Festival Pantiero : Teenage Bad Girls + Princess Superstar + Digitalism + Vitalic - 18 août 2007 - Cannes Suite et fin des chroniques de votre dévouée envoyée spéciale au festival Pantiero, édition 2007, à Cannes (06).
Samedi 18 août : pour ceux qui connaissent le coin, la descente du Bd Carnot vers la Croisette et le Palais des Festivals est une sorte de piège à voitures infâme qui me fait arriver plus qu'à la bourre ... sans parler des galères de .../...
Suite et fin des chroniques de votre dévouée envoyée spéciale au festival Pantiero, édition 2007, à Cannes (06).
Samedi 18 août : pour ceux qui connaissent le coin, la descente du Bd Carnot vers la Croisette et le Palais des Festivals est une sorte de piège à voitures infâme qui me fait arriver plus qu’à la bourre … sans parler des galères de parking (à 15 euros la soirée, mieux vaut tourner un peu pour trouver une place gratos … ). Bref, trêve de détails matérialistes, le fait est que je rate l’intégralité de la 1ère partie Teenage Bad Girl et une bonne partie de la 2ème.
Un peu dégoûtée j’arrive enfin sur la terrasse du palais, où je découvre avec joie que cette soirée de week-end a fait le plein en termes d’entrées ! Sur scène Princess Superstar. En toute franchise je ne m’attarde pas plus que ça sur les quelques morceaux restants du set de la Super Djette. Certes, celle-ci est plutôt sympa à regarder (mensurations parfaites et style blonde sculpturale new-yorkaise … plus proche de PlayBoy que de Barbie, donc). Mais malgré sa plastique irréprochable, malgré un public (comme par hasard …) très jeune, nombreux et enthousiaste, malgré l’éclectisme de sa sélection (incluant aussi bien du Nirvana que du House of pain), malgré la qualité de ses mashups … ben moi le délire club, ambiance boîte de nuit racoleuse … j’adhère pas !! A noter tout de même que sa prestation chauffe à merveille nos jeunes pré pubères cannois, désormais prêt à accueillir un de mes deux coups de cœur de cette édition 2007 : Digitalism.
Oui messieurs-dames, Digitalism, c’est de la bombe ! Ces deux jeunes allemands à priori tout juste sortis de l’adolescence se révèlent bien vite être en réalité les fils cachés de Daft Punk et des Chemical Brothers !! Energie punk, puissance du rock : dès les premières notes le duo accroche et retourne littéralement le public du Pantiero. Parmi les morceaux qui s’enchaînent à grand coup de samples de guitares / basses saturées et de synthés hypnotiques (le tout cuisiné sauce techno) certains aficionados reconnaissent aisément Idealistic, Zdarlight ou encore Jupiter Room, titres phares de leur 1er album Idealism. Un pur moment d’electro rock viscéral !! Le public est à fond : à l’image du set de nos deux allemands fous, les chorégraphies énergiques voire même violentes alternent avec de fortes envolées émotionnelles. Car pour moi c’est bien là toute la force de Digitalism : une musique à la fois puissante, brute et qui garde toujours une belle ligne mélodique.
Fin du set de Digitalism mais pas de réelle transition. On reste dans le registre electro rock avec notre meilleur représentant français actuel : Vitalic, aka Pascal Arbez. Que dire de son set ? Je dois avouer qu’au moment où il rentre sur scène Digitalism vient de me mettre « une bonne claque » comme on dit chez nous ! et la fatigue commence sérieusement à se faire ressentir. Donc pas de choc émotionnel intense ni de révélation de l’année … Vitalic nous offre une belle prestation globalement moins dure, plus pop-dance que Digitalism. Le public se défoule, l’énergie est palpable. Car notre digne représentant français fait du bon, du très bon son ! et ce soir là son set ne déroge pas à la règle : on retrouve son univers musical techno / house teinté de rock, de punk mais aussi de classique ou encore de longues nappes de synthés tout droit sorties de l’electro des années 70. A nouveau on pense aux Chemicals, à Daft Punk mais aussi à Air ou à Mirwais. Seul hic : une prestation scénique froide propre à tous les DJ actuels parfaitement cachés derrière leur écran d’ordi portable … dommage.
00h30 / 00h45 : comme tous les soirs c’est l’heure pour les festivaliers rassasiés de bon son de rentrer se coucher, et pour les plus motivés de pousser dans les différentes afters du coin, en commençant par le désormais fameux « Sunset » …
Après une bonne nuit de sommeil et diverses activités reposantes, retour sur le site pour une journée qui s'annonce riche en cadors du rock, mais aussi en divers espoirs à confirmer. Côté ciel, on est plus près de la canicule que du déluge - Libé nous a promis un climat intermédiaire mais sait-on jamais, il est déjà arrivé ici qu'on ait plutôt les deux le même jour !
