Eysines Goes Rock n' Soul
12 & 13 juin 2010 - Eysines (33)
Eysines Goes Soul... et c'est parti pour une 7ème édition! The Zombies, Thee Vicars, The Standells, The Dynamites feat Charles Walker... entre autres! Tantôt rock, tantôt soul, le festival semble donner cette année une place d'honneur au mouvement garage, résolument de retour sur la scène rock. 2 jours de festival, 2 soirées de concerts !!
Eysines Goes Soul... et c'est parti pour une 7ème édition! The Zombies, Thee Vicars, The Standells, The Dynamites feat Charles Walker... entre autres! Tantôt rock, tantôt soul, le festival semble donner cette année une place d'honneur au mouvement garage, résolument de retour sur la scène rock. 2 jours de festival, 2 soirées de concerts !!
La dernière édition
12
Samedi
juin
2010
[17h]
juin
2010
[17h]
Bibi Tanga & The Selenites + Jessie Evans + The Zombies + Thee Vicars + The Hurly Burlies
+
13
Dimanche
juin
2010
[17h]
juin
2010
[17h]
Pussydelic + The Dynamites feat. Charles Walker + The Standells + The Willowz + The Cults
+
Eysines Goes Rock n' Soul : vos dernières critiques de concert
2 avis et critiques de concert
The Willowz + The Dynamites + The Standells - 13 Juin 2010 - Eysines goes Rock& Soul Day2 


(critique écrite le 15/06/2010 par odliz)
Eysines, Day 2.
Comme nous n’aimons pas la routine, c’est bien sûr en retard que nous arrivons aujourd’hui, mais cette fois nous ne raterons pas la fin… Pour notre défense, je dois dire deux choses : l’arrivée des flics la veille pour précipiter la fin des réjouissances (hé oui, je me renseigne) .../...
Eysines, Day 2.
Comme nous n’aimons pas la routine, c’est bien sûr en retard que nous arrivons aujourd’hui, mais cette fois nous ne raterons pas la fin… Pour notre défense, je dois dire deux choses : l’arrivée des flics la veille pour précipiter la fin des réjouissances (hé oui, je me renseigne) a fait commencer tout notre petit monde vachement tôt aujourd’hui, et le formidable temps en cette mi-juin avec ses allures de fin du monde jusqu’en milieu d’après-midi, m’a incité à prendre mon temps.
Coût de l’opération, nous n’arrivons que pour les Willowz , in medias res. Bonne pioche : les quatre californiens, autant à l’aise dans la composition de BO de films ( Eternel Sunshine of the Spotless Mind , La science des rêves ) que sur scène, envoient du gros rock énergique qui sent bon les 70’s -la voix + le côté un peu prog des chansons à rallonge- et le grunge -les tripes, les grattes, les cheveux longs du chanteur (…). Du Black Crowes en moins cliché et plus jouissif. Deux guitares puissantes et torturées plus un tom basse qui se rajoute, le rythme très soutenu détone avec la pelouse presque vide et le soleil dominical.
D’ailleurs, comme dirait le chanteur : "You can’t play rock’n roll on daytime, it never works" ; les conditions ne s’y prêtent pas, mais peu importe, l’opération à cœur ouvert est contagieuse, entre deux lâchers d’avion (Mérignac n’est pas loin), ce qui aura valu une bonne joke à l’américaine ("Look at that plane, it’s towering !" …) sur une distorsion infinie de pédales.
Ça marche tellement que ces messieurs-dame sont priés de revenir en piste après un rappel chaleureux. Reprenant du Led Zeppelin (pas compris laquelle) et finissant en beauté, tourbillon saturé, atmosphérique.
Un verre sans fond plus tard, le big (backing) band des Dynamites entre en scène, auréolant en demi-cercle Charlie Walker , le fameux chef de cérémonie tout en élégance, qui à lui seul fait danser tout le public (même les vendeurs de churros). Les Dynamites , autoproclamés ainsi peut-être en hommage à James Brown , surnommé Mr Dynamite, ne portent pas fabuleusement bien leur nom ; ils ont quelque chose de guindé, de peut-être trop blanc ou trop "conservatoire de musique" pour jouer le jazz-funk de leur répertoire. Ou par ce principe sempiternel du backing band, tapi dans l’ombre de Mister Charlie "from Nashville, Tennessee", au même titre que la convention de l’intro instrumentale, de l’interlude, du "Ladies & Gentlemen, let me introduce you…" et tout ce cérémonial un peu classique.
