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 | Digitalism + Birdy Nam Nam + Laurent Garnier + Etienne de Crecy + Ghinzu + Yuksek + Miss Kittin & The Hacker + Naive New Beaters (Printemps de Bourges 2009) - 25 Avril 2009 - Le Phénix / Palais d'Auron, Bourges Première fois que je vais au Printemps de Bourges, une très bonne programmation electro et pour la première fois aussi, un seul billet pour deux salles ! autant dire que tout ça s'annonce bien ...
Arrivé à Bourges en fin d'après-midi, il pleut... il a fait beau toute la semaine sauf le samedi. .../...
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Première fois que je vais au Printemps de Bourges, une très bonne programmation electro et pour la première fois aussi, un seul billet pour deux salles ! autant dire que tout ça s'annonce bien ...
Arrivé à Bourges en fin d'après-midi, il pleut... il a fait beau toute la semaine sauf le samedi. Nous cherchons notre hôtel qui en fait n'était pas du tout ou on croyait qu'il était .. tout ça a pied ! donc totalement trempés par ce temps de m... !
Bref ! nous partons donc pour cette jolie soirée, quand nous arrivons au poste de contrôle des billets. Et la ça commence mal ! 20 minutes d'attente sous la pluie, un énorme bouchon s'est formé, on est serrés, on a froid, on est mouillés, les gens commencent à s'impatienter. Plus on avance, plus les gens se ressèrent. Enfin on arrivent à pénétrer dans l'enceinte, et on va directement se réchauffer dans le Palais d'Auron .. mais deuxième point négatif que nous remarquons, le passage entre les deux salles est très étroit ! (ça se confirmera plus tard dans la soirée).
Nous arrivons donc au Palais d'Auron ou les NAIVE NEW BEATERS ont presque fini leur set. Une musique efficace, les jeunes ont l'air d'aimer ça. Certes musicalement ça fait bouger mais derrière, ça reste quand même vide.
On restent au même endroit pour attendre MISS KITTIN & THE HACKER ! et ça remonte deja le niveau ! sur scène, je la trouve très charismatique, très présente, la musique envoie bien, visuellement c'est agréable (jeux de lumières, ecran). L'ambiance monte d'un ton sur le morceau Sinatra, mais malheureusement à 10 minutes de la fin de son set, une console grille... elle ne reviendra pas, les gens gueulent un peu mais on vite compris que ça n'allait servir à rien.
Derrière il y'aura LAURENT GARNIER que nous allons sacrifier pour nous rendre au Phénix ou quelques trucs sympas allaient arriver.
Arrivés au Phénix, c'est blindé !! les GHINZU se préparent pour démarrer. N'étant pas du tout fan ni d'eux, ni de rock .. j'ai trouvé ça sympa, quelques morceaux passent bien et d'autres sont beaucoup plus chiants. Sur scène, je les trouvent mous, ça bouge peu .. à part sur les plus connues mais sinon ça reste limité. Les gens ont eu l'air d'apprécier en tout cas.
Puis vient le moment que j'attends depuis maintenant 1 ou 2ans .. ETIENNE DE CRECY !!! que dire... A part que c'était tout simplement du grand art ! musicalement évidemment, un set super efficace, des montées incroyables qui font hurler le public mais visuellement ... c'était magnifique ! une des plus grosses claques que j'aie pu prendre ces dernières années. Je lui tire mon chapeau et le remercie pour ce live énormissime :)
Après ça, ça va être dur de voir mieux... ça sera Yuksek qui s'y colle, nous ne verrons que la fin. C'était plutôt cool.
Puis voila ceux dont je pressentais un truc qui clochait... les ayant vu fin Février à Marseille dans une ambiance de folie furieuse et un live incroyable, je m'attendais a ce que ce soit un truc de dingue avec les 6000/7000 personnes massées sous le chapiteau.
Et c'était bien ça le problème... un billet pour deux salles, ça fait finalement beaucoup trop de monde ! et donc avant que les BIRDY NAM NAM démarrent, les gens se compressent pour être bien placés, les gens de derrière bourrent tout le monde pour se caler devant toi .. et ils sont content en plus. Bref, j'étais pas dedans du tout et leur live a été monstrueusement chiant. Une coupure de son de 20 minutes a définitivement plombé le truc. Pas d'ambiance, aucune présence sur scène (contrairement à d'habitude), vraiment très déçu et sort du Phenix en me disant "une fois c'est bien, deux fois c'est nul".
Et pour finir en beauté cette soirée, quoi de mieux qu'un petit dj set des DIGITALISM ! c'était tout simplement génial et parfait pour clôturer la soirée :) du Fatboy Slim, du Nirvana, du Blur, un incroyable passage Daft Punk, du Digitalism évidemment .. bref, de quoi faire danser tout le monde ! jai bien hâte de les voir en live !
Pour résumer, musicalement la soirée fut bonne avec son lot de déceptions (Birdy Nam Nam, Ghinzu) et de grosses claques (Etienne de Crecy, Digitalism). Le reste laisse un peu à désirer au niveau de l'organisation (trop d'attente), et évidemment cette pluie qui aura définitivement gaché cette soirée.
A lire également sur le Printemps de Bourges 2009, des chroniques des concerts de GENERIC + Boogers + Grand Bureau + Hello Bye Bye, Frida Hyvönen + Essie Jain, Orelsan + Eli Paperboy Reed And The True Loves + DJ Kentaro + Belleruche + General Elektriks + Alice Russell + Chinese Man, ThE BeWiTcHeD hAnDs On ThE tOp Of OuR hEaDs + Cercueil + Mustang + Minipli + Pilöt + The National Parcs, Bonnie Prince Billy + Susanna Wallumrød + Scary Mansion, The Noisettes + Battant + Kap Bambino + Slice & Soda + Telepathe, Emily Loizeau + Coming Soon + Andrew Bird , The Von Bondies + Stuck In the Sound + Mono + Detroit7 + Lucy and The Popsonics + The Dodoz + Dead Sexy Inc , Zone Libre VS Casey & Hamé, Dominique A, Sliimy et Piers Faccini + Ben Harper & Relentless7 Réagir à cette critique |
|  | Orelsan + Eli Paperboy Reed And The True Loves + DJ Kentaro + Belleruche + General Elektriks + Alice Russell + Chinese Man (Printemps de Bourges 2009) - 25 avril 2009 - Le 22 d'Auron, Bourges 
Superbe soirée éclectique au 22 d’Auron pour l’avant dernier jour du Printemps de Bourges 2009… Du hip hop polémique (sur le papier) d’Orelsan au hip hop électronique de Chinese Man en passant par la soul d’Eli Paperboy Reed And The True Loves et d’Alice Russell, l'électro rhythm and soul de .../...
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Superbe soirée éclectique au 22 d’Auron pour l’avant dernier jour du Printemps de Bourges 2009… Du hip hop polémique (sur le papier) d’Orelsan au hip hop électronique de Chinese Man en passant par la soul d’Eli Paperboy Reed And The True Loves et d’Alice Russell, l'électro rhythm and soul de General Elektriks, le trip hop soul de Belleruche et le hip hop décalquant de DJ Kentaro, il y avait de quoi repartir heureux, rassasié par le déluge de bon son et… crevé !

