences tziganes, grecques, turques, roumaines, bulgares j'en passe et des meilleurs).
Kabbalah poursuit cet esprit de fusion à travers un album où le klezmer se partage l'affiche avec le jazz, et avec qqles guest star comme le rap , ou la musique orientale etc. et le plus souvent tout se déploie dans un même morceau.
Kabbalah nous offre à écouter des titres très agréables, riches en mélodies, variés en diable et notamment deux instrumentaux bien sentis( comme par exemple Baym Rebin Palestrina où Stephane Galeski nous montre la qualité de son touché et de sa sensibilité à la guitare ).
L'autre grand atout de cet album vient de ses multiples ambiances rendant les morceaux protéiformes. Certains à l'ambiance mystiques ( quoi de plus naturel pour un groupe s'appelant kabbale = un ensemble de spéculations métaphysiques sur Dieu, l'homme et l'univers, qui prend racine dans les traditions ésotériques juives ) on s'imagine en plein rituel ou sur le parvis du Temple de Jerusalem fondé par Salomon - " shlomo " en hébreux ) d'ailleurs l'album est introduit comme par une prière. C'est le sens de l'album qui est annoncé ici. Car l'attention absolument pure est prière. C'est qu'elle est pure présence à la présence, pure disponibilité, pur accueil ( le mot Kabbale signifie étymologiquement " reçu par la tradition " ou " reception " ) . Mais rassurez-vous la gaieté trouve toute sa place dans SHLOMO, et au sein même d'un titre ayant débuté avec une atmosphère intériorisée. La gaieté est suivie par la frénésie ( d'ailleurs avec un excellent travail du saxophiniste Uli Wollers ) quand elle ne se transforme pas en transe. Tout un monde de sentiments, de sensations dans un seul morceau. Toute une complexité. Mais jamais cette profusion n'altère l'élégance mélodique et rythmique. Un Joyeux vertige.
Kabbalah n'oublie pas la fonction la plus essentielle de cette musique : réchauffer les cœurs. Autant par la méditation à laquelle certains phrasés musicaux incitent, que par l'envie de danser : on se laisse bercer par les notes, le rythme et sans s'en rendre compte l'élastique et ardente géométrie du corps dans l'espace ( je vous que lorsqu'on s'oublie on s'imagine carrément faire partie de ses danses en ronds typiquement juives ) réconcilie l'esprit avec la poussière du sol et la pluie ne se fait pas prier sur le Prado. C'est qu'un véritable côté FESTIF s'invite à plusieurs reprises dans les morceaux comme dans Fun Tashlikh ou par le truchement des freylekh, ‘savez cette danse rapide faite pour que l'on danse tous en rond, bien évidemment sur le plancher, pas de place pour les vaches ( oh oh oh oh ché rigolo cet Eric B ), cette joyeuse farandole dans laquelle clarinette, violon et bugle semblent vouloir nous inviter à tout prix à entrer dans la danse!

Le chant ( pour l'essentiel en anglais mais avec des récitations, des incantations par ci par là en yiddish ) ne s'annonce pas très beau ( le début de Yefayfiyeh). Il n'empêche, le même Stephane Galeski cité plus haut exploite ses humbles moyens et son authenticité ( le même morceau) il accompagne voire véhicule une réelle émotion portée pourtant à bout de bras par la douce chaleur de la musique (bravo au violon d'Ana Starsteva, Patrick Ferné à la basse, la batterie et percussions étant dévolus à Gérard Gatto, voilà pour le tour d'horizon ), par la gravité de certains phrasés, l'ironie d'autres ; la nostalgie ( le manque du passé en tant qu'il fut ) aussi parfois ainsi que la gratitude ( le souvenir reconnaissant de ce qui a eu lieu : la joie présente de ce qui fut ) ressortent de l'ambiance des 10 chansons ( aucune ratée ) de l'album. Certaines personnes à qui j'ai fait écouter l'album en ont trouvé les morceaux trop...dépressifs (par exemple l'introduction Di Zapozhkelekh mon morceau préféré). Je ne le crois pas du tout ! J'affirme même qu'elles se trompent. C'est plus une atmosphère ouatée qui nous environne davantage que de la tristesse pure.
Gageons que Kabbalah, qui conjugue déjà au présent une musique que certains ont voulu effacer, d'en porter aussi l'avenir. Le groupe en a la carrure.
BRAVO les gars ( et Madame )
PS : au fait nos kabbalistes se produisent très souvent sur scène donc jeter un œil à la newsletter de LiM vous les y verrez sévir ici ou là. Ils sont superbes sur scène.

 Critique écrite le 30 décembre 2006 par Eric B.
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