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Chronique de concert (mon) Hellfest 2026, 4-4 : Silhouette, Maid of Ace, Gnome, Sublime Cadaveric Decomposition, Thy Light, Buzzcocks, Circle Jerks, Corrosion of Conformity, Agnostic Front, The Hives, The Offspring, Mayhem
Dimanche 11 octobre 2026 : 4920 concerts, 27636 chroniques de concert, 5435 critiques d'album.
Chronique de Concert
(mon) Hellfest 2026, 4-4 : Silhouette, Maid of Ace, Gnome, Sublime Cadaveric Decomposition, Thy Light, Buzzcocks, Circle Jerks, Corrosion of Conformity, Agnostic Front, The Hives, The Offspring, Mayhem
Quatrième et dernier jour, ouf... Car après l'apothéose d'hier soir, apercevoir accidentellement notre tronche matinale dans un miroir des douches nous a fait comme un choc ! Ce combo "carbonisé/déterré", brrr... C'est qu'on avait toujours réussi à ne pas rester 4 jours d'affilée, ni ici ni au Graspop - on imaginait d'ailleurs (à tort) que 3 jours était notre limite physique... Et puis il n'est souvent pas évident de rester 4 jours, en étant à la fois papa et salarié ! Deux mauvaises excuses sans doute, car avec une moyenne d'âge presque quadra au Hellfest en 2026, et une sociologie qu'on sait plutôt CSP + ... Une bonne moitié du public pourrait sortir les mêmes !
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Bref, il va bien falloir profiter encore de cette journée, qui restera notamment comme le seul jour où il a plu ! Oui mais... 45 secondes ! Le temps d'une grande clameur collective et c'était déjà fini, hélas. La canicule nous aura par contre coûté de devoir boire des bières légères, et en 25 cl au max, décision sans doute défendable de M. le Préfet de Loire-Atlantique... Bref instant de panique en arrivant sur le site donc, car si on supporte assez bien la chaleur notamment avec l'aide de notre grand ami Splash-le-Portique, une journée entière à la Carlsberg, par contre, c'est vraiment une certaine idée de l'Enfer... Quant à tourner au Muscadet, mieux vaut ne pas y penser et d'ailleurs, il y a une tête de vampire zemmourienne et très dissuasive sur le splendide petit gobelet annuel !
On attaque avec les élégants et l'élégante de Silhouette, black metal mixte de Montpellier, et en français. Encore plutôt inadaptés au changement climatique, car tout le monde y porte des vêtements longs et noirs (mais ils jouent heureusement à l'ombre), Madame a une belle voix claire et cristalline, qui contraste agréablement avec celle de Monsieur (qui growle son désespoir trois ou quatre octaves plus bas), les compositions sont certes assez référencées mais laissent aussi s'épanouir de la mélodie, prenant quelques instants pour de la rêverie même sur leur set trop court, entre deux déferlements de rage contenue. Bonne pioche !
Terrain assez connu également pour les toutes mimi pétroleuses de Maid of Ace, une groupe de frangines anglaises qui pratique un punk-rock mâtiné de hardcore - elles vocalisent toutes, et la chanteuse à haute intensité le fait avec un timbre joliment éraillé. Bien remonté tout en restant assez musical, c'est vraiment fun ! Divine surprise à ce moment, on se rend compte au bar de la Warzone qu'en fait, la bière blonde de La Bête se qualifie encore pour aujourd'hui - voilà qui va contribuer à nous remettre de fort belle humeur, puisqu'on est sauvé de la pisse de rat danoise ! Moins sauvée est Madame hélas, qui constate que les puristes de la pinte, eux, ont totalement renoncé à la bière et auront donc éclusé tous "ses" Coca Zéro bien avant l'heure de l'apéro...
Avouons qu'on a pas très bien compris le projet un peu décalé de Gnome, qui consiste à porter et faire porter des chapeaux pointus rouges à un maximum de gens, comme s'ils allaient en faire un truc rigolo, alors que leur stoner est on-ne-peut-plus-sérieux, pas du tout parodique en l'occurrence, ou alors c'est un peu trop subtil pour nous - ou bien ce sont les paroles qui sont drôles, mais anglophones hélas ? Leur clip décalé nous avait laissé espérer un peu plus de fantaisie en live : ça sonne bien, mais c'est assez standard dans le genre et un peu déceptif, du coup.