Orelsan
Tout commence avec le concert sulfureux de l’Eminen D’Hérouville-Saint-Clair (rires) aka Orelsan, qui a bien failli ne pas jouer à Bourges à cause de la polémique suscitée par son médiocre morceau intitulé finement Sale pute. Racontant l’histoire d’une jeune homme rendu fou par l’infidélité de sa copine au point de vouloir la tabasser à mort et l’insulter comme du poisson pourri, ce titre (non inclus sur le bon album d’Orelsan, une très bonne idée ! ) ne sera pas interprété, comme prévu…

Tant mieux car Orelsan a beaucoup mieux à offrir au public : de nombreux morceaux aux textes gratinés racontant le sinistre quotidien d’un gamin aujourd’hui (films X, histoires d’amour pourraves, drague sur internet et par sms, soirées en boites désespérantes, ennui et désanchantement généralisé etc etc ) avec humour décalé et mise en scène drolatique.

Souriant, affable, drôle ("le vrai problème avec cette histoire de titre sur internet, c’est que je fais fuir les filles maintenant…") et bien accompagné par deux rappeurs, un lapin géant (!), un DJ et un guitariste, le jeune rappeur au physique poupon - prénommé Aurélien dans le civil, encore un fils de bonne famille (Papa est directeur d'école) - fait le show, sans trop rouler des mécaniques, en faisant preuve de beaucoup d’autodérision et avec un talent certain pour faire croire à ses histoires.