Mention spéciale tout de même pour l’homme-clavier, sorte de Gainsbourg à l’américaine, débraillé mais débordant d’une classe désinvolte, fumant clope sur clope, sous l’emprise d’une sorte de fièvre quand il joue, et qui aura l’air de nous improviser un poème, en français dans le texte, en hommage à une française. Rien de mieux pour séduire notre public. À ce moment-là, forcément, le ciel se fond en un sympathique coucher de soleil, et mis à part les avions qui bouchonnent dans le ciel, on se prend au jeu de l’enthousiasme. Puis le clavier retourne à son clavier, le mégot au bec, et les musiciens + Charlie reprennent de plus belle. En un peu longuet même, malgré la jolie prouesse du "train en marche", une grosse set-list sans pause, qui s’enchaîne sans perte de rythme. Eux aussi ont droit au traditionnel rappel qu’ils honorent sans sourciller, comme ils l’avaient sans doute prévu.
Je constate entre deux changements de plateaux que la musique d’attente n’a pas été renouvelée, et on retrouve le même Hush en version instrumentale, le Light my fire version féminine i tutti quanti, un peu molasson tout de même.
L’heure de la tête d’affiche, et la pression se fait sentir, d’autant qu’après la piètre prestation des Zombies hier, on est en droit de stresser. Un autre mastodonte des sixties nous fait donc son revival ce soir, un groupe qui a contribué à inspirer la nouvelle vague garage avec ses mélodies pop à grand renfort de clavier ; here they are: The Standells from Los Angeles. Les voilà qui s’installent, quatre vieux messieurs, mais déjà le batteur que l’on voit d’un œil inquiet s’installer derrière une montagne de toms nous fait d’ores et déjà comprendre qu’il ne faut pas s’attendre à écouter de la pop ce soir, avec en prime l’attitude correspondante à son attirail, celui du drummer hero qui ne perd pas une occasion de faire chauffer ses roulements.
Le début du set est une bonne surprise, le son est énergique, les Standells s’animent, enthousiastes, et mis à part quelques envolées de guitar hero (décidément), ça sonne bien et le public approuve. Bon, clairement nous ne sommes plus dans le registre de la pop, mais il y a toujours le son aiguisé de la telecaster, les notes entraînantes du clavier et la basse mélodieuse. En pleine euphorie, ils entament leur tube Sometimes good guys don’t wear white , après quoi Larry Tamblyn, toujours au clavier, introduit une chanson "too dirty to pass on the radio", et ça fait du bien d’entendre des anecdotes sans fioritures au lieu d’un concentré de branlettes égocentriques. Et pourtant, à mesure que le show se poursuit, on se rend compte que quelque chose déraille ; le clavier que, nous, public, entendons peu, le guitariste et le bassiste eux, ne l’entendent presque pas ; moment de flottement et solo désagréable de batterie pendant qu’un conciliabule avec l’ingé-son se créé. Un peu plus tard, le bassiste tente de s’accompagner à l’harmonica, mais il s’aperçoit que ses mains tremblent trop alors au bout de trois notes, il repose douloureusement l’instrument. Les morceaux s’élastiquent et se perdent de vue, les solos inutiles se multiplient. Chacun semble déconnecté, dans une bulle, même s’ils manifestent à grand renfort de sourires et de remerciements leur plaisir de jouer. Ils tentent un retour de flamme avec leur deuxième hit Dirty Water , mais l’engouement s’est bel et bien essoufflé.
Le public, au début réactif et enthousiaste, ressent ce décalage, et sombre dans une sorte d’amertume léthargique ; la foule se disperse, les cris entre chaque chanson se font plus étouffés. Au loin, les grenouilles coassent, c’est la saison des amours. L’ambiance s’étiole, tant et si bien que le groupe s’enfuit timidement au bout de 40 minutes à peine, revient histoire de au terme d’un maigre rappel, bazarde une dernière chanson et quitte la scène sans demander son reste. Déjà, les spectateurs filent en petits groupes vers le parking, et nous, un peu gênés et attristés par la scène, déguerpissons de même.
