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Chronique de concert (mon) Hellfest 2026, 1-4 : Elder, Shelder, Winterfylleth, Rivers of Nihil, The Halo Effect, Skàld, Alice Cooper, Kadavar, Igorrr, Feuerschwanz
Jeudi 20 août 2026 : 4902 concerts, 27596 chroniques de concert, 5435 critiques d'album.
Chronique de Concert
(mon) Hellfest 2026, 1-4 : Elder, Shelder, Winterfylleth, Rivers of Nihil, The Halo Effect, Skàld, Alice Cooper, Kadavar, Igorrr, Feuerschwanz
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Si on a fait une coupure en 2025 (... mais pour aller chez son cousin flamand du Graspop !), on fait pourtant partie des rares personnes qui sont allées DEUX fois au Hellfest en 2024 ! A l'occasion de vacances nantaises, on était en effet revenus exprès au Champ Louet au coeur de l'été, avec le festival démonté : une expérience déconcertante et assez géniale, qu'on vous recommande de faire aussi si vous en avez l'occasion un jour !
Et pour ne plus être seulement des passants à Clisson, on en avait aussi fait une visite guidée avec l'office du tourisme, également recommandée : la petite ville à la fois médiévale et toscane est charmante, et avec une histoire très singulière. Vous serez étonné d'y apprendre que le plus terrifiant des musiciens satanistes reste moins flippant que le Connétable Olivier V de Clisson, dit "Le Boucher" (il aimait à mutiler lui-même ses prisonniers ...) et que pendant un temps, il a même dirigé une partie de la Bretagne depuis son fier donjon clissonnais, un château qui a de très beaux restes et se visite aussi...
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Bon, revenir au Hellfest en 2026, c'est encore une fois s'exposer à une shitstorm (assez modeste cette année) à propos de 4 ou 5 invités problématiques sur plus de 600 musiciens (... ce qui permet aussi à toutes les putes-à-clic de recycler les mêmes histoires chaque année). Et à une autre shitstorm plus interne au metal, menée principalement par les gens qui n'ont pas réussi à y venir et vous expliqueront invariablement que c'était mieux avant, que c'est "devenu Disneyland", etc. Sur 4 venues précédentes (toutes chroniquées ici !), on a fait presque à chaque fois un disclaimer sur ces choses-là, alors ce coup-ci on va abréger en rappelant simplement aussi que le Hellfest a mis en place au fil du temps une politique RSO complète et volontaire : énergie, déchets, gestion de l'eau, prévention des VSS, mobilité, accessibilité, biodiversité... A vous de juger si vous voulez (et de comparer avec d'autres festivals) : elle est en ligne !
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Revenir au Hellfest en 2026 par ailleurs, grâce à des acheteurs plus chanceux que nous (encore mille mercis à la famille Hartweck !), ce sera aussi revenir au Easy Camp, en tente duo vraiment confortable cette année : que de chemin parcouru depuis les Kartent en carton, dont celle-ci fait au moins 2 fois le volume : Madame y tient largement debout ! On sait bien que ce dispositif (certes coûteux !) fait aussi râler certains puristes du camping, dit "le vrai"... Bah, la dernière fois en 2024, on y était très bien aussi, solo en Decathlon MH 100 basique, au fin fond du Purple Camp... Il y avait aussi et autant de douches, de toilettes sèches, un petit déj' proposé... Alors oui, on marchait presque 10 minutes de plus, mais on était aussi bien plus au calme ! Disons que c'est juste vraiment plus cool de pas avoir à trimballer des affaires de camping quand on doit prendre Ouigo + Métro + Métro + TGV + TER + 35 minutes de marche, depuis Marseille...
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Revenir au Hellfest en 2026, c'est enfin venir communier autour de la mort du très aimé et regretté Ozzy Osbourne, père fondateur du metal et donc aussi mythique que Lemmy Kilmister, qui a déjà sa statue ici. Un certain Philippe Pasqua a donc réalisé cette nouvelle oeuvre, une sculpture jaillissant du sol et qui accueille les visiteurs avec une pose typique, mains levées ouvertes et grand sourire, dès l'entrée du festival... A titre personnel, on lui trouve un petit air de résine et on préfère donc le métal brut de celle de Lemmy... Mais l'hommage reste beau, et il fait sens ! Musicalement on en entendra aussi plusieurs tout au long du week-end, sur les petites et les grandes scènes, il y aura un hommage vidéo / feu d'artifice, et jusqu'à The Offspring qui reprendra Paranoïd & Crazy train dimanche soir.