Cela donne au final un bon concert (sans être génial, hein !) de rap français (avec plein de surprises, comme des titres rap rock avec un guitariste jouant des riffs d’AC/DC et Rage Agaisnt The Machine, un slow sirupeux joué au piano et chanté avec une voix de crooner FM… ) et beaucoup de promesses pour l’avenir…
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Eli Paperboy Reed And The True Loves
Le meilleur concert de la soirée a lieu juste après dans l’autre salle du 22 d’Auron, il s’agit de celui d’Eli Paperboy Reed And The True Loves, une revue rhythm & soul remettant joliment au goût du jour les géniaux Wilson Pickett, Otis Redding, Ben E. King, Ike & Tina Tuner, Al Green, Sam Cooke, Percy Sledge et compagnie… Boostés par le souriant et ultra tonique Eli Paperboy Reed, un chanteur/guitariste à la voix extraterrestre (quel organe !) et aux mains agiles, les impeccables True Loves semblent réellement se régaler à ferrailler une soul authentique, vintage et classieuse. Les cuivres, la guitare, la section rythmique et la voix se mélangent jouissivement ensemble pour créer de rutilants et enlevés tubes de rhythm & soul ou des ballades hyper sensuelles (l’idéal pour emballer donc).

Tout cela respire la joie de vivre, la passion pour la musique soul et une envie communicative de faire la fête avec le public… A la fois cultivé (à les écouter, on dirait bien que ces gens-là ont écouté tous les bons disques de le Terre !), multiculturel - latino, blacks, blancs… - et inspiré par le blues & soul du Sud des Etats-Unis, Eli Paperboy Reed And The True Loves casse la baraque une heure durant.

Etirant ses titres avec ferveur (sans être jamais bavard, un exploit !), la troupe emmenée par Eli Paperboy Reed enchante tout le monde, faisant oublier le temps qui passe avec une flopée de hits comme Take my love with you, Am I wasting my time, It’s easier, Doin’ the boom boom, The satisfier etc etc. L’horaire imparti au groupe américain est dépassé, mais cela ne semble avoir gêné personne dans l’assistance, bien au contraire ! A voir absolument !

DJ Kentaro
Et hop, on enchaîne sans perdre une seule seconde avec le set imparable, frénétique et inspiré de DJ Kentaro, un ovni des platines capable de retourner une salle en moins de temps qu’il ne faut pour le dire (ou l’écrire). Avec une belle série de vinyles, deux mains tellement agiles qu’elles semblent être quatre et un talent imparable pour mixer toutes sortes de styles (hip hop, drum ‘n bass, reggae, dub, rock, BO de Western… ), le virtuose japonais fait monter dangereusement la température du dance floor.

C’est une véritable partouze sonique à laquelle est cordialement convié le public du 22 d’Auron (très excité, et c’est normal !), une orgie donnant envie de faire absolument n’importe quoi avec ses jambes et ses mains. Les titres créés de toutes pièces en direct par DJ Kentaro sont positivement ré jouissants… A voir au moins une fois, si l’on est doté d’une robuste constitution !

Belleruche
C’est dans un registre plus langoureux qu’évolue Belleruche quelques instants plus tard… Le trio anglais crée en effet de très sensuels titres entre soul, trip hop et rhythm & jazz blues grâce à une voix ultra sexy, un guitariste jazzy et un préposé aux platines pas exactement maladroit. Cela donne immédiatement envie de se lancer dans des danses chaloupées en charmante compagnie.

La voix, la simplicité et le physique généreux de la chanteuse (nous n’en dirons pas plus… ) en font craquer plus d’un, sa très bonne entente avec le groupe achevant de convaincre sur les qualités de ce combo original et très bon en live. Joliment influencées par les magiciens de Portishead (on a vu pire comme référence !) mais aussi par DJ Shadow et Django Reinhardt, Anything you want not that, Idea three et autre séduisantes perles maintiennent durablement la (douce) pression sur le public, définitivement sous le charme.

General Elektriks
Et hop, encore un concert ultra chaud pour cette soirée décidément infernale : General Elektriks enfonce le clou dans le côté électro soul groovy, avec un live faisant la part belle aux voix sucrées, aux synthés vintage et aux basses au fort pouvoir ondulant sur les hanches. Le responsable de cette noble tâche est d’ailleurs le très funky Jessie Chaton de Fancy (une référence en matière de show sexy !), qui se fait bien évidemment fort de tortiller méchamment du cul tout en jouant de la basse ou du synthé basse.

