Chronique de Concert
(my) This Is Not a Love Song (TINALS) Festival 2026 : Girl in the Year Above, Newdad, Yerai Cortes, Jehnny Beth, Cardinals, Fat Dog
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6 juin 2026 : retour au This is not a Love Song Festival ! On aurait pas parié là-dessus à vrai dire... Seul festival à avoir annoncé (avec une chance incroyable) une pause en 2019 AVANT qu'on entende parler du COVID (!) son pronostic vital n'était quand même pas fameux ces dernières années - on disait qu'il avait bu la tasse financièrement, en visant des têtes d'affiche trop chères ou une programmation trop copieuse. Bien triste pour un festival qu'on avait tant aimé - on y a même amené notre (alors) Minuscule voir Ty Segall il y a 10 ans (oui certes, maintenant il fait presque notre taille et il a oublié, mais quand même !)
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Quand on a vu revenir le festival à la vie l'an passé, notre petit coeur a vibré (même si on était pas dispo) ! Retour en mode Beau Week-end donc en voilure un peu réduite : un peu moins de jours, de scènes, de concerts, de jauge peut-être (?), mais retour quand même... On était bien revenu à Paloma, la plus belle salle de concert du Sud avec les Arènes de Nîmes (oui oui, c'est tout à fait injuste que ce soit au même endroit, mais au moins ces gens ont-ils élu un maire communiste !), pour d'autres choses : un magnifique show de The Divine Comedy en 2022, et un pétaradant Warm-Up Hellfest en 2025.
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Mais ce samedi, on est enfin là pour revoir le ... TINALS ! On a pas pu y être hier, pour Sixteen Horsepower : dont acte. On est tellement motivé.e.s qu'on y sera avant l'ouverture (à la réflexion, ce n'est d'ailleurs pas la première fois que ça nous arrive). Pas grave, il y a de la bière au frais à l'Intermarché à 5 minutes à pied (...vous verrez, vous nous remercierez de cette info en 2027 !). Et dès l'entrée - accueil sympa comme toujours, historiquement ça ne s'est jamais démenti dans cet endroit, la narine titillée (mise à part la Plaine du Rock, notre dernier festival en plein air est loin !), on se jette sur un hotdog. Au moins, on est parés !
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Comme toujours à Paloma, les choses sérieuses commencent au patio ! Avec un trio, MAO Cormontreuil, qui fait de la pop boom-boom, pas désagréable et qu'on aurait bien écouté mieux. Sauf qu'on croise directement Pierre Andrieu, autre pilier historique de Concertandco, pas vu depuis des années, alors plein de choses à se dire : on blague ! Le patio pas encore bondé à cette heure est toujours aussi agréable néanmoins, et leur public semble très content : il lève volontiers les bras en cadence ! Pirlouiiiit qui est (enfin) venu hier les a peut-être vus ? Si oui il vous en dira sûrement un mot...
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On passe ensuite à l'extérieur pour Girl in the Year Above, une charmante chanteuse pop-rock à la voix un peu lyrique voire baroque, attachante ! Quatre garçons assurent un accompagnement tranquille et discret. Evidemment le public est fort dissipé à l'heure de l'apéro entre les oliviers, voire radassé dans les grands coussins... On est si bien au Tinals, comment lui en vouloir ? En tout cas, la chanteuse est ravie de ne plus être coiffeuse, de s'être mariée et d'autres choses encore ... et rigole tout le temps. Elle fait aussi une reprise alanguie du Teardrop de Massive Attack : entrée en matière très sympa !
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Viennent ensuite les Newdad from Ireland : trois filles et deux garçons, c'est plus pêchu qu'on l'avait imaginé ! La scène Flamingo au soleil rasant, c'est superbe ! J'aime un peu moins quand ça ralentit, mais les morceaux costauds sont très convaincants ! Il y aura notamment une cover très cool du Heads Will Roll des Yeah Yeah Yeahs (groupe qu'on a beaucoup aimé, et porté disparu sauf erreur) : "Dance till you're dead !" On pourrait aussi faire ça, oui, mais on continue évidemment à être distrait.e.s à croiser la moitié de Marseille : copines et copains de concerts, ex-collègues du travail, de Phocea Rocks, etc.
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La vraie belle surprise du jour intervient à ce moment-là avec Yerai Cortes, pourtant incongru sur le papier : c'est du nouveau flamenco ! Pour ma part j'ai toujours été assez sensible à cette musique à laquelle je ne comprends rien, mais dont je garde quelques souvenirs fiévreux en Andalousie ... ou à la Machine à Coudre ! Si ça bavarde un peu trop fort dehors, ici dans la "huuuuge venue", l'écoute est vraiment religieuse... Il est vrai que le spectacle est assez fascinant. Le guitariste, tiré à quatre épingles, est entouré des pas moins de 6 choristes / clappeuses / claquettistes très gracieuses, avec une mise en scène élégante et qui change constamment.
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Sur un rythme globalement pas trop rapide, à part quelques fulgurances guitaristiques (le mec est évidemment ultra-technique, mais n'en fait pas étalage !), le groupe offre aussi des moments presque silencieux, où l'on tend l'oreille pour entendre le chanteur susurrer dans son micro de guitare. Les filles pouvant lancer des phrases puissantes sans crier gare, faire résonner leurs talons sur le plancher (elles ont trois micros chacune, sauf erreur), le tout n'est pas loin de nous foutre les poils par moment avec leurs voix typiquement... flamencas (je ne sais pas comment le définir mieux...) ! A entendre le triomphe final recueilli, on a confirmation qu'on a pas rêvé : c'était splendide !