On commencera notre marathon de concerts assez délicatement par Elder à la Valley, un groupe de stoner au son costaud mais peu violent, psychédélique au point de sonner presque floydien par moments. Le chant y est rare mais raffiné et clair, c'est assez joli ! L'occasion d'aller attraper la première d'une loooongue série de bières et de vérifier que Mémé Patate vend toujours ses magnifiques kouign-aman (oui, oui, c'est un point de repère important pour nous !). On avait pas prévu de voir ce groupe, on pensait arriver plus tard mais pour une fois, rien n'a merdé sur le trajet, alors...
A la Warzone, les Shelter emmenés par un braillard jovial, sont des vieux punks (crête plutôt blanche... et sur le menton), tout à fait dignes - du talk over posé sur des gros riffs, ça marche bien et ça claque : il paraît que c'est du "krishnacore". Bah, avec 89 styles sur 183 groupes (si, si, on a compté !), avouons qu'on a un peu renoncé à comprendre ces appellations foutraques - celle-là semblait pas plutôt aller à Bloodywood, intuitivement ? A 18h30, un type ivre mort gît déjà les bras en croix dans le gazon au milieu du public mais tout va bien : il répond quand on lui parle, et se rendort aussi tôt. Un farceur, après s'être inquiété de lui, lui peint donc les ongles en noir...
Winterfylleth est un premier groupe de black metal, pas trop impressionnant physiquement mais assez mélodique et puissant, plutôt agréable musicalement malgré un son qui les dessert un peu (au point qu'ils seraient à réécouter, sans doute). Il fait "beaucoup" plus frais sous les grandes tentes qu'au soleil mais quand même : on a soif et on se liquéfie ! Et puis on se réjouit de retrouver notre BFF du Hellfest : le grand portique et son rideau d'eau mythique ! Sans doute l'équipement le plus efficace du site contre la canicule (ex aequo avec les pipelines de bière, bien sûr)...
Tout à côté (et parce qu'on a déjà vu et revu les Inspector Cluzo, y compris cette année et même si on les aime bien), voici les nettement plus barbus et chevelus Rivers of Nihil, qui font du death metal avec des passages prog atmosphérique et même du saxo (!), aux interventions parfois incongrues d'ailleurs, n'oubliant heureusement pas les fondamentaux de growl et autre double pied au cul du batteur, mais aussi des voix claires et beaucoup de musicalité. Pas mal du tout, original en tout cas : on y reste un bon moment même si on finit par aller profiter de notre autre BFF du Hellfest, culinaire celui-ci : les Hellsnacks (où on va passer plusieurs fois tous les jours !)
Comme Borknagar ne nous a pas fait grosse impression, après avoir testé le super kebab végé (révélation Hellsnack 2026 !), on est allé faire deux-trois choses et notamment une pause glace Picard/Hellfest à l'entrée : très bien, la collab esquimau pimenté, en vente dans les magasins, il n'est pas trop tard ! Retour pour The Halo Effect, bien coché sur notre liste comme mélodieux et suédois, avec une touche de folk limite un peu kitsch grandiloquent. Mais supportable et d'ailleurs, l'Altar est à nouveau bondée ! Dans le style ça m'a fait penser à Arch Enemy... mais sans bombe anatomique au chant, hélas. Cool quand même, peut-être le premier vrai kiff de ce jeudi, même !
