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Lundi 28 mai 2012 : 9066 concerts, 20891 critiques de concert, 4722 critiques de CD.

Critique de concert James Chance & the Contortions




5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime


James Chance passe sous mon nez, ventrou engoncé dans son costard orange, banane Eddymitchellienne posé sur gros crane vieilli. Il porte le poids du rock sur ses épaules. Quel fardeau pour un type qui insultait les gens aux Bains Douches en leur reprochant d'être idiots d'écouter toujours la même merde. Faut le comprendre. James Chance est comme un anti pape.


Prophète de la no-wave, non musique, fatigué par la selle et le licol des genres codifiés, rejeté par les parrains du jazz, je me demande une bière à la main si cette carcasse en veut toujours autant aux poncifs et au mainstream. J'espère que sa personalité de James Brown blanc n'a pas déteint au profit d'un funk jazz propet et bobozifiant. On se pose souvent des questions connes avec un verre a la main. Comment ça ça change rien ?


Dans le montevideo la plupart des gens sont assis, vautré sur le tatami de la salle propette. Mal barré pour le gonze qui exhorte à la contortion. Pourtant des leur entrée sur scène, les musiciens invitent gentiment l'audience à se lever, ce qu'elle fait de bon coeur.


Voilà ça commence, James bastonne calmement son piano avec une étrange violence contenue. La zicmu essentiellement rythmique cataclope sur des riffs repetitivo-disco-funky. Ici point de pont, point de refrain accrocheurs, juste un tagadum poum tshi qui groove comme une bande de chats de gouttière épiléptiques spécialisés dans l'hypnotisme de masse.


C'est ça qui a de chouettos avec les rengaines de James Chance, ça tourne en rond et en rond et en rond, ça hoquete, ça titube, ça cafouille, ça vrille. La musique se régénére dans le dégénéré. Se saisissant de son sax à tortures, James se mets à égrainer ce qui sera sa signature tout le long du concert, de longs soli écorchés vifs qui mitraillent les morceaux pseudo happy funk de l'intérieur. Le malsain s'installe sur l'apparent moelleux sofa de notes.


Entre deux débouchages d'evier en cuivre le bougre s'enrage sur le micro et excecute quelques pas d'une danse décatie qui n'est pas s'en rappeller les dehanchements d'un elvis precieux et grabataire ou autres vieux rois du rythm & blues. Parodie ou hommage ? On sent une colère retenue.


Parfois une femme étrange monte sur scene et esquisse quelques pas de danses, miaule des cochoncetés. Sa muse ? James la fuit, l'enlace, l'embrasse, puis s'enfuit encore pendant un solo fanatique sur une des dernières chansons, contort yourself justement. Il vient le brailler dans l'oreille du public son mantra no wave: reduisez vous en zéro, contortionnez vous, bande de %$# ! Puis il s'en va bien vite après un rapide rappel.


Sauvé. James Chance est toujours aussi hargneux sous son flegme de vieux bonze tibétain. Ouf.


Photos Pirlouiiiit

Bonus video :


Signature : Bob Arctor
le 10/05/2007

 


>> Réponse (le 14/05/2007 par stephane sarpaux)
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