Samedi, un p'tit black en survet' tient tête à aux dieux du rock en scène
On rejoint Joeystarr, déjà vu et apprécié cette année en salle, qui harangue la foule en lui rappelant opportunément l'existence d'un problème - parmi d'autres - dans ce pays désormais de droite : So so so, solidarité, avec les sans-papiers ! qu'il enchaîne avec sa chanson sur la question Hot, Hot. Puis il nous sort son magnifique et terrifiant Métèque au son un peu en surchauffe (il faut dire qu'il est aujourd'hui accompagné d'un vrai groupe batterie-basse-guitare, les Enhancer). Il met en tout cas la grosse ambiance, incomparable avec celles des peigne-culs du WTC la veille.
La méchantissime Bad Boy est soutenue par une basse tellurique, et il la fait en entier cette fois-ci, tout autant que cette histoire de 9-3 qu'est d'la Bombe, bébé à base de Po po po po (qui réjouit les fans de son ancien duo). Il a le bon goût de moins provquer le public (qui n'est pas le sien) qu'en salle. Cela dit la célébration de la Seine St-Denis, ça devient un peu lourd sur 93 déboule. On s'éloigne discrètement pour écouter encore Carnaval (où il arrive à faire brasser la fosse, à gauche, à droite). On le quitte sur Pose ton Gun 2, toujours sympa en live même si on fatigue un peu. "Quoi qu'il en soit" (comme il le dit toutes les 2 phrases), force est de constater que le Jaguarr a bien repris sa carrière en main !
La grosse déception d'aujourd'hui sera Cold War Kids, pourtant pas désagréable sur album : le groupe de pop US pianistique est emmené par un sosie de Woody Harrelson (en moins beau), ce qui complète il est vrai le couple de tueurs nés avec Juliette Lewis hier. Hélas sa voix criarde et approximative s'avère rapidement pénible, il a d'ailleurs du mal à emballer le chapiteau même avec ses "tubes" Hang me Up to Dry ou We Used to Vacation. La vague parenté avec les White Stripes sur disque ne s'entend pas, un oeil sur le guide et nous trouvons un objectif pour fuire ce groupe qui n'a décidément de chouette que le nom !
Direction la loggia donc, pour passer un moment agréable avec Blanche, quatuor de country avec saillies rock authentiques (généralement sous forme de courts pétages de plomb en fin de chanson), adoubé par Jack White. On y reconnait le guitariste des explosifs Raconteurs/Greenhornes, avec son look de nerd improbable et aujourd'hui mandoliste. Look assez rigolo, voire énorme, pour ce groupe de personnages qui semblent tout droit sortis d'un (ou plusieurs) film des frères Coen, d'autant plus que le chanteur a une tronche ...Turturoesque. Jolies mélodies, chanteuse ravissante dans sa robe Scarlett, country pas trop crottée des pieds, Jack avait raison : l'expérience est convaincante.
Après la country, l'inévitable concert de pop-à-guitares (nous avons un ami gravement addict à ce genre de choses) mais coup de bol, celui-ci en est un (des rares) qu'on aime : Editors sans The, qui s'avère vieillir mieux, au rayon "enfants de Ian Curtis", que les épuisants Interpol ou les infects Bloc Party. Découverts pour moi en petit comité à Rock en Seine l'été dernier, la pop racée et volontiers discoïde, les guitares vrillantes typiques des éditeurs, font merveille en festival, au point que c'en est un plaisir d'assister à l'ensemble du concert.
Notre ami popaguitaropathe prend donc un pied énorme (comme nous) en enchaînant air drums, puis air guitar, sur les superbes titres que sont les déjà classiques Munich, Blood, Lights... Ainsi que sur The Racing Rats issue du récent et très prometteur nouvel album (acheté dès notre retour !). Pour ne rien gâcher le chanteur est pêchu, charismatique et terriblement efficace : il emballe définitivement l'assistance sur un Fingers in the Factories final de haute volée. Décidément, ces mecs ont la classe et vous tiennent une grande scène aussi bien qu'une petite...
