Le Tour du Pays d'Aix
Pays d'Aix (13) du 31/10 au 17/11
L’association Aix'Qui ? propose, avec cette opération itinérante une programmation de groupes à la notoriété nationale, voire internationale aux cotés de groupes amateurs ou en développement.
L’association Aix'Qui ? propose, avec cette opération itinérante une programmation de groupes à la notoriété nationale, voire internationale aux cotés de groupes amateurs ou en développement.
La dernière édition
31
Mercredi
octobre
2012
octobre
2012
Fishbone + Guillaume Perret & the Electric Epic + Fantasticus 

02
Vendredi
novembre
2012
novembre
2012
Imhotep + Woody Bud 

03
Samedi
novembre
2012
novembre
2012
Tony Allen's Black Series + Hugo Kant 



09
Vendredi
novembre
2012
novembre
2012
Triptik + Deen Burbigo + Cassidy + Taipan + A2h + Ladea 

10
Samedi
novembre
2012
novembre
2012
Lo'jo + Monogrenade + Isaya 

16
Vendredi
novembre
2012
novembre
2012
The Bewitched Hands + Kami + The Crazy Poodles 

17
Samedi
novembre
2012
novembre
2012
Shantel & the Bucovina Club Orkestar + La Caravane Passe + BoucanClan 



Le Tour du Pays d'Aix : vos dernières critiques de concert
11 avis et critiques de concert
Tony Allen's Black Series + Hugo Kant (Le Tour du Pays d'Aix) - 3 Novembre 2012 - Bibliothèque Méjanes - Aix-en-Provence 


(critique écrite le 06/11/2012 par Pouille-pouille)
Du 31 Octobre au 17 Novembre se déroule la 15e édition du festival itinérant "Le Tour du Pays d’Aix" : 7 dates, 23 artistes ; c’est l’occasion d’aller admirer des groupes, chanteurs et musiciens de renommée, non loin de chez soi, pour la somme cadeau de 7€ la soirée (5€ en pré-vente), dans .../...

Du 31 Octobre au 17 Novembre se déroule la 15e édition du festival itinérant "Le Tour du Pays d’Aix" : 7 dates, 23 artistes ; c’est l’occasion d’aller admirer des groupes, chanteurs et musiciens de renommée, non loin de chez soi, pour la somme cadeau de 7€ la soirée (5€ en pré-vente), dans leur domaine de prédilection : le LIVE ! Donc, à moins d’avoir inscris votre rat de compagnie à un concours de beauté en Palombie de l’Ouest, vous n’avez aucune excuse pour ne pas avoir assisté à Fishbone à Peyrolles ou encore Imhotep à Venelles. Mais pour les retardataires, sachez qu’il est encore possible de se précipiter à St-Cannat le 09 pour une soirée hip-hop en compagnie de Triptick, Cassidy, Deen Burbigo, A2H, Ladea et 13 Karaa ; le 10 à Rousset pour la soirée world/folk avec Lo’Jo, Monogrenade et Isaya ; le 16 aux Pennes Mirabeau pour celle pop/rock avec les Bewitched Hands, Kami et Crazy Poodles ; et enfin le 17 à Simiane pour la soirée festive avec Shantel & The Bucovina Club Orkestar, La Caravane Passe et Boucan Clan. Quant à Tony Allen, c’était samedi. Mais pas de panique, ConcertAndCo qui était pour vous.

La soirée attaque avec le jeune doué Hugo Kant , entouré de ses deux comparses à la batterie et à la guitare. D’un style hypnotisant mais pas complètement définissable, empruntant au trip-hop et au downtempo, ils parviennent à réjouir la foule bienveillante. On comprend bien pourquoi l’illustre DJ Krush ou les Chinese Man ont pensé à les faire tourner avec eux ! Dernière chose : l’association flûte traversière (Hugo Kant)/beats de hip-hop-batterie est une tuerie (même si le tout à parfois manqué de variété : on les voit mal tenir plus qu’une première partie), et l’on risque de réentendre ce mélange divin de plus en plus souvent. En attendant, bonne continuation les p’tis gars.



Une histoire dans la ville
Samedi 3 Novembre, vingt-deux heures, France. Chemise créole, chapeau panama, lunettes de soleil. Jeu des sept erreurs ? Non ! Il fallait être à la bibliothèque Méjanes les enfants, où se trouvait en représentation le modeste Tony Allen , venu faire un peu de batterie pour l’occasion. Modeste ? Totalement légendaire, plutôt ! Il faut savoir repérer les anomalies au bon endroit…

Mais Tony Allen est avant tout un homme de collaborations : Fela Cuti biensûr, Flea (Red Hot Chili Peppers), Damon Albarn (Blur, Gorillaz), Paul Simonon (The Clash), Sébastien Tellier … Sauf que ce soir Tony Allen se déplace seul, avec sa bande d’illustres inconnus, et pour la première fois c’est son nom qui fait déplacer les foules.
Profitons-en pour observer l’attitude du bonhomme : le "père tranquille" est assis derrière ses fûts comme dans un fauteuil moelleux. Si on ne connaissait pas son talent, on aurait pu lui reprocher sa nonchalance et sa dilettante extravagante. La participation corporelle est quasiment absente de son jeu : seuls ses poignets remuent le strict minimum permettant aux baguettes d’atteindre les percussions, et sa tête effectue de temps à autre un aller-retour de haut en bas, comme s’il comprenait lui-même ce qu’il jouait.

"Aix-en-Provence is a little town… but big !"
Mais soyons honnête, l’entrée en matière n’est pas convaincante : les deux premières pistes ne décollent pas, les musiciens jouent sobres, trop sobres, tandis que les spectateurs attendent un coup de fouet ; le chant de celui censé être le leader peine à améliorer le tout, même si chanter en battant est une performance en soi. Mais petit à petit, un instrumentiste se détache du lot : le trompettiste, entraînant avec lui le claviétiste, avec qui son entente fait merveille. Toutes ses interventions sont justes, puissantes, impériales, relèvent le thème avec savoir-faire, et parfois, se targuent d’une improvisation sereine et appliquée.