Sublime Cadaveric Decomposition est de ces groupes qu'on vient voir sur la seule base de leur nom, dans le vague espoir de voir un truc visuellement un peu décadent. Rien à signaler ici à part des tableaux un peu dégueu derrière eux ; pas même du corpse paint (ils ont raison, ça dégoulinerait !). Mais pour le coup, on se marre quelques minutes devant ce style très pointu de "grind core", au delà de ce qu'on est capable d'écouter... Mix entre un constant borborygme d'évier qui se débouche (et sur une seule note grave) à la voix, des guitares et une batterie essayant mutuellement de se couvrir entre riffs insensés et double caisse à 600 bpm. Allez, n'en dégoûtons pas les fans (il y en a bien quelques uns...) et d'ailleurs, c'est l'heure d'aller enfin faire une "blackened sieste" sous la tente Temple (un autre passage obligé dans tout séjour au Hellfest !).
On y sera réveillés plutôt agréablement par Thy Light, groupe brésilien qu'on avait pas repéré du tout : un joli logo et enfin du corpse paint correct, sabre de bois ! Qualifié de "black dépressif" par l'appli, on les trouve pourtant plus frais que bien d'autres ! Bien sûr, hurlements arrachés et morbides et une thématique suicidaire, mais ça c'est un peu la base... Par contre, quelques vraies belles chansons nostalgiques, parfois même de la guitare acoustique ! On finit donc par y rester (au sens propre, hein, pas au figuré !), parmi le public mi-envoûté, mi-assommé de chaleur, qui dodeline sous la tente devant ces montagnes russes émotionnelles. Pas si mal ! Et mieux en tout cas que les italiens de Fulci qu'on avait coché, eux, et dont le brutal death nous a bien plus déprimés... Et ne nous a donc pas retenus plus de quelques minutes !
Pause au camping donc, où l'on a naïvement cru pouvoir se reposer encore un peu sous la tente. Mais il y fait bien trop chaud, même en ouvrant tout ! Et le cruel simulacre de pluie déjà évoqué nous y laisse comme des poissons tombés hors de l'aquarium... Profitons-en pour parler ici des mesures exceptionnelles et vigoureuses prises par l'organisation contre la canicule : en plus des portiques, des brumisateurs géants ont été ajoutés à plusieurs endroits, dans les bars on sert de l'eau fraîche à volonté en pinte, on s'inquiète de savoir si vous allez bien et si vous avez une casquette (...vu votre tête d'abricot brûlé), et on y remplit toutes vos gourdes... Quand on voit le nombre de festivals qui a du annuler dans la semaine suivante (Solidays, Garorock etc.), on se dit que la logistique (et l'armée de bénévoles) du Hellfest se démerde pas si mal pour s'adapter ... Et on leur en sait gré : bravo à eux !
"Les Buzzcocks, pour de bon ? Mais... ils sont pas tous morts ?" avait-on bêtement pensé en les découvrant à l'affiche. Eh ben non, depuis 50 ans que ce groupe existe, la plupart de ses fondateurs est partie (au propre, comme au figuré !), mais Steve Diggle, bassiste historique et donc quasiment une légende vivante, est bien au micro à 71 ans, et avec encore une partie de ses dents... Et il a toujours la patate, merci pour lui ! Avec des sidekicks plus jeunes et qui le laissent prendre la lumière, leur punk pop reste léger et pétillant, sur trois accords de Telecaster bien acérée façon Ramones (What do I Get, enthousiasmante d'entrée !), et on y parle surtout de filles et d'amour (Orgasm Addict). Leur tube inégalé - on savait bien qu'il y en avait un ! - est évidemment Ever Fallen in Love, joyeux et enlevé lui aussi ! Très chouette moment, thank you Sir, revoyons-nous donc dans quelques années ... avec votre prochain groupe ?
Sur le créneau suivant, pas trouvé notre bonheur musical... en commençant par les norvégiens de Gehenna qui sonnaient comme un Behemoth du pauvre, puis quelques moments à Pennywise en mainstage, punk-à-roulettes californien éventuellement écoutable en théorie, mais dont le chanteur était mauvais comme un cochon et reprenait, mal, les Beastie Boys - faut le faire ! Donc assez affligeant à notre goût... Finalement, le meilleur moment de cette errance paisible sous les bois aura été de revenir à la Warzone où on a trouvé une lance à incendie en mode kärcher bienfaisant sous le mirador, avec laquelle des bénévoles arrosaient patiemment et un.e à un.e les hellbangers... Un bonheur simple et presque parfait, qui nous manque d'ailleurs bien en rédigeant ces chroniques en dégoulinant sous la canicule dans notre salon, quelques temps plus tard !