Les Standells sont terriblement touchants, donnant le meilleur d’eux-mêmes pour leur public. Sauf que le meilleur d’eux-mêmes semble avoir pris une ride, et le public ici, n’avait que trois rangées, des visages attentifs et exigeants engoncés dans des imperméables. Les sixties ont un arrière-goût de fané, définitivement. On ne devrait pas s’attendre à ré-entendre quarante ans plus tard le même groupe mythifié cristallisé dans le même son, les mêmes techniques, voire les mêmes attitudes. Eux comme les autres ont vieilli, essayant de faire évoluer leur son, jonglant avec les aléas de leur existence individuelle et collective, et l’équation de tout ça créé forcément un décalage, rarement réussi.
Comme nous n’aimons pas la routine, c’est bien sûr en retard que nous arrivons aujourd’hui, mais cette fois nous ne raterons pas la fin… Pour notre défense, je dois dire deux choses : l’arrivée des flics la veille pour précipiter la fin des réjouissances (hé oui, je me renseigne) a fait commencer tout notre petit monde vachement tôt aujourd’hui, et le formidable temps en cette mi-juin avec ses allures de fin du monde jusqu’en milieu d’après-midi, m’a incité à prendre mon temps.
Coût de l’opération, nous n’arrivons que pour les Willowz , in medias res. Bonne pioche : les quatre californiens, autant à l’aise dans la composition de BO de films ( Eternel Sunshine of the Spotless Mind , La science des rêves ) que sur scène, envoient du gros rock énergique qui sent bon les 70’s -la voix + le côté un peu prog des chansons à rallonge- et le grunge -les tripes, les grattes, les cheveux longs du chanteur (…). Du Black Crowes en moins cliché et plus jouissif. Deux guitares puissantes et torturées plus un tom basse qui se rajoute, le rythme très soutenu détone avec la pelouse presque vide et le soleil dominical.
D’ailleurs, comme dirait le chanteur : "You can’t play rock’n roll on daytime, it never works" ; les conditions ne s’y prêtent pas, mais peu importe, l’opération à cœur ouvert est contagieuse, entre deux lâchers d’avion (Mérignac n’est pas loin), ce qui aura valu une bonne joke à l’américaine ("Look at that plane, it’s towering !" …) sur une distorsion infinie de pédales.
Ça marche tellement que ces messieurs-dame sont priés de revenir en piste après un rappel chaleureux. Reprenant du Led Zeppelin (pas compris laquelle) et finissant en beauté, tourbillon saturé, atmosphérique.
Un verre sans fond plus tard, le big (backing) band des Dynamites entre en scène, auréolant en demi-cercle Charlie Walker , le fameux chef de cérémonie tout en élégance, qui à lui seul fait danser tout le public (même les vendeurs de churros). Les Dynamites , autoproclamés ainsi peut-être en hommage à James Brown , surnommé Mr Dynamite, ne portent pas fabuleusement bien leur nom ; ils ont quelque chose de guindé, de peut-être trop blanc ou trop "conservatoire de musique" pour jouer le jazz-funk de leur répertoire. Ou par ce principe sempiternel du backing band, tapi dans l’ombre de Mister Charlie "from Nashville, Tennessee", au même titre que la convention de l’intro instrumentale, de l’interlude, du "Ladies & Gentlemen, let me introduce you…" et tout ce cérémonial un peu classique.
Mention spéciale tout de même pour l’homme-clavier, sorte de Gainsbourg à l’américaine, débraillé mais débordant d’une classe désinvolte, fumant clope sur clope, sous l’emprise d’une sorte de fièvre quand il joue, et qui aura l’air de nous improviser un poème, en français dans le texte, en hommage à une française. Rien de mieux pour séduire notre public. À ce moment-là, forcément, le ciel se fond en un sympathique coucher de soleil, et mis à part les avions qui bouchonnent dans le ciel, on se prend au jeu de l’enthousiasme. Puis le clavier retourne à son clavier, le mégot au bec, et les musiciens + Charlie reprennent de plus belle. En un peu longuet même, malgré la jolie prouesse du "train en marche", une grosse set-list sans pause, qui s’enchaîne sans perte de rythme. Eux aussi ont droit au traditionnel rappel qu’ils honorent sans sourciller, comme ils l’avaient sans doute prévu.
Je constate entre deux changements de plateaux que la musique d’attente n’a pas été renouvelée, et on retrouve le même Hush en version instrumentale, le Light my fire version féminine i tutti quanti, un peu molasson tout de même.