C’est alors, et seulement alors, que l’on remarque les remarquables qualités de Tony Allen : jamais, ô grand jamais, un batteur n’a joué avec autant de nuances et de feeling ; les fûts sont tapotés, caressés… aimés. Car Tony Allen n’est qu’amour : il semble en effet déclarer sa flamme autant à sa batterie qu’à son public, qu’à ses propres musiciens, qu’à sa propre musique, qu’à Fela et ceux qui l’ont toujours accompagné. Il enfile finalement ses lunettes noires, préalablement posées sur son chapeau panama, en signe de deuil, d’humilité, et en artiste qu’il est, au fond.

Le show Tony rnrn Le public regardait, intrigué, l’homme à la trompette, qui lui demandait de se lever, comme on propose une sucrerie à un invité. Le public attend, hésite, regarde quelques uns de ses membres les plus braves obéir, puis se lève tout entier. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il ne se rassira jamais.
Debout, le public entend exactement ce qu’il veut entendre. Il n’y a pas de doute : cette musique est taillée pour le live. Chaque chanson est allongée jusqu’au quart d’heure, un quart d’heure de plaisir brut, sauvage, primitif. C’est le genre de musique qui t’attrape quand tu ne t’y attends pas, pense-t-il ; qui t’enferme dans une spirale vicieuse, celle de l’Afrobeat, d’où tu ne sortiras que changé. Cette musique qui te pousse paradoxalement à la réflexion, qui aiguise tes sens et ouvre ton cœur. Le public regarde, à moitié inconscient, la scène où les musiciens se lancent dans leur solo les uns après les autres, jusqu’au meilleur : Tony Allen. Jamais un solo n’aura aussi mal porté son nom, tant les battements de mains du public son impressionnants de satisfaction béate et de communion ; et Tony Allen redéfinit la notion de musique spatiale, 60 ans après John Cage. Le public ne sent pas son corps se dérober sous lui, que chaque percussion du sage Tony Allen mallée d’une force mystique. Le reste des musiciens acquiert même le statut de public, regardant avec admiration et émotion leur ancien partenaire se transcender, sublimer la beauté elle-même ; s’élever, ailleurs, plus haut que tout.


Si la fin retombe légèrement dans les travers des débuts, c’est simplement que l’Afrobeat est la musique la plus humaine au monde, et jamais des faiblesses n’auront paru aussi délicieuses. De toute façon, le groupe n’est pas dupe et s’emploie à tous les subterfuges pour ne rien laisser paraître : questions/réponses de la trompette et du clavier, nappes de claviers à peine dissonantes pour faire ressortir la basse, phrases répétitives de la trompette pour nourrir le suspense de fin…
Mais à la fin tu as honte. Honte de t’être dandiné bêtement et grossièrement devant cette réalisation divine, honte de ces deux heures de plaisir coupable. Cette honte indéfinissable qui succède à un bonheur qui t'échappe, comme une éjaculation solitaire. Comme si le plaisir était un pêché. Mais l’enfer est à la vie ce que la vie est au paradis.
Et la musique est le seul paradis d’où l’on peut ressusciter.
P.S. : ne manquez pas l'interview du maître Allen, qui arrive prochainement !


Erik Truffaz - Les Combis Bleues (Le Tour du Pays d'Aix) - 19 Novembre 2011 - Jas'Rod - Les Pennes Mirabeau 


