Il y a peu de groupes qu'on reconnaisse en 3 secondes. C'est pourtant le temps qu'il faut pour identifier sur Rock'n'Roll Train, le son mythique duo Gibson SG/ampli Marshall d'Angus Young, auquel s'ajoute un quart de secondes pour reconnaître la voix de goret que l'on châtre de .../...

Il y a peu de groupes qu'on reconnaisse en 3 secondes. C'est pourtant le temps qu'il faut pour identifier sur
Rock'n'Roll Train, le son mythique duo Gibson SG/ampli Marshall d'
Angus Young, auquel s'ajoute un quart de secondes pour reconnaître la voix de goret que l'on châtre de
Brian Johnson. Vendu dans un packaging noir brillant de toute beauté, ce dernier opus d'
AC/DC est typique de la première à la dernière mesure à l'espèce d'orthodoxie du heavy blues inventée par le groupe, même huit ans après le dernier album et ... 33 ans après le premier !
C'est ce qui fait la force et la faiblesse de la bande aux frères
Young : une constance dans le son, sur la forme comme sur le fond, pratique partagée avec quelques autres brontosaures du genre comme
Motörhead ou
Kiss. Un son absolument immuable donc, qui ne prend son ampleur que sur une sono de qualité exceptionnelle, la compression numérique lui faisant déjà énormément de mal. Autrement dit, hors vinyl, point de salut.
Il paraît désormais admis que le groupe entier est au service d'
Angus Young : intégré au logo, crédité en premier, il est LA star à un point qu'on dirait que la voix de
Brian, et peu importe ce qu'il peut bien raconter, ne sert qu'à dialoguer avec la six-cordes à tête de Belzébuth du plus vieil écolier en culottes courtes du monde... Quant au reste du groupe, entre une batterie au poum'tchac absolument basique et une ligne de basse n'excédant pas 4 notes par morceaux, il fait vraiment de la figuration.
Mis à part la réjouissante
Rock'n'roll Train et la puissante
War Machine, il semble hélas difficile d'y trouver un single (ou un riff, ce qui est ici grosso modo la même chose) aussi marquant que mettons,
Highway to Hell, Thunderstruck, ou
Back in black, que le combo australien semble d'ailleurs auto-plagier à plusieurs reprises. Par moments l'exercice devient presque embarrassant tant il lorgne vers le hard FM motleycruesque (
Anything Goes) voire le hair metal bonjoviesque. D'autres titres aux basses plus sourdes évoquent les barbus de
ZZ TOp (
Smash'n'Grass). Le reste est une collection de blues et balades très typiques (citons encore
Rock'n'Roll Dream et
Black Ice), écrite à 100 % par la fratrie, qui excitera sans doute les fans les plus acharnés mais reste relativement anecdotique.
Au final,
Black Ice semble plus un flyer annonçant une phénoménale tournée annoncée l'an prochain en Europe (les deux concerts des 25 et 27 février à Paris-Bercy ayant chacun été
sold out en moins de deux heures). Et en effet, chacun sait depuis le fabuleux Live à Donington (1991, ça nous rajeunit pas...) que l'âge d'or du groupe est passé depuis 20 ans, et que c'est désormais sur scène que ça se passe - aux dernières nouvelles, le show serait dantesque. Rendez-vous donc à Bercy pour les petits veinards qui s'y sont pris à temps - si la foudre ne nous tombe pas dessus d'ici là, nous en serons...
(Sony/BMG 2008)
PS post Bercy :
aaaaaaargh !