L’heure de la tête d’affiche, et la pression se fait sentir, d’autant qu’après la piètre prestation des Zombies hier, on est en droit de stresser. Un autre mastodonte des sixties nous fait donc son revival ce soir, un groupe qui a contribué à inspirer la nouvelle vague garage avec ses mélodies pop à grand renfort de clavier ; here they are: The Standells from Los Angeles. Les voilà qui s’installent, quatre vieux messieurs, mais déjà le batteur que l’on voit d’un œil inquiet s’installer derrière une montagne de toms nous fait d’ores et déjà comprendre qu’il ne faut pas s’attendre à écouter de la pop ce soir, avec en prime l’attitude correspondante à son attirail, celui du drummer hero qui ne perd pas une occasion de faire chauffer ses roulements.
Le début du set est une bonne surprise, le son est énergique, les Standells s’animent, enthousiastes, et mis à part quelques envolées de guitar hero (décidément), ça sonne bien et le public approuve. Bon, clairement nous ne sommes plus dans le registre de la pop, mais il y a toujours le son aiguisé de la telecaster, les notes entraînantes du clavier et la basse mélodieuse. En pleine euphorie, ils entament leur tube Sometimes good guys don’t wear white , après quoi Larry Tamblyn, toujours au clavier, introduit une chanson "too dirty to pass on the radio", et ça fait du bien d’entendre des anecdotes sans fioritures au lieu d’un concentré de branlettes égocentriques. Et pourtant, à mesure que le show se poursuit, on se rend compte que quelque chose déraille ; le clavier que, nous, public, entendons peu, le guitariste et le bassiste eux, ne l’entendent presque pas ; moment de flottement et solo désagréable de batterie pendant qu’un conciliabule avec l’ingé-son se créé. Un peu plus tard, le bassiste tente de s’accompagner à l’harmonica, mais il s’aperçoit que ses mains tremblent trop alors au bout de trois notes, il repose douloureusement l’instrument. Les morceaux s’élastiquent et se perdent de vue, les solos inutiles se multiplient. Chacun semble déconnecté, dans une bulle, même s’ils manifestent à grand renfort de sourires et de remerciements leur plaisir de jouer. Ils tentent un retour de flamme avec leur deuxième hit Dirty Water , mais l’engouement s’est bel et bien essoufflé.
Le public, au début réactif et enthousiaste, ressent ce décalage, et sombre dans une sorte d’amertume léthargique ; la foule se disperse, les cris entre chaque chanson se font plus étouffés. Au loin, les grenouilles coassent, c’est la saison des amours. L’ambiance s’étiole, tant et si bien que le groupe s’enfuit timidement au bout de 40 minutes à peine, revient histoire de au terme d’un maigre rappel, bazarde une dernière chanson et quitte la scène sans demander son reste. Déjà, les spectateurs filent en petits groupes vers le parking, et nous, un peu gênés et attristés par la scène, déguerpissons de même.
Les Standells sont terriblement touchants, donnant le meilleur d’eux-mêmes pour leur public. Sauf que le meilleur d’eux-mêmes semble avoir pris une ride, et le public ici, n’avait que trois rangées, des visages attentifs et exigeants engoncés dans des imperméables. Les sixties ont un arrière-goût de fané, définitivement. On ne devrait pas s’attendre à ré-entendre quarante ans plus tard le même groupe mythifié cristallisé dans le même son, les mêmes techniques, voire les mêmes attitudes. Eux comme les autres ont vieilli, essayant de faire évoluer leur son, jonglant avec les aléas de leur existence individuelle et collective, et l’équation de tout ça créé forcément un décalage, rarement réussi.
Hurly Burlies+ Jessie Evans+ The Zombies - 12 Juin 2010 - Eysines goes Rock& Soul Day1 


(critique écrite le 15/06/2010 par odliz)
Munis d’un sens de l’orientation approximatif, rendu plus approximatif encore par un temps cyclothymique, nous parvenons tout de même en cette fin d’après-midi plombée au domaine du Pinsan. Haut lieu du footing, des rendez-vous obscurs pour joueurs de djembés chevronnés et autres adeptes de la .../...
Munis d’un sens de l’orientation approximatif, rendu plus approximatif encore par un temps cyclothymique, nous parvenons tout de même en cette fin d’après-midi plombée au domaine du Pinsan. Haut lieu du footing, des rendez-vous obscurs pour joueurs de djembés chevronnés et autres adeptes de la marche bucoliquement urbaine. Domaine du Pinsan, donc, pour le premier jour du festival "Eysines goes rock’n soul" ).
