Il puise ses créations dans la poétique berbère, afin de concocter son style la "YAL Musique". Avec son mandol électro-acoustique à deux manches, il enrichit sa musique en bondissant entre tradition kabyle, reggae, châabi, rap et funk. Takfarinas : vos critiques de concert
Takfarinas + Mordjane - 10 mars 2002 - La Coopérative de mai, Clermont-Ferrand La Coopé accueillait hier les réjouissances pour la clôture de la semaine du Maghreb, une bonne occasion de découvrir des musiques dépaysantes.
La première partie est assurée dans la petite salle par Mordjane, un trio chant, claviers, percussions. Ils jouent, avec un certain brio, des titres connus du raï. On reconnaît Saw El Atlas et Dalida .../...
La Coopé accueillait hier les réjouissances pour la clôture de la semaine du Maghreb, une bonne occasion de découvrir des musiques dépaysantes.
La première partie est assurée dans la petite salle par Mordjane, un trio chant, claviers, percussions. Ils jouent, avec un certain brio, des titres connus du raï. On reconnaît Saw El Atlas et Dalida mais il y en aura beaucoup d’autres.
La voix de la chanteuse est très agréable, le clavier virtuose nous transporte dans les Milles et une nuits, les percussions, quant à elles, donnent un rythme entraînant à l’ensemble. Après le déluge de décibels et d’alcool des Volcaniques de mars, ce spectacle est rafraîchissant et reposant. Mais tout le monde ne se repose pas : l’assistance chante et danse, parfois avec les conseils de la chanteuse, descendue dans le public. J’avoue que ces déhanchements lascifs me troublent quelques peu… Il est 16 heures 30 et la piste de danse est bien remplie : une preuve de plus que "sans alcool, la fête est plus folle !" En plus, il y a le thé à la menthe et les pâtisseries orientales qui nous attendent…
Après des démonstrations de danse orientale, Takfarinas vient charmer nos oreilles avec un raï roots ou mélangé avec un peu de variété sur certains morceaux. Accompagné de deux choristes et d’un groupe complet, Ahcen Zermani joue de la mandole à deux manches et chante. Les premiers titres sont très dansants, voire groovy, grâce à une grosse basse mais le problème c'est que "J’entends pas la guitare !" Qui a débranché la mandole ? Mystère... Cela s’arrangera un peu plus tard, heureusement.
Il me semble tout de même que cet instrument n’est pas assez mis en avant dans le son du groupe. Faisant fi de ces péripéties, la grande salle de la Coopé réagit au quart de tour aux incitations à chanter, danser ou faire des You you. C’est très impressionnant d’entendre ces "cris" descendre des gradins.
Curieusement, nous n’entendrons pas une seule note de "Stairway to heaven" de Led Zeppellin ou d’"Hotel California" des Eagles, titres obligatoires quand on joue sur une double guitare.
Les titres plus lents joués en formation restreinte ressemblent à une sorte de blues maghrébin. La voix est poignante, le son de la mandole est moins enfoui dans le reste de l’instrumentation, le public est recueilli : de très bons moments donc. Un de ces titres sera dédié à Matoub Lounés, le chanteur tombé dans une embuscade, un titre plus groovy sera dédié aux femmes du monde entier (à l’occasion de la journée de la femme) et un autre, au peuple Berbère qui souffre. Personne n’a été oublié. Le concert se poursuit, les enfants courent partout, on se croirait dans un jardin d’enfants : l’ambiance est à la fête. Bien sympa cet après-midi !