Nous sommes en 1984... à Sarajevo... un groupe de jeunes répète dans une cave et enregistre son premier album/ Les JO d'hiver sont là et eux, font un carton dans la jeunesse yougoslave. Leurs morceaux, qui parlent des gens qu'on peut croiser tous les jours dans n'importe quelle ville du monde, parlent, eux, à tous les gens du pays.


Ca, parle des piliers de comptoir, des chauffeurs de taxis yougoslaves (Sheki is on the road again), des mineurs grévistes, des premiers rendez-vous au cinéma, des meurtres passionnels (Zenica Blues), de la préparation des JO et de sa corruption, et enfin de l'anarchie en Yougo (Anarhija all over Bascarsija).

Cet album est un croisement entre les Monty Python qui jouent les morceaux des Sex pistols avec des musiciens des Clash et de culture yougoslave des années 80.
Quelques albums plus tard et des émission du genre de Monty Python's flying circus la guerre sépare les membres du groupe et chacun prend son chemin.


Le parolier, avec quelques musiciens prend la direction de Belgrade et remet la machine en route (albums, series tv...)


et puis sont rejoint par leur vieil ami Emir Kusturica ( qui avait déjà joué avec eux dans ses pauses cinématographiques) et créent le No Smoking Orchestra, version balkanique.
Le groupe change de son, mais garde son sens du non-sens et son énergie punk.


Ce soir , ils étaient encore à Marseille et ont mis le feu aux docks et ont montré ce qu'était la musique au sens yougoslave du terme.
2 heures durant, les docks ont vibré, hurlé, et joué avec ces icônes qui, ici, n'en sont pas, et s'en foutent.


Bref, je ne dirai rien de plus sur ce concert car je crois que ces quelques mots résument tout ce qui s'est passé (ou alors c'est mon âme balkanique qui surgit). Juste un dernier mot pour dire que vous n'avez pas vu Emir Kusturica ce soir, mais bien le No Smoking Orchestra, un petit groupe qui avait fait un album pour les JO d'hiver de Sarajevo.


PS . Ils nous ont accueilli pour boire une bintch dans les loges et ça prouve que leur état d'esprit est resté celui de 1984.
Photos : Ghislaine le Calvez
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