Accueil Chronique album : The Ocean - Precambrian, par linus
Dimanche 9 mai 2021 : 11352 concerts, 25885 chroniques de concert, 5284 critiques d'album.

Critique d'album

The Ocean : "Precambrian"

The Ocean :

Metal - Hardcore

Critique écrite le 23 avril 2008 par linus

Pour ceux qui ne connaissent pas The Ocean (également connu sous le nom de The Ocean Collective), il s'agit d'un collectif berlinois formé autour d'un noyau dur dont fait partie Robin Staps (guitariste). On retrouve sur cet album 26 musiciens dont 9 chanteurs (mais où tous sont utiles à l'instar de Slipknot qui fai pâle figure à coté)
D'abord, le packaging (qui, j'avoue, représentait à la base la raison de l'achat de ce disque). Oeuvre du graphiste norvégien Martin Kvamme (notamment connu pour ses travaux avec l'armée Pattonienne : FANTOMAS, TOMAHAWK, PATTON/KAADA, ...), qui nous propose un packaging qui en donne pour son argent ; un double digipack détouré sur plusieurs parties pour laisser apparaître d'autres images. 2 livrets somptueusement et sobrement travaillés en impression et surimpression en vernis sélectif et encre métalisée; 2 disques dont un au format mini-CD (8 cm) inséré dans une partie en plastique transparent laissant apparaître le second (dont la face gravée est entièrement noire) en transparence... bref, un objet qui ne trompe pas et qui se résume par la citation du groupe : "Precambrian est notre réaction face à la volatilité et l'éphémèreté infligées par myspace, face à la notion post-moderne de la musique comme une donnée quantifiable, contre la perception de la musique en terme de combien d'espace cela prend sur votre disque dur... C'est un album pour les gens qui croient encore en l'idée qu'un album peut être plus, et devrait être plus, que la somme de ses chansons"...
Pour résumer le concept global de l'album, retour à nos cours de géologie : Le Precambrien est la période où, la vie est apparue sur Terre (qui précède la période primaire) il y a de cela 4,5 milliards d'années; les chaînes de montagnes se sont formées; les océans ont commencé à se peupler. Cette période se divise en trois éons, Hadean et Archean qui viennent nommer le premier CD, un EP de 22 minutes, et Proterozoic, qui donne son nom à la deuxième galette d'une heure. Chaque éon se décompose en ères, ce qui nous donne le nom de chacun des morceaux.
Hadean/Archean (EP de 22 minutes), disserte (avec une rage peu maîtrisée) autour des premiers jours de notre Terre, un endroit terrifiant dénuée de toute trace de vie, et dominée par le soufre et des lacs de lave en fusion ;Transcription musicale : la partie Hadean/Archean est dure et brutale, avec une instrumentation minimale basse/guitare/batterie & les vocaux. Vocalement le travail est colossal. Paleoachean fait appel à 5 vocalistes différents ( du timbre rauque et souterrain type hardocre/death au chant hurlé, à coté de parties lyriques légères ou vocodées)
Proterozoic est le pendant plus apaisé d'Hadean/Archaean; l'instrumentation s'enrichit de pianos, violons, saxophone, viole, et glockenspiel. Plus lent, plus lourd, moins chaotique, plus émotionnel. Les titres tournent autour des 8 minutes pour nous proposer une alternance de passages mélodiques et de déflagrations monumentales d'une lourdeur effarante (la deuxième moitié d'Ectasian), des murs de guitares avec un violon en arrière-plan pour contraster avec des éructions vocales à en faire palir le diable lui même.
Les textes de l'album ont été, pour certains, empruntés à de célèbres auteurs comme Charles Baudelaire (sur "Palaeoarchean"), le comte de Lautréamont (Hadean/Archean, "Mesoarchaean" et "Neoarchaean"), ou le poète Georg Trakl (sur "Ectasian"), ainsi qu'une citation présente sur signée de l'acteur Kevin Spacey.
Grosse production au rendez-vous, avec un son de guitare gras au possible,un son de batterie qui claque (les parties de double grosse caisse valent le détour). Une majeur partie de l'album a été enregistrée à l'Oceanland (le fief berlinois dans les sous sol d'une usine), le mixage et le mastering ont été confiés aux responsables de ceux de Converge, Isis, Pelican ou Unsane...
... Bref une oeuvre musicale puissante (pour les amateurs de ce genre je l'avoue) couplée d'un coup de maître sur le plan graphique et packaging...enfin un album qui démontrera que les officiants dans le style doom-grindcore peuvent voir plus loin que le bout de leur nez-tête-de-mort et autres cadavres...

 Critique écrite le 23 avril 2008 par linus
 Envoyer un message à linus