Critique de concert Florent Marchet


Ambiance feutrée, samedi 2 avril à l’Usine d’Istres, pour la venue de Florent Marchet. Dandy aux allures bourgeoises et espoir –confirmé- de voir la variété française tirée vers le haut. Depuis que les Inrock’s ont déniché, ce gentleman au complet pied poule, il s’est baladé par monts et par vaux. A randonné de bar en pub et de pub en bar. Avant de finalement arriver à "Courchevel" où Florent engagea l’orchestra éponyme. En escale "toute spéciale à Istres" comme il ironisera au fil de la soirée. Le public n’avait pas vraiment répondu présent à l’appel de la variété indie folk bucolique de Florent Marchet. Police et syndicats étaient pour une fois d’accord. Pas plus de 150 travailleurs avaient pointé à l’Usine.


Sans l’appuie de la grosse machine Barclay , depuis de malheureuses déchirures, moins évident d’être par tout, tout le temps, par tous les temps, publicitairement parlant. Qu’importe puisque le label indépendant PIAS (Eiffel, Miossec, Didier Super…) l’a récemment recueilli sous son aile. Preuve de l’assurance qu’est le talent indéfectible de Marchet, la sortie en octobre dernier de "Courchevel". Ballade auditive et visuelle, aussi riche que le rang social qui transparait aux travers des vêtements du jeune artiste.


Raffiné ? Tout autant que les mélodies qui se dessinent dans ses chansons. Virtuose contemporain de la langue française, Florent Marchet impose des les premiers instants des morceaux indie électrique sophistiquée à l’image de " Benjamin ". S’il emprunte beaucoup au paysage français musical avec des assonances des Rita Miztsouko (au niveau des lignes de basse surtout) des allures de Arnaud Fleurent-Didier
ou encore des formes sonores de Dominique A. Florent Marchet offre beaucoup en échange à commencer par "la chance de ta vie".

Comme de légères comptines espiègles, la chanson française version Florent Marchet séduit le petit groupe de curieux. Les textes se relèvent bien ficelés. Et si quelques exceptions confirment la règle. Le personnage charme là où les termes vers peuvent, dans le pire des cas, laisser dubitatif. L’allure du dandy kitch bourgeois que revêt Marchet le rend paradoxalement aussi irritable qu’attachant. A la fois élitiste et proche "des petites gens" c’est dans un monologue de quelques minutes qu’il provoque les rictus, l’indignation et les rires hilares. A cela s’ajoute des cartes postales ringardes qui dans la bouche de Florent deviennent d’irrésistibles boutades. Un one man show qui pourrait lui assurer un avenir de comique, s’il n’excellait pas déjà dans ce qu’il produit de mieux, la musique.
Un " Hors Piste " total. FM transporte, fait voyager. A chaque titre un univers différent soutenu par des vidéos projections sur les bords de scène. Un vol en première classe de "Roisy " pour "Narbonne Plage". Les images sont bucoliques, nostalgiques parfois même ridicules mais toujours évocatrices. A l’instar du support cd, les compositions du Courchevel Orchestra prennent en live une toute autre ampleur. Le concert comme catalyseur d’émotions prend alors tout son sens. Décuplées, gaies ou tristes, les paroles trouvent inéluctablement écho chez le spectateur.


Rappelé aussi vite qu’il n’est parti. Sans son Orchestra, Florent s’installe derrière son piano et tâtonne la mélodie de " Rio Baril". Une occasion en or pour rappeler que les trésors ne cachent pas seulement dans les ruelles huppées de "Courchevel". Riche plutôt que bourgeois, Marchet en ressort une version poignante et intimiste. Autrement plus plaisante que sur l’album éponyme.

Alors que le concert touche à sa fin, dans la salle, une épaisse fumée s’installe. Seules les silhouettes s’esquissent dans le paysage onirique, dressait par une mélodie pop-lumineuse aux allures branchées, marque de fabrique du français. " On est tous pareils" chantera Florent à diverses reprises dans l’un de ses derniers morceaux qui reprend l’état d’esprit de la soirée. Ce soir, les spectateurs étaient indéniablement "Tous pareils". Heureux et contents d’avoir fait partie des rares chanceux à qui le Courchevel Orchestra ait pu offrir presque deux heures de calme, luxe et volupté. Un fantasme –musical- comme les hautes sphères savent en provoquer !

Signature : bobyle 12/04/2011
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Photographe : boby
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