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Chronique de Concert

Ignition 880

Ignition 880 en concert

Le Lounge - Marseille 11 mai 2012

Critique écrite le par

On tombe parfois, comme ça, par hasard, au détour d'une soirée, sur quelque chose de très intéressant.

A la sortie du Poste à Galène et du concert de Eiffel, je fais un saut à l'improviste au Lounge. Arrivé en cours de route, je rate la prestation du premier groupe, Loukaen, mais j'arrive en plein début de set du groupe Ignition (ou Ignition 880, je ne saurai trop dire... mieux vaux cependant rajouter ce suffixe pour tomber sur eux sur la toile). Un rapide et silencieux bonjour aux propriétaires des lieux, un signe de tête, "c'est qui ?", Roger me tend un flyer et ponctue par la combinaison classique pouce relevé + lèvres en paranthèse renversée.



Le groupe sur scène est uniquement composé d'une batteuse et d'un bassiste. Au premier abord, c'est la rythmique qui vous hape. Effectivement, comme le fait remarquer leur bio, et ce qui marque instantanément, pas de sample, pas de séquences, pas de boites à rythmes, juste une basse et une batterie, mais quel son !

Un son et une rythmique parfaite, basés sur des séquences que l'on qualifiera de naturelles donc, denses, d'une régularité quasi métronomique, mais d'une richesse impressionnante dans les diverses variations proposées.

Je n'ai pas gardé mon appareil sur moi, mais mes images n'auraient finalement pas apporté grand chose au propos : le groupe n'est pas en soi très démonstratif. Plutôt immobiles, seuls leurs membres sont en mouvement. Dans le feu de l'action, la jeune batteuse arbore des traits secs et neutres et une sorte d'androgynie mécanique, le tout donnant toutefois une puissance et une beauté assez envoûtante.



De son côté, le bassiste, dégageant au premier abord une apparence totalement neutre, n'en est pas moins étonnant : peu de mouvement du corps, de légers balancements de la tête en guise de transe, les yeux fermés comme tournés vers l'intérieur, seuls ses mains et ses doigts semblent animés. Là aussi, le jeu est également basé sur des séquences naturelles, aux notes parfois extrêmement rapides, donnant une tonalité assez techno (le groupe se qualifiant lui même de house-rock). Le tout pourrait faire penser à des boucles synthétiques. Pourtant il n'en est rien.

Le bassiste nous délivre de temps en temps quelques phrases d'une voix assez monotonale, pas vraiment du chant, des vers en anglais aux tonalités et à la rythmique assez froides et mécaniques également. Cela peut faire penser à des voix venues de l'extérieur, tant l'interprétation est neutre.

Particularité assez intéressante : le bassiste porte très discrètement une chaussure munie d'un appendice à son extrémité, comme le bout d'une baguette de batterie étêtée, avec lequel il appuie de temps à autre une note sur un petit clavier Korg posé au sol devant lui, déclenchant des sons brouillés, déstructurés, mais sans être trop présents, pendant que, du bout de l'autre pied, il semble actionner très lentement le pitch bend du clavier afin de moduler encore cette ambiance sonore... la petite touche délicate dans un monde de brute, qui doit passer totalement inaperçue sur une grande scène ou avec un public plus nombreux !



Si à une certaine époque les machines se devaient de suppléer le jeu humain à défaut de l'imiter, le jeu de ces deux-là semble vouloir défier les machines. Dark-kasparov vs dark-blue. Écrit comme cela, le groupe et leur musique pourraient paraître assez froids. Pourtant, leur interprétation, leur virtuosité, mais également le plaisir qu'il semble prendre à être sur scène, est particulièrement intéressant et jouissif.

Ignition 880 est un groupe gardois, tant pis pour moi, et tant pis pour les marseillais à court terme. Mais, avis aux programmateurs des salles marseillaises genre Machine à Coudre, Enthropy (où ils ont déjà fait un saut) et consœurs, je pense qu'ils y auraient toute leur place, et que leur public ne serait pas déçu : à mon sens, Ignition est un groupe à suivre, d'urgence.

(ndr : les images sont issues de la vidéo du groupe, tournée lors de leur concert au Rockstore de Montpellier, en avril 2011)

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