Accueil Chronique de concert Big Daddy Wilson + Eric Gales + Robin McKelle + Fred Chapelier (Blues Roots Festival)
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Chronique de Concert

Big Daddy Wilson + Eric Gales + Robin McKelle + Fred Chapelier (Blues Roots Festival)

Big Daddy Wilson + Eric Gales + Robin McKelle + Fred Chapelier (Blues Roots Festival) en concert

Meyreuil 10-12 septembre 2021

Critique écrite le par


Pendant 3 jours, la ville de Meyreuil organise le Blues-Roots Festival, avec une belle programmation proposant des concerts gratuits et d'autres payants. Il y en a donc pour toutes les bourses. Ce sera la Troisième Edition, cette année de ce festival avec une belle programmation. Les concerts se déroulaient au Domaine de Valbrillant, dans les jardins d'une bastide du XVIIIème siècle. Lieu agréable. La météo a permis au concert de se dérouler sans accrocs et en plein air. Les gouttelettes du premier soir n'ayant pas troublé la fête. Nos emplois du temps ne nous ayant pas permis de tout voir, certains concerts seront plus ou moins passés sous silence, sans que leur qualité ne soit en cause. Bien sûr. Parmi les " gratuits " que nous n'avons pas vus, il y avait Raphael Imbert. Nous l'avons manqué, mais l'ayant vu au Festival de Jazz des Cinq Continents à Marseille, il y a deux ans, il y a fort à parier que les spectateurs ayant eu la chance de le voir ont dû se régaler.

Nous avons raté aussi Awek et Fred Chapelier. Concernant ce dernier, nous n'avons entendu que la dernière chanson de son setlist alors que nous venions du parking et ça avait l'air (franchement) bien. Les aléas de la circulation Marseillaise on eut raison de son set. Sorry Fred... Même si nous avons eu une petite " compensation ", mais n'anticipons pas...


Big Daddy Wilson a donné un set assez pertinent : Blues quoi ! En adéquation totale avec le thème du Festival. Il a joué ce que l'on attendait de lui. Bravo. Du Blues Roots " à l'ancienne " efficace avec un band super, mention spéciale au clavier et au guitariste. Et tous. Nous ne nous étendrons pas sur la prestation de Eric Gales. Mais un peu tout de même. Nous avons trouvé la chose assez pitoyable : beaucoup d'esbrouffe guitaristique, mais peu de " chansons ". Du heavy Blues sans âme. Le seul moment de frisson de tout concert fût la citation du riff de " Don't Fear The Reaper " du Blue Öyster Cult. Pas très bon donc. Mais ce n'est que notre humble avis. Un fan de Joe Bonnamassa (d'après son T-Shirt) était en transes et le public heureux. Le plus important finalement. Notre avis hé ? Quelle importance ? Mais Big Daddy Wilson c'était bien en revanche (au risque de la redondance). Et il a un peu sauvé la soirée : nous étions venus surtout pour Eric Gales et c'est sa première partie qui a sauvé la soirée.


Avec Gales, on était dans tout ce ne que DOIT PAS être un concert de Blues : des instrumentaux trop longs, de la virtuosité inutile et aucun frisson (sauf quand il a joué l'introduction de "Don't Fear The Reaper", au risque de la redite) ... Mais rendons lui hommage, il est capable d'exploit : il est arrivé à massacrer "Voodoo Chile (Slight Return) " de Hendrix, " Kashmir " de Led Zeppelin et " Back In Black " d'ACDC dans un SEUL morceau. N'est pas Stevie Ray Vaughn qui veut.

En revanche, la prestation de Robin McKelle fut fantastique. Pas moins. Avec une alternance d'originaux et de reprises de choix reflétant le bon goût de cette exceptionnelle chanteuse. Côté reprises : " Jolene " de Dolly Parton, " How do I let a good man down " de Sharon Jones & The Dap-Kings, " Mercedes Benz " de " La " Joplin ou " Forgetting you " (de James Carr).


Oui, oui elle a repris James Carr. Si ça ce n'est pas la classe... Côté chansons " personnelles " : un émouvant " Simple Man " sur le sort des émigrants aux USA à travers l'exemple de son grand-père ou " About to be your baby ". Pour coller à la thématique " bleue " du Festival, elle appelle à la guitare Fred Chapelier : vous vous souvenez " la compensation " évoquée plus haut ? Il jouera, superbement, 3 chansons avec Robin et ses musiciens (exceptionnels) dont " Feel like Breaking up somebody's home " (Albert King) et " Mercedes Benz " de Janis.


Bref, c'était DÉMENT. CETTE VOIX ! CE BACKING-BAND de tueurs. Fabuleux. Cette rythmique. Et ce pianiste/ organiste fantastique qui fait oublier l'absence de guitariste (sauf les trois chansons avec Chapelier indeed). A un moment du concert, nous nous sommes surpris à penser " Elle reprend Joni Mitchell et c'est beau à PLEURER ". Elle chantait " A River " dans une version magnifique. Tout ce qu'un concert devrait être : passion, bon gout et classe. La veille Gales avait signalé la vente de ses albums mais s'était excusé de ne pas les signer pour cause de " Covid ", ça se défend, mais Robin, elle, les signait... Habillée d'un T-Shirt Def Leppard (" pourquoi pas ? "), elle répond, avec plaisir, le même que celui qu'elle et son groupe manifestaient sur scène quelques minutes plus tôt, aux questions des spectateurs (dans un Français quasi-parfait s'il vous plait) et signe, avec grâce, les albums achetés. C'est ça aussi la classe. Et de repartir à Marseille la tête pleine de musique, les yeux brillants et le sourire béat. Merci Madame McKelle. Des personnes et organisateurs du Festival nous souhaitent de revenir l'an prochain... Promis.

Photos de Corinne BERTI

> Réponse le 26 octobre 2021

Bonjour, J'étais au festival aussi et j'ai beaucoup aimé les 2 concerts de Big Daddy Wilson et Éric Gales. Je suis d'accord avec votre critique sur Eric Gales et c'est vrai qu'il n'a pas fait beaucoup de chansons et pas mal de jam. Néanmoins j'ai été séduit par son contact avec le public, ses talents énormes de guitariste et sa gentillesse. J'ai donc passé une très bonne soirée.  Réagir