6 avis et critiques de concert
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Baxter Dury + Trailer Trash Tracys + Mina May (Midi Festival Hiver 2011) - 25 Novembre 2011 - Opera - Toulon. (critique écrite le 27/11/2011 par Sami)
Toujours un plaisir de se rendre au festival Midi dont c'est la deuxième édition dans sa version hiver. Comme l'an passé pour Young Marble Giants, une des trois soirées a lieu dans le prestigieux Opera de Toulon, peu habitué à recevoir des groupes rock.
Avec des sièges un peu trop .../...
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Toujours un plaisir de se rendre au festival Midi dont c'est la deuxième édition dans sa version hiver. Comme l'an passé pour Young Marble Giants, une des trois soirées a lieu dans le prestigieux Opera de Toulon, peu habitué à recevoir des groupes rock.
Avec des sièges un peu trop confortables pour ne pas avoir, après une dure semaine, envie de bailler devant les pourtant ambitieux Mina May. Pas plus emballé que la dernière fois que je les ai vu, pas choqué non plus de les voir remplacer à la dernière minute les S.C.U.M. Leur musique n'est pas désagréable en soi mais clairement pas des plus évidentes, rappelant parfois les expérimentations de Radiohead, Clinic ou Sunns.
Ils ne déclineront leur identité qu'en fin de concert, peut être impressionnés de jouer dans un tel endroit ou agacés du peu de réaction du public.
On attend le prochain groupe avec des sélections indé du meilleur cru, de Chromatics aux oubliés Voxtrot. Les Trailer Trash Tracys sont Anglais, ça se voit à leur teint blafard et au look haut en couleurs de leur chanteuse qui se présente dans un drôle de bermuda (à moins que ce soit un bas de salopette). Pour autant leur son est pas des plus joyeux, il est même assez glacial, dans les veine des groupes un peu goth/shoegaze récents émules de Siouxsie du genre Zola Jesus ou Still Corners vus ici l'an dernier.
La voix est envoutante et l'ambiance prenante mais le groupe n'a visiblement pas encore écrit beaucoup de chansons, une petite demi heure et puis s'en vont.
Place enfin à la tête d'affiche alors que la salle est désormais bien remplie. Baxter Dury a grandement motivé notre venue, c'est la première fois depuis ses débuts flamboyants (2002) qu'il joue dans le sud de la France. Et on n'est pas déçus, c'est un feu d'artifice qui est proposé pour finir et nous extirper définitivement de notre semi léthargie. On est d'emblée séduit par sa classe (impeccable costard) et sa bonhomie, voire son cabotinage. Il ne cessera de direqu'il aime la France, on le croit sans peine quand il imite notre accent et quand il descend la bouteille de vin qu'il entame d'entrée et finira au goulot. Le groupe qui l'accompagne est excellent, les chansons déjà classiques de son dernier album "Happy Soup" sonnent encore mieux que sur disque, entre pop et post-punk plus british tu meurs. "Isabel", "Claire", "Trellic", "Picnic On The Edge", autant de morceaux portés par son backing band et où son bagout et sa voix rauque se marient à merveille avec celle plus douce de Madeleine Hart. Les morceaux plus calmes comme "The sun" joués assis au clavier sont tout aussi touchants et on espère bien le revoir hors festival pour un concert un peu moins court, le seul regret de cette prestation en tous points euphorisante.
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Primal Scream present Screamadelica Live (MIDI Festival 2011) - 24 Juillet 2011 - Hippodrome de la plage, Hyères (critique écrite le 26/07/2011 par Sami)
Faute de temps, de potes motivés et de moyen de locomotion ce n'est pas encore cet été que j'assisterai à une édition entière de l'excellent et défricheur festival Midi mais impossible de rater cette date inespérée de Primal Scream dans le sud.
Quand on est pas du coin, pas forcément facile .../...
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Faute de temps, de potes motivés et de moyen de locomotion ce n'est pas encore cet été que j'assisterai à une édition entière de l'excellent et défricheur festival Midi mais impossible de rater cette date inespérée de Primal Scream dans le sud.
Quand on est pas du coin, pas forcément facile de trouver du premier coup, entre deux campings improbables, l'hippodrome de la plage, dont l'entrée annonce les venues prochaines d'Eddy Mitchell et Nicolas Canteloup.
Absolument rien n'indique que c'est effectivement ici que ça va se passer, aucune affiche, juste quelques discrets écritaux à l'entrée. Le décalage entre la buvette PMU type et les hipsters qui s'y attablent est assez amusant.