On rate donc l'arrivée sur scène d'Abd Al Malik, slammeur talentueux qui a en plus le bon goût d'être accompagné d'un groupe de jazz, et l'un des objectifs majeurs du jour. Plus jeune que ce qu'on pensait, et plutôt petit dans son survet', la scène paraît d'abord trop grande pour lui. Sauf qu'à la force de son flow et grâce à son groupe de cadors (on pense au regretté St Germain), Soldat de Plomb et 12 septembre 2001 lui suffiront déjà pour tenir le chapiteau dans le creux de sa main - on avait pas du tout soupçonné sa formidable popularité ! Suit le trip-hop de Rentrer chez moi (rentrer, déjà, t'es sûr ?) et sa sublime ré-interprétation des Autres - le chapiteau prend officiellement feu sur le terrifiant afro-beat de Gibraltar.
Après avoir raconté la très déprimante bavure Saigne, il remet le couvert afro avec le Grand Frère ; il n'a plus qu'à présenter ses musiciens et recueillir un triomphe, qui semble l'étonner et le bouleverser lui-même. Je ne sais pas si un public de rappeurs (souvent dûrs avec le slam) lui ferait un tel accueil, en tout cas les Eurockéens sont en parfait délire. On savait déjà ses textes conscients et matures, moins gentils que ceux du sympathique Grand Corps Malade - il s'avère que la prestance scénique du strasbourgeois le place d'entrée dans la cour des grands. Sûr qu'il s'en souviendra, le petit black du Neuhof, de ses Eurockéennes, à tournoyer comme un derviche sous des acclamations assourdissantes... Labellisé confirmation du jour !
Après ça, et après les excellents Editors, dûr de s'intéresser à ce qu'on pourrait appeler (sans méchanceté) de la division 2 de pop-rock : les Maxïmo Park qui jouent sur la Plage ne déméritent pourtant pas. Compositions carrées et plaisantes comme Book from Boxes ou Graffiti, le groupe a un leader sympathique et enjoué, à défaut d'être flamboyant, en la personne de Paul Smith. "What a nice festival !" sera hélas une des seules choses comprises dans ce qu'il raconte à longueur de temps avec un accent horrible. Une fin plus entraînante nous laissera finalement convaincus. Plus en tout cas que par les Phoenix entendus de loin, et qui eux semblent sonner tout pourri, on dirait du U2...
Mais voici venue l'heure de la tête d'affiche, enfin pour les moins eurockéens du public, et qui justifie sans doute la présence de ces tous petits auditeurs sur le site aujourd'hui : la délicieuse Olivia Ruiz, bizarrement programmée sous un chapiteau trop petit et qui dégueule littéralement (le chapiteau, pas Olivia !). Perdant un peu le côté intimiste et impudique de ses concerts en salle, reste son rock français efficace et consensuel : qu'elle joue Quixote, le twist pogo J'aime pas l'amour, et la très rock Goutez-moi, et le public tout acquis à sa cause est déjà aux anges.
Alors évidemment, connaissant les auteurs de ses chansons, on est guère surpris par ses guests : le grand Christian Olivier pour Non-dits (on le revoit hurlant ici même unplugged avec ses Têtes Raides dans un tempête déchaînée, lors de la fameuse journée annulée de 2001), puis le formidable Mathias Malzieu (la seule personne au monde à avoir parcouru 2 fois le public entier de la grande scène en crowd-surfing) pour I Need a child. Plus étonnante, Adrienne Pauly (et non Catherine Ringer comme l'ont cru pas mal de gens, le journaliste de Libé y compris - il faut dire qu'elle l'imite bien) viendra interpréter un chouette Marcia Baïla. On écoute avec plaisir Thérapie de groupe et la jolie J'traîne des pieds, mais il semble que nous ayons une suffisamment bonne excuse pour nous éloigner pendant qu'elle triomphe sur son hit radiophonique La Femme chocolat.
Parce que bon, ok, Queens of the Stone Age, on les a déjà vus 2 fois dans d'excellents prestations, dont ici même en 2005 (pour l'anecdote, on nous voit même sur plusieurs plans de la vidéo, hi hi !), mais leur dernier opus Era Vulgaris est quand même venu nous rappeler, s'il le fallait, qu'ils étaient toujours (et j'assume cette affirmation) le meilleur groupe de rock sur scène du monde actuellement ! En plus cette fois-ci, c'est la nuit et c'est notre première nuit avec eux... Et ceci même si le groupe a toujours une géométrie très (trop) variable.
