Quoi de neuf dans la vie et l'oeuvre de Paulo Furtado, celui qu'on ne présente plus que comme The Legendary Tiger Man depuis quelques années que son (formidable) groupe Wraygunn semble en sommeil ? Eh bien, après avoir enregistré à peu près trois fois le même album chaud, sale et .../...

Quoi de neuf dans la vie et l'oeuvre de
Paulo Furtado, celui qu'on ne présente plus que comme
The Legendary Tiger Man depuis quelques années que son (formidable) groupe
Wraygunn semble en sommeil ? Eh bien, après avoir enregistré à peu près trois fois le même album chaud, sale et humide en solo (
Fuck Christmas Baby, I got the blues étant le plus recommandé), il écume en continu les tabourets de l'Europe entière avec son barda de one-man-blues-band siglé Gretsch de la tête aux pieds (il nous avait encore envoûtés il y a un peu plus d'un an au
Poste à Galène). Et pour se poser un peu, il a eu l'excellente idée d'enregister un disque entier consacré à des duos poële à frire/voix avec des chanteuses femelles, simplement nommé
Femina.
Il y embrasse un large spectre de notoriétés féminines, allant de stars reconnues à des étoiles montantes de son Portugal natal ou d'ailleurs. Commençons par les plus exotiques : la charmante australienne
Phoebe Killdeer pour un titre très Wraygunn,
Becky Lee, une jolie consoeur one-woman-blues-band d'outre-atlantique, pour deux titres à la tonalité presque country, et surtout la voix proprement torride de
Cibelle, la brésilienne qui monte, pour deux titres admirables : l'épurée et pleine de promesses
I just wanna know what we're gonna do, et une reprise du splendide
True Love will find you in the End de Daniel Johnston. Il y a ensuite la section stars, indifféremment du cinéma ou de la chanson. Constatez !
Au rayon stars de la chanson,
Lisa Kekaula pousse un titre très garage, Bellrays-like, et
Peaches invective le Tigerman en composant un très nerveux et sensuel
Hellcat (impossible de ne pas songer au personnage de CatWoman). Pour les stars de cinéma, tandis que la belle
Maria de Medeiros vient minauder un convaincant
Theses Boots are made for walking, il faut avouer que la voix la plus troublante de tout le disque (ex aequo avec Cibelle) est bien celle d'
Asia Argento, qui nous cueille dès le départ en duo langoureux (
Life ain't enough for you), avant de nous emporter loin, très loin dans un rêve mouillé (
My Stomach is the most violent of all of Italy...).
Et entre toutes ces voix déjà connues, côté Portugal, on découvre un certain nombre de créatures à peu près toutes affolantes : la ravissante
Rita Redshoes dont la voix claire commet pourtant une reprise poisseuse à souhait de
Lonesome Town, puis un envoûtant
Hey, sister Say avec piano. Mais aussi
Mafalda Nascimento, violoncelliste brune piquante reprenant du Danzig, ou encore
Claudia Efe, chanteuse blonde incendiaire prétendant que Dieu se cache sous sa chemise... Pas fou le mec !
The Legendary Tiger Man ne chante qu'avec les plus belles compatriotes qu'il ait pu rencontrer.
A tous ceux et celles que les voix féminines envoûtent,
Femina promet donc un voyage assez torride dans le blues le plus sensuel qui se puisse imaginer à ce jour. Expérience hélas impossible à reproduire sur scène, pour des raisons techniques évidentes mais aussi parce qu'aucun palpitant d'être humain normalement constitué ne pourrait survivre à une telle salve de décharges érotiques...
(2009)