Pas vu le premier groupe de la soirée (Mazes) et pas vraiment accroché aux bien nommés Holy Shit, qui quittent la scène dans une indifférence embarrassante.
Plutôt bien aimé les enthousiastes Frankie & The Hearstrings, des Anglais nourris dont la jangly pop rappelle toutes proportions gardées les débuts de Franz Ferdinand. Les compos du groupe de manquent un peu de personalité mais pas d'efficacité, le chanteur fait ce qu'il peut pour faire bouger un public eparpillé et peu concerné.

Nous y sommes presque, alors que les roadies installent l'imposant matos de la tête d'affiche (dont un ampli Marshall siglé au nom de Mani), la selection pour patienter est ad hoc.
On reconnaitra des classiques indie dance (Happy Mondays, Stone Roses) et quelques nouveautés bien senties (Bot'ox).
Pas du tout sûr qu'à cette heure tardive la capacité maximale soit atteinte mais la foule est désormais plus compacte, et prête à danser plus d'une heure, à l'exception de quelques navrants accros du smartphone (autant acheter directement le dvd non ? pauvres nazes).
Pas mal d'Anglais ont fait le déplacement, de parisiens également et l'ambiance est au rendez vous dès les premières notes de "Movin On Up".
Voir en live ce que le NME a récement placé en top de sa liste des 50 Druggiest Albums Ever au lendemain de la mort d'Amy Winehouse ne manque pas de sel.
Bobby Gillepsie et ses sbires n'inspirent à aucun moment une mauvaise descente et affichent au contraire une pêche d'enfer.
Très communicatifs avec le public, sans blabla inutiles histoire de donner un maximum de plaisir dans le format etriqué d'un festival. On peut regretter l'absence de musiciens additionels présents au concert disponible en dvd, mais au prix très raisonable de la place on ne va pas trop chipoter.
Ont quand même fait le déplacement un saxophoniste et une chanteuse/choriste (qui envoie sacrément du bois sur "Don't fight it, feel it"), tout comme un clavieriste bien caché derrière ses machines.
Ce sera bien le seul bémol de ce concert en tout points euphorique.
Toutes guitares dehors avec un son assez énorme et quelques grands moments.
Contrairement au concert Mercury Rev plays Deserter's songs vu récemment, l'ordre des morceaux est légèrement modifié, la ballade "Damaged" jouée un peu plus tôt que sur disque.
Mais c'est pour la bonne cause, un enchaînement absolument ravageur des gros tubes dansants, excitants, epoustouflants de l'album.
Planer sur une version psyché d'au moins 10 minutes de "Higher than the sun", dodeliner sur l'immortel "Loaded" et chanter dans une communion extatique "Come together" plusieurs minutes après sa fin, c'est un moment que les fans jeunes et moins jeunes n'oublieront pas de sitôt.
Une fois ce dernier titre joué, final très rock'n'roll avec le récent "Country Girl" (2006) et deux tubes de l'album Stonien qui avait succèdé à savoir "Jailbird" et "Rocks".
Il n'y aura pas de rappel mais point trop n'en faut, on quitte cet hippodrome avec un large sourire en espérant malgré l'affluence mitigée que le festival Midi pourra en plus de ses prochaines découvertes nous proposer d'autres groupes aussi cultes. Réagir à cette critique |
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Summer Camp + Marnie Stern - 11 Décembre 2010 - Théâtre des Variétés - Toulon (critique écrite le 22/12/2010 par Decapsuleur) Après le déferlement de beauté du premier soir emmené par Still Corners ou les Young Marble Giants, et l’excellente surprise que fut Darkstar (quoi qu’il ait pu être dit sur ce site), la tâche s’annonce davantage ardue avec une programmation plus tranchée et incisive pour ces concerts clôturant, au .../...
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Après le déferlement de beauté du premier soir emmené par Still Corners ou les Young Marble Giants, et l’excellente surprise que fut Darkstar (quoi qu’il ait pu être dit sur ce site), la tâche s’annonce davantage ardue avec une programmation plus tranchée et incisive pour ces concerts clôturant, au théâtre des Variétés, le premier MIDI festival hivernal.
