Présentation complète : La 8ème édition de Babel Med Music offre un extraordinaire coup de projecteur à Marseille en accueillant l’ensemble du monde économique et culturel de la world music. Ce forum international des musiques prend place dans le baroque et spectaculaire Dock des Suds pour 3 jours et 3 nuits de concerts mémorables et de rencontres professionnelles fécondes. Un must de l’année pour les acteurs et les passionnés des vibrations planétaires…
Bonga
De sa voix unique, rauque, sensuelle, et suave à la fois, Bonga chante les amours contrariés, les maux sociaux, et cette humiliation qui tue l’Afrique. Il se concentre sur une musique absolument angolaise, métisse mais définitivement africaine.
Ba Cissoko
Moderniser la tradition mandingue, pour mieux la diffuser ; la transgresser pour vraiment l’honorer, voici le mot d’ordre de Ba Cissoko. Entouré de jeunes musiciens, l’enfant de Conakry a entamé sa révolution avec une kora électrifiée. Sa musique sonne comme un hommage africain aux distorsions de Jimi Hendrix.
Badume's Band
Le groupe vous entraîne dans les chaudes nuits de l'Addis-Abéba des 70's. Quand la capitale éthiopienne vibrait au son de la soul, du rythm'n'blues et du twist..
Les pieds en terre bretonne et la tête dans les étoiles abyssines, le Badume's Band présente aujourd'hui sa relecture fervente et sans complexe, vibrante et punchy, de cet héritage musical universel.
Electro Bamako
Autour du chanteur/gonifola Paul Sidibé et de l'arrangeur Marc Minelli ce projet mêle des instruments qui sont a la base du blues africain, les "Kammelen Gonis" à la transe électronique.
Flavia Coelho
Bercée aux rythmes de la samba ou du pagode, cette chanteuse entraîne les musiques brésiliennes vers le hip-hop ou la fusion par sa voix chaude et facétieuse.
Kalakuta Orchestra
Une mixture de balafon mandingue et d’afrobeat à la sauce urbaine.
Sibongilé Mbambo
Née en 1979 au Cap en Afrique du Sud, Sibongile a toujours été attirée par l'expression artistique, au travers du dessin, de la peinture, de la danse et de la musique...
Saboï
Fanfare. Depuis toujours en contact avec les populations méditerranéennes et orientales, le répertoire provençal n’a cessé de s’enrichir tout en développant un style original où la rythmique joue un rôle majeur.
Soft
Groupe de la Guadeloupe délivrant une musique qui croise jazz et rythmes caribéens (essentiellement ceux du gwoka).
Rocío Márquez
Flamenco. Cette jeune cantaora andalouse interprète des palos traditionnels tels que taranta, farruca, petenera, qu'elle chante "puro".
Temenik Electrik
Folk saharien, fruit de la rencontre de musiciens marseillais et algériens. Comme un Ry Cooder rencontrant Ali Farka Touré ou pour d’autres moments, des morceaux qui empruntent des chemins abordés par Jimmy page et Robert Plant lors de leurs incursions marocaines. Il favorise un mélange d’accents rock pop qui se transforme en transe progressive, pour déboucher souvent sur explosions électriques ou vocales percussives.
Tcheka
Une sorte de griot pop, conteur d'histoires avec pour toile de fond, le sol rural du Cap-Vert. Tcheka est une figure de proue du mouvement musical qui a transposé le rythme originel du batuque (instrument de percussion) pour les cordes de la guitare et qui affirme un vrai tournant décisif de la musique capverdienne.
Boogie Balagan
Blues rock oriental. Du Sinaï à Muddy Waters, ils inventent un couscous musical mariné dans le rock 70's. Ils sont deux, Franco-israélien et Palestinien, et chantent, en cinq langues, un message de paix et de mélange des cultures.
Chaque année (depuis que cela existe) je regrette de ne pas être allé à Babel Med … Allant voir Lilly Wood and the Prickjeudi et la soirée de Radio Nova (avec Jehro, Nasser, Mardi Gras Brass Band, …) vendredi c'est donc samedi (où en plus étaient programmées Kabbalah et Watcha Clan que j'aime beaucoup) que nous voilà au Dock. Je dois reconnaître que le fait qu'il y ait un arrêt de tramway juste devant l'entrée du Dock est plus que confortable, surtout que pendant ces trois jours l'équipe de la Fiesta, pardon de Babel (qui sont les mêmes) a obtenu que la service se prolonge jusqu'à 2h du mat'. Sympa.