Exit le guitariste à tête de tueur à gages, exit la claviériste (dont la plastique nous manquera, snif...). Sans même parler du gotha qui a défilé par le passé dans ce groupe (et qu'on a même pas vus sur scène) : Dave Grohl, Nick Oliveri, Mark Lanegan... Reste donc le cerveau, le beau bébé rouquin Josh Homme, ainsi que ses acolytes Troy van Leuwen et Joey Castillo, comme seuls rescapés du line-up précédent. Et qui donnent le ton en commençant avec Burn the Witch : fini de rire, ça va être moins pop que sur la tournée Lullabies to paralyse ! T'en veux pour ton argent, du rock qui tabasse grave, et sans aucune facilité métal - pas trace de power-chord, encore moins de vulgaires doubles batteries, et même pas besoin de crier ?
Eh bien prends-ça, quelques titres en vrac et à peu près dans l'ordre, envoyés à une foule hébétée et en transe (on ajoutera pas d'adjectifs cette fois-ci aux chansons, disons que c'est juste une série de tueries) : Little Sister, Battery Acid (oumphhh) ,Turning on the Screw, In my Head, Go with the Flow (gargllll), I think I Lost my Headache (jamais entendu en live auparavant), Sick Sick Sick (arghhhhh), Mexico (une vieille ?), 3's & 7's (pitié, Maître) , No one Knows, Misfit Love (...couic !). Rien à signaler : les QOTSA nous laissent K.O. debout. "Comme d'hab". Vite, vite, un rafraichissement ! Temporairement saoûlé de musique, on passe un bon moment à blaguer avec Pierre Andrieu et ses compères - pour une fois qu'on ne se croise pas en coup de vent au début d'un concert ! On évite donc les sujets qui fâchent : Nosfell et les Pixies...
Le problème est qu'on est pas complètement tiré d'affaires en matière de violence gratuite : restent The Hives, le meilleur groupe de punk'n'roll du monde et qu'on attend de voir depuis des années ! Sans pitié et comme si on venait pas déjà d'en prendre plein la tronche, voilà donc que Pelle Almqvist et sa bande en noir et blanc en chemises, moustaches, bretelles et autres cravates classieuses, au mépris le plus élémentaire des règles de courtoisie, nous resservent de force un plâtrée de grenades dégoupillées, et qui plus est en les jouant exactement comme se joue ce style de musique : avec tous les potards à 11...
Le très agité chanteur a en plus plein de choses à nous raconter : il profitera par exemple de l'extraordinaire A.K.A. Idiot pour nous rappeler qu'elle fut composée en 1997 (mais quel âge pouvait bien avoir ce petit con à l'époque ?). Il se moquera aussi de notre "typically french disorganization" pour nous faire traduire Two-timing touch and broken bones (comme si qui que ce soit comprenait, ou voulait comprendre ce que ça signifie...). Il baragouine même parfois dans un franglais déconcertant et drôle ("La moon est full, we are le Hives and vous êtes le Rockéennes !"), quand il n'est pas trop occupé à grimper sur le premier rang ou à escalader les piliers de la grande scène.
Que peut-faire un tel groupe d'autre, je pose la question, que d'aligner sans coup férir ses petits bijoux, que des générations de punk-rockers vont vraisemblablement copier ensuite pendant 20 ans ? Il est à peine croyable qu'un seul groupe ait pu composer des singles aussi évidents et jouissifs que Walk Idiot Walk, Main offender, Outsmarted, Die ! Allright, Supply & Demand, Here We Go Again, Hate to Say i told you So... Et toutes sont jouées de façon absolument pétaradante, servies chaudes comme de la braise à un public exsangue... La banquise menace de fondre et les Hives habitent en Suède ? Je dis que ce n'est pas une coincidence, il faut éloigner ces barjos d'urgence, leur leader taré en tête. Encore une claque donc, nous repartons mourants de bonheur et de fatigue.
Et évidemment dans ces cas-là et à 2 heures du matin, seul un truc comme Digitalism peut encore vous arracher de l'énergie. Le duo allemand, moins flamboyant que Justice, est aussi moins flambeur et met une ambiance parfaite avec un son irréprochable, avec ses tubes électro-rock en devenir : In Cairo, Zdarlight, The Pulse, ou plus encore la phénoménale Anything New, d'autant plus relevée et légitime aux Eurockéennes qu'elle comporte du chant et de la batterie jouée en live ! Les enchaînements ne sont pas toujours terribles mais au moins ils permettent de respirer entre la vrillante Idealistic et le single Pogo. Soit un deuxième concert d'électro rock qui nous a tué au moins autant que le premier !
Alors après un tel enchaînement d'excellents concerts, force est de constater que ce samedi fut sans doute la meilleure journée et la plus dense de l'édition 2007 des Eurockéennes. Qu'on aime le rap, la pop, le rock stoner, la country, le slam, la chanson français, le punk-rock ou l'électro, il y a eu à boire et à manger... Y'a pas à tortiller, les programmateurs de ce festival sont décidément des génies.