(critique écrite le 18/12/2011 par Ysabel)
Une seconde soirée pour nous organisée par l'association Aix’Qui, toujours dans le cadre du Festival du Tour du Pays d'Aix ... Mais qui a lieu au Jas'Rod des Pennes Mirabeau cette fois. Une drôle de salle vu de l'extérieur, mais qui est vraiment très sympa une fois qu'on y est. Une scène de belle .../...
Une seconde soirée pour nous organisée par l'association Aix’Qui, toujours dans le cadre du Festival du Tour du Pays d'Aix ... Mais qui a lieu au Jas'Rod des Pennes Mirabeau cette fois. Une drôle de salle vu de l'extérieur, mais qui est vraiment très sympa une fois qu'on y est. Une scène de belle taille et toute proche du public, beaucoup d'espace et un drôle de sol en Formica qui lui donne un joli cachet. Sans parler de la programmation : rien moins qu'Erik Truffaz (trompettiste de la mort-qui-tue). Bref, un bon petit concert, qui se présente sous les meilleurs auspices.
Après les quelques mots de rigueur pour présenter le Festival à ceux qui ne le connaîtrait pas encore, les deux musiciens de Combis Bleues prennent place (ni en combis, ni en bleu d'ailleurs !!) pour assurer la première partie. Ils s'installent face à face, chacun devant son clavier, comme en miroir et nous offrent une musique qui semble plus électro que jazz, mais pas désagréable du tout. Le début semble même quasi expérimental, puis une douce mélodie s'installe. Le public se presse devant la scène dans une ambiance très cool.
Leurs attitudes sont marrantes, dans un jeux presque parallèle (mêmes mouvements de tête, coups d'oeil et sourires complices ...) Ces deux là se connaissent sur le bout des doigts, à n'en pas douter. Niveau son, cela peut faire penser à de la musique de film, avec beaucoup d'effets d'orgue. Un univers qui personnellement m'entraîne dans une BO à la Jacques Tati, mais en plus moderne. Tirant de plus en plus vers le jazz au fur et à mesure que l'on avance dans leur set, comme pour Les Mots D'enfants. Et il faut reconnaître que ce choix de disposition scénique rend vraiment le duo attractif et nous permet de lire sur leur visage un réel plaisir de jouer, qui est tout à fait communicatif.
Franck & Julien ("Puisqu’il faut présenter l’orchestre !!" comme le dit ce dernier) jouent beaucoup sur de petites mélodies à la Amélie Poulain, qui installent tout de suite un univers très personnel. C’est une musique qui laisse libre court à l’imagination, parfaite pour vous faire lâcher la bride et laisser place à la rêverie. Une sorte de dialogue musical, avec les deux claviers qui se répondent.
Pour Eclipse, on passe du piano à l’orgue, puis à la guitare ou à la basse, au gré des choix de sonorité du synthé. Tout est parfaitement synchro. Ils se suivent des yeux en permanence, ce qui me donne cette sensation de les voir installés dans une bulle. Par moment, la musique se fait un peu italienne, à la Nino Rota, comme pour Rosetta qui est, encore une fois, très porté sur l’orgue... On reste dans la musique de film avec ce parcours musical très ludique et empli d’images.
Pour terminer et avant de laisser la place à Erik Truffaz, nos deux musiciens nous en propose une petite dernière : rien de moins que J’irai Danser Sur Les Fils Electriques (je suis un peu dubitatives pour ce qui est des titres des morceaux, sachant que j’ai bien l’impression qu’ils nous baladent avec leurs faux airs de pince sans rire). Mais quoi qu’il en soit et quelque en soit son titre, cette musique nous embarque une dernière fois dans leur monde sonore d’un festif et d’une énergie vraiment vivifiants. Une fort bien belle première partie ma foi !!
Julien Tamisier - Piano & Piano Wurlitzer
Franck Lamiot - Orgue Hammond
--------------------------------------
Après le petit moment de rotation nécessaire au changement de scène entre Les Combis Bleues et Erik Truffaz, le quatuor (dans sa formation habituelle) prend place. Erik est lumineux en chemise blanche et pantalon noir. Avec la disposition de salle offerte par le Jas’Rod, le public se retrouve tout proche de lui. Le son est juste parfait et dès le premier morceau, l’intensité est déjà palpable. Ses doigts, d’une incroyable agilité, parcourent avec fièvre sa trompette et les modulations du rythme permettent d’en savourer chaque note.
Selon les moments, la trompette de Truffaz sait se faire douce et planante ou bien tonitruante. Mais toujours soutenue par une batterie omniprésente et par l’orgue, qui envoie aussi ... Un feu d’artifice qui donne à ce jazz un son moderne et incomparable. Erik Truffaz sait transcender le jazz. Et cette attitude qu’il prend lorsqu’il écoute ses trois compagnons de jeux, cette façon qu’il a de laisser entrer la musique en lui lorsqu’il ne joue pas est juste fascinante. Ceci étant, il n’est pas le seul. Si on se laisse porter, nous sommes nous aussi traversés de par en par. Quand à Marcello, il est carrément faramineux à la basse. Certain morceaux en deviennent volcaniques. Et avec les jeux d’écho, on a même parfois l’impression que ce n’est même plus de la trompette que l’on entend.
Leur voyage fabuleux nous emmène faire un tour au Japon avec Fujin (évocation du dieu des vents). Un morceau très planant et propice à la rêverie. En fait, pour moi, c’est Truffaz qui incarne ce dieu du vent en personne. Ses notes tenues sont à la fois d’une puissance et d’une douceur incroyables. Puis c’est Marcello qui prend le relais avec l’orgue de Benoît et la douceur du début se charge en intensité. C’est une magnifique évocation du Pays du Soleil Levant, dont le point culminant est salué par des sifflets de plaisir de la part du public.