Initiateur du projet General Elektriks, l'exilé aux Etats-Unis Hervé Salters a vraiment le chic pour composer et interpréter des titres à la fois dansant, langoureux, sensuels et classieux ! C’est un véritable bonheur pour les oreilles, les yeux, les guibolles et les sens, ce concert…

Alice Russell
Un peu comme le show d’Alice Russell et ses boys programmé quelques secondes plus tard… Avec un naturel tonique, plein de bonne humeur et d’envie de communier sa passion pour la soul, l’intenable Anglaise fait un bon show. Elle a par contre le malheur de passer après l’irréprochable set d’Eli Paperboy Reed And The True Loves, aussi remarque t’on sans doute plus son groupe pas sexy pour un sou, une guitare un peu ringarde et un violon parfois hors sujet.

Malgré ces petits défauts, il faudrait vraiment être un incorrigible peine à jouir pour ne pas se laisser emporter par la belle série de hits (parmi lesquels les excellents Turn and run et Two steps… ) généreusement joués pour un auditoire ravi par l’enthousiasme démontré par Alice Russell. Après une bonne reprise de Seven Nation Army des White Stripes, le (bon) set de Miss Russell se termine avec Crazy de Gnarls Barckley, un excellent titre joué avec foi, mais peu être trop entendu.

Chinese Man
C’est sur les genoux et littéralement épuisé qu’on "se finit" en beauté devant le set de Chinese Man, qui se fait fort de faire groover à mort son hip hop abstrait mâtiné de drum ‘n bass démoniaque. L’ensemble se révèle ultra remuant, très épicé, sacrément relevé niveau beats et d’une versatilité proprement renversante… De quoi attraper un torticolis ou se démettre le bassin à force de subir - à l‘insu de son plein gré - les changements de rythmes incessants, les brillants exercices de styles destinés à faire bouger le corps et les stimulations du cerveau avec les projections en fond de scène…

On ressort enchanté du 22, en pensant qu’une nouvelle fois, "le Printemps de Bourges nous a tuer !". Le festival se termine le lendemain avec les toujours aussi désespérants et démagos Tryo et Miss Platnum (déjà vue deux fois dans de meilleures conditions), il est donc temps de dire "à l’année prochaine" !

Sites internet : www.printemps-bourges.com, www.myspace.com/orelsan, www.myspace.com/generalelektriks, www.myspace.com/belleruche, www.myspace.com/djkentaro, www.myspace.com/alicerusselluk, www.myspace.com/elipaperboyreed, www.myspace.com/chinesemanrecords
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Photos sans crédit : Flore-Anne Roth
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|  | Bonnie Prince Billy + Susanna Wallumrød + Scary Mansion (Printemps de Bourges 2009) - 25 Avril 2009 - Auditorium, Bourges 
Affiche prestigieuse et classe à l’Auditorium de Bourges avec le folk rock de Scary Mansion et la folk music aérienne de Susanna Wallumrød, en premières parties du lumineux set country rock du taciturne Bonnie Prince Billy. Il aura fallu la venue du ténébreux et sombre songwriter américain .../...
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Affiche prestigieuse et classe à l’Auditorium de Bourges avec le folk rock de Scary Mansion et la folk music aérienne de Susanna Wallumrød, en premières parties du lumineux set country rock du taciturne Bonnie Prince Billy. Il aura fallu la venue du ténébreux et sombre songwriter américain pour amener la pluie (soutenue et incessante) sur le Printemps de Bourges 2009, très ensoleillé jusque là. Si c’est à ce prix qu’on peut avoir un concert de cette qualité-là, va pour les éléments déchaînés !

