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|  | Ark + Cabanne + Kaplan + Biinhom ( Happy Garden Party) - 04 Février 2006 - Cargo de Nuit / Arles  Un concept original pour ce festival dédié à la musique éléctronique en terres camarguaises à l'initiative du collectif NATURAL GROOVE. Un lieu de diffusion: Le Cargo de Nuit. Une idéé: la garden party bucolique en plein hiver. Focus sur la transformation d'une salle de concert en nightclub electro sur un parterre de gazon...avec quelques unes des .../...
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Un concept original pour ce festival dédié à la musique éléctronique en terres camarguaises à l'initiative du collectif NATURAL GROOVE. Un lieu de diffusion: Le Cargo de Nuit. Une idéé: la garden party bucolique en plein hiver. Focus sur la transformation d'une salle de concert en nightclub electro sur un parterre de gazon...avec quelques unes des meilleures mutations transgéniques de la scène électronique hexagonale.

La soirée commença aux alentours de 21h30 par un warm-up à 4 platines assuré par les locaux de BIINHOM, composé de François A et de Hache V. Sonorités acid, deep-techno, minimalisme electro, rythmique percussive façon tech-house venaient réchauffer le public qui remplissait petit à petit le Cargo.
Un warm-up idéal avant les DJ sets de CABANNE et ARK.

CABANNE, artiste pivot du label Telegraph, il a co-signé un album avec JOHN THOMAS chez Logistic, sorti des tracks sur Karat,7th City ou Perlon. Il est aujourd'hui playlisté par des artistes émérites comme RICARDO VILLALOBOS ou RICHIE HAWTIN. Et son complice ARK, avec lequel il forme le duo Copacabannark, est un homme à la discographie impressionnante. Précurseur de la house minimale en France, il multiplie les collaborations avec PEPE BRADOCK, Mr OIZO, LOSOUL, HERBERT, SHALOM...
C'est CABANNE qui prend les platines en premier pour ouvrir dans un registre house minimale très funky...Mais qu'est-ce que c'est? ARK joue lui aussi! CABANNE reprend...Aaah! Les 2 compères se livrent à un ping-pong entre DJ's, chacun passant quelques disques (3 ou 4 maximum), l'autre se calle dessus et ainsi de suite...

Leur ouverture minimal-funk, soutenue par des beats chauds et percussifs venaient apporter une chaleur estivale à cette HAPPY GARDEN PARTY. Leur son, s'électrifiant de plus en plus, prenaient des couleurs plus synthétiques, à base de clic n'bleep, microhouse et basses analogiques ultra fat! Le public remplissait désormais toute la salle et dansait sur la pelouse et la mezzanine. ARK, toujours à fond dans son rôle de DJ, se déchaînait totalement et bondissait dans tous les sens en balançant des tracks assasins super barrés entre minimal-crunk, booty-techno, electro-discopunk avec un remix terrible du "Soopa Doopa" signé LES GEORGES LENINGRAD...et quelques tracks old-school avec ARMAND VAN HELDEN "Witch Doctor", MARSHALL JEFFERSON, JUNGLE BROTHERS...
A ça, venaient se greffer ses prouesses techniques à base de scratchs, cuts, reverse..et ses célèbres injonctions verbales en coupant le volume général du type: "Ca va les Arlésiens?" ou "CALIENTE!!!" Il est totalement imprévisible! Vous voyez FLAT ERIC, la marionnette délirante qui se désarticule totalement dans une euphorie incontrôlable dans la pub Levis avec le fameux "Flat Beat" de Mr OIZO...bein, c'est un peu comme lui!!!

Et la cerise sur le gâteau, après environ 4h d'un battle DJ dignement disputé, les 2 complices s'adonnèrent à une session battle-live du duo COPACABANNARK. Ce fut une surprise totale dans la mesure où le programmation n'annonçait pas de live-act. Et quel live! Un pur moment de délices sonores avec des grooves funky, des basses rondes et profondes, mélangées à des sonorités plus sales, à l'esthétique plus destructurée. Une musique électronique "dancefloor" mais qui sait surprendre par sa créativité, qui sait être subversive en subtilité...de la techno intelligente, quoi! Un vrai régal pour les oreilles! Avec en prime des rythmiques et des solos de guitare funky-rock signés ARK. Tandis que CABANNE, moins extraverti, plus en retrait, battait la mesure comme un diable de métronome. Il prit même la guitare sur la fin du live.
Pour ma part, ces 2 artistes accomplis font partie des plus talentueux de la scène électronique made in France.

