La fiesta c'est un peu l'endroit où il faut être à Marseille dans le milieu cultureux de gôche. Lancé en réaction à la montée du FN dans la région, cette fête se voulait être une ôde au métissage, à la multiculturalité. Challenge réussi dans la programmation musicale mais raté en ce qui concerne le public. Les prix d'entrée élevés (entre 100 et 150 .../...
La fiesta c'est un peu l'endroit où il faut être à Marseille dans le milieu cultureux de gôche. Lancé en réaction à la montée du FN dans la région, cette fête se voulait être une ôde au métissage, à la multiculturalité. Challenge réussi dans la programmation musicale mais raté en ce qui concerne le public. Les prix d'entrée élevés (entre 100 et 150 francs par soir) la réserve à un public ayant les moyens. Public que je qualifierai de Télérama (de gôôche, classe moyenne voir petite-bourgeoisie, cultivée). Impression confirmée par les stands présents (Attac, divers trucs de fringues orientalisant style bobo, etc..). Comme c'est souvent répété, la fiesta c'est avant tout un esprit. En fait la musique n'est pas le plus important. On y vient pour flâner, boire, manger (cher), papauter, danser autant devant la scène que les stands où du zouk est passé en fond musical. Se piétiner aussi. Point positif cet année, l'ouverture du site sur l'extérieur. La scène de concert sous chapiteau permet de ne pas étouffer. Et boire un ricard (10 balles, raisonnable) dehors c'est plus qu'appréciable. Bien évidemment ce doublement de la surface permet d'accueillir plus de consommateurs, pardon de spectateurs.
Parlons un peu zique quand même.
En arrivant, nous sommes tombés sur une
fanfare des plus sympathique. Il faut dire que devant la multiplication des fanfares, j'commençais à saturer. mais là j'ai bien apprécié. beaucoup de percus mais aussi pas mal de cuivres. Et surtout deux voix féminines arabisantes. Dommage que les voix soient parfois discrètes. M'enfing c'était bien sympa.
Ensuite sous le chapiteau c'était un duel entre le
Coeur de la Plaine +
La Talvera contre
Massilia +
Nux Vomica. Le principe est sympa. Le duel sert de prétexte à un gros cinéma bien marseillais. Les deux équipes étaient en short + maillot (les jaunes contre les rouges), un arbitre en noir et
beaucoup, beaucoup de tchatche. Chaque équipe devait tirer un sujet, en provençal évidemment, et improviser dessus. Les points découlant de l'applaudimètre du au oaï.
Après musicalement j'ai préféré de loin les jaunes (coeur de la plaine et la talvera) que les rouges, plus conventionnel. Plus traditionnel (tambourin, cornemuse en chèvre, etc...), je les ai trouvé plus entraînant. Et y avait même un moment assez bloquant avec tambourin + clarinette. M'enfing quoiqu'il en soit, étant pas accroc au style, j'me suis tiré avant la fin du match. J'vous dirai pas qui est le gagnant.
Après s'être pris un pied en voulant assister à l'expo du Dernier cri sur Hopital Brut (semble-t-il réservée l'expo, mais à qui ?), c'était le tour de
Tonino Carotone sous le chapiteau.
Présenté comme un crooner kitch (mais second degré), il illustre bien l'côté bobo de la prog'. Et l'groupe remplissait bien son rôle. Lui fringué comme un crooner vrai de vrai (finemoustache comprise), une choriste en robe noire style femme fatale.
Niveau zique, gratte, contrebasse, batterie, clavier, sax, trompette. Ca sonnait bien crooner 50's décalés. Mais bon, lassant au bout d'un moment. Second degré et zique, pas trop mon truc.
Manqué
YORGOS MANGAS et
PANICO. C'est ça la fiesta, tu zones, tu erres et tu loupes.
Par contre je n'voulais pas manquer les
TROUBLEMAKERS que j'vais jamais vu. Figure emblématique de la musique électronique marseillaise, j'voulais pas les rater.
Dans la grande salle des docks cette fois. 4 djs, plus un fond vidéo (essentiellement des vue de highway et de gratte ciel etazuniens). Le set est un mélange de sample, scratch, avec une bonne part d'influence funk et soul. Dansant, parfois bien prenant, j'ferais le reproche que je fais en général à ce type de concert : froid. Pas l'ambiance d'un groupe sur scène. Même ambiance qu'en boite finalement. Pourtant j'pense qu'il y aurait de la place pour des zicos. Un bon bassiste remplacerait avantageusement les samples de basse. Un sax, une trompette donnerait une autre dimension au set. Ch'uis pas anti musique électronique mais dans l'trip j'préfère de loin
Hightone (electrodub, hypnotisant sur scène, bientôt à Marseille) et
Cosmik Connection (electro jazz, trippant aussi).
Pour l'reste de la soirée, quatre salle avec Djs jusqu'au dimanche midi. Pas accroché à une ambiance particulière.
Pour conclure, j'dirais que la fiesta c'est bien si on a une invit' (y en a pas mal qui circulent). Ca permet de flâner et de picorer à gauche et à droite. Sinon j'trouve quand même assez scandaleux qu'on arrose de subventions une telle manifestation alors que la Machine à Coudre, salle bien plus active pour les nuits et les groupes marseillais, s'est pris une fermeture administrative de deux mois.
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