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Mercredi 20 juin 2018 : 10546 concerts, 25035 chroniques de concert, 5217 critiques d'album.

Chronique de Concert

Michel Sardou (La dernière danse)

Michel Sardou (La dernière danse) en concert

La Seine Musicale, Boulogne-Billancourt 2 janvier 2018

Critique écrite le par



Lorsque j'ai fait mon coming out en annonçant à mon entourage que j'avais passé le cap, et que j'avais pris un billet pour aller voir Michel Sardou en concert, j'ai eu le droit à plein de réflexions du style :
• "Prendre une place pour Sardou, c'est déjà avoir un pied dans la tombe !"
• "Pense à te renseigner auprès de l'EPHAD la plus proche, ils organisent des navettes pour aller au concert..."
• "Ne t'assois pas trop près car si le lifting lâche tu risques d'être éclaboussé !"
J'en passe et des meilleures...

Pour autant, j'assume totalement cet achat, motivé il est vrai par l'annonce de ses adieux à la scène et l'écoute d'une journée spéciale Sardou sur Nostalgie pendant un long voyage seul au volant dans la foulée. Mais surtout, Sardou, c'est un monument de la variété française ! Impossible d'avoir vécu en France ces 40 dernières années sans connaitre au minimum une dizaine de ses chansons et d'en apprécier certaines, même secrètement... Qui n'a pas dansé sur "Les lacs du Connemara" ou chanté le refrain de "Musulmanes", de "Vladimir Illitch" ou de "La maladie d'amour" dans un mariage, une fête étudiante ou dans un bar à l'heure de prendre un dernier verre ?

Michel Sardou fait partie du patrimoine musical de la France, cette France où les chanteurs et les vedettes s'appelaient presque tous Michel (Sardou, Delpech, Polnareff, Platini, Blanc, Berger, Audiard, Chevalet, Drucker, Fugain, Galabru, Jonasz, Hidalgo, Leeb, Piccoli...). Avec le décès de Johnny, les adieux de Sardou à la scène et l'âge moyens des Michel en 2018, c'est toute une époque qui est en train de s'achever. Une époque, ou il n'y avait que trois à cinq chaines de télévision et quelques stations de radios et où tout le pays découvrait en même temps tous ces Michels et se précipitaient pour les apercevoir sur les estrades des tournées promotionnelles estivales qui faisaient escale dans la moindre sous-préfecture. La France de Sardou, c'est la France profonde. Celle de Johnny, du Tour de France, d'Intervilles, de de Guy Lux et des paillettes de Sacrée Soirée et de Champs-Elysées le samedi soir sur Antenne 2.

C'est pour goûter à une nostalgie certaine de cette époque que je prenais, en ce 2 janvier, le chemin de la Seine Musicale de Boulogne Billancourt pour aller applaudir le plus réac des chanteurs de variétés. Je n'étais pas le seul puisque la salle était comble, remplie d'un public de 35 à 80 ans, extrêmement sage et qui tapait dans les mains comme dans une émission de Michel Drucker lorsque le Michel en chef fit son apparition sur scène, vêtu comme il se doit de son smoking et de son nœud papillon défait.



C'est avec "Salut" qu'il entame son tour de chant. Le son est très bon, et la trentaine de musiciens et choristes qui accompagnent le maître de cérémonie est au diapason. Si la voix de Sardou ne s'envole plus aussi haut que dans les années 70 et 80, elle reste claire et reconnaissable entre mille. Le public écoute religieusement la succession hallucinante de tubes qui lui est offerte. "La java de Brodway", "Vladimir Illitch" et "Je vais t'aimer" s'enchainent avant de laisser place à "San Lorenzo", l'une des rares nouvelles chansons jouées durant le récital et qui se veut être un hommage au pape Francois. Sur scène, Sardou, il faut bien l'avouer, ce n'est pas Mick Jagger ! En 2018, il ne chante pas ou plus comme si sa vie en dépendait comme un Brel ou un Hallyday... Il marche doucement d'un coin de la scène à l'autre et chante finalement assez nonchalamment. Entre les morceaux, il raconte des anecdotes comme un grand père le ferait ou présente ses musiciens avec une vraie bienveillance. Il y a pourtant une authentique complicité qui s'installe avec son public, à qui il offrira une reprise de "L'aigle noir" de Barbara.

Par la suite c'est à un méga best of auquel nous avons droit ("Le France", "Le Bac G", "En chantant", "La maladie d'amour" et "Femme des années 80"). On s'aperçoit qu'au-delà de la variété, les textes des chansons de Sardou sont extrêmement bien écrits. A une époque où on essaie de nous faire passer Orelsan pour un poète, cela a le mérite d'être rappelé et mentionné !

Si chaque chanson est toujours une bonne surprise puisqu'on les connait toutes, on regrettera que celles-ci soient finalement jouées à l'économie malgré une excellente direction musicale. Ce sont en effet des versions trop courtes et qui ne s'éloignent jamais vraiment des versions 45 tours... De plus le Michel Sardou de 2018 n'a plus la puissance vocale de celui de l'âge d'or. Cela finit par manquer cruellement à la soirée. On aurait aimé vibrer d'avantage sur "Afrique Adieu", "Les ricains", "Comme d'habitude" ou "Musulmanes", des morceaux épiques qui auraient dû nous emmener bien plus haut et bien plus loin ! Mais peut-être sommes nous aussi désormais trop sages dans cette grande salle feutrée dont l'atmosphère est finalement assez éloignée des ambiances éthyliques qui nous font parfois chanter les refrains de Sardou jusqu'au bout de la nuit.

Sardou sera finalement bien meilleur et émouvant sur les titres plus calmes et apaisées de ce tour de chant en livrant de belles interprétations de "Je vole", "Le fauteuil" ou "La fille aux yeux clairs". Bien sûr, Sardou ne peut pas faire ses adieux à la scène sans terminer son tour de chant par "Les Lacs du Connemara". Puis, il quitte la scène de manière solennelle sous les applaudissements d'un public nostalgique alors que son orchestre continue à essayer de prolonger un XXème siècle terminé depuis désormais près de 20 ans. C'est donc à un tour de chant d'un autre âge auquel nous avons assisté, mais il faut reconnaître aussi que, parfois, le bon vieux temps, ça a du bon...

> Réponse le 15 février 2018, par x

[Tours - 14/02/2018] Ce n'était pas son meilleur concert. Quelques ratés. Manque de dynamisme (je comprends son choix d'arrêter la chanson).  Réagir

> Réponse le 27 avril 2018, par Did Dubos

Si vous n aimez pas Sardou, il faut rester chez vous et regarder à la tv les niaiseries sur la TNT ! Moi, Michel je l'écoute et le suis depuis 1968 ! A 70 ans, c'est toujours un grand chanteur et comédien ("Représailles" par exemple au théâtre)...  Réagir


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