Une belle arène à la romaine, une grande scène chouettement sonorisée, quelques stands histoire de suturer les différents temps morts, tout va bien, sauf qu’il est trop tôt, et qu’il nous reste une bonne heure à poireauter un verre recyclé de bière de festoch à la main, gentiment assis comme le reste de la foule éparse. La musique d’attente, quand quelqu’un pense à en mettre, est soit de la playlist molle en boucle, soit du hard rock FM. Bon. Et à guetter le ciel noir qui semble de moins en moins conciliant, j’ai d’autant plus hâte que les festivités commencent.
Les Hurly Burlies (à ne pas confondre avec les Curlee Wurlee ou les Wonky Monkees , n’est ce pas) montent sur scène au nombre de cinq et envoient le bouzin. Du rock boogie aux effluves pop heurté par des ballots de paille. Ça sonne Kinks , Monks , Count Five et Dr Feelgood oui mais sans harmonica ; le claviériste s’emballe, et il a raison de s’emballer, parce qu’il nous emballe complètement ; de même le bassiste et son look so smart, petite moustache à l’italienne, gilet de costard, bottes vernies taquine une splendide Hofner. Peut-être la batterie avait quelque chose d’un peu trop repiqué, artificiel, et peut-être le batteur ressemblait-il trop à un batteur, le type au fond qui ne se met pas en valeur et met des T-shirts trop larges. Le chanteur jette son âme et les paillettes de ses poches, serre la pince de ses compatriotes musiciens et balance le micro. Ils ont plus de temps que prévu avec l’annulation des Vicars , alors ils en profitent, se lâchent en instrumentales et petites mises en scène, prenant visiblement un plaisir communicatif de potaches. L’ensemble est bon, swinguant et varié, malgré un public trop peu nombreux, trop sagement assis, et pas encore sous l’emprise de la magie fusionnelle du concert ; trop éclairé, trop vide, pas assez d’alcool (…)
Pour arranger le tout, voilà que la pluie s’en mêle, ne nous laissant aucun répit pendant une bonne heure, pauvre public que nous sommes, de plus en plus nombreux, sous les retranchements de fortune que forment quelques coins de tente. Nous en profitons pour tailler le bout de gras avec le vidéaste 3D qui distille la performance musicale en une performance visuelle mais dont le matos, pourtant high tech, n’est visiblement pas waterproof. Tiens, le stand des Zombies s’installe. Merde, ils déballent des disques et des affiches de vieilles tournées déjà dédicacés ; on ravale notre envie d’interview.
Mais pour l’instant, place à Jessie Evans et son show cabaret. Une heure et demie après la fin des Hurly Burlies , trois soleils en alu sont accrochés à la scène et Mme Evans fait son entrée sur une musique à la James Bond, rythmée par un batteur de jazz costardé des pieds à la tête. Habit minimaliste, cuir et or, jeux de jambes entre french cancan et aérobic, et la voilà déchaînée avec un chant multiculturel pitché et des solos interminable de sax, le tout bariolé de samples années 80 ambiance synthés electro cheap qui, avec une batterie impeccablement maîtrisée, donne un curieux métissage de jazz tribalisé qui ne parvient pas à me mettre en extase.
Entre deux morceaux longuets, elle endosse une cape en or, nous invite à danser "naked on the mud", sauf qu’on est à Eysines et pas à Woodstock, et qu’elle n’est pas Janis Joplin mais Jesse Evans , Jessie Evans qui reprend sa leçon d’aérobic. Grâce à une mélodie salsa et un rythme batcave (oui, batcave), le show pétille à certains moments ; même sa voix qui a des intonations suaves et énergiques à la Beth Ditto des Gossip , parvient à donner du corps au duo, mais définitivement, elle utilise trop son saxophone. Mais cela n’engage que moi, hein.
Bon, là on arrive au gros de l’affaire, The Zombies . Petit rappel éclair et historique des Zombies . Groupe pop d’avant-garde aux mélodies aériennes et so british, très kinksiennes. On ne se leurre pas, on sait que les années 60 sont loin et que ces messieurs ont eux aussi subi l’outrage du temps ; mais on se rend vite compte qu’ils l’ont en fait vraiment subi.
