Raaah putain, on l'attendait avec impatience ce concert. Faut dire que L'Angle Mortréunit ce qui nous prend aux trippes en hip-hop et rock depuis quelques années. A savoir la rencontre entre le rap rageur de Casey, une tueuse tout simplement, une nénette qui allie l'intelligence des textes de la Rumeur avec la puissance physique d'un Joeystaar des .../...
Raaah putain, on l'attendait avec impatience ce concert. Faut dire que
L'Angle Mortréunit ce qui nous prend aux trippes en hip-hop et rock depuis quelques années. A savoir la rencontre entre le rap rageur de
Casey, une tueuse tout simplement, une nénette qui allie l'intelligence des textes de la
Rumeur avec la puissance physique d'un
Joeystaar des débuts et surtout une haine jamais entendu jusque là, et
Hamé, membre de
La Rumeur, ce qui se fait de mieux en hip-hop intelligent et rageur depuis plus de 10 ans avec le trio bruitiste
Zone Libre à savoir
Serge Teyssot-Gay (Noir Désir), Cyril Bilbeaud (Sloy) et
Marc Sens (Yann Tiersen), qui délivre un rock tendu, sombre et incandescent. Le résultat ? Une musique oppressante, violente, viscérale et obsessionnelle, entre anéantissement et rage. La noirceur et la colère des paroles sont soutenues par une bande-son à l'unisson. Une tuerie sur
sur disque !
Une seule crainte que le concert soit en deçà de nos attentes. Mais vu que Tous , dans leurs groupes respectifs, ont toujours servis des concerts intenses, on risquait pas grand chose. Et le concert a été au delà de ce qu'on pouvait espérer, une vrai claque, au sens physique du terme. Ko debout qu'on était.
Mais revenons à la première partie,
Abraxxxas from Marseille, dont on a déjà parlé dans ces colonnes. On avait apprécié son
concert au Daki Ling et
sur skeud, et là on a pu voir une nouvelle étape, car à ne pas en douter, ils ont bossé ! Quand j'arrive
Abraxxxas,
Dj H2C, et
Mc Ray sont déjà sur scène et ont attaqué depuis un bon moment. La salle est réceptive, pas évident pour une première partie. Déjà le sont est en place, ça claque. Et deuxième bonne surprise,
Mc Ray est bien moins en retrait que la dernière fois, et le répondant avec
Abraxxxxas marche à fond.
Niveau jeu de scène, les deux lascars jouent, se ping-ponguent, s'esquivent, s'invectivent, ... Le flow du lead, grave et percutant, est des plus efficace, notamment sur des titres comme
Danger,
Y a des jours, .. La rencontre avec l'électro sortira renforcée par le côté gros son qu'ils s'offrent aujourd'hui. Pas évident d'assurer la 1ère partie de ce qui va suivre, ils s'en sont sortis avec les honneurs.
Le trio
Zone Libre entre sur scène et balance l'oppressant Angle Mort en boucle. Sergio, tee-shirt Dalëk au poitrail, commence ses kata et autres coups de pied en avant. Ils sont dedans, ça rigole pas. Mais l'intensité est palpable. Casey et Hamé font leur apparition. On est nombreux, enthousiastes, Casey laisse échapper un sourire. Ils attaquent (le terme n'est pas usurpé), le flow est agressif, pointu. La musique prend plus de place que sur le disque, physiquement on est pris dans le son. Lourd, très lourd. Cette rencontre paraît naturelle. Entre des individus, une musique si radicale. Il ne s'agit pas là de hip-hop et de rock, mais d'un tout, une machine qui noue.
D'ailleurs l'acclamation qui s'en suit les surprend. Casey, sarcastique, nous félicite de ne pas être allé à la Cathédrale Vélodrome, Hamé tente d'enchainer sur une blague sur le foot, un "on s'en branle du foot !" est éructé de la salle, Casey enchaine avec "Ouais on s'en tamponne !". Et sur ce Sergio fait parler la poudre.