Pas le temps de venir dans l'après midi pour voir la partie Salon (Babel Med est à la world ce que le Midem est à la pop/rock ?), nous arrivons donc peu de temps avant le premier live (et ratons de peu la Banda du Dock). Direction le chapiteau (qui se situe en fait derrière la porte du Cabaret Rouge, pour découvrir Montse Corte (Catalogne). Lorsque les lumières s'éteignent je me glisse entre le premier rang et la scène (un peu basse à mon goût) et lorsqu'elles se rallument c'est en plein dans notre tronche …
Passé ce détail techniquement contrariant pour les photos nous assistons pour le premier morceau à la performance d'un danseur flamenco (droit et fier comme il se doit) accompagné par le chant à capella de Montse Corte et ses deux musiciens (qui joueront par la suite percus et guitare). Puis il quittera la scène et ils seront alors rejoints par Juan Carmona. Tous assis (et à contre jour pour les premiers rangs) ils enchaineront leurs morceaux dans le plus grand sérieux.
Très concentrés et se regardant entre eux j'aurais un peu l'impression qu'ils jouaient surtout pour eux. En fait je crois que j'ai plus de mal avec la musique des gens qui font des grimaces ou qui ont l'air trop sérieux. Cela dit le public avait l'air de vraiment apprécier et entre les morceaux la chanteuse avait quand même un grand sourire …
Puis nous nous rendrons devant la grosse scène de la salle des Sucres pour découvrir les Canzoniere Grecanico Salentino (Italie). Assez nombreux sur scène … ils feront leur entrée petit à petit, une chanteuse, un percussionniste, un accordéoniste, un bombardiste, un guitariste, un batteur … et même une danseuse "gitane" (allusion à la marque d'encrasseur cancérigène). Musicalement assez trad' je penserai à ce que j'ai pu entendre de groupes comme Farouch(E) Zoé (sur leurs morceaux italiens) ou Nux Vomica.
Très entrainant et léger, malgré la présence de quelques morceaux tristes (genre soupirant sous une fenêtre qui reste fermée) ils mettront une bonne ambiance dans la grande salle. Ayant croisé un pote et ayant soif nous nous dirigerons vers le bar.
Panini à 5 euros (réglable en espèces), bière à 5/3 euros (50/25cL) réglable en jetons mais servie dans des gobelets non consignés. Curieux … ce n'est pas un gros effort à faire, ça rend la place plus facile à nettoyer et je suis même sûr que ça rapporte de l'argent (tout le monde ne le ramenant pas forcement à la fin). Quand on pense qu'ils ont obtenus que le tram reste ouvert 2 heures plus tard que d'habitude.
Nous nous dirigeons ensuite vers la salle dite "Cabaret" (là où passent surtout les DJ pendant la Fiesta) pour faire la connaissance de Karyece Kotso (Cameroun) mais voyant que les gens sont complètement agglutinés à la petite double porte d'entrée / sortie nous renonçons et allons directement prendre place sous le Chapiteau, où nous attend Erol Josue. Les consignes photo le concernant semblant avoir changé, je me glisse avec les autres et ne tarde pas comprendre pourquoi on le surnomme le "prince haïtien".
A vrai dire … cela ne fait que quelques jours que le concert est passé et je me rend compte que je ne me souviens plus du tout de sa musique (d'autant que je pensais que quelqu'un serait la pour chroniquer la soirée) mais uniquement de son attitude sur scène. Accompagné de deux percussionnistes, de deux DJ et d'un bassiste, il focalisera tous les regards avec sa façon de arpenter la scène comme un félin, le regard profond limite halluciné.
Un petit tour sur myspace me rappellera que oui en effet au niveau chant c'était un peu trop love / variété pour moi et que cela doit être la raison pour laquelle nous nous sommes dirigés vers la salle des Sucres même si Kabbalah n'avait pas encore attaqué. D'ailleurs on découvrira en se cassant le nez sur les portes fermées (après avoir été dans un premier temps surpris que les gens aient justement choisi cette endroit pour s'arrêter), ce qui sera le cas ensuite pour les autres scène … re-balances de dernière minute ?
Kabbalah est un groupe que j'ai découvert en 2006 et que j'ai revu a intervalles régulier (7 fois) ce qui m'a permis voir leur son murir. J'avais déjà été bluffé par leur showcase en septembre dernier et pensais découvrir sensiblement le même set. Je ne sais pas si ce fut le cas mais ce qui est sûr c'est que j'en ai pris plein les yeux et les oreilles.