La chaleur monte dans tous les sens du terme. C’est un set très enlevé et mené plutôt tambour battant, avec un Marcello qui a le don de jouer de la basse comme on le ferait d’une contrebasse. C’est magnifique. Tous les musiciens sont véritablement à l’honneur (et vu leur talent respectif, ce serait un crime qu’il en soit autrement !) Le public, de son côté, ne peut retenir des cris d'enthousiasme face à ce déferlement de virtuosité. Et lorsqu’Erik reprend la main, le rythme devient complètement effréné. Ce morceau est juste fabuleux !!
On enchaîne ensuite avec la batterie de Marc Erbetta frappée comme un tambour, à même la peau. Chacune de ces subtilités apportent une couleur différente à chacun des morceaux, mais dans l’ensemble, c’est un set plutôt pêchu. Par moment, Benoît Corboz est tellement embarqué par la musique qu’il nous offre de petits moments de bravoure au clavier, ne tenant quasiment plus assis sur sa banquette (il se retrouve les fesses en l’air une mesure sur quatre !!). Puis le calme revient après la tempête. Une merveilleuse façon de souffler (sans jeux de mot) le chaud et le froid sur un public en totale osmose avec eux. Et il y a bien peu de tête qui parviennent à rester en place croyez moi. Certains morceaux semblant durer une éternité ... De plaisir (bien sûr !)
Avant de commencer In Between, Truffaz plaisante sur la salle qu’il trouve "Difficile à trouver, mais très sympathique ... Juste besoin d’un GPS !" Il y a une grande intensité et un peu plus de nostalgie dans ce morceau. Et je ne vous parle même pas de la beauté de l’image : trompette levée vers le ciel et les yeux clos. La musique paraît d’un autre monde. Son écho se démultiplie à l’infini dans une ambiance irréelle. C’est encore une fois l’assemblage de ces quatre musiciens qui amène puissance et énergie. C’est d’une richesse incroyable.
Pour le dernier morceau du set, Marc Erbetta prend le micro avec une voix robotisée (avec onomatopées et bruitages), plus un peu de basse. Une belle impro qui entraîne le public à frapper dans ses mains. Il se transforme en une sorte de Beat Box jazz à la Magma. Puis les autres vont eux aussi entrer dans le délire, pour finir en apothéose. Quelle fin de set !!
Après leur sortie, bizarrement, tout le monde ne reste pas pour le rappel (bien dommage quand même et peu coutumier ... L’heure du dodo sans doute !) Truffaz opère une sorte de remix du son de sa trompette. C’est très planant, comme au début de ce concert. Comme si la boucle était bouclée. Puis un dernier rappel très dansant fait se trémousser allègrement la salle. Le public crie, frappe, siffle ... On la savoure cette dernière et elle semble être capable de nous emmener jusqu’au bout de la nuit. Ces quatre musiciens sont juste monstrueux. Mais d’un geste de bras, Erik met fin à ce pur moment de bonheur. Il fallait bien que cela arrive !!
Ils nous quittent sur un salut final et quelques mots encore, pour que le plaisir nous accompagne jusqu’au bout. Ils saluent en se tenant tous les quatre par les épaules ... Simples et sincères, comme à leur habitude.
Erik Truffaz - Trompette
Marcello Giuliani - Basse
Benoît Corboz - Synthé & Piano
Marc Erbetta - Batterie
Après les quelques mots de rigueur pour présenter le Festival à ceux qui ne le connaîtrait pas encore, les deux musiciens de Combis Bleues prennent place (ni en combis, ni en bleu d'ailleurs !!) pour assurer la première partie. Ils s'installent face à face, chacun devant son clavier, comme en miroir et nous offrent une musique qui semble plus électro que jazz, mais pas désagréable du tout. Le début semble même quasi expérimental, puis une douce mélodie s'installe. Le public se presse devant la scène dans une ambiance très cool.
Leurs attitudes sont marrantes, dans un jeux presque parallèle (mêmes mouvements de tête, coups d'oeil et sourires complices ...) Ces deux là se connaissent sur le bout des doigts, à n'en pas douter. Niveau son, cela peut faire penser à de la musique de film, avec beaucoup d'effets d'orgue. Un univers qui personnellement m'entraîne dans une BO à la Jacques Tati, mais en plus moderne. Tirant de plus en plus vers le jazz au fur et à mesure que l'on avance dans leur set, comme pour Les Mots D'enfants. Et il faut reconnaître que ce choix de disposition scénique rend vraiment le duo attractif et nous permet de lire sur leur visage un réel plaisir de jouer, qui est tout à fait communicatif.
Franck & Julien ("Puisqu’il faut présenter l’orchestre !!" comme le dit ce dernier) jouent beaucoup sur de petites mélodies à la Amélie Poulain, qui installent tout de suite un univers très personnel. C’est une musique qui laisse libre court à l’imagination, parfaite pour vous faire lâcher la bride et laisser place à la rêverie. Une sorte de dialogue musical, avec les deux claviers qui se répondent.
Pour Eclipse, on passe du piano à l’orgue, puis à la guitare ou à la basse, au gré des choix de sonorité du synthé. Tout est parfaitement synchro. Ils se suivent des yeux en permanence, ce qui me donne cette sensation de les voir installés dans une bulle. Par moment, la musique se fait un peu italienne, à la Nino Rota, comme pour Rosetta qui est, encore une fois, très porté sur l’orgue... On reste dans la musique de film avec ce parcours musical très ludique et empli d’images.