Comme bon nombre de groupe d’éternelles tournées en re-formations exceptionnelles, ils finissent pas se déformer, suivant le triste exemple des Trashmen ou The Animals , et à nous livrer qu’un ersatz RTL 2 de ce qu’ils étaient musicalement quarante ans en arrière. Les pionniers se ringardisent, et concernant The Zombies , pardon pour les fans, mais là c’est flagrant.
Le premier morceau I love you donne le ton. Voix suraiguë, batterie lourde et clavier pénible. On ne retrouve ni la finesse, ni la légèreté du morceau original. Rod Argent et sa tignasse bouclée délaisse son orgue Hammond pour un synthétiseur tout ce qu’il y a de plus synthétique, tandis que Colin Blunstone manque de pleurer toutes les quatre secondes dans sa grandiloquence à peine surjouée. Sauf que là, Colin ressemble plus à André Rieu qu’à un chef de file de la british invasion, et ce n’est pas les pièces rapportées à la basse fretless, à la guitare et aux drums qui contrediront cette tendance, ralentissant la cadence de peur de l’accident cardiaque. Et bien sûr, chaque morceau est intronisé du fatiguant : "ce morceau a été écrit par moi en 1967 et Dave Grohl lui-même dit que c’est sa chanson préférée" ( Care of Cell 44 , en l’occurrence), ou encore réglé comme du papier à musique, le clavier annonçant la liste des chansons qui sera jouée, et dans quel ordre. Un vrai régal de suspense, ce concert. Et quand ils ne puisent pas dans leurs deux albums à succès, ils nous régalent de leur dernière production, une sorte d’ Eagles minimaliste qui fait se détourner la tête. À nouveau, un vieux tube s’enclenche What becomes to a broken heart , puis un second, Time of the Season ; un ange boiteux passe, mes voisins d’à côté grimacent.
Pardon Bibi Tanga , je suis trempée comme une soupe, j’ai froid, je n’ai pas envie de manger du chili dans une assiette en plastique, rien ne me transcende depuis maintenant trois heures, et demain je remets ça, alors je rentre, laissant la foule à son hommage mitigé.
La réflexion d’interdire l’alcool dans les festivals pour aider les gens à conserver leur oreille musicale me traverse la tête, puis s’évanouit sur une ligne blanche. Ce soir, je ne repartirai pas avec mon album dédicacé.
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Une belle arène à la romaine, une grande scène chouettement sonorisée, quelques stands histoire de suturer les différents temps morts, tout va bien, sauf qu’il est trop tôt, et qu’il nous reste une bonne heure à poireauter un verre recyclé de bière de festoch à la main, gentiment assis comme le reste de la foule éparse. La musique d’attente, quand quelqu’un pense à en mettre, est soit de la playlist molle en boucle, soit du hard rock FM. Bon. Et à guetter le ciel noir qui semble de moins en moins conciliant, j’ai d’autant plus hâte que les festivités commencent.
Les Hurly Burlies (à ne pas confondre avec les Curlee Wurlee ou les Wonky Monkees , n’est ce pas) montent sur scène au nombre de cinq et envoient le bouzin. Du rock boogie aux effluves pop heurté par des ballots de paille. Ça sonne Kinks , Monks , Count Five et Dr Feelgood oui mais sans harmonica ; le claviériste s’emballe, et il a raison de s’emballer, parce qu’il nous emballe complètement ; de même le bassiste et son look so smart, petite moustache à l’italienne, gilet de costard, bottes vernies taquine une splendide Hofner. Peut-être la batterie avait quelque chose d’un peu trop repiqué, artificiel, et peut-être le batteur ressemblait-il trop à un batteur, le type au fond qui ne se met pas en valeur et met des T-shirts trop larges. Le chanteur jette son âme et les paillettes de ses poches, serre la pince de ses compatriotes musiciens et balance le micro. Ils ont plus de temps que prévu avec l’annulation des Vicars , alors ils en profitent, se lâchent en instrumentales et petites mises en scène, prenant visiblement un plaisir communicatif de potaches. L’ensemble est bon, swinguant et varié, malgré un public trop peu nombreux, trop sagement assis, et pas encore sous l’emprise de la magie fusionnelle du concert ; trop éclairé, trop vide, pas assez d’alcool (…)
Pour arranger le tout, voilà que la pluie s’en mêle, ne nous laissant aucun répit pendant une bonne heure, pauvre public que nous sommes, de plus en plus nombreux, sous les retranchements de fortune que forment quelques coins de tente. Nous en profitons pour tailler le bout de gras avec le vidéaste 3D qui distille la performance musicale en une performance visuelle mais dont le matos, pourtant high tech, n’est visiblement pas waterproof. Tiens, le stand des Zombies s’installe. Merde, ils déballent des disques et des affiches de vieilles tournées déjà dédicacés ; on ravale notre envie d’interview.