1/20. Le riff ravageur est reconnaissable entre mille. Là Casey entonne Avoir le fou rire devant la bannière tricolore et me nourrir de bière, si c'est pas punk ça ! Bon, avouons le, c'est elle qui va prendre la lumière ce soir. Y a pas à dire, musicalement ça assure sévère, le flow d'Hamé touche au but, mais Casey irradie. Une présence physique indéniable, le même uppercut que pouvait filer Joeystarr il y a bien longtemps. Mais aussi un sens de l'humour certain, lorsqu'elle présente un texte écrit par Brice Hortefeux avec des arrangements de Bernard Kouchner (conspuassions et doigts levés dans le public), lorsqu'elle répondra "Mais pourquoi tant d'hostilité envers ces gens charmants des forces de l'ordre ?" quand une partie de la salle entonnera un slogan de la jeunesse grecque. D'ailleurs à chacune de ses interventions, après chacun de ses flow, elle recueillera l'adhésion, voire une affection sincère du public. Cela a eut l'air de la surprendre et l'a touchée. Elle aura même du mal à entrer dans, l'extraordinaire, La chanson du Mort Vivant. Mais une fois dedans, avec cette putain de litanie rythmique plombée, un silence religieux s'installe. Encore une fois, musique et voix sont à l'unisson. Ko debout.

Une tête à la traine, le match de boxe de Casey, elle enchaine pas de danse, se présente de 2/3 face à la salle (sa posture favorite), le morceau le plus groovy du disque, terriblement efficace. Je perds.., ...mon temps, j'attends... ...mon heure !, ping pong pour le refrain avec Hamé et le public. La hargne de la demoiselle se dilue dans son sourire vu le plaisir qu'elle prend. Une nouvelle fois, hystérie dans la salle. ca fait longtemps que 'j'avais pas vu ça côté public.

Hamé enchaine avec La meilleure des polices a capella. Titre issu de <'>"Le cœur à l'outrage", dernier opus de La Rumeur, surement un des morceau les plus intelligent jamais écrit. Forcement on connait les paroles par cœur dans les premiers rangs. dommage que le dernier couplet soit passé à la trappe. Vient le tour de Le mur, putain de texte littéraire d'Hamé. D'abord cette ambiance oppressante distillé par Zone libre, basse lourde, gratte métallique et implacable. Et ce texte et ce flow qui retranscrit l'inéluctable d'une vie glauque. Re-baffe.
Les Mains noires, la tuerie qui ouvre l'album. Seul titre que je trouve en déca par rapport au disque, c'est sûr que les voix enregistré de Césaire & co marquent par l'intensité qui s'en dégage. Mais pouvoir dresser le poing pour Angela Davis et Fanon, ça serre toujours un peu niveau cage thoracique.

Après E.L.S.A., vient Ce chien dans ma tête, autre perle de La Rumeur. Là c'est l'orgasme. L'arrangement musical épouse parfaitement ce texte et ce flow obsessionnel. Purger ma peine, deuxième round après un tête à la traine. Ca headbangue toujours, ça dresse le poing, le refrain est encore une fois entonné par la salle. Public rock ? Pas que, les textes de La Rumeur, Casey et l'Angle Mort sont sur les lèvres de pas mal de monde dans la salle.
Ma Haine, brûlot de Casey, arrive. Hamé en soutien, et toujours ce soutien de ces putain de zicos qui s'effacent derrière les deux porteurs de micros mais qui soutiennent le tout. Sergio est mon dieu vivant, tout ce qu'il touche (Hivernaux, Interzone, Slam et souffle, ...) se transforme en or. Ce soir visage fermé, il enchainera ses katas de maître, face au public, fera danser sa guitare face son ampli, et délivrera des riffs obsédant. Cyril Bilbeaud, toujours classieux derrière sa batterie, supervise tout ça et se déploie façon subtile derrière ses fûts. Marc Sens, notre Thurston Moore à nous, alternera entre basse plombée et guitare maltraité avec perceuse et baguette.

Maintenant conclue le concert. Rare morceau optimiste de l'album. Manifeste porté par Hamé qui en appelle "à l'insoumission, à sa beauté, à sa flagrance." avec le Maintenant ! Ici ! martelé par le public en transe. Qui sera achevé par l'instrumental impérial qui clôt le morceau.
Le rappel s'achève avec un putain de morceau que je ne connais pas. A priori dégun autour de moi ne l'a déjà entendu. Une avant-première du prochain album de Casey ? Un morceau écrit sur la route avec Zone libre ? Rappel, comment dire, à l'image de ce concert : mortel.

Ils sortent, pendant vingt minutes la salle gueule Ici ! Maintenant ! pour un deuxième rappel qui n'aura pas lieu. Nous étions masochistes, un ko debout ne nous aura pas suffit, on voulait être achevé complètement. Encore une fois, rarement vu une telle ambiance dans le public. Peut-être depuis The Ex dans cette même salle. A aucun moment l'intensité, la tension installée au premier morceau n'est redescendu. A aucun moment la complicité entre le groupe et la salle ne s'est démentie. Seul regret de la soirée, se dire que le concert de l'année a déjà eut lieu...
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