Aussi à l'aise sur cette grande scène que sur celle microscopique de la Meson, je pense que ce soir ils ont mis une bonne partie du public dans leur poche avec leur fusion klezmer hip-hop jazz endiablé ! Si ils ont la possibilité de le défendre partout comme ce soir, il y a fort à parier que leur nouvel album Boxes, Bagels and Elephants restera moins confidentiel que leur précédent Shlomo. Soucieux d'aller découvrir un groupe que je ne connaissais pas encore cette fois je prendrai le temps de faire la queue pour me rendre dans la salle Cabaret (qui s'avèrera plus grande que ce que je pensais) pour aller écouter Edmond Mondésir.
Celui ci chantera la Martinique accompagné d'un bassiste, d'un percussionniste aux pieds et fille aux claviers (tous plus ou moins choristes). Le trouvant un peu statique je ne resterai que quelques morceaux, soucieux de retrouver Watcha Clan sous le chapiteau … sachant qu'il y avait de plus en plus de monde et qu'il devenait difficile de circuler à certains endroits.
Le temps d'attendre que les vigiles nous fassent passer au compte goutte, nous arriverons alors que les 4 Watcha Clan ont déjà commencé leur set. Si mon dernier concert de Watcha Clan remonte à 2007, le premier lui remonte carrément à 1998 (à l'époque où leurs concerts coutait 20 francs !). J'ai vu le line up se modifier pas mal si bien qu'il ne reste plus sur scène du groupe d'origine que Sista K au chant.
Leur set de ce soir sera l'un des deux temps forts de la soirée pour moi (l'autre étant vous l'avez bien compris Kabbalah. Le mélange basse (ou de plus en plus guitare) de Matt, la guitare ou numbri de Nassim, les claviers/machines ou accordéon de Clem mettent toujours autant en valeur le chant de Karine. Mais ce qui me fait rentrer instantanément dedans à chaque fois, c'est sa façon de danser et son sourire
Il mettront le feu et sans avoir besoin de s'arrêter à la fin de chaque morceau pour lever les bras et demander au public de les acclamer (comme j'ai pu le voir faire la veille par un autre groupe marseillais). Le dernier morceau aurait pu tout aussi bien être chanté par Kabbalah (à quand un duo ?).
Seul bémol, en première moité de set, quelques textes un peu trop caricaturaux (à côté desquels je serais passé si ils avait été en hébreu ou tout autre langue que je ne comprends pas) sur le thème "unis on est plus fort" ... ce que la suite du set nous fera fort heureusement oublier. En fait pas besoin de texte trop "politique", quand la musique parle d'elle même !
Nous nous sommes ensuite rendu à la salle des Sucres pour Mama Ohandja qui s'avèrera être un homme. Nombreux sur scène mais plutôt statique. Les textes en français sont plutôt touchants avec naïveté toute fraiche, à l'image de cette chanson sur le "on m'a dit". Peut être est ce à cause de cette innocence qu'on le surnomme le Rossignol du Cameroun ?
En tout cas j'ai trouvé sa musique très plaisante, mais épuisé et assoiffé je me suis dirigé vers le bar pour échanger mes derniers tickets boissons avant de sauter dans le tramway. Au final j'aurais passé une super soirée. Ambiance très Fiesta des Suds mais en plus homogène niveau programmation et à taille plus humaine. A la prochaine surement !
C est grâce aux invitations gagnées ici même (par concert & co donc) que je me dirige au Dock des Suds pour cette première soirée Babel Med.
Je n'avais pas mis les pieds depuis l'incendie et donc je découvre un lieu relativement convivial et logique (contrairement à l'ancienne version).
Arrivé à 20.00 je me dirige vers la grande salle pour écouter le groupe Ziz Sahmaoui & University of Gnawa. Pour les amoureux de la musique Gnawa, on retrouve tous les ingrédients sonores qui caractérisent cette musique. Aux instruments traditionnels sont rajoutés guitare, basse et synthé mais tout ceci reste dans "l'esprit". Je n ai vu que 2 morceaux et outre le fait que cela tournait bien je n'ai pas trouvé que ce groupe apportait quelque chose de vraiment nouveau.
Ensuite, j ai eu des difficulté à rentrer dans la salle Cabaret pour voir le trio Marseillais/oriental Sashird Lao. J ai tenu 1 morceau. Je n ai pas trouvé suffisamment de choses sur scène intéressantes pour m aider a supporter la foule. Une voix pas terrible, une vague mélodie sur un beat quelconque. Et visuellement : 3 personnes qui font pas grand chose. On passe ...