Revoici des vieux punks (un peu une habitude, sur cette scène, on en a vu de bien plus blanchis encore), les Circle Jerks, également issus du fin fond des années 70, cette fois californiens, avec manifestement davantage de membres d'origine, et un peu plus speed que les "Vibromasseurs" anglais... Hélas le chanteur passe beaucoup trop de temps à parler, pensant utile de nous préciser qu'il est américain mais qu'il déteste Trump (...Sans déconner ... Vous, des vieux punks californiens, vous ne supporteriez donc pas cette saloperie fasciste et corrompue jusqu'à l'os ?) "Me raconte pas ta vie, si tu viens pour me tuer !" Pourtant leurs chansons un peu gueulardes ne sont pas déplaisantes (Live fast, die Young ou Wild in the Streets, pas mal). Mais sans nos notes, on aurait sans doute déjà oublié la prestation de ce groupe...
Alors ça, par contre, nom de Lemmy (ou d'Ozzy ?), ça sonne : Corrosion of Conformity ! D'ailleurs on pense les avoir vus en 1996 à Marseille en première partie de Metallica, en l'an 2 avant Concertandco ! C'est du sludge stoner certifié (au moins) 40 ans d'âge, mais avec une touche de groove bienvenue (Clean My Wounds), une voix hurlée hyper précise, voire assez sexy - ils sont très bons, au point de nous faire penser à Kyuss sur les morceaux les plus lourds (Albatross) - et là, on a pas de meilleure référence en la matière ! On se liquéfie donc, de chaud certes mais presque aussi de joie, sous les coups de boutoirs et les riffs de plomb de ces darons très, très en forme : bravo, ça restera sans doute notre concert stoner préféré du week-end !
Créneau suivant et notre dernier à la Warzone pour 2026 avec encore d'autres vétérans légendaires, les hardcoreux new-yorkais d'Agnostic Front. Ces gars-là, latinos pour partie, ont des dégaines de badass musclés et tatoués à ne (surtout) pas faire chier, et ils cassent d'ailleurs très proprement la gueule à un public qui en redemande ! Très efficaces (My Life, My Way ou Old New York sont super !), on est toujours pas fanatiques du style... Mais c'est une légende de plus à cocher après notamment Madball, Clawfinger, Black Flag, Bad Religion ou encore les Suicidal Tendencies... Au bout de 5 venues au Hellfest, on aura bientôt vu ou rattrapé "tout le monde", y compris dans des styles underground ! On a pourtant du partir avec regret bien avant la fin pour aller se placer en mainstage, et devant en plus subir les (abominables) Architects, les seuls à nous avoir fait saigner les oreilles en 4 jours de festival (pour mémoire, on peut personnellement tout supporter, sauf le metalcore !)
Car évidemment, on ne pouvait pas rater la première venue ici de The Hives, pas revus depuis... trop longtemps ! Bon, leur célèbre zébulon Pelle Almqvist est un poil moins physique qu'il y a environ 20 ans (il a aussi quelque peu doublé de volume...) et ses musiciens (tous inchangés, sauf erreur ?) semblent un peu moins électrocutés que par le passé... Par contre le frontman aime toujours autant interagir avec le public dans un français de vache espagnole, et en faire des caisses jusqu'à frôler l'overdose... Hélas, certaines chansons fantastiques ne sont plus jouées (A.K.A. I-d-i-o-t, un des meilleurs morceaux punk de tous les temps... heureusement remplacée par Come On, leur célèbre chanson à deux mots de texte !)... et hélas aussi, on sait que leurs derniers albums sont de moins en moins inspirés.
Ceci étant dit : "We came to put some rock'n'roll in your metal, it will only taste better !" : Indeed, guys ! En plus, le show est hyper-participatif - on nous donne toujours quelque chose à faire dans le public ! Et c'est vrai que ça fait du bien, un tel concert de punk'n'roll explosif et guilleret, pour changer. Après tout, ils ont déjà joué au Motocultor, claquant par avance le bec aux puristes et aux snobs potentiels ! Pur plaisir que de revoir en live des titres comme Main Offender, Walk Idiot Walk, Tick Tick Tick Boom, Hate to Say I told You so, autant de tubes totalement insubmersibles et qui nous font passer un excellent moment, dans un show super bien calibré... Alors certes 20 % moins électrique qu'il y a 20 ans (...ah zut, on a même oublié d'aller pogoter !), mais qui semble avoir plutôt ravi les metalleux ! The Hives forever ? Forever the Hives !