Scary Mansion, de bien belles promesses…
Toute jeune dans la carrière, mais déjà auteure d'un premier album aussi réussi que prometteur (Every Joke Is Half The Truth), Leah Hayes alias Scary Mansion fait immédiatement étalage de son talent pour trousser des folk songs ou des titres rock bien foutus. Lors d’une ouverture de spectacle versatile à souhait, Scary Mansion - avec sa voix éthérée susurrée, sa mini guitare et son groupe (basse, batterie, choeurs) - alterne les morceaux calmes et les saillies rock ‘n roll où la basse et la batterie ferraillent avec la guitare. On s’attendait sans doute à plus de douceur, aussi la section rythmique semble un peu appuyée sur les compositions les plus rock. Après un nécessaire temps adaptation, on finir par s'habituer à l’alternance entre les tonalités folk et rock, et l’on apprécie la qualité du songwriting et la beauté de la voix… Au final l’ensemble se révèle un peu timide et encore à roder, mais il y a sans aucun doute là de bien belles promesses…

Susanna Wallumrød touche au sublime
Avec une voix d’une pureté hallucinante, une piano aérien, une guitare toute en atmosphères (Helge Sten) et une batterie délicieusement caressée, Susanna Wallumrød et ses musiciens (Helge Sten et Pål Hausken) propulsent sur un petit nuage en un instant (magique), juste après. C’est très beau et complètement envoûtant un concert de cette trempe ! En proposant une folk évoluant aux confins de la musique jazz, du classique et des expérimentations sonores, la blonde chanteuse venue de Norvège touche au sublime. Le public semble suspendu à ses lèvres, et attend quelques instants avant d’applaudir, de peur de briser malencontreusement un instant de grâce. Le duo avec Bonnie Prince Billy (qui arrive subrepticement, habillé en salopette et chemise informe, un peu comme un plombier ou un électricien débraillé) est à ranger dans la même case, les deux artistes faisant souffler un vent d’inspiration et d'émotion sur la vielle scie radiophonique qu’est Without you (un titre ayant acquis ses lettres de noblesse grâce à Harry Nilsson). Une intro vraiment idéale pour le spectacle de Will Oldham, qui a d’ailleurs participé au disque de Susanna Wallumrød.

Bonnie Prince Billy, merci Monsieur !
Après une longue attente et beaucoup de tergiversations pour installer le matériel sur scène, Bonnie Prince Billy et son groupe country rock permettent de passer un très beau moment en compagnie d’un des singers/songwriters les plus prolifiques et intéressants de ces vingt dernières années (cf son dernier album, Beware).

Dès qu’il chante, une sorte de miracle se produit : les poils de tout le corps des hérissent, et l’on se laisse transporter dans l’univers étrange, rustique, déjanté et authentique de cet homme ressemblant à monsieur tout le monde (ou presque). Si son (no) look évoque un ouvrier agricole américain et s’il semble prendre plaisir à se tenir en retrait du halo de lumière censé l’éclairer, Will Oldham est pourtant devenu un véritable performer sur scène : il réinterprète avec foi et une certaine envie de jouer ses morceaux décharnés écrits d’une magistrale plume. Ses influences avouées - Johnny Cash, Merle Haggard et Leonard Cohen - viennent s’ajouter à celle de Neil Young and Crazy Horse sur cette tournée à la fois country et électrique. Pour un résultat souvent à couper le souffle…

Accompagné par un batteur impressionnant de classe, par un contrebassiste imparable, un guitariste très en verve et une chanteuse/violoniste pleine d’à propos, Bonnie Prince Billy propose un concert concis (1h15), sans aucun temps mort et extrêmement poignant. Les ballades et les morceaux plus enlevés se succèdent, sans que pointe un seul instant l’embryon d’un début de baisse de régime… Les duos avec sa choriste sont, par exemple, vraiment superbes. Celui où les paroles évoquent un homme qui avoue que ce qui lui plait chez sa partenaire c’est son côté masculin (cette dernière lui répondant avec malice que ce qu’elle aime chez lui, c’est son coté féminin… ) est, quant à lui, simplement sublime. Le texte - à la fois tendre, hilarant et décalé - est déclamé avec tant de ferveur par les deux musiciens qu’on croit assister à une vraie déclaration d’amour en direct. A la fin du morceau, Mr Oldham se fend d’un « Merci monsieur » (en français !) à l’adresse de sa musicienne. Un « Merci » qui pourrait résumer le sentiment des fans de Bonnie Prince Billy à l’issue de ce concert parfait. Qui se termine avec des morceaux plus rock et un épatant rappel avec Susanna Wallumrød au chant. Dehors, après le concert, il pleut toujours mais la pluie a un effet plus doux après pareille démonstration de talent…

Sites internet : www.printemps-bourges.com, www.bonnieprincebilly.com, www.myspace.com/susannasonata, www.myspace.com/scarymansion, www.leahhayes.com.
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