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Dimanche 27 mai 2012 : 9162 concerts, 20891 critiques de concert, 4719 critiques de CD.

Critique de concert Babel Med : Oumar Kouyaté + Badila + Mazaher




5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime

Oui, j'y étais et je n'y étais pas seule...Mais plus avec le bel inconnu de jeudi (pas si inuconnu de vous que ça d'ailleurs, puisqu'il est un merveilleux chroniqueur de "Live in Marseille"!)
Mais, où donc ?
Encore à Babel Med, bien sûr !! Samedi soir ? oui !
Un samedi soir ! Un peuple méga méga fou s'y est engouffré dés dix-neuf heures trente pour se jeter dans la musique...du monde....(je sais, un peu éculé comme jeu de mot : vous allez vous dire, elle se fatigue pas, elle nous réchauffe sa première chronique...mais je vous assure c'est dur de trouver du neuf à chaque fois...alors je recycle, je pompe toujours dans l'Hebdo bien sûr parce que si je devais compter sur Ventilo pour Babel Med...)

J'avais mis en danger ma vie pour arriver à l'heure dite, pour offrir toute mon admiration à Oumar Kouyaté, ce guinéen qui devait me transporter dans le monde mandingue. J'irai droit au but, il y est resté tout seul... Malgré ses "ça va vous ?" lancés à un public alangui, il a été très difficile de résister à des mélodies d'une lenteur inexorable et tout ça sans chaise, malheur ! les docks les avaient enlevées... Un grand sentiment de "passer à côté" m'a envahie : une voix sensible, profonde, des sonorités limpides mais tout ça pour... des gammes inlassablement répétées. "Oumar Kouyaté doit se réveiller" commenterait une maîtresse d'école.

Allais-je regretter d'être venue ?
Aprés une bonne pizza, (j'ai eu beaucoup plus vite faim que la dernière fois) je me précipitais en avance bien d'une demi-heure, pour attendre au lieu dit, iraniens, français et indiens, tous réunis . Appuyée à la barrière face à la scène, parce qu'ils jouent et chantent assis au sol, (une amie connaisseuse m'en avait informée : toujours avoir des amis informés sinon on se retrouve, trente mètres plus loin, derrière tous les grands venus au concert ! Et y en a des grands et des grandes qui refusent de se mettre derrière pour laisser les plus petits voir !!!!!), juste après la première note du premier instrument à corde (dont je ne connais pas le nom vu que l'hebdo ne l'a pas écrit), j'ai compris, les grands et tous les petits qui ne voyaient pas, aussi, que nous allions avoir une réincarnation de Nusrat Fateh Ali Kan, le grand chanteur souffi.....et là je peux reprendre ma chronique de jeudi : Badila, notre reconnaissance vous sera éternelle pour ces quarante cinq minutes d'envoûtement. Je n'ai pas fermé les yeux, car le moindre de leur geste nous a entraîné dans les montagnes iraniennes dans un monde de poésie perse, au rythme des "légumes percussionnisés" ! Nul besoin de vous décrire applaudissements sans fin et cris primaux d'un public acquis par tant de virtuosité (je peux utiliser ce mot maintenant qu'on se connait et que vous savez que je ne me la pète pas du tout !), de simplicité et de complicité musicale. Des musiciens heureux d'être ensemble et avec nous, ça se voit, le sourire n'a pas quitté nos lèvres et les leurs.
Non seulement je savais pourquoi j'étais venue mais Badila aussi. "Doit continuer son excellent travail" aurait commenté une maîtresse d'école.


Il me faudra attendre minuit pour être de nouveau époustoufflée par ces six femmes et deux hommes égyptiens, d'une moyenne d'âge de soixante cinq ans et qui pourraient en remontrer à plus d'un trentenaire pour l'énergie : frapper sur des tambourins à des vitesses incroyables, aurait briser le poignet de plus d'un. Portés par la certitude de l'authenticité de leur musique, ces artisans nous ont offert ce qu'ils détenaient de plus ancré dans leur histoire.
Mazaher nous a remercié d'avoir ressenti la vérité de leurs chants, par des larmes et des regards reconnaissants.

Un beau spectacle d'humanité des deux côtés de la scène.
C'est la magie de Babel Med : pouvoir rencontrer des musiciens et chanteurs uniques.

Beaucoup d'autres groupes, que j'ai oubliés : une chronique ce n'est vraiment qu'une succession d' opinions. Bien chagrins seront ceux qui auront adoré Ilène Barnès ou Lura....Une seule réponse : envoyer votre chronique à "Leave in Marseille" ....



Signature : V.
le 05/04/2007

 


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