Illustrations par Philippe
Toujours des petites vidéos de tous ces concerts, c'est par ici !
Digitalism + Ben Klock + Mary Jane +Elliot - 10 Février 2006 - Studio 88 - Aix Nouveau concept et nouvelle programmation assurés par GROSSOMODO depuis presque 1 an pour le Club 88, discothèque de la région aixoise. En effet, l'équipe organisatrice des vendredis au 88 ne cesse d'enchaîner les "artilleries" sonores de la scène éléctronique "dancefloor" internationale telles que VITALIC, GREEN VELVET, ELLEN ALLIEN... Focus sur .../...
Nouveau concept et nouvelle programmation assurés par GROSSOMODO depuis presque 1 an pour le Club 88, discothèque de la région aixoise. En effet, l'équipe organisatrice des vendredis au 88 ne cesse d'enchaîner les "artilleries" sonores de la scène éléctronique "dancefloor" internationale telles que VITALIC, GREEN VELVET, ELLEN ALLIEN... Focus sur ce haut-lieu de l'electro-club.
Il était déjà 00h30 passé lorsque nous arrivions dans l'antre du Studio 88. MARY JANE était aux platines et venait réchauffer une salle déjà bien remplie. C'était la 1ere fois que j'entendais cette "fille du pays" exilée en terres berlinoises et je dois bien avouer que je fus agréablement surpris. Entre esthétique minimaliste, kicks et rythmiques lourdes tout en énergie, synthés analogiques super fat, son style s'inscrivait dans la lignée de certaines "écuries" germaniques telles que SENDER, KOMPAKT ou HORSPIELMUSIK. A noter également dans sa playlist, un excellent track de JOHN STARLIGHT (ZOMBIE NATION).
Après environ 2h d'une "jolie" prestation, ce fut au tour du live-act de la soirée, répondant au nom de DIGITALISM, de sévir sans concession. La dernière sensation en matière de techno-rock / electro-discopunk en provenance de Hambourg !Les 2 jeunes troublions digitalisés se définissent à travers l'expression "Dirty electro pogo shit" : tout un programme !
Leur live, d'une efficacité redoutable, alliait à la fois un esprit dancefloor à une esthétique assez "crade" à travers des sons de synthés saturés et des samples de guitares électriques. Un son radicalement dirty-house! L'utilisation de boucles telles que SIMIAN MOBILE DISCO "We are your friends", THE CURE "Fire In Cairo" ou DAFT PUNK "Technologic" donnait un côté bastard-pop à leur performance à l'instar des belges 2 MANY DJ's dans leur registre techno. Un pur moment extrêmement jouissif! Sans oublier, leur tube "Zdarlight" (signé chez les français de KITSUNE) entre guitares punky et basses funky : un régal pour les kids qui criaient à en perdre haleine. A noter également, les sorties de nos 2 protagonistes sous différents pseudos dans les environs immédiats de STEVE BUG (Alberto Jackson chez Audiomatique) ou de VITALIC (Fluidrock & The Bubblebots chez Citizen).
Après un concert d'applaudissements et de sifflements signant la fin du live-act, ce fut au tour de BEN KLOCK de prendre les rênes. Le berlinois représentant le célèbre label B-PITCH CONTROL, se distinguait par son approche stylistitique. Son DJ set, profondément ancré dans le minimalisme oscillait entre house, electro et techno. Ce fut un pont entre l'ancienne école Chicago/Detroit et la capitale allemande. Un mix subtil et tout en finesse... A l'image de son somptueux morceau "Earthquake", une ritournelle sombre, hypnotique, puissante et bien-sûr minimale, qui inaugure la subdivision MEMO avec cette première référence. Le public était ravi. A consommer sans modération!
La conclusion était entre les mains d'un jeune DJ nommé ELLIOT, qui enchaîna avec un set techno hautement percussif dans la lignée de "Take Your Pills" signé SEBASTIEN LEGER.
Niveau clubbing, le STUDIO 88 est vraiment "the place to be". Excellente programmation de niveau international, gros sound-system, jeux de lumières, gogo-danseuses avec strip-tease topless...Tous les ingrédients sont réunis pour célébrer l'esprit de la fête. Le public, assez jeune dans l'ensemble, est un brin "fashion victim" mais il n'y a pas de grands mouvements sans mode, ni code vestimentaire ou esthétique... ELECTRO RULES THE WORLD!