Pour terminer et avant de laisser la place à Erik Truffaz, nos deux musiciens nous en propose une petite dernière : rien de moins que J’irai Danser Sur Les Fils Electriques (je suis un peu dubitatives pour ce qui est des titres des morceaux, sachant que j’ai bien l’impression qu’ils nous baladent avec leurs faux airs de pince sans rire). Mais quoi qu’il en soit et quelque en soit son titre, cette musique nous embarque une dernière fois dans leur monde sonore d’un festif et d’une énergie vraiment vivifiants. Une fort bien belle première partie ma foi !!
Julien Tamisier - Piano & Piano Wurlitzer
Franck Lamiot - Orgue Hammond
--------------------------------------
Après le petit moment de rotation nécessaire au changement de scène entre Les Combis Bleues et Erik Truffaz, le quatuor (dans sa formation habituelle) prend place. Erik est lumineux en chemise blanche et pantalon noir. Avec la disposition de salle offerte par le Jas’Rod, le public se retrouve tout proche de lui. Le son est juste parfait et dès le premier morceau, l’intensité est déjà palpable. Ses doigts, d’une incroyable agilité, parcourent avec fièvre sa trompette et les modulations du rythme permettent d’en savourer chaque note.
Selon les moments, la trompette de Truffaz sait se faire douce et planante ou bien tonitruante. Mais toujours soutenue par une batterie omniprésente et par l’orgue, qui envoie aussi ... Un feu d’artifice qui donne à ce jazz un son moderne et incomparable. Erik Truffaz sait transcender le jazz. Et cette attitude qu’il prend lorsqu’il écoute ses trois compagnons de jeux, cette façon qu’il a de laisser entrer la musique en lui lorsqu’il ne joue pas est juste fascinante. Ceci étant, il n’est pas le seul. Si on se laisse porter, nous sommes nous aussi traversés de par en par. Quand à Marcello, il est carrément faramineux à la basse. Certain morceaux en deviennent volcaniques. Et avec les jeux d’écho, on a même parfois l’impression que ce n’est même plus de la trompette que l’on entend.
Leur voyage fabuleux nous emmène faire un tour au Japon avec Fujin (évocation du dieu des vents). Un morceau très planant et propice à la rêverie. En fait, pour moi, c’est Truffaz qui incarne ce dieu du vent en personne. Ses notes tenues sont à la fois d’une puissance et d’une douceur incroyables. Puis c’est Marcello qui prend le relais avec l’orgue de Benoît et la douceur du début se charge en intensité. C’est une magnifique évocation du Pays du Soleil Levant, dont le point culminant est salué par des sifflets de plaisir de la part du public.
La chaleur monte dans tous les sens du terme. C’est un set très enlevé et mené plutôt tambour battant, avec un Marcello qui a le don de jouer de la basse comme on le ferait d’une contrebasse. C’est magnifique. Tous les musiciens sont véritablement à l’honneur (et vu leur talent respectif, ce serait un crime qu’il en soit autrement !) Le public, de son côté, ne peut retenir des cris d'enthousiasme face à ce déferlement de virtuosité. Et lorsqu’Erik reprend la main, le rythme devient complètement effréné. Ce morceau est juste fabuleux !!
On enchaîne ensuite avec la batterie de Marc Erbetta frappée comme un tambour, à même la peau. Chacune de ces subtilités apportent une couleur différente à chacun des morceaux, mais dans l’ensemble, c’est un set plutôt pêchu. Par moment, Benoît Corboz est tellement embarqué par la musique qu’il nous offre de petits moments de bravoure au clavier, ne tenant quasiment plus assis sur sa banquette (il se retrouve les fesses en l’air une mesure sur quatre !!). Puis le calme revient après la tempête. Une merveilleuse façon de souffler (sans jeux de mot) le chaud et le froid sur un public en totale osmose avec eux. Et il y a bien peu de tête qui parviennent à rester en place croyez moi. Certains morceaux semblant durer une éternité ... De plaisir (bien sûr !)
Avant de commencer In Between, Truffaz plaisante sur la salle qu’il trouve "Difficile à trouver, mais très sympathique ... Juste besoin d’un GPS !" Il y a une grande intensité et un peu plus de nostalgie dans ce morceau. Et je ne vous parle même pas de la beauté de l’image : trompette levée vers le ciel et les yeux clos. La musique paraît d’un autre monde. Son écho se démultiplie à l’infini dans une ambiance irréelle. C’est encore une fois l’assemblage de ces quatre musiciens qui amène puissance et énergie. C’est d’une richesse incroyable.
Pour le dernier morceau du set, Marc Erbetta prend le micro avec une voix robotisée (avec onomatopées et bruitages), plus un peu de basse. Une belle impro qui entraîne le public à frapper dans ses mains. Il se transforme en une sorte de Beat Box jazz à la Magma. Puis les autres vont eux aussi entrer dans le délire, pour finir en apothéose. Quelle fin de set !!
Après leur sortie, bizarrement, tout le monde ne reste pas pour le rappel (bien dommage quand même et peu coutumier ... L’heure du dodo sans doute !) Truffaz opère une sorte de remix du son de sa trompette. C’est très planant, comme au début de ce concert. Comme si la boucle était bouclée. Puis un dernier rappel très dansant fait se trémousser allègrement la salle. Le public crie, frappe, siffle ... On la savoure cette dernière et elle semble être capable de nous emmener jusqu’au bout de la nuit. Ces quatre musiciens sont juste monstrueux. Mais d’un geste de bras, Erik met fin à ce pur moment de bonheur. Il fallait bien que cela arrive !!
Ils nous quittent sur un salut final et quelques mots encore, pour que le plaisir nous accompagne jusqu’au bout. Ils saluent en se tenant tous les quatre par les épaules ... Simples et sincères, comme à leur habitude.
Erik Truffaz - Trompette
Marcello Giuliani - Basse
Benoît Corboz - Synthé & Piano
Marc Erbetta - Batterie
General Elektriks + Antonionian + Deluxe (Le Tour du Pays d'Aix) - 11 Novembre 2011 - Espace Ughetti - Luynes 