Le mot de la fin revenait à KAPLAN, délivrant un after de qualité, redoutablement efficace à base d'electro-technominimale parfois froide et sombre. Puis, la salle se vidait petit à petit...

www.naturalgroove.org
www.alleluyark.com
www.telegraph-records.com
Photos :
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|  | Tarwater, Anticon, Mocky, Les Georges Leningrad, Ark, Carl Craig, Fuckaloop (Festival Elektricity) - 04 juin 2005 - Cartonnerie, Reims  C'était la soirée de clôture d'une espèce de festival de musique électronique étalé sur une semaine. Ce soir, j'étais surtout venu pour Anticon, le label de hip hop californien. Plus tôt dans la semaine, à Tourcoing je m'étais déjà frotté les mains en pensant à eux au moment de pénétrer dans la salle du Grand Mix. Un échauffement de courte durée .../...
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C’était la soirée de clôture d’une espèce de festival de musique électronique étalé sur une semaine. Ce soir, j’étais surtout venu pour Anticon, le label de hip hop californien. Plus tôt dans la semaine, à Tourcoing je m’étais déjà frotté les mains en pensant à eux au moment de pénétrer dans la salle du Grand Mix. Un échauffement de courte durée puisque les blancs rappers étaient encore en Espagne, à calculer les temps de transport entre Madrid et le Nord de la France. Concert annulé. Aargh. Je me suis finalement refait en m’incrustant dans la soirée post-examen de fin d’année des étudiants de première année de l’IEP de Lille. C’était en plein air, dans le parc de la citadelle. Il faisait noir, difficile de deviner les seins des filles, à part en les touchant. Et côté musique, il y avait un garçon et sa guitare sèche. Il s’essayait à Radiohead. Mon copain Jean-François nous interpréta Y en a des biens de Didier Super.
Bon à Reims, j’ai pas de copain, il n’y a pas de parc digne de ce nom, pas d’IEP non plus. Ils avaient intérêt à être là, sans cela…
Sans cela, il faudrait assister aux performances successives de Tarwater, Mocky, Les Georges Leningrad, Carl Craig, Ark, avec champagne au bar, un bel éclairage, des seins qui bougent… la purge quoi.
Mais à 22h26, 4 minutes avant l’heure annoncée d’après mon téléphone portable, un blanc habillé d’une veste et coiffé d’une coupe à dégoûter Pierpoljack du reggae, s’avança sous le faisceau qui éclairait la scène du cabaret de la Cartonnerie : « Welcome to you, large number of people, I am Telephone Jim Jesus from Anticon ». Alléluia. Ils sont là.
Telephone Jim Jesus, ne rappe pas. Il possède quelques appareils d’où il envoie des plages instrumentales, quelques paroles enregistrées. C’est assez serein, l’expression d’une avant-garde hip hop éloignée des clichés machistes et guerriers du rap industriel. Les jeux de lumière, comme souvent dans cette salle, sont très beaux et donne du relief à une musique qui ne me transporte cependant pas plus que ça.
Au même moment, les Allemands de Tarwater commence à jouer sur la grande scène. Ils ne sont que deux, Bernd Jestram et Ronald Lippok, une guitare, des claviers, des ordinateurs. Il y a très peu de public. Beaucoup moins, par exemple, que pour les Hurlements d’Léo. C’est vraiment dommage au regard de la qualité et de la diversité de l’affiche. A côté de ça, il y a un service d’ordre étouffant, qui ne cesse de circuler entre les spectateurs, à la recherche du moindre écart. Les vigiles portent tous le même tee-shirt sur lequel est écrit Sad Protection. C’est bien trouvé. La musique de Tarwater est elle aussi assez triste. Le chant est murmuré. Les atmosphères sont dignes du dernier voyage d’un sous-marin nucléaire avant son démantèlement. Mais il y a un souffle, ténu, que n’avait pas Telephone Jim Jesus. Le son et le propos sont plus précis et en même temps plus poètique. On entend du clavecin, un vrai harmonica. De nouveaux morceaux, de plus anciens, comme All of the ants have left Paris. C’est beau. Je quitte toutefois l’endroit à pas de fourmi pour retourner voir celles d’Anticon (la fourmi est l’emblème du label).
Sur scène Telephone Jim Jesus a été rejoint par Pedestrian. On franchit ici un premier cap, niveau dinguerie. Et il y en aura d’autres dans la soirée. Pedestrian est barbu et, au moment où j’arrive, il s’adresse au public comme un prêcheur à ses ouailles dans un style typique des évangélistes américains avant de se lancer dans un rap un peu plus orthodoxe. Même avec le livret sous les yeux, il est difficile de comprendre les paroles ou même de s’y retrouver dans les structures des chansons. C’est plutôt engageant, sautillant comme les raps de Beck sur son premier album pour Geffen, Mellow Gold. Le discours de Pedestrian est toutefois bien éloigné de l’attitude ironique et cool du blondinet Hansen. L’obsession de la mort traverse la plupart de ses textes jusqu’à citer la disparition de W.G. Sebald (1944-2001), un écrivain allemand au style funèbre (Les anneaux de Saturne chez Actes Sud, très beau livre). Je n’aurais pas trop le temps de me faire une idée plus précise du style de notre hip-hopeux. Son set fut assez court. Après lui, Sole.