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On avait souligné leur blaze mais on ne pourra pas rejoindre le groupe La Sécurité, qui a blindé le patio (et tant mieux pour eux) - qu'à cela ne tienne, allons donc revoir Jehnny Beth ! Première impression, la chanteurs / présentatrice / actrice est toujours aussi magnétique sur scène, et elle aime toujours à monter sur le public... On l'avait vue il y presque 10 ans avec Savages et elle nous avait retournés avec les filles. Un peu moins ce soir avec des garçons : beaucoup d'énergie, mais trop peu de chansons à notre goût.
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Sans s'éloigner trop du son, on se balade un peu, croisant notamment Agnès, blessée depuis la Plaine du Rock, la pauvre ! Des transats nous tendent les bras, on y constate que ça joue toujours au volley sur le terrain aménagé en plein milieu, plutôt mal mais avec le plus grand sérieux... Un mec dans le siège arbitre, lunettes de soleil, clopes et bière, vit sa meilleure vie ! Jehnny reste assez cool à regarder (à noter une super reprise d'Army of Me de Björk) et finit très intensément avec I See Your Pain. Bravo pour vos talents multiples et votre place à part, Madame !
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Plus calme, mais aussi plus subtil, arrivent les Cardinals sur la petite scène Mosquito : quelle bonne pioche ! Pop rock irish, avec une voix joliment pétée, un bel accordéon ! C'est chouette... c'est un peu déglingos, voire drogué, les guitares vrillées peuvent parfois prendre le dessus sur l'accordéon qui s'accroche, mais c'est assez prenant ! On retiendra en particulier la très belle ballade arrachée qui termine le set, la bien-nommée If I could make you care ! Les pauvres, pas très bien écoutés par un public joyeux et raisonnablement éméché après 23 heures, sont injustement peu applaudis. Mais c'est très chouette, on réécoutera ...en attendant de les revoir !
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Au rayon des aménités du site, on a pas encore parlé des food trucks - avouons qu'à nous deux on en a testé la plus grande partie au fil de la soirée, et tout était bon et pas trop cher ! Au quartier historique du Barrio, un Elvis marie toujours des gens (assisté d'une Dolly), comme depuis le début de nos venues à TINALS : charmante tradition ! A un metalleux habitué du festival qui le raconte à des collègues, je confirme qu'il s'était bien marié ici : j'y ai assisté ! Deux nounours chevelus à vestes patchées, ils étaient trop choupinous... Côté points perdus (temporairement ?) : aux bars, c'est quand même plus long sans Cashless (alors que TINALS était un des tout premiers !). Et quid des toilettes sèches conviviales pour les messieurs, sans devoir encombrer ceux des dames ?
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C'est pas tout ça, mais il reste à passer les bruyants salopards anglais de Fat Dog, déjà vus à
Rock en Seine l'an passé. On sait qu'ils ne sont pas du tout subtils, mais très, très efficaces ! Avec leur rock électro catchy, voire franchement putassier... Et par exemple des ponts ska trompeurs qui ne mènent en fait qu'au boum-boum le plus bas du front : le groupe de scène, si possible de fin de soirée, par excellence ! Ils font danser presque tout le monde même si on entend guère le saxophone, et encore moins le violon...
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Les ficelles du truc sont très grosses, mais pour en avoir un peu réécouté depuis, il y a effectivement du brûlot punk bien torché là dessous, et même des mélodies qui restent : un peu de fond de qualité quand même ! Le chanteur est un vrai branleur, c'est un fait - la moitié du concert assis, really ? Mais sa voix Strokes-like et hargneuse, posée sur des beats discoïdes ou techno et des grosses guitares, ça fonctionne ! Le tout vire évidemment au dancefloor contondant alors... à quoi bon essayer de résister ? Ils nous ont eu une fois de plus... Un peu épuisés quand même quand ça finit !
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Et du coup, on n'écoutera que quelques minutes de Chalk, on avait cru mais non, ce n'est pas du tout comme Fontaines D.C. ! La voix est ok quand elle ne gueule pas, mais il y a très peu de mélodies. Et que je te mette de l'électro et même du vocoder : alors là, c'est non, notre red flag, ca sera sans nous ! Bon, Knives était sans doute un meilleur choix mais, flemme de retourner à l'intérieur... Super festival en tout cas, qui est définitivement revenu à notre agenda annuel, et pour deux jours si possible !
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Car le TINALS a toujours gardé cette fonction ô combien utile de découvreur de groupes, tel une Route du Rock sans la pluie ! Pas tous amenés à exploser ou à durer (pas tous assez bons ...), mais quand même. Exemple : Shame, tête d'affiche hyper-prometteuse et
concert génial en 2019, mais qui a fait un flop ensuite, faute de suivre sur disque... Contre-exemple parfait : Fontaines D.C. qui a commencé (le même jour...) littéralement dans le patio, avant de devenir la toute meilleure chose arrivée au rock d'outre-Manche dans les années 2020 !
Alors... Longue vie à TINALS et son Beau Week-end !
Photos : Désolé... avec mon photographe favori, la prochaine fois ?
A lire également sur Concertandco, les chroniques de nos précédentes journées enchantées à TINALS : 3 jours en 2019, 2018, et un jour en 2017, 2016 & 2015 !
Critique écrite le 08 juin 2026 par Philippe
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