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Chronique de Concert

Jacques Dutronc

Jacques Dutronc en concert

Zénith d'Auvergne, Cournon 12 février 2010

Critique écrite le par




Zénith pratiquement complet pour le passage de Jacques Dutronc, à la fois professionnel, branleur et enjoué, à Clermont-Ferrand, une ville d'eau (sic) qui se mérite selon la vedette de la soirée ... Actuellement au début de sa tournée "Best Of" destinée à renflouer les caisses et à montrer qu'il n'est pas si flemmard que ça, Dutronc et son groupe ont offert au nombreux et vieillissant public un concert réjouissant, divertissant et pertinent dans l'ensemble. Tout de noir vêtu, avec ses célèbres lunettes noires et son blouson en cuir, mais sans son cigare fétiche, le grand Jacques a fait un véritable tabac !




Après une intro instrumentale digne d'un mauvais groupe de hard rock (ZZ Top ?), le calme se fait et Dutronc apparaît à gauche de la scène, affalé sur son fauteuil en cuir ... Acteur né et gentil provocateur, il fait mine d'hésiter à rejoindre son micro pour faire son travail : chanter. Les applaudissements fournis qui retentissent l'encouragent à se lever puis à se lancer dans le mythique Et moi, et moi, et moi. Immédiatement, on constate que la voix est quasi intacte (c'est à croire que le régime Whisky/Bordeaux/cigare, ça conserve !) et que les musiciens (guitares, basse, batterie, piano... ) assurent à peu près comme il faut. Malheureusement, le côté chanson boogie pop yéyé est mâtiné d'atours variétés françaises de bal, avec parfois une touche rock FM relevé de solos de guitares trop bavards. Cela pourrait être mieux donc... mais cela pourrait aussi être bien pire ! De toute façon, Dutronc est si bon au micro et sa voix est tellement mixée en avant qu'on en oublie presque l'orchestre, qui, il faut le signaler, sait souvent rester sobre. Malgré un public 100% assis, relativement mou et peu réactif au début - "Vous connaissez ma chanson Le Plus Difficile ?" réponse de l'assistance : pas un mot ! -, Dutronc déroule une set list assez jubilatoire malgré quelques oublis notables (Hippie Hippie Hourrah, La publicité, Le responsable, Mini, Mini, Mini... ), l'interprétation de titres dispensables (Madame l'existence... ) et deux massacres (Fais pas ci, fais pas ça avec un pathétique invité rappant le texte, le duo avec une choriste à la Céline Dion sur Tous les goûts sont dans ma nature). Entrecoupés d'anecdotes savoureuses, d'aphorismes désabusés et d'histoires abracadabrantes, Les Playboys, L'opportuniste, J'aime les filles, La fille du Père Noël, Le petit jardin, Gentlemen cambrioleur - le risible Garou devrait en prendre de la graine ! -, Le plus difficile, On nous cache tout, on nous dit rien, Les cactus touchent dans le mille... Impossible de ne pas sourire, de ne pas taper du pied et de ne pas penser aux années 60 avec émotion, surtout quand l'insurpassable Il est cinq heures, Paris s'éveille est interprété avec classe vocale naturelle et flûte primesautière. Après avoir eu un peu peur au début, on se rend compte qu'on passe un moment très agréable en compagnie d'une vache sacrée de la chanson française. Un Monsieur qui sous ses airs de ne pas y toucher a co-écrit, souvent avec Jacques Lanzmann, une flopée de tubes immédiatement reconnaissables et au pouvoir de séduction intact.




Puis, le côté anarcho provoc du Dutronc dernière période ressort avec une version musclée de Qui se soucis de nous, une série de blagues foireuses récités par une naine amenant également un drapeau corse - l'occasion pour Dutronc de saluer sa région d'adoption et pour nous de voir revenir avec effroi en mémoire le souvenir de la première partie du jour, de la désespérante variété Made in Corsica - l'interprétation drolatique du fruit d'une collaboration avec Serge Gainsbourg, L'Hymne à l'amour (Moi l'noeud), une version de Merde in France (Cacapoum) avec solos de balais de rigueur et un final convivial mais trop long sur la pochade La Compapade... La durée de ce dernier titre, du concours de claquettes, comme de l'interminable présentation des musiciens contribue à rendre ces petits plus festifs un peu lourdingues, ce qui ne serait pas gênant si le concert ne terminait pas par sur le déjà joué Et moi, et moi, et moi, en unique et trop expéditif rappel... La joie de voir Dutronc commencer le morceau seul à la guitare étant en effet vite gâchée par l'arrivée convenue des musiciens... et la fin du concert en queue de poisson, juste après ! Cela dit, avec 1h50 de concert majoritairement réussie, on ne peut pas crier au scandale, loin de là ! Peut-être les associations anti tabac (qui auront droit à un joli bas d'honneur, normal !) devraient-elles autoriser Dutronc à fumer son cigare sur scène, ce qui lui permettrait de prolonger le plaisir de son public par deux ou trois titres dont il a le secret. Malgré quelques défauts, le probable dernier tour en scène de Jacques Dutronc est à voir, en connaissance de cause...



Sites Internet : www.jacques-dutronc.fr, www.myspace.com/jacquesdutroncsociety, www.myspace.com/jacquesdutroncsongsblargh.






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