Bah, on a un peu glandé sur la suite, avouons-le, on avait bien envie de prendre un dernier dîner à la fraîche en zone Valley (sans concerts !) et de re-goûter quelques glaces savoureuses avec Madame (La Fraiseraie, tuerie nantaise !), qui a ensuite préféré rentrer tranquillement se reposer ... après avoir tout donné sur 4 soirées, et devant l'ampleur du chantier qu'elle avait semé dans notre tente (pas taper, pas taper !) ! The Adicts et leurs super costumes auraient notamment mérité plus d'attention, mais on s'est un peu posés, nous, notre stylo et notre appareil photo. Pour changer un peu (habituellement on voit toujours la fin de leurs shows !) on est allés assister plutôt au premier tiers de The Offspring, toujours très pro, pour voir enfin Come out & Play ou Staring at the sun en live. Reste que c'est quand même toujours le même concert, et que la voix de Dexter Holland était plutôt dans une soirée sans - au bout de 30 minutes et après une (chouette) reprise du Crazy Train d'Ozzy, on a décidé de donner sa chance à ...
... MayheM, définitivement le groupe au plus beau logo, et surtout à la plus belle légende noire du black metal, encore jamais vus... Bah, les années folles où les Norvégiens se sont entretués et ont incendié des églises en bois millénaires sont très loin (malgré un diaporama quelque peu nostalgique qui semble essayer d'évoquer ces temps "glorieux"...). En 2026, il reste un groupe un peu terne et à la déco pas travaillée, sans pyrotechnie et même sans bougies. Où le chanteur manipule un crâne-micro et quelques ossements comme un sorcier fatigué... Pour être honnête, ça sonne assez bien quand même (on s'attendait à pire, vu notre souvenir de leurs albums !), mais ça reste sur une base de hurlements lugubres, double pédale et guitares un souvent confuses, soit tout ce qui nous emmerde un peu en black metal. La cavalcade finale rattrape un peu le coup, mais c'est quand même beaucoup moins fun, esthétique et qualitatif que, par exemple, leurs cousins Suédois de Watain !
Rideau sur cette hénaurme édition 2026 - on gagne gentiment la sortie aux dernières notes de Self Esteem, et en saluant bien bas la Gardienne des Ténèbres déjà endormie, au passage... L'année prochaine, ce seront les 20 ans du Hellfest ! Ben Barbaud et son équipe ont donc annoncé 300 groupes au lieu de 180 et surtout, 10 scènes au lieu de 6 ! En 2027, il y aura donc 5 concerts par créneau, un chiffre sans doute digne du Wacken Open Air. Une plus grosse proposition certes, mais forcément plus chère aussi, et personne ne pourra voir plus de concerts pour autant ! Avouons qu'on ne sait pas encore trop quoi en penser ; ce qui est sûr, c'est que ce sera une expérience différente de celles que nous avons tant appréciées jusqu'ici...
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Mais personnellement, on aura surement pas l'imprudence de dire ou d'écrire "Plus jamais le Hellfest !", comme moult grandes gueules des réseaux sociaux... qui seront probablement bien connectées discrètement à la prochain échéance de mise en vente, dans l'espoir de choper un pass pour cette Absolute Edition ! D'autant plus qu'avoir 50 ans (et bientôt plus) n'était finalement pas être trop vieux pour ces conneries, on a bien pu le constater en 2026... Car pour qui peut se le payer (et aussi, arriver à choper son pass), le Hellfest reste une expérience unique à vivre, une sorte de bulle de bonnes musiques et d'insouciance, de communauté informelle et de camaraderies improvisées, de junk food et autre bières "à volonté", alors pour conclure ici...
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Merci à toutes celles et ceux qui nous le font vivre, et merci en particulier aux bénévoles ! Merci enfin à la personne du service Presse qui aime suffisamment nos chroniques pour nous accréditer, et ... Longue vie au Hellfest !!
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Critique écrite le 23 juin 2026 par Philippe
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