Et afin d’ouvrir les festivités, arrive Summer Camp ou l’histoire des imposteurs les plus mignons du moment, un duo d’amis anglais qui voulut se faire passer pour sept joyeux suédois s’étant rencontrés en colonie de vacances, le goût de la blague passé, le groupe démontra avec brio des qualités véritables dans la composition de morceaux pop plus qu’efficaces. Le concert s’annonce plus que prometteur, et dès les premières notes, semble s’ouvrir l’album photo d’une jeunesse quelque peu occultée et lointaine. Le départ est étonnement puissant, les vocaux résonnent comme autant de souvenirs ne demandant qu’à remonter à la surface, bien que l’on s’y refuse dans un premier temps, on verse rapidement dans l’effusion de sentiment, le film de nos années collégiennes se joue de nouveau. Les mélodies s’affirment peu à peu comme la bande son idéale de nos premières et déchirantes amours, le temps des boums au goût de bières non alcoolisées, mais tel un rappel à la raison, la guitare affutée à souhait redouble d’activité, nous rappelant les périls d’une mélancolie exacerbée, les voix se dédoublent, créant en nous de véritables labyrinthes d’émotions par le passé puérilement refoulées. Accompagnés par une boîte à rythme des plus à propos, le déchirement intérieur se poursuit avec délicatesse et précision, le temps de quelques hymnes au charme intemporel. Empli de la lassitude de l’adolescent ne trouvant d'échappatoire aux repas dominicaux sans fin, les deux acolytes enchainent avec l’irrésistible Ghost Train, ritournelle emplie de tous ces défauts des années 1980, dont la nostalgie nous insuffle une joie évidente. Des synthétiseurs pleins de réverbération en guise de madeleine de Proust, Summer Camp avance sans cesse à la limite du mauvais goût en véritables équilibristes, se jouant avec une facilité déconcertante des périls de l’exercice. On ne peut s’empêcher de repenser à ces karaokés aussi éthyliques que poignants de par leur sincérité immaculée. D’une évidence au premier abord trompeuse, le son se fait de plus en plus dansant, tandis que les photos en arrière-plan défilent, peuplées d’êtres étranges aux teints rougeâtres, persuadés en leur temps du bien fondé du mulet et de la moustache saillante. S’en suivent les portraits de filles aux jambes affriolantes et autres enfants avides de sucreries le temps d’un soir d’Halloween, le groupe entonne alors une "christmas song", une synth-pop brillante dont les ravages se seraient probablement faits sentir lors d’épiques quart-d’heures américains. Et ce set de s’achever avec leur superbe Round the Moon, mélodie tant déchirante que jubilatoire, refermant en toute beauté l’album de nos années protestataires et incomprises.
Puis les ronds de jambe s’achèvent pour laisser place à un grand coup de pied dans la fourmilière, donné par Marnie Stern, c’est une enfant particulièrement sensible qui arrive là, non pas fleur bleue non, sensible du genre qu’il ne faut pas chatouiller sous risque de se recevoir une bonne vieille trempe derrière la tête, qui sans le moindre round d’observation débarque armée de guitares aussi remuantes qu’énervées, sans pour autant sombrer dans l’idiotie métalleuse. Avec un jeu quasi-unique, tout en tapping, aussi nerveux qu’incisif, la rage de la new-yorkaise détonne avec son aspect des plus bichons au premier abord, la combinaison batterie/guitare des plus décousues se révèle profondément entraînante, alors que les chants quasi tribaux de la sauvageonne raisonnent avec beauté. Ses ballades chaotiques et effrénées contrastent avec de doux paysages avant de reprendre entre prodige et terreur, dans une frénésie superbe mais dévastatrice. Notre brute adorée se fait soudain plaintive, esquissant avec une tension palpable des horizons apocalyptiques aux allures d’exutoires. Nous déchargeant avec une puissance catharsique insoupçonnée de nos instincts les plus primaires, nos joyeux drilles s’en donnent à cœur joie, et cette heureuse fureur de ne jamais retomber, le temps d’ôdes à l'agressivité distinguée. Cette sincérité semble encore repousser des limites d’intensité qu’on eut cru depuis longtemps déjà atteintes, avec il faut bien se l’avouer, une technique de guitare aussi déroutante qu’exceptionnelle. Ce n’est point une claque musicale que l’on reçoit là, mais bien une volée de gifles en pleine poire, un véritable molestage en règle, une raclée des familles de celles qui remettent les esprits trop vite émancipés dans le droit chemin, et dans un masochisme des plus logiques, on en redemande docilement, tel l’enfant dans une éternelle quête de limites. Marnie conclut le set avec brio, puis se retire, sous les acclamations d’une foule impressionnée, qui s’empresse alors de débattre sur la jeune fille, comment classifier avec exactitude sa musique, le bien-fondé des guitar-heroes, et autres débats vitaux…
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