Le seul, l’unique. Sole, c’est le rappeur dans toute sa splendeur. Un type et des mots. Un observateur, qui se coltine la réalité, qui réagit, qui écrit, qui écrit, qui écrit et qui nous recrache tout à longueur de disques et de concerts. C’est l’intranquilité faite homme, « Wishing i was at peace, but wherever i sit, i’m stuck with myself ».
Il y a deux ans, je l’avais vu sur la Guinguette Pirate à Paris devant un public de fans. Il avait continué à chanter à la fin malgré une coupure de courant, a capella. Le public ne voulait pas le laisser partir. Alors, il continuait, sans fin, intarissable, son flow ne pouvant se limiter à un concert, à un lieu, à un pays, sa bouche, un volcan en fusion, ses paroles, une lave, l’univers un gigantesque Pompéi.
Ce soir, il est accompagné d’un guitariste et d’un batteur, recrutés en Espagne, où il vit actuellement. Il aurait été intéressant d’entendre ce que donne ses titres avec uniquement ces deux musiciens espagnols. Au lieu de cela, les Ibères jouent par-dessus les instrumentaux de l’Américain. Ca reste du très sérieux. Sole est à la hauteur de sa réputation. Une mitraillette humaine.
Au-dessus, dans la grande salle, les spectateurs et les danseurs se font plus nombreux pour le set DJ d’Ark. C’est un autre univers, moins pesant, plus hédoniste. En débardeur, Ark s’agite sur ses platines avec une belle énergie. De la bonne techno. Je ne reste pas longtemps. Je redescends voir Mocky.
Canadien exilé à Berlin, Mocky appartient au même univers musical que son compatriote Gonzales. C’est un showman prêt à toutes les blagues et à toutes les danses. Il chante, rappe, joue du clavier et avec lui, un batteur, un bassiste, un DJ vont s’associer pour renverser le public du cabaret. Ils jouent un funk assez stupide, une caricature très entraînante que Mocky surjoue en s’affublant d’une perruque de libertin, d’un masque de singe ou encore d’énormes oreilles de Mickey pour son fameux titre Mickey Mouse Motherfucker. C’est excellent. Son groupe est sur la même longueur d’ondes déconnantes que lui. Musicalement, ça chaloupe. C’est là que je vois plein de seins bouger. C’est tout à fait le genre de spectacle qui me met en joie.
Au-dessus, le grand raout techno continue. Sur la piste de danse, un homme dans un fauteuil roulant s’éclate. Et ça aussi, ça fait plaisir à voir.
Je croise Barcella, le jeune chanteur. Toutes ces bonnes vibrations lui montent au cerveau. Il se demande s’il va continuer longtemps dans la chanson française. En tout cas, cela ne peut qu’enrichir son travail. Dans les parages, il y a aussi Lori Sean Berg alias Docteur Schönberg, Néman et David-Ivar Herman Düne qui ont joué plus tôt dans l’après-midi, toujours dans le cadre de ce même festival, prêt à inclure un peu de folk au milieu de tous ces beats électroniques.
Les Georges Léningrad ne sont pas non plus d’authentiques artistes électro. Sont-ils même des êtres humains ? La question peut se poser devant le spectacle de ce trio d’hurluberlus masqués qui annonce leur arrivée sur scène par un massacre de claviers digne d’un spectacle de fin d’année dans un institut spécialisé (pour ne pas écrire asile d’aliénés homicides). Ce sont mes préférés de la soirée. Il y a la dégaine d’abord, donc. Un masque noir pour le zombie-batteur, qui ressemble à Romain Duris dans Arsène Lupin, un masque en tissu bariolé et des bras maculés de signes cabalistiques pour le zombie-clavier, une robe en tulle dégoûtante pour la zombie-chanteuse qui se trémousse comme une poule, bien grasse, dont on vient de couper la tête.
Et il y a le bruit, surtout. La zombie-chanteuse éructe toute une série d’onomatopées hystériques sur fond de claviers distordus et de rythmes syncopés. Un peu comme si Lydia Lunch avait terminé en pute à camions en Asie centrale avec Jad Fair comme mac. Elle aurait perdu toute son aura new-yorkaise, gagné plein de maladies tout en convertissant les habitants des steppes aux plaisirs punks. Faut connaître... c’est sûr. En tout cas, la déjante était à son maximum et l’interprétation dépassait en folie les versions du disque, Sur les traces de Black Eskimo. Il est à noter que les filles qui ont commencé à danser avec Mocky ont continué avec Les Georges Léningrad. Ce n’était donc pas totalement cacophonique, mais bien de l’honnête musique dansable…
Il commençait à se faire tard. Carl Craig faisait son frimeur dans une autre salle. Intéressant. Je ne danse pas, malheureusement. Je faiblissais sérieusement. Je patientai jusqu’à Fuckaloop, soit le tandem Tacteel et Para One, producteurs notamment pour TTC et l’excellent projet L’atelier (il y a deux ans). Décidemment trop fatigué, je n’en retins rien.
Photos consultables sur le site www.elektricity.org
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