(critique écrite le 21/11/2011 par Ysabel)
Le concert organisé par Aix’Qui, dans le cadre du Tour Du Pays d’Aix, et qui va réunir ce soir Delux, Antonionian & General Elektriks est annoncé Complet. Initialement prévu à Peyrolles, il a dû être rapatrié sur Luynes, pour cause d’incendie de la salle pressentie ... A la guerre comme à la guerre .../...
Le concert organisé par Aix’Qui, dans le cadre du Tour Du Pays d’Aix, et qui va réunir ce soir Delux, Antonionian & General Elektriks est annoncé Complet. Initialement prévu à Peyrolles, il a dû être rapatrié sur Luynes, pour cause d’incendie de la salle pressentie ... A la guerre comme à la guerre ! Mais le staff a su relever le défi sans aucun doute : Tout est super bien aménagé pour nous recevoir. Quelques derniers essais de lumière saluent notre arrivée dans la salle et le public prend place doucement, se réchauffant petit à petit. Et croyez moi : ce n’est qu’un début !!
Le set de Delux commence par la petite musique d’Emilie Jolie (Philippe Chatel) chantée par Henri Salvador ... et l’arrivée sur scène d’une bande de joyeux drilles, habillés de la manière la plus farfelue possible. Nous avons (dans le désordre) : Une veste léopard, un débardeur de déménageur, une chemise de bûcheron, de magnifiques casquettes ... Mais surtout un superbe Spiderman et une jolie petite joueuse de tennis, avec jupette et visière roses. Sans oublier bien sûr qu’ils sont tous (sauf la demoiselle) affublés d’une moustache touffue ... Bref, un incroyable assemblage, fruit d’une imagination débordante ;) !!
Mais il n’y a pas que leur look qui soit festif. Ils n’arrêtent pas de danser et de sauter dans tous les sens. Exécutent des mini chorés savoureuses et ont l’air d’autant s’amuser que le public. Liliboy, la chanteuse, nous charme avec sa drôle de voix très jazzy et un peu rétro. Elle est rigolote, adorable et charmante. Leur musique est hyper entrainante, un petit côté Wax Taylor funky qui ne peut vous laisser sur place plus de cinq minutes. Ils mélangent savamment la funk, le scratch et le hip-hop "à l’ancienne" mais revisité, avec beaucoup de recherche dans le jeux des sons. Et puis ils ne tiennent pas en place, passent leur temps à jouer aux chaises musicales avec leurs instruments ... C’est vrai un festival. Ils sont imaginatifs, pêchus, créateurs d’énergie. La chaleur monte de plus en plus. On en prend plein les yeux et les oreilles !!Ils annoncent à mi-parcours "On ne vous lâchera pas tant que vous ne chanterez pas !!" Alors répétition générale à capella avant de commencer le morceau. La monotonie n’est décidément pas de mise.
Les morceaux se suivent et pourtant ne se ressemblent pas. Quand au public, il est de plus en plus participatif (comme quoi, la répétition a porté ses fruits !!) et agite les bras dans une ambiance rouge feu. Lorsqu’ils entament I’m Superman, la musique se module une fois de plus et une pointe de reggae se glisse dans la mélodie, ainsi qu’un superbe solo de saxo. Ce qui va donner à Liliboy l’occasion de lâcher un peu plus sa voix, qui prend carrément des intonations à la Amy Winehouse ... Impressionnant !!rnrnNotre joyeuse troupe n’oublie pas de saluer d’un joli coup de chapeau les assos qui ont bossé pour réaliser ce Festival ... Et oui, ce sont souvent les petites et moyennes structures qui font vivre la musiques dans nos ville ! Mais pas d’inquiétude, ce n’est qu’une pause. "Vous voulez vous amuser ? Alors on veut vous voir sourire, transpirer, danser ...!!" Et les voilà repartis de plus belle, avec une belle reprise de It’s Wonderful, démontée et revisitée : un vrai délice !!
Tout le monde se met à bouger (ce n’est que le début de soirée pourtant ... Ça promet !!) et il sera donc prouvé ce soir qu’il est possible de jouer du saxo en sautant sur place. Mais ça chauffe un max tout ça et il ne faut pas moins que la jolie chanteuse pour éponger le front des garçons en nage ! Une nouvelle espièglerie qui va ravir l’assistance.rnrnIls vont finir leur set au plaisir si communicatif par un dernier morceau qui commence tout en douceur. Petit moment de répit semble-t-il. Mais ce n’est que pour relancer la machine, toutes les mains en l’air (les leurs et les nôtres) qui frappent au dessus des têtes et une incoercible envie de bouger. Ce premier set de la soirée est donc gagnant, avec un album dans les bacs le 28 novembre pour que la fête ne s’arrête pas de si tôt.
Après le passage de Delux et en attendant celui de General Elektriks, second volet de la soirée avec Antonionian, constitué par deux transfuges de GE : à savoir Jordan Dalrymple aux samplers & Eric Starsczan à la guitare.rnrnAvec une telle composition, il est évident que nous avons droit à du gros son électro (Même un peu trop fort d’ailleurs ... Limite saturé) et à un jeux de voix irréel. Ils sont au taquet, complètement immergés dans leur bulle et hyper investis pour une interprétation très musclée. Les basses sont extrêmement présentes et la musique prenante, avec un petit parfum de Air (en plus costaud). Par contre, il faut reconnaitre que ce n’est pas hyper captivant niveau visuel et tout de même très statique.
Je pense qu’avec ce style musical, il faut de gros jeux de lumières pour l’accompagner et emplir l’espace. De plus, il est clair que c’est une musique de passionné, faite pour un auditoire averti. Aucun morceau ne se ressemble. Il fait une chaleur démente et il est impressionnant de voir leurs visages qui dégoulinent littéralement. La musique se fait de plus en plus expérimentale et décidément vraiment pas évidente d’accès. Mais leur univers est vraiment beau. Jeux d’ombres, de lumières et de contres jour. Perso, je trouve ça assez planant mais certainement à écouter dans un contexte et un espace différents, pour entrer pleinement dans le truc. Le temps d’un morceau, Hervé Salters (de GE) vient leur porter main forte au clavier. Il se fait discret pour ne pas leur voler la vedette et reste incroyablement sage devant son sampler (et bien oui, Hervé est donc capable de jouer sans sauter dans tous les sens ... Je ne l’aurais pas cru !!). Après son départ, ils vont en faire une petite dernière pour la route. C’est un bel univers, mais il n’était pas évident d’y accéder comme ça ce soir. A revoir sans doute et surtout à réécouter, plus en album qu’en live de mon point de vue.
Après le départ de Antonionian (et pour laisser le temps à Jordan & Eric de se rafraîchir avant de nous revenir sous les traits de General Elektriks) nous profitons d’un temps de pause pour nous désaltérer et faire un peu retomber la température ... Parce qu’il fait chaud à Luynes ce soir.rnrnLe public est impatient de retrouver la très attendue tête d’affiche et à peine Hervé a-t-il posé un pied sur la scène, que des cris enthousiastes se font entendre. Ils se mettent tous les cinq en place : Norbert avec sa magnifique coiffure iroquoise. Jessie et son incomparable look 70’s (coiffure afro et slim Rouge). Eric, Jordan & Hervé avec leurs belles cravates (sans oublier les petits stylos bien rangés dans la poche de la chemise) ... J’adore leur look décalé. Ils attaquent ce set par The Spark (issu du nouvel album Parker Street) et Hervé esquisse déjà un demi sourire. En deux minutes à peine, ils mettent le feu à la scène. Jessie, comme toujours en folie, commence à parcourir la scène dans tous les sens.
