Critique de concert Lamb


L'idée d'assister à un concert français unique de Lamb en 2012 était, il y a encore deux ou trois ans, un concept quasiment occulté par leur fans. Un peu comme cet ami parti s'installer dans un autre pays n'ayant plus donné de nouvelles et qui, à force, ne manquait plus vraiment. Dans un cas comme dans l'autre, la surprise d'un retour ne pouvait que relever de la bonne nouvelle. Et susciter l'impatience.
Pour son passage au Café de la danse, Lamb pouvait donc compter sur des fans transis et heureux, venus en nombre saluer de vieilles connaissances auditives et se remémorer quelques vieux souvenirs autour d'un verre et de douces mélopées électroniques. La soirée affichait complet. Et la salle était pleine pour les premières parties, bien avant l'arrivée de Lou Rhodes et Andy Barlow, bruissant ça et là de vibrant signes d'impatience. Certes, depuis le premier album, Lamb, un paquet d'années se sont écoulées. Le public, visiblement fidèle, affichait logiquement une moyenne d'âge plus proche des 35-40 ans que des 20-25. Mais quand la lumière s'est enfin estompée dans la salle et que l'intro musicale s'est lancée, cette même moyenne a replongé, à force de cris et d'applaudissements, vers l'adolescence.
Sur scène, Andy Barlow apparaissait alors, remonté comme une pendule, levant les bras bien haut et grimpant sur les retours. Cheveux longs, silhouette gracile, robe bouffante à dos nus et visage aux traits doux embellis par la maturité, Lou Rhodes arrivait ensuite, souriante, à la fois fragile et majestueuse. La suite passait comme un pur moment de bonheur électro-trip-hop, long et trop rapide, doux et totalement intense. Tiraillé entre machines et percussions, Andy Barlow naviguait d'un bout à l'autre de la scène, haranguant la foule à chaque soupir de Lou Rhodes. Une équipe taillée pour le live, affichant un bonheur flagrant de s'y retrouver et accompagnée d'un improbable contrebassiste à la quarantaine taciturne et possédée. La set list empruntait au neuf comme à l'ancien et oubliait intelligemment, au passage, Between Darkness And Wonder, opus non indispensable du duo mancunien : Another Language, Little Things, Butterfly Effect pour commencer, suivi d'un Gabriel de toute beauté. Puis de nouveau du neuf avec Existential Itch, Strong the Root, Rounds et She Walks. C'est que la vie s'est écoulée. Et les nouveaux titres ont fleuri au fil des saisons, offrant aux oreilles un fort bon dernier opus, 5. Les basses ronflaient, puissantes, Andy Barlow, animé d'une énergie impressionnante, martyrisait sa console. La voix de Lou Rhodes, un peu hésitante au début, a ensuite largement pris sa place, jouant avec les rythmes lourds et puissants balancés par le musicien en chef.
Le temps de souffler, ce dernier s'offrait quand même des pauses, histoire de discuter un peu avec le public ou d'annoncer ses effets musicaux à venir. Un tantinet cabot le bonhomme. Puis bam! retour aux classiques : Alien et God Bless. Suivait une volée de remerciements et de gentillesses, juste avant Wise Enough et Build a Fire. Dans la foule, les gens n'en peuvent plus d'applaudir, de chanter et de hurler de joie. Sur ce arrivait l'incontournable Gorecki, conclusion épique d'une première partie de set avec stage diving d'Andy Barlow en bonus. A croire que la joie d'achever sa tournée au Café de la Danse, face à un public totalement acquis, est un dopant puissant.
Pour le rappel, le duo privilégiait les classiques avec What Sound, B-Line et Trans Fatty Acid. En environ 1h45, le public a revu des vieux amis. Ils se sont échangés quelques nouvelles et se sont remémorés les succès passés. Seul regret : 1h45, cela reste un peu court pour pleinement profiter des retrouvailles. Lou et Andy sont repartis, avec toutefois un message clair de leur public : Il va falloir revenir...
Liens : www.facebook.com/LambOfficial, http://lambofficial.com, www.cafedeladanse.com...
Signature : mael hardbriche
le 25/02/2012
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le 25/02/2012
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Café de la Danse, Paris

le 17 septembre 2012 - Café de la Danse, Paris (par Pierre Andrieu)

