Déjà vus ici en 2022, le folk de Skàld nous avait bien tapé dans l'oeil (jolies costumes et décors) et dans l'oreille. S'ils chantent en viking, les deux voix sont également intéressantes : celle du chanteur principal est gutturale et par moments diphonique ; d'autres hommes l'accompagnent souvent, et celle de la chanteuse et sorte-de-violoniste nous rappelle Lisa Gerrard de Dead Can Dance : une sacrée référence, et qui nous fait bien vibrer ! Sur le principe d'instruments plutôt organiques, les gros tambours envoient des rythmes assez hypnotiques - depuis Heilung, on sait que le public du Hellfest se laisse volontiers envoûter et les félicitera bruyamment. Avouons que si en écoute jamais ailleurs qu'ici, on adore voir au moins un concert "pagan" ou apparenté à chaque venue...
Même si on l'a évidemment vu et revu, on est bien obligé d'assister à la fin du set de ce bon vieil Alice Cooper, qui est quand même une légende vivante ! Mais on préfère nettement sa config' Hollywood Vampires (qui nous a tué deux fois ici !) à celle-ci, un peu trop pépère et bien huilée... Il déroule sa setlist sans mouiller sa belle chemise ensanglantée, laisse son batteur faire un solo à l'ancienne (ça intéresse quelqu'un en 2026, un solo de batterie ? Si c'est pas au moins Tommy Clufetos ou Danny Carey ? moi, non !)... Alice revient relever les compteurs avec son indépassable (et quand même agréable !) School's Out et finit, curieusement, par une reprise du Smells Like Teen Spirit de qui-vous-savez. Exécution correcte certes, et chanson jamais entendue au Hellfest mais quand même... WTF ?
Un joli moment suit, celui de l'hommage à Ozzy Osbourne, avec projections et un beau feu d'artifice comme on sait les faire à Clisson - et ce sera d'ailleurs le seul du week-end ! On se réjouissait de revoir Kadavar dont on avait poncé les deux premiers vinyles, mais le groupe a pas mal changé et est devenu un peu trop poseur à notre goût. Evidemment les riffs heavy façon Zep/Sabbath marchent toujours : à leur meilleur, on peut citer Doomsday Machine, vraiment classieuse. Mais à ces braves allemands qui ne sont finalement qu'un bel ... ersatz (désolé), on préfère désormais, dans ce style revival, les américains de Rival Sons, tout aussi poseurs mais musicalement plus authentiques ! Et d'ailleurs on en a pas vraiment de photo utilisable : un acte manqué, peut-être...
Il est vrai que Madame nous a judicieusement rappelé qu'on avait prévu de voir les intrigants Igorrr (sur le même créneau), très attendus et qui ont bien rempli la tente Altar. Excellente pioche que ce mix improbable mais étonnamment sexy entre death metal, chant lyrique voire baroque féminin, influences orientales, breaks de malades, sons électro, hurlements glaçants masculins, indescriptible en somme - ces gens sont dingues, à l'évidence ! Mais il se trouve qu'en plus d'être sacrément original, c'est aussi assez jouissif, en tout cas en live. Alors évidemment, ils font un triomphe à la fin ! Et nous, on aura aussi à les réécouter...
Ayant tout le voyage dans les pattes, après minuit on est bien crevés mais pas question de ne pas aller rigoler un bon coup en compagnie des Feuerschwanz, folk metal - un genre toujours distrayant en live ! Iels font instantanément disjoncter notre kitsch warning, rien qu'avec les armures en résine des deux chanteurs, les peaux de bêtes, les binious et violons... Et ces deux danseuses/walkyries un peu grotesques (que sur le moment, on pense avoir qualifié bien moins poliment). Avec leur énorme abattage, ils font néanmoins de très bons entertainers, font participer et chanter le public (y compris en allemand !), et ont aussi quelque part un peu d'ADN heavy metal flamboyant, façon Maiden. En gros on a cru ne pas aimer... mais on est bien resté une moitié, cherchez l'erreur ?
Allez, il est temps d'aller faire dodo, cette édition Tales From The Pit ne fait que commencer et cette fois, on est là pour 4 jours... Ce que doivent sûrement se dire les courageux qui sont nombreux à faire la queue pour la douche, à 1h30 passée. Ca sera sans nous, et avec nos doubles protections auditives, c'est pas le DJ du Metal Corner qui va nous empêcher d'écraser assez sereinement - ce n'est pas toujours le cas de la première nuit !
La suite, day two, c'est par ici !
Critique écrite le 23 juin 2026 par Philippe
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