Quand à Hervé, il vole déjà à un mètre au dessus du sol et ses mains parcourent le clavier à une telle vitesse que parfois elles semblent le claquer plus que d’en jouer. Il n’en faut pas plus pour que notre Marsupilami déclenche une ovation. Le public est aux anges : On danse, on chante, on frappe dans les mains ... C’est un show d’enfer auquel on a droit. Il nous offre un un savant mélange de son ancien et de son nouvel album, avec un son un peu plus british à mon goût pour ce dernier, avec beaucoup de guitare. Eric s’en donne à cœur joie et Jessie fait son show, frappant des mains au-dessus de sa tête et pointant Hervé du doigt pour attiser les cris du public. L’ambiance est topissime. Ils attaquent Holding From The Fort et qu’est-ce qu’elle pète en Live celle-ci aussi.
Hervé sur scène, c’est juste incroyable ... Je pense qu’il fait de la musique du bout des cheveux à la pointe des orteils. Ils semblent vraiment tous s’éclater et c’est un pur plaisir de les voir s’amuser comme ça. Excellent quand ils se mettent tous à croupi pendant le solo de batterie. La salle est en furie !!rnrnLes nouveaux morceaux, comme The Genius & The Gangster, marquent une évolution vraiment passionnante de General Elektriks. Il est quasi impossible de savoir qui prend le plus de plaisir entre eux et nous. Ce set est très très rock : beaucoup de guitare, de batterie ... Solo de xylophone de Norbert, qui a laissé sa place à Jordan. L’énergie déployée est fabuleuse et le son est incroyable dans cette salle qui n’en est pas vraiment une au départ.rnrn"Ce morceau est hors saison, mais vu la température dans la salle, je crois que ça va coller !!" Petit clin d’œil pour annoncer Summer Is Here. C’est sûr qu’il fait très très chaud et la musique est telle que, je pense, pas une seule personne ne parvient à rester sur place ... C’est juste irrésistible !
Le set nous offre quelques pauses musicales de toute beauté et des finals mains et bras levés. Aux premières notes de Raid The Radio, Hervé nous propose de sauter en l’air tous ensembles ... Et on se retrouve avec une belle salle de Marsupilamis. Il est posté face à face avec Jessie, chacun devant son clavier et synchronisme quasi parfait de leurs mains. Une bonne partie du public se retrouve dans le même état qu’eux : en eau !! Il n’y a même plus à demander quoi que ce soit pour que la salle danse. Et pour le final, elle se transforme carrément en dance floor. Il y a vraiment une ambiance phénoménale (et les fameux roulement de fesses de Jessie n’y sont certainement pas étrangers !!) Ils font je ne sais combien de pauses, juste pour le plaisir d'entendre tout le monde trépigner à chaque reprise. C’est une fin mémorable, tout à fait à l’image du concert tout entier. Après leur départ, on résiste tout de même à la chaleur pour avoir notre rappel.
Hervé se la joue "pause sur image" une main collée à l’oreille pour faire encore monter les cris. Le batteur reste seul pour son solo et lorsque nos mains, à force de clappe, sont prêtes à le remplacer il nous lance un "C’est tout ??!!" qui fait mouche, avant de repartir de plus belle. Puis ils reviennent tous pour le solo de Jessie et c’est reparti pour un tour. Un morceau qui va durer presque aussi longtemps que le concert entier. Il fait super chaud ... A n’en pas douter, le 11 Novembre le plus chaud qu’il n’y ait jamais eu à Luynes !! Pour les derniers morceaux, le calme revient peu à peu, les couples s’attardent et la fin de soirée est plutôt câline ... Ça tombe bien, parce que ça y est : il est minuit passé et c’est mon anniversaire ;) !!! Merci de l’avoir fêté avec moi General Elektriks ... Je m’en souviendrai un moment ...
Setlist
The Spark
Take Back The Instant
Holding From The FortrnHelicopter
The Genius & The Gangster
Central Park
Summer Is Here
Litle Lady
Show Me Your Hands
Raid The Radio
David Lynch Moments
------------------------------
Tu M’intrigues
Mirabelle Pockets
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Bloodshot Eyes
Chronique réalisée par l'équipe de Concerts en Boîte
Le set de Delux commence par la petite musique d’Emilie Jolie (Philippe Chatel) chantée par Henri Salvador ... et l’arrivée sur scène d’une bande de joyeux drilles, habillés de la manière la plus farfelue possible. Nous avons (dans le désordre) : Une veste léopard, un débardeur de déménageur, une chemise de bûcheron, de magnifiques casquettes ... Mais surtout un superbe Spiderman et une jolie petite joueuse de tennis, avec jupette et visière roses. Sans oublier bien sûr qu’ils sont tous (sauf la demoiselle) affublés d’une moustache touffue ... Bref, un incroyable assemblage, fruit d’une imagination débordante ;) !!
Mais il n’y a pas que leur look qui soit festif. Ils n’arrêtent pas de danser et de sauter dans tous les sens. Exécutent des mini chorés savoureuses et ont l’air d’autant s’amuser que le public. Liliboy, la chanteuse, nous charme avec sa drôle de voix très jazzy et un peu rétro. Elle est rigolote, adorable et charmante. Leur musique est hyper entrainante, un petit côté Wax Taylor funky qui ne peut vous laisser sur place plus de cinq minutes. Ils mélangent savamment la funk, le scratch et le hip-hop "à l’ancienne" mais revisité, avec beaucoup de recherche dans le jeux des sons. Et puis ils ne tiennent pas en place, passent leur temps à jouer aux chaises musicales avec leurs instruments ... C’est vrai un festival. Ils sont imaginatifs, pêchus, créateurs d’énergie. La chaleur monte de plus en plus. On en prend plein les yeux et les oreilles !!Ils annoncent à mi-parcours "On ne vous lâchera pas tant que vous ne chanterez pas !!" Alors répétition générale à capella avant de commencer le morceau. La monotonie n’est décidément pas de mise.
Les morceaux se suivent et pourtant ne se ressemblent pas. Quand au public, il est de plus en plus participatif (comme quoi, la répétition a porté ses fruits !!) et agite les bras dans une ambiance rouge feu. Lorsqu’ils entament I’m Superman, la musique se module une fois de plus et une pointe de reggae se glisse dans la mélodie, ainsi qu’un superbe solo de saxo. Ce qui va donner à Liliboy l’occasion de lâcher un peu plus sa voix, qui prend carrément des intonations à la Amy Winehouse ... Impressionnant !!rnrnNotre joyeuse troupe n’oublie pas de saluer d’un joli coup de chapeau les assos qui ont bossé pour réaliser ce Festival ... Et oui, ce sont souvent les petites et moyennes structures qui font vivre la musiques dans nos ville ! Mais pas d’inquiétude, ce n’est qu’une pause. "Vous voulez vous amuser ? Alors on veut vous voir sourire, transpirer, danser ...!!" Et les voilà repartis de plus belle, avec une belle reprise de It’s Wonderful, démontée et revisitée : un vrai délice !!
Tout le monde se met à bouger (ce n’est que le début de soirée pourtant ... Ça promet !!) et il sera donc prouvé ce soir qu’il est possible de jouer du saxo en sautant sur place. Mais ça chauffe un max tout ça et il ne faut pas moins que la jolie chanteuse pour éponger le front des garçons en nage ! Une nouvelle espièglerie qui va ravir l’assistance.rnrnIls vont finir leur set au plaisir si communicatif par un dernier morceau qui commence tout en douceur. Petit moment de répit semble-t-il. Mais ce n’est que pour relancer la machine, toutes les mains en l’air (les leurs et les nôtres) qui frappent au dessus des têtes et une incoercible envie de bouger. Ce premier set de la soirée est donc gagnant, avec un album dans les bacs le 28 novembre pour que la fête ne s’arrête pas de si tôt.