Ensuite les portugais de Oquestrada. Là tout le contraire : une super ambiance, belles présences et bonne communication. Le répertoire est un beau mélange de musiques du sud (on retrouve les rythmes portugais comme le fado mais aussi toutes les rythmes hispano-orientaux, quelques rythmes ragga et rythmiques à la Manu Chao/Négresses Vertes. Bref, c est frais et fun. Avec par moment quelques fautes de goût (comme un "C'mon Baby" en plein milieu d'une chanson portugaise) mais aussi de belles chansons de Saudade ...
Par contre l éclairagiste c est régalé à créer des atmosphères sophistiquées mais en a oublié d' éclairer les musiciens. Dommage.
Puis j ai fini avec Charbel Rouhana en Duo (de Oud) dans la salle Cabaret qui s est remplie de chaises pour tenter de créer une ambiance intime. Et ils ont réussi. De belles compositions alliées à une très belle technique, ce duo a réussi à nous faire voyager et prouve que l on peux faire de la musique "savante" en tout décontraction. Très beau moment. Réagir à cette critique
Un éléphant ça trompe énormément. Pourtant, en se rendant au premier jour du festival à l’effigie du pachyderme zébré, les 3000 personnes qui avaient fait le déplacement ne s’étaient pas trompées. Le Babel Med Music,installé au Dock des suds, offrait pour sa 7 éme édition une fois de plus une programmation de qualité.
Ouverture du bal transcontinental, avec Aziz Sahmaoui & University of Gnawa Un concert des plus attendus puisque cette année l’ex membre de l’Orchestre National de Barbes s’est vu remettre le Prix Mondomix/Babel Med. Une distinction qui rejoindra surement le Grammy Award décroché l’année dernière.
Entre jazz entrainant et envoutement des musiques traditionnelles, Aziz et sa bande dépeignent un voyage à travers les temps et les continents. Un comte oriental riche tant en saveur qu’en instruments qui le composent. Peu à peu, le public s’engouffre dans la pénombre de la salle. Intrigué, entrainé puis captivé par les rythmes dansants de l’Unversity of Gnawa. Mission accomplie pour Aziz.
En même temps, de l’autre côté du festival, officie JuJu. Premier concert sous leur nouveau nom de scène, synecdoque pour mentionner Justin Adams et Juldeh Camara. L’un est anglais, compagnon de route de Robert Plant. L’autre gambien, grand manitou des instruments traditionnels africains. Entre ces deux citoyens du monde, la magie n’a pas tardé à opérer. Le duo renforcé par un batteur jouera principalement des morceaux tirés de "Tell No Lies" pendant cinquante courtes minutes. Pas assez longtemps pour être rassasié mais suffisamment pour se rendre compte de la talentueuse symbiose qui déferle sur scène.
La parfaite maitrise des instruments traditionnels mélangée à l’agile doigté de Justin Adams sur son manche, donne le meilleur des aperçus de l’afro beat blues que Juju peut produire. Puissant, Impeccable et généreux. Une musique implacable, qui au fil des morceau n’entraine pas seulement le public. Sur scène, les protagonistes sérieux dans un premier temps changent radicalement d’allure a chaque coup de médiator.
Animés, les deux Ju partagent regards complices et univers parallèles. Alors que la mayonnaise commence à réellement prendre le concert se termine brutalement. Une situation frustrante pour l’assemblée qui ne manquera pas de remarquer la déception sur les visages de Ju et Ju…
Alors que Sashird lao, formation de la région déchaine les passions dans le cabaret. Au bar l’ambiance n’est pas en reste. La faute aux petits tickets à acheter au préalable pour pouvoir boire. Histoire de ne pas louper une chanson mais un concert, et de ne pas faire une mais deux queues… Les brides de morceaux du groupe provençal laissera cependant une impression positive.
Tout comme Oquestrada. Groupe portugais incarnation de la musique populaire du pays frontalier de l’Espagne. Un spectacle jovial alimenté par les mimiques de la chanteuse qui ressemble trait pour trait à l’archétype de la Mama dans les familles du sud de l’Europe. De la swing-musette de bal aux accents méditerranéens qui s’inspire des clichés populaires tout en évitant a ringardise. Un concert entrainant, susceptible de réveiller un public jusque là assez réservé.