Mais pour l’instant, place à Jessie Evans et son show cabaret. Une heure et demie après la fin des Hurly Burlies , trois soleils en alu sont accrochés à la scène et Mme Evans fait son entrée sur une musique à la James Bond, rythmée par un batteur de jazz costardé des pieds à la tête. Habit minimaliste, cuir et or, jeux de jambes entre french cancan et aérobic, et la voilà déchaînée avec un chant multiculturel pitché et des solos interminable de sax, le tout bariolé de samples années 80 ambiance synthés electro cheap qui, avec une batterie impeccablement maîtrisée, donne un curieux métissage de jazz tribalisé qui ne parvient pas à me mettre en extase.
Entre deux morceaux longuets, elle endosse une cape en or, nous invite à danser "naked on the mud", sauf qu’on est à Eysines et pas à Woodstock, et qu’elle n’est pas Janis Joplin mais Jesse Evans , Jessie Evans qui reprend sa leçon d’aérobic. Grâce à une mélodie salsa et un rythme batcave (oui, batcave), le show pétille à certains moments ; même sa voix qui a des intonations suaves et énergiques à la Beth Ditto des Gossip , parvient à donner du corps au duo, mais définitivement, elle utilise trop son saxophone. Mais cela n’engage que moi, hein.
Bon, là on arrive au gros de l’affaire, The Zombies . Petit rappel éclair et historique des Zombies . Groupe pop d’avant-garde aux mélodies aériennes et so british, très kinksiennes. On ne se leurre pas, on sait que les années 60 sont loin et que ces messieurs ont eux aussi subi l’outrage du temps ; mais on se rend vite compte qu’ils l’ont en fait vraiment subi.
Comme bon nombre de groupe d’éternelles tournées en re-formations exceptionnelles, ils finissent pas se déformer, suivant le triste exemple des Trashmen ou The Animals , et à nous livrer qu’un ersatz RTL 2 de ce qu’ils étaient musicalement quarante ans en arrière. Les pionniers se ringardisent, et concernant The Zombies , pardon pour les fans, mais là c’est flagrant.
Le premier morceau I love you donne le ton. Voix suraiguë, batterie lourde et clavier pénible. On ne retrouve ni la finesse, ni la légèreté du morceau original. Rod Argent et sa tignasse bouclée délaisse son orgue Hammond pour un synthétiseur tout ce qu’il y a de plus synthétique, tandis que Colin Blunstone manque de pleurer toutes les quatre secondes dans sa grandiloquence à peine surjouée. Sauf que là, Colin ressemble plus à André Rieu qu’à un chef de file de la british invasion, et ce n’est pas les pièces rapportées à la basse fretless, à la guitare et aux drums qui contrediront cette tendance, ralentissant la cadence de peur de l’accident cardiaque. Et bien sûr, chaque morceau est intronisé du fatiguant : "ce morceau a été écrit par moi en 1967 et Dave Grohl lui-même dit que c’est sa chanson préférée" ( Care of Cell 44 , en l’occurrence), ou encore réglé comme du papier à musique, le clavier annonçant la liste des chansons qui sera jouée, et dans quel ordre. Un vrai régal de suspense, ce concert. Et quand ils ne puisent pas dans leurs deux albums à succès, ils nous régalent de leur dernière production, une sorte d’ Eagles minimaliste qui fait se détourner la tête. À nouveau, un vieux tube s’enclenche What becomes to a broken heart , puis un second, Time of the Season ; un ange boiteux passe, mes voisins d’à côté grimacent.
Pardon Bibi Tanga , je suis trempée comme une soupe, j’ai froid, je n’ai pas envie de manger du chili dans une assiette en plastique, rien ne me transcende depuis maintenant trois heures, et demain je remets ça, alors je rentre, laissant la foule à son hommage mitigé.
La réflexion d’interdire l’alcool dans les festivals pour aider les gens à conserver leur oreille musicale me traverse la tête, puis s’évanouit sur une ligne blanche. Ce soir, je ne repartirai pas avec mon album dédicacé.
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Lundi 28 mai 2012 : 9070 concerts, 20891 critiques de concert, 4722 critiques de CD.
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