Après le passage de Delux et en attendant celui de General Elektriks, second volet de la soirée avec Antonionian, constitué par deux transfuges de GE : à savoir Jordan Dalrymple aux samplers & Eric Starsczan à la guitare.rnrnAvec une telle composition, il est évident que nous avons droit à du gros son électro (Même un peu trop fort d’ailleurs ... Limite saturé) et à un jeux de voix irréel. Ils sont au taquet, complètement immergés dans leur bulle et hyper investis pour une interprétation très musclée. Les basses sont extrêmement présentes et la musique prenante, avec un petit parfum de Air (en plus costaud). Par contre, il faut reconnaitre que ce n’est pas hyper captivant niveau visuel et tout de même très statique.
Je pense qu’avec ce style musical, il faut de gros jeux de lumières pour l’accompagner et emplir l’espace. De plus, il est clair que c’est une musique de passionné, faite pour un auditoire averti. Aucun morceau ne se ressemble. Il fait une chaleur démente et il est impressionnant de voir leurs visages qui dégoulinent littéralement. La musique se fait de plus en plus expérimentale et décidément vraiment pas évidente d’accès. Mais leur univers est vraiment beau. Jeux d’ombres, de lumières et de contres jour. Perso, je trouve ça assez planant mais certainement à écouter dans un contexte et un espace différents, pour entrer pleinement dans le truc. Le temps d’un morceau, Hervé Salters (de GE) vient leur porter main forte au clavier. Il se fait discret pour ne pas leur voler la vedette et reste incroyablement sage devant son sampler (et bien oui, Hervé est donc capable de jouer sans sauter dans tous les sens ... Je ne l’aurais pas cru !!). Après son départ, ils vont en faire une petite dernière pour la route. C’est un bel univers, mais il n’était pas évident d’y accéder comme ça ce soir. A revoir sans doute et surtout à réécouter, plus en album qu’en live de mon point de vue.
Après le départ de Antonionian (et pour laisser le temps à Jordan & Eric de se rafraîchir avant de nous revenir sous les traits de General Elektriks) nous profitons d’un temps de pause pour nous désaltérer et faire un peu retomber la température ... Parce qu’il fait chaud à Luynes ce soir.rnrnLe public est impatient de retrouver la très attendue tête d’affiche et à peine Hervé a-t-il posé un pied sur la scène, que des cris enthousiastes se font entendre. Ils se mettent tous les cinq en place : Norbert avec sa magnifique coiffure iroquoise. Jessie et son incomparable look 70’s (coiffure afro et slim Rouge). Eric, Jordan & Hervé avec leurs belles cravates (sans oublier les petits stylos bien rangés dans la poche de la chemise) ... J’adore leur look décalé. Ils attaquent ce set par The Spark (issu du nouvel album Parker Street) et Hervé esquisse déjà un demi sourire. En deux minutes à peine, ils mettent le feu à la scène. Jessie, comme toujours en folie, commence à parcourir la scène dans tous les sens.
Quand à Hervé, il vole déjà à un mètre au dessus du sol et ses mains parcourent le clavier à une telle vitesse que parfois elles semblent le claquer plus que d’en jouer. Il n’en faut pas plus pour que notre Marsupilami déclenche une ovation. Le public est aux anges : On danse, on chante, on frappe dans les mains ... C’est un show d’enfer auquel on a droit. Il nous offre un un savant mélange de son ancien et de son nouvel album, avec un son un peu plus british à mon goût pour ce dernier, avec beaucoup de guitare. Eric s’en donne à cœur joie et Jessie fait son show, frappant des mains au-dessus de sa tête et pointant Hervé du doigt pour attiser les cris du public. L’ambiance est topissime. Ils attaquent Holding From The Fort et qu’est-ce qu’elle pète en Live celle-ci aussi.
Hervé sur scène, c’est juste incroyable ... Je pense qu’il fait de la musique du bout des cheveux à la pointe des orteils. Ils semblent vraiment tous s’éclater et c’est un pur plaisir de les voir s’amuser comme ça. Excellent quand ils se mettent tous à croupi pendant le solo de batterie. La salle est en furie !!rnrnLes nouveaux morceaux, comme The Genius & The Gangster, marquent une évolution vraiment passionnante de General Elektriks. Il est quasi impossible de savoir qui prend le plus de plaisir entre eux et nous. Ce set est très très rock : beaucoup de guitare, de batterie ... Solo de xylophone de Norbert, qui a laissé sa place à Jordan. L’énergie déployée est fabuleuse et le son est incroyable dans cette salle qui n’en est pas vraiment une au départ.rnrn"Ce morceau est hors saison, mais vu la température dans la salle, je crois que ça va coller !!" Petit clin d’œil pour annoncer Summer Is Here. C’est sûr qu’il fait très très chaud et la musique est telle que, je pense, pas une seule personne ne parvient à rester sur place ... C’est juste irrésistible !
Le set nous offre quelques pauses musicales de toute beauté et des finals mains et bras levés. Aux premières notes de Raid The Radio, Hervé nous propose de sauter en l’air tous ensembles ... Et on se retrouve avec une belle salle de Marsupilamis. Il est posté face à face avec Jessie, chacun devant son clavier et synchronisme quasi parfait de leurs mains. Une bonne partie du public se retrouve dans le même état qu’eux : en eau !! Il n’y a même plus à demander quoi que ce soit pour que la salle danse. Et pour le final, elle se transforme carrément en dance floor. Il y a vraiment une ambiance phénoménale (et les fameux roulement de fesses de Jessie n’y sont certainement pas étrangers !!) Ils font je ne sais combien de pauses, juste pour le plaisir d'entendre tout le monde trépigner à chaque reprise. C’est une fin mémorable, tout à fait à l’image du concert tout entier. Après leur départ, on résiste tout de même à la chaleur pour avoir notre rappel.
Hervé se la joue "pause sur image" une main collée à l’oreille pour faire encore monter les cris. Le batteur reste seul pour son solo et lorsque nos mains, à force de clappe, sont prêtes à le remplacer il nous lance un "C’est tout ??!!" qui fait mouche, avant de repartir de plus belle. Puis ils reviennent tous pour le solo de Jessie et c’est reparti pour un tour. Un morceau qui va durer presque aussi longtemps que le concert entier. Il fait super chaud ... A n’en pas douter, le 11 Novembre le plus chaud qu’il n’y ait jamais eu à Luynes !! Pour les derniers morceaux, le calme revient peu à peu, les couples s’attardent et la fin de soirée est plutôt câline ... Ça tombe bien, parce que ça y est : il est minuit passé et c’est mon anniversaire ;) !!! Merci de l’avoir fêté avec moi General Elektriks ... Je m’en souviendrai un moment ...
Setlist
The Spark
Take Back The Instant
Holding From The FortrnHelicopter
The Genius & The Gangster
Central Park
Summer Is Here
Litle Lady
Show Me Your Hands
Raid The Radio
David Lynch Moments
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Tu M’intrigues
Mirabelle Pockets
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Bloodshot Eyes
Chronique réalisée par l'équipe de Concerts en Boîte



Dimanche 19 mai 2013 : 10122 concerts, 21928 critiques de concert, 4852 critiques de CD.
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